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Camair-Co : 101,5 milliards FCFA de pertes en 2019, le redressement toujours inachevé

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Camair-Co : 101,5 milliards FCFA de pertes en 2019, le redressement toujours inachevé
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Décidée en 2020 alors que Camair-Co affichait déjà 101,5 milliards FCFA de pertes cumulées, la restructuration de la compagnie n’a pas été menée à son terme. Le plan global prescrit par le chef de l’État n’a jamais été élaboré. Six ans plus tard, les mesures engagées restent partielles et les capitaux propres demeurent négatifs.

La restructuration de Camair-Co devait marquer un nouveau départ. Elle n’a finalement pas dépassé le stade des mesures partielles. En 2020, l’État voulait remettre la compagnie nationale sur les rails après plusieurs années de difficultés financières. Le diagnostic était déjà lourd. À fin 2019, Camair-Co cumulait 101,5 milliards FCFA de pertes. Ses capitaux propres s’établissaient à -91,9 milliards FCFA. Face à cette situation, le chef de l’État a validé, par correspondance du 14 juillet 2020, des mesures urgentes. Il a surtout demandé au Premier ministre, chef du gouvernement, de préparer un plan global de restructuration, de relance et de développement de la compagnie. Six ans plus tard, ce document n’a toujours pas vu le jour dans les conditions prescrites.

UN PLAN DE RESTRUCTURATION JAMAIS ÉLABORÉ

La démarche arrêtée en 2020 devait dépasser les actions ponctuelles. Elle devait définir une trajectoire pour restaurer durablement la santé financière et opérationnelle de Camair-Co. Le projet prévoyait notamment l’ouverture du capital à hauteur de 51 % à un partenaire stratégique privé. Cette option devait permettre de faire entrer de nouvelles ressources et de donner à la compagnie un cadre de gestion plus solide. Elle devait également être conduite en concertation avec les administrations compétentes et la Cameroon Civil Aviation Authority. Mais la juridiction chargée d’examiner la situation de la compagnie constate que le plan global demandé en 2020 n’a pas été élaboré. « Seules des actions partielles ont été engagées », relève-t-elle. Ce défaut de cadre a laissé la compagnie avancer sans véritable feuille de route financière. Les mesures prises n’ont donc pas permis de traiter l’ensemble des difficultés accumulées.

LES PERTES CONTINUENT DE S’ACCUMULER

Le résultat est visible dans les comptes. Depuis la situation observée en 2019, les pertes se sont encore alourdies de 53 milliards FCFA. À fin 2023, les capitaux propres restent dans le rouge, à -58 milliards FCFA. La compagnie n’a donc pas retrouvé une structure financière suffisamment solide. La juridiction relève l’absence d’une recapitalisation adéquate de la part de l’État. Elle pointe également l’absence d’un plan précisant les modalités de financement et d’un dispositif de suivi rigoureux. Le problème ne se limite pas aux résultats déficitaires. Il touche directement la capacité de Camair-Co à poursuivre son activité dans des conditions économiquement soutenables.

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L’ÉTAT REPREND UNE PARTIE DE LA DETTE

Des mesures avaient pourtant été envisagées pour restaurer les capitaux propres. Le dispositif prévoyait notamment le transfert des actifs de l’ex-Camair et la reprise d’une dette de 127,2 milliards FCFA. Sur ce volet, l’État a effectivement pris en charge une partie du passif. Par l’intermédiaire du ministère des Finances, il a repris 86,79 milliards FCFA de dettes. Cette opération a produit un effet visible sur les comptes. Les capitaux propres sont passés de -118,2 milliards FCFA à -44,6 milliards FCFA à fin 2022. L’amélioration n’a toutefois pas suffi à régler le problème. Les formalités juridiques liées à cette reprise de dette n’étaient pas totalement achevées. Surtout, les actifs transférés de l’ex-Camair n’étaient toujours pas intégrés dans la comptabilité de Camair-Co. Ils n’avaient donc pas encore contribué au renforcement des fonds propres. L’État n’a par ailleurs procédé ni à une subvention d’exploitation, ni à une augmentation de capital en numéraire.

UNE COMPAGNIE QUI CONTINUE DE VOLER À PERTE

Pendant que le redressement financier reste incomplet, l’exploitation se poursuit. Les dirigeants ont continué à travailler sur la base de budgets prévisionnels déficitaires. La juridiction relève surtout qu’aucune ligne de transport n’est rentable. Cette situation pose la question du modèle économique de la compagnie. Maintenir les vols permet de préserver la continuité de l’activité. Mais cette stratégie ne règle pas le déficit structurel. La juridiction estime ainsi que la gestion s’est davantage concentrée sur le court terme. La priorité donnée à la permanence des vols s’est faite au détriment de la maîtrise des coûts et du retour à l’équilibre financier. Elle considère cette orientation comme contraire aux intérêts de l’État actionnaire et de la compagnie.

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PRÈS DE 14 MILLIARDS FCFA POUR LA FLOTTE

Le renouvellement ou la remise à niveau de la flotte constituait un autre volet du redressement. Une enveloppe de 15 milliards FCFA avait été prévue. Elle devait financer l’acquisition de deux Q400, la réhabilitation de deux Boeing 737-700 et la conversion d’un Boeing 737-300 en avion-cargo. Dans les faits, deux Q400 et un Boeing 737-700 ont été remis en exploitation. Le montant engagé atteint environ 14 milliards FCFA. L’effort financier sur la flotte n’a cependant pas changé le constat établi sur la rentabilité des lignes. La compagnie continue d’évoluer dans un environnement où aucune ligne de transport ne dégage de rentabilité. Le contraste reste donc important entre les ressources mobilisées pour maintenir l’outil de production et l’absence de retour à l’équilibre financier.

Le cas Camair-Co met ainsi en évidence un décalage entre la décision politique et son exécution. En juillet 2020, l’État avait fixé une direction. Il fallait restructurer la compagnie, organiser sa relance, renforcer ses fonds propres et ouvrir son capital à un partenaire stratégique privé à hauteur de 51 %. Mais le plan global devant encadrer cette transformation n’a pas été élaboré. Depuis, des mesures ont été prises. L’État a repris 86,79 milliards FCFA de dettes. Des actifs de l’ex-Camair devaient renforcer les fonds propres. Une enveloppe de 15 milliards FCFA a été mobilisée pour la flotte. Une partie des appareils a retrouvé les airs. Ces opérations n’ont pourtant pas permis de sortir Camair-Co de sa fragilité financière. À fin 2023, les capitaux propres restent négatifs à 58 milliards FCFA. Les pertes ont augmenté de 53 milliards FCFA depuis la situation de référence de 2019. Et la compagnie continue d’exploiter des lignes dont aucune n’est rentable. Le principal enjeu se situe désormais moins dans l’annonce de nouvelles mesures que dans leur cohérence, leur financement et leur exécution. Le dossier Camair-Co reste ainsi marqué par une question centrale. Comment une restructuration décidée au plus haut niveau de l’État en 2020 a-t-elle pu rester incomplète six ans plus tard ?

Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 20/08/2026

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Gouvernance: le retour de Paul Biya nourrit une autre polémique

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Gouvernance: le retour de Paul Biya nourrit une autre polémique
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Lorsque l’équipe de production de la Crtv chargée de couvrir le retour du couple présidentiel fuite sur les réseaux sociaux ce 19 août 2026, l’opinion a tout de suite la confirmation que Paul Biya rentrera au pays ce 20 août, comme l’annonçaient déjà plusieurs lanceurs d’alertes proches de la présidence de la République. Du coup, le retour du couple Biya au pays était scruté dans les moindres détails. L’ avion présidentiel est scruté dans le ciel depuis Genève où il a décollé, jusqu’à Yaoundé- Nsimalen.

Mais la télévision nationale n’offrira pas aux assoiffés ce qu’ils espèrent voir. »Une main de Paul Biya de la vitre, et c’est tout»,a constaté le site internet du quotidien Mutations. Un internaute en doutera: »On a bien vu une main, mais est-elle celle de Paul Biya ? », s’est-il demandé.

Mais même si la télévision nationale diffuse en direct cet événement des plus attendus de ces deux derniers mois, la réalisation ne permettra pas de découvrir dans son entièreté l’homme. Pas d’image vidéo en temps réel de la descente d’avion, encore moins la traditionnelle poignée de main. En revanche, Paul et Chantal Biya seront clairement aperçus dans un plan large, du moins leurs bustes, le véhicule présidentiel faisant ombrage à la camera. Seule la première dame sera prise dans un plan un peu plus serré. Suffisant pour un communicant de contrarier les partisans de »mauvaises nouvelles » au sujet du président: « »Biya ne peut plus parler, il ne peut plus marcher, il est fini, il est en difficulté… » Disons-le clairement : ces mots reflètent les sentiments et les propos tenus par certains Camerounais il y a quelques semaines. Pendant des semaines, certaines personnes n’ont pas attendu les faits. Elles ont devancé la vérité et ont enterré un homme vivant par leurs paroles. Elles l’ont déclaré mort. Elles l’ont déclaré fini. Elles ont parlé comme si l’âge lui-même était un crime, comme si les cheveux gris étaient la preuve d’un échec. Aujourd’hui, il est de retour, et ces mêmes voix doivent à la nation quelque chose qu’elles accordent rarement : l’honnêteté quant à leur propre précipitation», s’extasie-t-il dans un forum WhatsApp.

De quoi irriter Paul Joël Kamtchang, journaliste spécialisé dans le fact-checking: « Toutes les images du président qui circulent sur internet depuis le matin sont fausses», refroidit-il les ardeurs jubilatoires. Et Annie Payep, journaliste elle aussi réputée dans le fact-checking, d’aller en profondeur pour démonter les principales images diffusées par des communicants proches du pouvoir. « L’image 1 par exemple date de mai 2022. L’ image 2 date du 23 août 2024 et Paul Biya revenait de France». Précisant d’ailleurs que celle-ci « est disponible sur le site de la présidence». Avant de reprendre la démonstration: « l’image 3 est un mélange des images de juillet 2023 et de celles de ce jour». Et « la dernière et 4e image est celle extraite de la vidéo de Crtv News ce jour 20 août 2026 sur l’arrivée de Paul Biya».

Il faut souligner que Paul Biya avait quitté Yaoundé le 7 juin dernier, pour »un court séjour privé en Europe». Mais l’homme n’a jamais donné aucun signe de vie. Suscitant des polémiques et débats sur son état de santé. Des journaux colle Jeune Afrique ont annoncé le président camerounais malade, pendant que des lanceurs d’alerte le disaient parfois même mort. Les démentis du gouvernement n’ont jamais assez convaincus les sceptiqus, d’autant plus qie le xoncerne lui-même est resté éloigné de l’espace public. Il rentre au ays après 73 jours d’absence.

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Camtel veut mettre les plateformes numériques publiques dans un portail unifié

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Camtel veut mettre les plateformes numériques publiques dans un portail unifié
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Face à la multiplication des plateformes numériques développées séparément, le Cameroun veut favoriser la mutualisation des infrastructures publiques numériques. Au Forum sur la gouvernance de l’Internet, tenu les 18 et 19 août 2026 à Yaoundé, CAMTEL a défendu une approche fondée sur des infrastructures partagées, des normes communes et des échanges sécurisés entre systèmes.

« L’interopérabilité ne signifie pas que toutes les administrations doivent utiliser un système unique. Elle suppose plutôt que leurs systèmes puissent communiquer entre eux, sur la base de normes communes, de référentiels partagés, de mécanismes d’échange sécurisés et de règles de gouvernance clairement établies », a déclaré la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, le 18 août dernier à l’ouverture du Forum sur la gouvernance de l’Internet au Cameroun.

Le message donne le ton des travaux consacrés à la transformation de l’écosystème numérique camerounais. Pour le membre du gouvernement, la multiplication de plateformes conçues séparément finit par créer des systèmes qui communiquent peu entre eux. Cette fragmentation réduit l’efficacité des investissements et peut entraîner des doublons et des coûts supplémentaires.

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Dans la même veine, Judith Yah Sunday, directrice générale de Camtel, place cette question au cœur de la responsabilité de l’opérateur public. « Parler d’interopérabilité, de données et d’infrastructures publiques numériques, c’est nécessairement parler des infrastructures qui permettent à la donnée de circuler, aux plateformes de communiquer, aux administrations d’échanger et, surtout, aux citoyens et aux entreprises d’accéder aux services numériques », a-t-elle déclaré. Camtel veut ainsi dépasser son seul rôle d’opérateur de télécommunications. L’opérateur public de téléphonie du Cameroun créé en 1998, entend s’appuyer sur ses infrastructures de fibre optique, de transmission, ses capacités internationales, ses réseaux d’accès et ses moyens d’hébergement pour faciliter les échanges entre les différents acteurs du numérique.

La logique est économique. Des systèmes capables d’échanger les mêmes données évitent de reproduire les infrastructures, les fichiers et certains traitements. Ils peuvent aussi réduire les coûts liés à la duplication et améliorer le rendement des investissements numériques, alors que la fragmentation entraîne déjà « duplication, additional costs and a reduced return on digital investments », selon la ministre.

Le changement de logique concerne également la place accordée à la donnée. Jusqu’ici dispersée entre plusieurs administrations et plateformes, elle doit devenir une ressource mieux organisée, sécurisée et exploitable. « Il nous faut construire un environnement dans lequel les infrastructures, les plateformes et les services puissent interagir de manière sécurisée, dans le respect des règles applicables, de la protection des données et des exigences de souveraineté », a insisté la directrice générale de CAMTEL. Pour Minette Libom Li Likeng, cette évolution suppose de savoir quelles données existent, qui en assure la responsabilité, dans quelles conditions elles peuvent être utilisées et quelles garanties doivent encadrer leur partage. La ministre demande ainsi une meilleure coordination entre administrations, secteur privé, experts techniques et citoyens.

UN LEVIER POUR LES SERVICES PUBLICS ET LES ENTREPRISES

L’interopérabilité peut avoir des effets directs sur le fonctionnement de l’administration. L’identité numérique, les systèmes de paiement, les registres de référence ou encore les plateformes d’accès aux services administratifs figurent parmi les infrastructures publiques numériques appelées à être réutilisées par plusieurs services. Dans cet environnement, une administration pourrait accéder à une information déjà disponible dans un autre système sans recommencer toute la chaîne de collecte. Pour l’usager, cela signifie moins de démarches répétitives. Pour l’État, cela peut améliorer la traçabilité, la qualité des décisions et la délivrance des services.

Le secteur privé est également concerné. CAMTEL veut favoriser un environnement où les entreprises et les startups peuvent développer de nouveaux services à partir d’infrastructures fiables et connectées. « Notre réseau doit pouvoir constituer une infrastructure de confiance sur laquelle peuvent s’appuyer les services publics numériques, les collectivités territoriales, les entreprises, les startups et l’ensemble de l’écosystème numérique », a indiqué sa directrice générale.

Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais

LA MUTUALISATION COMME NOUVELLE PRIORITÉ

Le passage à l’interopérabilité suppose toutefois des règles communes. La ministre parle de normes partagées, de référentiels communs, de mécanismes d’échange sécurisés et de règles de gouvernance clairement établies. CAMTEL entend contribuer à cette construction. L’entreprise annonce la poursuite des investissements dans les infrastructures, le renforcement de la résilience des réseaux et l’extension de la connectivité nationale et internationale.

Le FGI Cameroun 2026 devra maintenant transformer cette orientation en mesures opérationnelles. Le gouvernement attend notamment des recommandations sur l’interopérabilité, la gouvernance des données, la cybersécurité et les infrastructures publiques numériques, avec une feuille de route et un mécanisme de suivi. Le chantier est donc moins celui d’un système numérique unique que celui d’un environnement où des systèmes différents peuvent enfin travailler ensemble. Pour Camtel, c’est à cette condition que la donnée pourra pleinement devenir un levier d’efficacité administrative et de création de valeur dans l’économie numérique camerounaise.

RÉACTION (recueillie par F.B)

Réaction JUDITH YAH SUNDAY, directrice générale de Cameroon Telecommunications (Camtel)

« Camtel va poursuivre la modernisation et de renforcer la connectivité du territoire »

Cette édition 2026 du Forum sur la Gouvernance de l’Internet au Cameroun, placée sous le thème : « De la fragmentation à l’interopérabilité : faire de la donnée le socle des Infrastructures Publiques Numériques au Cameroun », offre à l’ensemble des parties prenantes un cadre privilégié de dialogue sur les choix qui doivent accompagner la transformation numérique de notre pays. Parler d’interopérabilité, de données et d’infrastructures publiques numériques, c’est nécessairement parler des infrastructures qui permettent à la donnée de circuler, aux plateformes de communiquer, aux administrations d’échanger et, surtout, aux citoyens et entreprises d’accéder aux services numériques. Et c’est précisément à ce niveau que se situe la responsabilité particulière de Camtel.

En sa qualité d’opérateur public et d’acteur stratégique du numérique national, Camtel constitue l’un des principaux socles infrastructurels sur lesquels repose la transformation numérique du Cameroun. À travers le déploiement et l’exploitation de la dorsale nationale en fibre optique, des infrastructures de transmission, des capacités internationales, des réseaux d’accès et des infrastructures d’hébergement et de connectivité, notre entreprise contribue quotidiennement à relier les territoires, les administrations, les entreprises et les populations. Cette responsabilité prend une importance nouvelle à mesure que notre pays accélère sa transformation numérique.

Camtel entend pleinement assumer son rôle d’opérateur stratégique au service de la souveraineté numérique du Cameroun. Notre ambition est de poursuivre la modernisation et l’extension des infrastructures nationales, d’améliorer leur disponibilité et leur résilience, de renforcer la connectivité du territoire et de contribuer à réduire les disparités d’accès au numérique.

Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 20/08/2026

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Or camerounais : la Sonamines face à la fronde des bureaux d’achat

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Or camerounais : la Sonamines face à la fronde des bureaux d’achat
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Le différend qui oppose depuis plusieurs mois la Société nationale des mines (SONAMINES) aux promoteurs des bureaux d’achat et comptoirs de commercialisation de l’or et du diamant a franchi une nouvelle étape. Réunis le 13 août 2026 au ministère des Mines, de l’industrie et du développement technologique (MINMIDT), les différents acteurs ont confronté leurs lectures des textes régissant la commercialisation de l’or. Au cœur du désaccord : l’étendue de l’exclusivité reconnue à la SONAMINES et, parallèlement, le droit des opérateurs privés agréés à exercer. Faute de consensus, le dossier pourrait être soumis à l’arbitrage du Premier ministre.

La clarification des rôles des différents acteurs de la commercialisation de l’or au Cameroun reste un sujet à polémique. Le différend qui oppose depuis plusieurs mois la Société nationale des mines (SONAMINES) aux promoteurs des bureaux d’achat et comptoirs de commercialisation de l’or et du diamant a franchi une nouvelle étape. Réunis, le 13 août 2026 au ministère des Mines, de l’industrie et du développement technologique (MINMIDT), les différents acteurs ont confronté leurs lectures des textes régissant la commercialisation de l’or. Au cœur du désaccord : l’étendue de l’exclusivité reconnue à la SONAMINES et, parallèlement, le droit des opérateurs privés agréés à exercer. Faute de consensus, a-t-on appris, le dossier pourrait être soumis à l’arbitrage du Premier ministre.

DÉFINIR UN CADRE DE COLLABORATION MUTUELLEMENT BÉNÉFIQUE

Pourtant, le Syndicat des bureaux d’achat à la SONAMINES, avaient échangé, le 12 mars 2026 dans les locaux de la Direction générale de la SONAMINES, en vue de la définition d’un cadre de collaboration mutuellement bénéfique. A cette occasion, Ousmanou Aladji Hamadou, président du Syndicat national des promoteurs des bureaux d’achat des diamants, or et orpailleurs du Cameroun (Synaprobadiocam), dans un plaidoyer à l’endroit de la Direction générale de la SONAMINES S.A, avait présenté les difficultés auxquelles ses membres qui sont pour la plupart des Bureaux d’achat, font face dans l’exercice de leurs activités, du fait selon eux, des incohérences dans le dispositif légal et règlementaire qui encadre les activités de commercialisation des substances précieuses et semi-précieuses au Cameroun, matérialisées par le monopole de la SONAMINES S.A dans le secteur aurifère, de par l’exclusivité qu’elle détient. Toutes choses qui expliqueraient la non attribution par la SONAMINES S.A, des agréments aux comptoirs de commercialisation malgré de nombreuses demandes.

Et, le DG de la SONAMINES S.A avait tenu à préciser que la SONAMINES S.A est une entreprise publique qui est investie de la mission de gestion des intérêts de l’Etat dans le secteur minier et dont la feuille de route est tout à fait conforme à la vision du Chef de l’Etat, consacrée par la loi portant Code minier et ses textes d’application qui font notamment de la SONAMINES S.A, le comptoir unique de commercialisation des substances précieuses et semi-précieuses, tout en lui donnant la possibilité d’agréer d’autres comptoirs. Cet arsenal juridique et institutionnel traduit à suffisance, l’option stratégique de l’Etat, de reprendre la main sur ses ressources aurifères à travers la SONAMINES S.A.

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Serge Hervé Boyogueno, le DG de la SONAMINES S.A avait fait connaître qu’actuellement, plus d’une centaine de bureaux d’achat, régulièrement autorisés par le ministère en charge des Mines, œuvre dans ce secteur sans aucune visibilité. Il a tenu à rappeler qu’en 2025, première année d’application des textes réglementaires régissant la commercialisation des substances précieuses, aucun gramme d’or n’a été exporté par les voies formelles ; toute chose qui questionne l’usage fait de cette centaine d’autorisations. Cette situation critique, entache en même temps, la traçabilité des ressources aurifères et la crédibilité du secteur minier camerounais, alors même que l’Etat est engagé dans la constitution de ses réserves d’or stratégiques.

De la production à l’exportation, l’activité aurifère au Cameroun repose sur l’intervention coordonnée de plusieurs administrations. Le MINMIDT, la SONAMINES, les Impôts, les Douanes, les forces de sécurité et le Secrétariat national permanent du Processus de Kimberley se répartissent les missions de régulation, de contrôle, de fiscalité et de traçabilité.

POURTANT LES RÔLES SONT CLAIREMENT DÉFINIS…

De la production à l’exportation, l’activité aurifère au Cameroun repose sur l’intervention coordonnée de plusieurs administrations. Le MINMIDT, la SONAMINES, les Impôts, les Douanes, les forces de sécurité et le Secrétariat national permanent du Processus de Kimberley se répartissent les missions de régulation, de contrôle, de fiscalité et de traçabilité.

Le MINMIDT demeure l’autorité de régulation du secteur. Il définit la politique minière, attribue les titres miniers et veille au respect de la réglementation. Il cosigne notamment, avec la SONAMINES, les certificats d’exportation établis à partir des sites de production. La SONAMINES occupe une position centrale dans la chaîne aurifère. Mandatée par l’Etat pour contrôler et suivre la production et la commercialisation de l’or issu de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée, elle assure également la collecte de la quote-part de l’Etat et de la taxe à l’exportation à la source, en collaboration avec les Douanes. Elle initie par ailleurs la procédure d’exportation.

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Pour sa part, la Direction générale des Impôts (DGI) conserve sa compétence fiscale sur le secteur. Elle peut intervenir aux côtés de la SONAMINES ou effectuer des contrôles et redressements conformément aux procédures fiscales en vigueur. De son côté, la Direction générale des Douanes (DGD) assure le contrôle de la conformité des cargaisons avant leur sortie du territoire. Aux frontières terrestres, maritimes et aériennes, elle vérifie notamment la concordance entre les quantités exportées et celles certifiées par les autorités compétentes. Les cargaisons dépourvues de documents réguliers peuvent être saisies. Les forces de sécurité, notamment la Gendarmerie nationale, la Police et l’Armée, apportent leur concours aux opérations de contrôle, à la sécurisation des sites et à la lutte contre l’exploitation clandestine et les trafics transfrontaliers. Elles peuvent également procéder à des saisies lorsque l’origine légale de l’or ne peut être établie.

Enfin, le Secrétariat national permanent du Processus de Kimberley (SNPPK) contribue à la traçabilité internationale des substances précieuses et à la conformité du Cameroun aux standards internationaux. Cette répartition des responsabilités vise ainsi à renforcer la traçabilité de l’or camerounais, à sécuriser les recettes de l’État et à lutter contre les circuits clandestins, depuis le site d’extraction jusqu’à l’exportation. Une explication du processus qui interviennent alors que le Cameroun fait face à de sérieux trafic illégal d’or. Les pertes fiscales sur les 44 tonnes pour l’État pour cinq ans sont de l’ordre de 557 milliards de FCFA, a reconnu, le 24 juillet, le ministère des Mines.

Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 20/08/2026

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