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quand la morale supplante le droit au Cameroun
La polémique enfle dans les cercles politiques et intellectuels camerounais à mesure que l’échéance présidentielle approche. Au cœur du tumulte : Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dont certains adversaires politiques plaident désormais l’inéligibilité, invoquant le principe juridique bien connu : « Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ».
Une interprétation que dénonce vigoureusement Jean-Pierre Bekolo, cinéaste et intellectuel camerounais, dans une sortie remarquée. À ses yeux, ce recours à un argument moral pour écarter un opposant politique n’est rien d’autre qu’une manipulation du droit à des fins partisanes. « Ceux qui réclament l’exclusion de Kamto sont souvent ceux-là mêmes qui, depuis des décennies, foulent aux pieds les lois qu’ils brandissent aujourd’hui », pointe-t-il avec amertume.
Lire l’analyse de Jean-Pierre Bekolo :
« KAMTO ET LA « TURPITUDE » POLITIQUE – Quand un adage populaire prend le pas sur le droit.
« Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude » : cette expression, que l’on entend partout ces jours-ci dans les cercles politiques et médiatiques camerounais à propos de Maurice Kamto, semble suggérer qu’au Cameroun, malgré 42 ans de règne, le jeu politique serait ouvert, sain et démocratique. Comme si seules les “turpitudes” personnelles des acteurs politiques étaient le problème.
Pire encore, ce sont souvent ceux-là mêmes qui veulent l’éliminer qui se posent en conseillers, lui reprochant ses choix politiques, oubliant qu’il a été emprisonné après avoir contesté une élection qu’il estimait volée. Quelle serait donc la vraie “turpitude” de Kamto ?
Avoir dit que Biya avait triché ? Ne pas avoir participé à une élection qu’il jugeait biaisée ? Ce qui était un acte moral devient, rétrospectivement, un argument de justice populaire. Un lynchage moral collectif. Comme s’il n’y avait aucune faute de l’autre côté. Cette façon de cibler un individu est tout simplement malhonnête sur le plan intellectuel.
« Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude »
Ironiquement, ce principe — censé empêcher quelqu’un de tirer avantage de ses propres fautes — est aujourd’hui instrumentalisé pour justifier l’exclusion de Kamto de la présidentielle. L’argument ? En ne présentant pas son parti, le MRC, aux élections municipales et législatives de 2020, il se serait lui-même exclu du jeu politique. Il ne pourrait donc se plaindre aujourd’hui de son inéligibilité.
Il faut le redire clairement : le choix du MRC de boycotter ces élections n’était ni une erreur stratégique, ni une négligence, encore moins un désengagement. C’était un acte politique assumé, fondé sur des dénonciations. Le boycott n’est pas une fuite ; c’est une forme de résistance. La morale ne peut devenir un instrument de punition politique.
Ce qui dérange ici, c’est que la justice soit remplacée par un jugement moral. On glisse d’un raisonnement juridique vers une sentence populaire : « Il n’a pas joué, qu’il se taise maintenant. » Cette logique trahit l’esprit même du droit, qui garantit à chacun la possibilité de contester, de se retirer, de revenir. La démocratie repose sur la diversité des choix, y compris celui de boycotter.
Plus inquiétant encore : ce glissement moral s’invite dans les cercles intellectuels. Le débat cesse alors de porter sur le droit ou la démocratie, pour devenir un procès moral. Or, le rôle de l’intellectuel n’est pas de se joindre au chœur des procureurs, mais de rappeler que le droit protège aussi ceux qui contestent le système.
Le comble, c’est que ceux qui invoquent la “turpitude” de Kamto sont souvent les mêmes qui transgressent impunément les lois depuis des décennies. En tordant les textes pour éliminer un adversaire, on transforme le droit en piège. La véritable turpitude, c’est celle d’un système qui manipule la loi pour se maintenir au pouvoir.
Ce débat dépasse largement la personne de Kamto. Il engage notre conception de la démocratie, de la justice, de l’éthique publique. Quand la sagesse populaire devient une arme contre le droit, quand la morale remplace les garanties juridiques, nous ne sommes plus dans un État de droit, mais dans une zone grise, où tout peut être justifié au nom de la ruse politique ».
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l’ancien Modérateur de la PCC le Dr Festus Asana est mort

L’ancien Modérateur de la Presbyterian Church of Cameroon (PCC), est décédé le lundi 22 juin 2026 à Orlando, aux États-Unis.
La Presbyterian Church of Cameroon (PCC), est en deuil. Actu Cameroun apprend la mort du Très Révérend Dr Festus Ambe Asana, ancien Modérateur de la PCC. Il est décédé le lundi 22 juin 2026 à Orlando, aux États-Unis.
Il a exercé la plus haute fonction de la dénomination. C’est ainsi qu’il a servi comme 5e Modérateur de l’Église presbytérienne au Cameroun (PCC) de 2009 à 2014. Il avait succédé au Révérend Dr Nyansako-ni-Nku. Avant d’accéder à la plus haute fonction de l’Église, il a dirigé l’administration de la PCC en tant que secrétaire du Synode pendant une décennie sous le mandat du Modérateur Nyansako-ni-Nku.
Cameroon Christian University
Il s’est distingué par la promotion de la transparence financière, de la discipline ecclésiastique et de la bonne gouvernance. Sous son leadership, l’université phare de l’Église, la Cameroon Christian University (devenue aujourd’hui l’Institut Universitaire Chrétien du Cameroun), a officiellement vu le jour.
Reconnu pour son intégrité, il a œuvré pour la justice, la consolidation de la paix et la réconciliation en Afrique. Il fut un membre influent du comité central du Conseil Œcuménique des Églises (COE), où il a activement œuvré pour la consolidation de la paix, la réconciliation et le dialogue interreligieux en Afrique.
La gouvernance ecclésiale
En tant que théologien émérite, il a formé et guidé de nombreuses générations de pasteurs et de leaders communautaires au Cameroun. Sa disparition a suscité une vive émotion au sein de la communauté chrétienne camerounaise et des organisations œcuméniques mondiales, qui saluent la mémoire d’un serviteur de Dieu humble et dévoué.
Les contributions théologiques du Very Rev. Dr Festus Ambe Asana articulent la doctrine chrétienne réformée avec les réalités socioculturelles africaines, en insistant sur l’éthique, la gouvernance ecclésiale et l’œcuménisme. Son parcours académique et pastoral a profondément structuré la réflexion théologique au Cameroun.
Responsabilités familiales
Dans sa thèse de doctorat soutenue à l’Université de Boston (Problems of Marriage and Family Life in an African Context), le Dr Asana a développé une approche novatrice de la structure familiale africaine, notamment avec un débat sur la polygamie.
Il a dépassé le simple jugement moral opposant monogamie et polygamie. Il a insisté sur l’accompagnement pastoral en tant que conseiller, plutôt que sur la condamnation. Son travail évaluait la valeur d’une union à l’aune du respect mutuel, des responsabilités familiales et de la justice sociale, plutôt que par sa seule forme juridique ou occidentale.
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BRT de Douala : 820 millions FCFA pour intégrer les motos-taxis au futur réseau

(Investir au Cameroun) – Le Projet de mobilité urbaine de Douala (PMUD), qui porte la mise en place du futur réseau de Bus Rapid Transit (BRT) dans la capitale économique, prévoit une enveloppe d’environ 820 millions de FCFA TTC pour l’aménagement d’aires de stationnement dédiées aux motos-taxis. Selon les données du projet, ce financement doit permettre de réaliser 12 points de stationnement le long du tracé du BRT.
Derrière cette enveloppe, relativement limitée au regard du coût global du PMUD, estimé à 335,3 milliards de FCFA, se joue pourtant un enjeu central : l’intégration des motos-taxis dans le futur système de transport de masse de Douala. Les études du projet indiquent que ces engins assurent 61% des déplacements quotidiens dans la ville, soit plus de la moitié de la mobilité urbaine.
Les motos-taxis, variable clé du futur BRT
Pour les responsables du PMUD, il ne s’agit donc pas seulement de construire un réseau de bus rapides. L’enjeu est aussi d’organiser les modes de transport déjà massivement utilisés par les populations, afin d’éviter que le futur BRT ne fonctionne à côté de la réalité urbaine.
« À Douala, les motos-taxis constituent un maillon essentiel du transport urbain. Toutefois, leur mode de fonctionnement actuel, souvent marqué par une occupation désordonnée de l’espace public, pose des défis en matière de sécurité routière, de fluidité du trafic et d’aménagement urbain », explique l’unité de coordination du projet.
L’aménagement de ces aires vise ainsi à répondre à une double contrainte. D’une part, les motos-taxis peuvent jouer un rôle de rabattement vers les futurs corridors du BRT, notamment dans les quartiers où les bus ne pourront pas desservir directement toutes les zones d’habitation. D’autre part, leur stationnement anarchique aux abords des carrefours, des marchés et des grands axes contribue aujourd’hui à l’encombrement de la chaussée et à l’insécurité routière.
C’est dans cette logique qu’un atelier de consultation a été organisé le 18 juin dernier à Douala avec les conducteurs et syndicats de motos-taxis. Les échanges ont porté sur le design conceptuel des futurs points de stationnement, leur capacité d’accueil, leur localisation et leur intégration dans l’environnement urbain. Selon le PMUD, l’objectif est de mettre en place des aires de stationnement modernes, accessibles et mieux intégrées au fonctionnement de la ville.
Un test pour l’inclusion du transport informel
Les représentants des motos-taxis ont toutefois exprimé plusieurs préoccupations. Elles portent notamment sur la capacité réelle des stations à absorber les flux, la sécurité des conducteurs et des usagers, l’appropriation des infrastructures, la maintenance, l’entretien, la gestion des déchets, la discipline des conducteurs et les modalités de gestion future des sites.
Ces inquiétudes montrent que l’intégration des motos-taxis ne se résumera pas à la construction de parkings. Elle suppose aussi une gouvernance claire : qui exploitera les stations ? Selon quelles règles ? Avec quels mécanismes de contrôle ? Et comment éviter que ces espaces soient rapidement saturés, détournés de leur vocation initiale ou abandonnés faute d’entretien ?
Dans son ensemble, le PMUD prévoit la construction d’un réseau de 27 km de BRT, la réhabilitation de plusieurs voies urbaines, dont 12 km en phase 1 et 66 km en phase 2, ainsi qu’un développement urbain orienté autour du transport de masse. Le projet ambitionne de réduire les temps de trajet, d’améliorer la fluidité du trafic et de soutenir le dynamisme économique de Douala.
Son coût global est estimé à 335,3 milliards de FCFA. Le financement repose principalement sur la Banque mondiale, à hauteur de 261 milliards de FCFA, complété par 62,1 milliards de FCFA attendus d’un partenariat public-privé et 12,4 milliards de FCFA mobilisés par l’État à travers la mairie. Le projet est piloté par la Cellule de coordination du PMUD, placée sous la tutelle de la Communauté urbaine de Douala.
À travers les 820 millions de FCFA prévus pour les aires de stationnement des motos-taxis, le BRT de Douala aborde donc l’un de ses défis les plus sensibles : faire cohabiter un transport collectif structuré avec un secteur informel déjà dominant. Dans une ville où les motos-taxis assurent plus de la moitié des déplacements quotidiens, moderniser la mobilité sans les intégrer reviendrait à bâtir un réseau formel à côté du principal mode de déplacement des populations.
Ludovic Amara
Lire aussi :
22-06-2026-Douala : un PPP d’environ 58 milliards FCFA envisagé pour la flotte du futur BRT
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Nous envisageons un MRC sans Maurice Kamto

Selon Pierre Emmanuel Binyam, le Mrc sans Maurice Kamto c’est bien possible. Et d’ailleurs, c’est un scénario qui est déjà envisagé.
Sur le plateau de l’émission “Entretien avec … » sur la STV, Pierre Emmanuel Binyam assure que le messianisme n’est pas dans l’ADN du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc).
« Nous envisageons également un MRC sans Maurice Kamto. C’est tout naturellement une évidence », a soutenu Pierre Emmanuel Binyam.
Pour Pierre Emmanuel Binyam, il y a des gens en capacité de diriger le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) sans Maurice Kamto.
« Moi-même, je suis en capacité de diriger le Mrc », a ajouté Pierre Emmanuel Binyam.
« Il n’y a pas que Maurice Kamto qui peut gérer le Mrc, mais à l’état actuel de la situation, nous avons besoin de Maurice Kamto pour un certain nombre de choses qui nous sont propres et d’objectifs à atteindre », a souligné Pierre Emmanuel Binyam.
Par ailleurs, il rappelle que le mandat qui a été confié à Maurice Kamto est en cours et qu’il doit le terminer.
« Nous sommes nombreux à pouvoir diriger le Mrc. Le moment venu, on passera aux élections », a insisté Pierre Emmanuel Binyam.
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