Connect with us

Dernières actualités

La BEAC affirme que la contrefaçon reste sous contrôle dans la CEMAC

Published

on

La BEAC affirme que la contrefaçon reste sous contrôle dans la CEMAC
Spread the love

Le mardi 9 juin 2026, des gendarmes camerounais ont investi un entrepôt du troisième arrondissement de Douala. Derrière une façade d’unité de production d’enduits et de matériaux de construction se cachait une chaîne de montage dédiée à la fabrication de fausses pièces de monnaie métallique. Cinq individus ont été interpellés — deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont celui qui assurait la direction technique de l’opération. Le préfet du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, s’est déplacé en personne pour constater l’ampleur du dispositif.

L’affaire a immédiatement suscité des interrogations sur la capacité de la Banque centrale à protéger les signes monétaires qu’elle émet. D’autant que la presse relevait la saisie, dans le même contexte, de liasses de faux billets de 10 000 francs CFA et de rondelles imitant des pièces de 500 francs. Des interrogations qui ont conduit Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC à clarifier, dans une interview accordée à nos confrères de Cameroon Business Today, les faits et à replacer l’incident dans sa juste proportion.

Première mise au point de taille : les pièces saisies à Douala ne sont pas des contrefaçons de la nouvelle gamme 2024. « Les vérifications effectuées ont montré que les pièces concernées étaient des imitations de la pièce de 500 francs de l’ancienne gamme mise en circulation en 1985 et progressivement retirée depuis l’introduction de la gamme de 2006 », a précisé le gouverneur. Une nuance essentielle, qui change la nature du problème. Il ne s’agit pas d’une brèche dans les nouveaux dispositifs de sécurité, mais d’une tentative de remise en circulation de copies d’une pièce déjà obsolète.

ANALYSE DES CONTREFAÇONS

Les chiffres que la BEAC a publiés à cette occasion méritent d’être examinés avec attention. Au 30 avril 2026, le Laboratoire d’analyse des contrefaçons de la Banque centrale avait recensé 16 639 billets contrefaits sur un volume de près de 847,5 millions de billets authentiques en circulation dans l’espace CEMAC. Le ratio obtenu — 19 billets contrefaits pour un million de billets en circulation — est nettement inférieur au seuil de vigilance retenu à l’échelle internationale, généralement fixé à 100 billets contrefaits par million. Autrement dit, plus de 99,998 % des billets qui transitent chaque jour dans les économies des six pays membres sont authentiques. Ces statistiques ne relativisent pas le crime lui-même.

La contrefaçon monétaire reste une infraction grave, aux effets potentiellement déstabilisateurs. Lorsqu’elle prend de l’ampleur, elle érode la confiance dans la monnaie, perturbe les transactions commerciales et peut entraîner des pertes directes pour les ménages et les entreprises qui reçoivent de faux billets sans le savoir. Elle peut également alimenter d’autres circuits criminels.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les banques centrales traitent ce sujet comme une priorité permanente, quelle que soit l’ampleur réelle du phénomène. Mais dans le cas de la CEMAC, les données disponibles indiquent que ces risques systémiques ne se matérialisent pas. « Nous sommes très loin d’une situation susceptible de menacer la stabilité monétaire ou économique de notre sous-région », a soutenu le gouverneur. Une affirmation que les chiffres étayent.

DISPOSITIFS D’AUTHENTIFICATION

La réponse institutionnelle de la BEAC s’articule autour de trois axes. Le premier est préventif : intégrer en permanence de nouvelles technologies de sécurité dans les billets et les pièces, en travaillant sur les substrats, les procédés de fabrication et les dispositifs d’authentification. Le deuxième est opérationnel : maintenir un système de détection mobilisant la Banque centrale, les établissements de crédit, les forces de sécurité et les autorités judiciaires. Le laboratoire d’analyse des contrefaçons joue un rôle central dans ce dispositif, en expertisant les signes monétaires suspects et en suivant l’évolution du phénomène à l’échelle de la sous-région.

Le troisième axe est pédagogique : sensibiliser régulièrement le grand public, les commerçants et les professionnels de la monnaie aux signes permettant d’identifier les faux billets. Dans cette optique, la BEAC a développé une application mobile baptisée « BEAC NG2020 », disponible sur les plateformes Play Store et App Store. Elle permet aux utilisateurs d’identifier les caractéristiques de sécurité de la gamme actuelle de billets et de renforcer leur capacité d’authentification au quotidien.

La question de la sécurité des coupures elles-mêmes a aussi été posée directement au gouverneur, certains observateurs laissant entendre que des failles pourraient exister du côté de la Banque centrale. Sa réponse a été sans ambiguïté. « Les billets et les pièces émis par la BEAC sont dotés de dispositifs de sécurité répondant aux standards les plus exigeants », a-t-il affirmé, en rappelant que la lutte contre la contrefaçon n’est jamais un acquis définitif pour aucune banque centrale au monde. Les faussaires s’adaptent, innovent, cherchent des failles. Ce qui impose aux instituts d’émission une veille technologique permanente.

L’existence de tentatives de contrefaçon ne traduit donc pas une défaillance institutionnelle ; elle confirme la nécessité de maintenir la pression.

MÉCANISME DE VIGILANCE

L’affaire de Douala illustre précisément ce mécanisme de vigilance. C’est la détection d’un individu qui tentait d’introduire des pièces contrefaites dans les circuits commerciaux du premier arrondissement qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’aux têtes du réseau. Deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont le technicien principal de l’opération. L’enquête, relayée par la chaîne Équinoxe TV et le média Benin Web TV, montre que les mécanismes de coopération entre la Banque centrale et les forces de l’ordre fonctionnent.

La robustesse de ces mécanismes est, en définitive, le message que la BEAC cherche à faire passer. Non pas que la contrefaçon n’existe pas — l’affaire de Douala en est la démonstration — mais qu’elle reste contenue dans des proportions qui ne menacent ni la monnaie ni les économies de la zone. Le gouverneur a conclu sur un appel à la responsabilité partagée : « La première ligne de défense contre la contrefaçon demeure la vigilance des utilisateurs eux-mêmes. » Signaler tout signe monétaire suspect, se familiariser avec les critères d’authentification, utiliser les outils numériques mis à disposition — autant de réflexes qui, mis bout à bout, renforcent l’intégrité du circuit fiduciaire dans l’ensemble de la sous-région.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Dernières actualités

Route Douala-Yaoundé: Au moins 07 morts et 10 blessés dans un accident à Sikoum

Published

on

Route Douala-Yaoundé: Au moins 07 morts et 10 blessés dans un accident à Sikoum
Spread the love

Le triangle de la mort a encore fait parler de lui ce 23 août 2026. En effet, sept personnes ont perdu la vie et dix autres blessées à divers degrés, sur l’axe Douala-Yaounde, dans la localité de Sikoum, non loin d’Edéa. C’était à la suite d’une collision entre un camion transportant du sable et un car de l’agence de transport Avenir du Littoral, en matinée.

Un bilan qui a contraint le ministre des Transports Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, à effectuer le déplacement du lieu de l’accident, pour constater l’ampleur des dégâts. Pour l’instant, les circonstances de cet accident ne sont pas encore clairement connues. Les forces de maintien de l’ordre ont aussitôt organisé les secours et évacué les victimes à l’hôpital régional annexe d’Edéa. Le patron des transports a encouragé les forces de l’ordre et le corps médical engagé à sauver celles des vies qui pouvaient encore l’être. A l’occasion, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe a sensibilisé les uns et les autres sur que respect du Code de la route en cette veille de rentrée scolaire.

LISTE DES VICTIMES

LES BLESSÉS

Reçus au Service des Urgences de l’Hôpital Régional d’Édéa :

1- WAAAA Pulchérie 47 ans,
2- NDIKI Manuella 25 ans,
3- YOMBI Bernadette 64 ans,
4- TCHAPOUM Stella 25 ans,
5- NGUEMBOU Tandoun 48 ans,
6- FONT Adam le chauffeur 39 ans,
7- YAKO Joseph 68 ans,
8- NDEM Patrick 26 ans,
9- NGANKO Jean 32 ans
10- TCHONANG David 25 ans.

LES DÉCÉDÉS

1- NCHANKOU Lucas 55 ans,
2- BARONG Daniel 61 ans,
3- YOUNGAN Fotsing 48 ans,
4- NGOGTAT Towa Ruth Alida 48 ans,
5- TCHOMBENDE Mambou Rose 65 ans,

6- PEKA Chey Aïchetou 45 ans,
7- MABE Talons Sandrine Carine 41 ans.

Source : Communication Hôpital Régional annexe d’Édéa, avec le concours de Serge Eric Epoune, élite de la Sanaga maritime.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

CAN féminine 2026: Des toits au menu de la communion entre Paul Biya et les Lionnes indomptables

Published

on

CAN féminine 2026: Des toits au menu de la communion entre Paul Biya et les Lionnes indomptables
Spread the love

« Le 16 août dernier à Rabat, vous avez hissé le drapeau du Cameroun sur le toit de l’Afrique, en remportant brillamment la 14èmeédition de la Coupe d’Afrique des Nations féminine de football. Vous vous êtes qualifiées, par la même occasion, pour la Coupe du Monde de Football féminin, qui se jouera au Brésil en 2027 ». Paul Biya l’a préalablement relevé dans son discours aux Lionnes indomptables, ce 22 août 2026. Et en saluant cette bravoure de la sélection nationale de football féminin, le président de la République a posé un acte fort : une maison à chacune des joueuses. Un acte fort qu’il n’avait jusqu’ici accordé qu’à la sélection masculine, à la génération 1990 qui a brillé à la Coupe du monde, atteignant les quarts de finale, après avoir neutralisé l’Argentine, championne du monde sortante.

C’est dire si le sacre des Lionnes est lourde d’une charge symbolique. Et de fait, le Cameroun jouait sa 4ème finale de CAN féminine. Les trois premières semaines sont soldées par des défaites. »Vous ne vous êtes pas découragées. Vous vous êtes relevées. Vous vous êtes appliquées. Vous vous êtes concentrées. Vous avez essayé, réessayé, encore et encore. Et finalement, vous avez gagné», a salué le premier sportif camerounais. Mentionnant parmi les 26 joueuses les deux qui ont arraché des prix individuels : le milieu de terrain Monique Ngock, meilleure joueuse du tournoi, la meilleure gardienne Michaely Bihina.

Gregoire Owona

Et comme à son habitude, le premier sportif camerounais à indiqué aux championnes d’Afrique que »votre parcours exemplaire doit être une source d’inspiration pour notre peuple et tout particulièrement pour notre jeunesse». A un moment où le mouvement sportif national est à l’agonie. Le football en premier. Le président de la République rêve d’autres lauriers : »D’autres échéances plus exigeantes vous attendent. Je vous exhorte donc à persévérer dans l’effort, en restant disciplinées, unies et solidaires», a prescrit Paul Biya. Si l’atteinte des demi-finales était déjà synonyme de qualification pour la Coupe du monde Brésil 2027 pour le Cameroun, les Lionnes doivent conquérir leur ticket pour les Jeux olympiques 2028.

A l’occasion de cette réception, le peuple camerounais a eu l’occasion de revoir son président à peine revenu au pays 24h plus tôt, après avoir passé 73 jours hors du pays. Entre temps, et alors que le Cabinet civil de la présidence de ka République s’était contenté d’annoncer que Paul Biya va en Europe pour »un court séjour », des rumeurs sur l’état de santé de l’homme se sont propagées, certaines évoquant même le pire. Après un retour sont les images de la retransmission en direct sur la télévision nationale ont fait l’objet de critiques, notamment sur le fait que le président n’a jamais été filmé dans une posture dynamique, l’Homme-lion est finalement apparu devant l’auditoire et sur le petit écran, pour une cause noble : rendre hommage aux héroïnes de Rabat 2026. S’il n’a pas définitivement tué le doute sur »son existence », Paul Biya a tout de même rassuré que »ce n’est pas l’IA», comme l’a lancé Grégoire Owona le secrétaire général adjoint du Comité central du Rdpc, le parti au pouvoir, à la presse.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Can féminine 2016 : Paul Biya accorde sa première sortie officielle aux Lionnes indomptables

Published

on

Can féminine 2016 : Paul Biya accorde sa première sortie officielle aux Lionnes indomptables
Spread the love

Deux jours après son retour au pays, Paul Biya accorde sa première activité majeure et publique aux Lionnes indomptables. Les championnes d’Afrique seront reçues par le Premier sportif ce 22 août 2026 au Palais de l’Unité, à 16h. L’information a été rendue publique par des communicants officieux du Palais de l’Unité. Rien ne ressort de ce qui est prévu pour les héroïnes de Rabat. Toujours est-il qu’en pareilles situations, Paul Biya décore les sportifs victorieux. Cela a toujours été le cas avec les Lions indomptables, à chacune de leurs victoires sur la scène continentale, ainsi que d’autres Lions indomptables qui ont honoré le drapeau national dans d’autres disciplines (mais pas toujours).

Cette réception rentre dans la suite logique de l’attention que Paul Biya a accordée à cette sélection durant la 14ème édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football féminin qui s’est jouée au Maroc. Si la sélection nationale, qualifiée sur tapis vert en repêchage, a quitté le pays presqu’en catimini, elle a par la suite su imposer sa présence dans le tournoi, et conquérir les cœurs des Camerounais au fil du tournoi. Jusqu’à la qualification pour la finale. Les joueuses qui avaient déjà bénéficié du même traitement financier accordé aux hommes ces dernières années, ont reçu une gratification spéciale du chef de l’Etat qui a dépêchée une délégation conduite par le Premier ministre au Maroc. Et Joseph Dion Ngute a ramené le trophée tant convoité. Ce trophée qui a échappé au Cameroun trois fois auparavant. La 4ème aura été la bonne. Dix ans après l’échec à) domicile devant le couple présidentiel. Aboudi Onguéné et ses coéquipières ont su saisir l’occasion à elles donnée par la CAF. Et une fois en finale, après avoir battu l’ogre nigérian qui les a toujours battues en finale, les ambassadrices du Cameroun avaient le boulevard ouvert face à des Scorchers malawites arrivées pour la première fois dans le tournoi et qui sont parvenues en finale. Un exploit déjà salué par le président de la République qui a écrit aux Lionnes indomptables.

Sur le même sujet: CAN 2026: Victoire historique du Cameroun

Ce sacre méritait d’être célébré avec manière. Et Paul Biya l’homme-lion qui revient d’un séjour de 73 jours à l’étranger, et qui a fait l’objet de tous les débats et critiques, a cru devoir accorder sa première sortie aux héroïnes de la CAN 2026. Sauf que les Lionnes n’auront peut-être pas la chance de faire des photos personnalisées avec le Lion. Comme en ont bénéficié leurs devancières il y a quelques années. D’autant plus que les téléphones personnelles sont interdits à cette cérémonie. Tout au moins, elles devraient être décorées, comme le veut la tradition.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici