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Mbakaou : EDC lance 1,45 milliard FCFA d’études détaillées pour le complexe hydro-solaire annoncé à 400 MW

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Mbakaou : EDC lance 1,45 milliard FCFA d’études détaillées pour le complexe hydro-solaire annoncé à 400 MW
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(Investir au Cameroun) – Electricity Development Corporation (EDC) poursuit la préparation du complexe énergétique de Mbakaou, dans l’Adamaoua. Le 12 août 2026, l’entreprise publique a lancé deux appels d’offres nationaux restreints, d’un coût prévisionnel cumulé de 1,45 milliard de FCFA TTC, pour réaliser les investigations nécessaires à l’élaboration de l’Avant-Projet détaillé (APD).

Ces procédures interviennent près d’un an après la présentation par EDC d’une configuration annoncée à 400 MW autour du barrage-réservoir de Mbakaou : une centrale hydroélectrique de 54 MW en amont, une autre de 234 MW en aval et une centrale solaire de 111 MW. Le détail publié totalise toutefois 399 MW.

Aucun des deux appels d’offres lancés en août 2026 ne mentionne de puissance. La configuration présentée à l’issue de la faisabilité reste donc susceptible d’être confirmée ou ajustée au terme des études détaillées.

1,15 milliard FCFA pour sonder les futurs ouvrages

Le marché le plus important porte sur l’étude géologique et géotechnique détaillée. Budgétée à 1,15 milliard de FCFA TTC, la mission devra être exécutée dans un délai maximal de huit mois.

EDC demande une étude géotechnique de conception de type G2, suivant la norme NF P 94-500, comprenant notamment des sondages et des essais. Les investigations doivent permettre de préciser la sismicité, la géologie, la perméabilité des fondations ainsi que les caractéristiques mécaniques nécessaires aux calculs de stabilité des futurs ouvrages.

L’avis fournit également des indications sur l’architecture étudiée. Les investigations couvriront les sites de la« centrale amont, centrale aval, seuil en rivière ». Elles devront déboucher sur des recommandations concernant l’implantation et la conception des ouvrages, la composition des bétons et le choix des ciments.

Le second marché, estimé à 300 millions de FCFA TTC, concerne les études topographiques et bathymétriques. Sur une durée maximale de six mois, le consultant devra compléter la bathymétrie de la retenue, rattacher les données au Réseau géodésique national et établir les lois Hauteur-Surface-Volume du barrage-réservoir et du futur seuil en rivière. Selon l’avis, ces données doivent« servir de base pour l’élaboration de l’APD ».

Les offres sont attendues le 15 septembre 2026 pour la topographie-bathymétrie et le 16 septembre pour la géologie-géotechnique. Les prestations seront financées sur le budget d’EDC, exercices 2026 et suivants.

Les 1,45 milliard de FCFA correspondent à des coûts prévisionnels d’études. Il ne s’agit ni de marchés déjà attribués ni, surtout, du coût de construction du complexe.

Une étude environnementale lancée en parallèle

EDC a également lancé, le 21 juillet 2026, le recrutement d’un consultant chargé de l’étude d’impact environnemental et social détaillée du« complexe hydroélectrique en aval du barrage réservoir de Mbakaou associé à une centrale solaire ». L’avis a été publié le lendemain par l’Agence de régulation des marchés publics.

La mission devra évaluer les impacts directs et cumulés du projet, identifier les populations et parties prenantes concernées, organiser les consultations publiques et examiner les effets des nouveaux ouvrages sur le barrage existant.

Le consultant devra aussi accompagner EDC dans les procédures d’approbation auprès du ministère de l’Environnement et des institutions financières internationales.

Dans son rapport de clôture du 22 avril 2025 sur l’assistance technique au développement de l’hydroélectricité sur la Sanaga, la Banque mondiale indique que Mbakaou a été retenu comme site prioritaire pour l’assistance technique après l’examen de Kikot, Grand Eweng, Song Mbengue et Mbakaou.

EDC avait confié en juillet 2024 les études de faisabilité au groupement conduit par ISL Ingénierie, avec Nodalis, Oréade Brèche et Fatsons Engineering. Ces travaux couvraient les volets technique, économique, financier, environnemental, social et transactionnel et constituent la base des investigations engagées aujourd’hui.

Coût et financement du chantier encore inconnus

Les procédures lancées en 2026 ne constituent ni un marché de construction ni une décision de financement du complexe. EDC n’a publié à ce stade ni coût d’investissement, ni calendrier des travaux, ni date de mise en service, ni montage financier définitif.

La répartition éventuelle du financement entre ressources publiques et capitaux privés reste également inconnue.

Le projet ne doit pas être confondu avec Mbakaou-Carrière, une petite centrale hydroélectrique exploitée par IED Invest Cameroun. Mise en service au début de 2022, elle dispose d’une puissance de 1,5 MW et alimente Tibati ainsi que sept autres localités rurales.

Baudouin Enama

Lire aussi :

14-07-2026 – Electricité : le sidérurgiste Prometal au cœur d’une bataille commerciale entre EDC et la Socadel

16-09-2025 – Electricité : EDC porte à 400 MW les capacités du projet de Mbakaou et vise les exportations vers le Nigeria et le Tchad

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pourquoi son combat pour la paix reste d’actualité cinq ans après sa mort

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pourquoi son combat pour la paix reste d’actualité cinq ans après sa mort
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Cinq ans après son décès, une journée de commémoration, instaurée par le Fon de Nso, remet en lumière le message du défunt cardinal — axé sur le dialogue, la justice et la réconciliation — ainsi que le défi que représente la mise en pratique de ces principes.

Lorsque le Fon de Nso, Sehm Mbinglo Ier, a rencontré l’archevêque de Douala, Samuel Kleda, cette semaine, leur échange a revêtu une portée qui dépasse la simple rencontre entre un chef traditionnel et un dignitaire religieux. Cette entrevue a permis de braquer à nouveau les projecteurs sur l’héritage du cardinal Christian Wiyghan Tumi, dont les dernières années furent marquées par des efforts visant à trouver une solution pacifique à la crise anglophone.

Le Fon a décrété le dimanche 25 octobre 2026 « Journée d’hommage au cardinal Tumi », appelant à prier pour le défunt cardinal ainsi que pour une paix durable, la justice et la réconciliation au Cameroun. Cette initiative fait suite à des rencontres communautaires organisées à Douala et à un dialogue destiné à favoriser l’unité au sein de la communauté Nso. Les églises et les fidèles musulmans ont également été invités à se joindre à ces prières.

Au-delà de la commémoration, cet événement soulève une question qui demeure complexe pour le Cameroun : les idées défendues par le cardinal Tumi peuvent-elles guider un pays toujours en quête d’une résolution durable de son conflit ?

Un cardinal qui a prôné le dialogue

Né à Kikaikelaki, près de Kumbo, dans la région du Nord-Ouest, Tumi est devenu le premier cardinal camerounais lorsque le pape Jean-Paul II l’a élevé au Collège des cardinaux en 1988. Il a par la suite exercé les fonctions d’archevêque de Douala, avant de prendre sa retraite en 2009. Il est décédé le 3 avril 2021, à l’âge de 90 ans.

Son rôle dans la sphère publique ne se limitait pas à l’Église catholique. Il s’exprimait ouvertement sur la gouvernance, la corruption, la démocratie et les droits humains, devenant un fervent partisan du dialogue à mesure que la crise anglophone s’intensifiait.

En 2019, le cardinal Tumi a lancé une initiative de paix d’envergure nationale pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, durement touchées par le conflit. Il a souligné que la crise ne pouvait être résolue par de simples déclarations religieuses ou des condamnations, insistant sur le fait que la paix exigeait des actions concrètes sur le terrain.

Cette distinction demeure au cœur de son héritage : pour Tumi, la paix ne se résumait pas à la simple absence de combats. Ses démarches ont notamment consisté à mobiliser les communautés, à recueillir des avis sur les causes de la crise et à plaider en faveur d’une conférence plus large, au sein de laquelle les anglophones pourraient débattre de leurs griefs et des solutions envisageables.

La conférence générale des anglophones, telle qu’elle avait été envisagée, n’a finalement pas eu lieu. Cette initiative témoignait néanmoins de sa conviction qu’un conflit enraciné dans des griefs d’ordre politique, historique et culturel exigeait bien davantage que de simples mesures sécuritaires ou des appels à l’unité.

Quand plaider pour la paix comportait des risques

L’engagement de Tumi en faveur du dialogue a été mis à l’épreuve en novembre 2020, lorsqu’il a été enlevé, aux côtés du Fon de Nso, par des séparatistes armés alors qu’ils circulaient dans la région du Nord-Ouest. Tumi a été libéré après avoir passé une nuit aux mains de ses ravisseurs.

Lors de cet événement, il a clairement fait savoir qu’il ne parlait pas au nom du gouvernement et qu’il dénoncerait les exactions, quel qu’en soit l’auteur. Sa position reflétait l’indépendance qu’il jugeait nécessaire pour les chefs religieux lorsqu’ils sont confrontés à l’injustice.

Cet épisode a également mis en lumière les risques encourus par ceux qui tentent d’ouvrir un espace de dialogue en plein conflit armé. Malgré les menaces et la détention, Tumi a continué de plaider pour un règlement pacifique.

Dans un message adressé après son décès, le pape François a salué la défense de la démocratie et la promotion des droits humains par Tumi, qualifiant d’inoubliable l’empreinte qu’il a laissée sur l’Église ainsi que sur la vie sociale et politique du Cameroun.

Du devoir de mémoire à l’action concrète

La décision du Fon de consacrer la journée du 25 octobre à la mémoire de Tumi offre l’occasion de se pencher à nouveau sur le message du cardinal. Toutefois, les commémorations ne suffisent pas si les valeurs célébrées ne se traduisent pas par des efforts durables.

Pour les communautés touchées par le conflit anglophone, la question demeure très concrète : comment rétablir la confiance entre des populations divisées ?

L’approche de Tumi suggère que les initiatives de paix doivent prendre en compte les griefs et le vécu des personnes affectées, plutôt que de se limiter à des déclarations formulées loin du terrain. Elle implique également, pour les dirigeants, une responsabilité : celle d’être à l’écoute, de reconnaître les torts commis et de rechercher des solutions qui dépassent les intérêts politiques immédiats.

Cela ne signifie pas pour autant que le dialogue puisse, à lui seul, résoudre tous les désaccords. Tout processus de paix significatif doit nécessairement aborder les enjeux de sécurité, la question des responsabilités, la protection des civils ainsi que les problématiques politiques au cœur du conflit. L’héritage de Tumi constitue un cadre de réflexion, et non une solution toute faite.

Un héritage qui interpelle les vivants

La rencontre entre le Fon de Nso et l’archevêque Kleda, ainsi que l’instauration d’une journée de commémoration, ont ramené le nom de Tumi au cœur du débat public. Cet hommage revêt également une dimension personnelle : le Fon et le cardinal ont tous deux vécu l’épreuve d’un enlèvement en 2020, et Tumi avait soutenu le retour du Fon au palais de Nso.

Pour la communauté Nso, cette commémoration honore l’un de ses fils les plus éminents. Pour l’Église catholique, elle rappelle la figure d’un dirigeant qui a su conjuguer foi et responsabilité publique. Pour le Cameroun, plus largement, elle soulève une question : les valeurs qu’il a défendues peuvent-elles contribuer à surmonter les divisions ?

Alors que le Cameroun se souvient du cardinal Tumi en ce 25 octobre, son appel à la paix demeure un défi lancé aux vivants : il ne s’agit pas seulement de parler de réconciliation, mais de démontrer ce qu’elle exige concrètement.

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