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Commercial Bank-Cameroun : 524,5 milliards FCFA de crédits directs pour 872 milliards de bilan à fin juillet 2026

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Commercial Bank-Cameroun : 524,5 milliards FCFA de crédits directs pour 872 milliards de bilan à fin juillet 2026
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(Investir au Cameroun) – Commercial Bank-Cameroun (CBC) affichait 524,5 milliards de FCFA de crédits directs à la clientèle au 31 juillet 2026, pour un total de bilan de 872,04 milliards. Ces prêts représentaient 60,1 % des actifs de la banque, selon les calculs effectués à partir de sa situation mensuelle publiable provisoire.

Ce montant comprend 375,6 milliards de FCFA de crédits à court terme, 107,38 milliards à moyen terme et 41,53 milliards à long terme. Le court terme concentrait ainsi 71,6 % du portefeuille de crédits directs, contre 20,5 % pour le moyen terme et 7,9 % pour le long terme.

L’essentiel des financements inscrits dans les comptes de CBC arrivait donc à échéance à moins d’un an. Le document ne précise toutefois ni les secteurs financés, ni la répartition entre entreprises, particuliers et administrations, ni le niveau de concentration du portefeuille sur les principaux emprunteurs.

Près de 588 milliards de concours comptables à la clientèle

Les crédits directs ne représentent pas toute l’exposition comptable de CBC sur sa clientèle. La banque enregistrait également 62,77 milliards de FCFA de comptes débiteurs ainsi que 716,3 millions d’opérations de crédit-bail ou d’Ijara.

En agrégeant ces postes, les concours comptables à la clientèle atteignaient environ 587,98 milliards de FCFA, soit 67,4 % du bilan. Ce calcul n’intègre pas les engagements hors bilan, qui ne correspondent pas à des fonds déjà décaissés.

La publication ne renseigne ni les créances en souffrance, ni les provisions, ni le coût du risque ou les garanties adossées aux prêts. Les 587,98 milliards mesurent donc le volume des financements comptabilisés, sans permettre d’en apprécier la qualité ou la rentabilité.

Une collecte élargie de 527,2 milliards de FCFA

Au passif, CBC comptabilisait 305,93 milliards de FCFA de comptes créditeurs à vue, 101,93 milliards de comptes à terme et 38,76 milliards de comptes d’épargne. Ces trois catégories totalisaient 446,61 milliards.

En ajoutant 80,57 milliards de FCFA de bons de caisse, la collecte élargie auprès de la clientèle ressortait à 527,19 milliards. Les seuls crédits directs représentaient ainsi 99,5 % de cette ressource, leur montant n’étant inférieur que de 2,69 milliards de FCFA à l’ensemble formé par les dépôts et les bons de caisse.

En intégrant les comptes débiteurs et le crédit-bail, les concours à la clientèle dépassaient cette collecte élargie de 60,8 milliards de FCFA. Le rapport arithmétique entre les deux masses atteignait alors 111,5 %.

Ce ratio ne doit cependant pas être assimilé à un indicateur prudentiel de liquidité ou de transformation. Son calcul ne tient compte ni de la maturité réelle des ressources, ni des actifs liquides admissibles, ni des retraitements réglementaires appliqués par la Commission bancaire de l’Afrique centrale.

217,3 milliards de ressources interbancaires

CBC disposait parallèlement de 217,28 milliards de FCFA de ressources provenant des banques et établissements financiers, dont 183,06 milliards à terme et 34,22 milliards à vue. Elles représentaient 24,9 % du bilan.

La banque déclarait également 65,48 milliards de FCFA de ressources permanentes, constituées d’un capital de 24,03 milliards, de 31,38 milliards de réserves, reports à nouveau et provisions pour risques généraux, ainsi que de 10,08 milliards d’autres ressources permanentes.

Ces montants ne suffisent pas à déterminer les fonds propres prudentiels de CBC. Le calcul de la solvabilité réglementaire nécessite notamment des retraitements, une pondération des risques et des informations sur d’éventuelles déductions, absentes de la situation mensuelle.

À l’actif, CBC détenait aussi 66,7 milliards de FCFA de titres de placement et de valeurs reçues en pension ou achetées ferme, ainsi que 104,62 milliards d’opérations interbancaires et de trésorerie à vue. Ces postes complètent la structure de l’actif, sans permettre d’identifier la part immédiatement mobilisable pour faire face aux retraits ou aux échéances.

225,9 milliards de garanties accordées à la clientèle

Hors bilan, CBC déclarait 225,88 milliards de FCFA de cautions, avals et autres garanties accordées en faveur de la clientèle, soit l’équivalent de 43,1 % des crédits directs inscrits à l’actif.

La banque signalait également 110,73 milliards de FCFA d’effets déposés en garantie d’opérations de refinancement, 6,07 milliards de garanties accordées en faveur d’intermédiaires financiers et 9,22 milliards de garanties reçues de ces intermédiaires.

Ces engagements constituent des risques conditionnels : ils ne se transforment en créances décaissées que si les garanties sont appelées ou si les engagements sont exécutés. Le risque supporté par la banque dépend notamment de la qualité des bénéficiaires, des contre-garanties et des provisions éventuellement constituées.

La situation arrêtée au 31 juillet 2026 est présentée comme provisoire et ne comporte aucune donnée comparative. Elle ne permet donc pas de déterminer l’évolution des crédits, des dépôts ou des ressources interbancaires depuis décembre 2025, ni d’apprécier la rentabilité de CBC.

Elle fait toutefois ressortir deux caractéristiques du bilan à cette date : les concours comptables à la clientèle en représentent 67,4 %, tandis que les crédits directs sont concentrés à 71,6 % sur le court terme.

Baudouin Enama

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Xi calls for deepening China-Egypt cooperation, raises Mideast proposal

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Xi calls for deepening China-Egypt cooperation, raises Mideast proposal
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CAIRO, Sept. 2 (Xinhua) — Chinese President Xi Jinping on Wednesday called on China and Egypt to support each other, deepen cooperation, and continue advancing the building of a China-Egypt community with a shared future amid a turbulent international and regional landscape.

Xi made the remarks during his talks with Egyptian President Abdel Fattah El-Sisi, while emphasizing China’s support for regional countries in building a new security architecture in the Middle East via upholding a vision of common, comprehensive, cooperative and sustainable security.

ENHANCING BILATERAL EXCHANGES, COOPERATION

Noting that Egypt was the first Arab and African nation to establish diplomatic ties with the People’s Republic of China in 1956, Xi said that the older-generation leaders of the two countries led their peoples in striving side by side for national independence and against imperialism and colonialism, forging an unbreakable bond of friendship.

Over the past seven decades, China-Egypt relations have weathered challenges and developed distinctive features of equality and mutual trust, friendship and mutual learning, solidarity and mutual support, as well as win-win cooperation, he said.

Xi said the China-Egypt comprehensive strategic partnership has achieved leapfrog development in recent years under the guidance of the two heads of state. The two sides share similar views and have closely aligned strategies in pursuing development and revitalization, improving people’s well-being, and upholding international fairness and justice, he added.

Xi emphasized that China and Egypt should firmly support each other, maintain the momentum of high-level exchanges, enhance exchanges and cooperation in all fields and at all levels, and strengthen exchanges and mutual learning on governance experience.

Xi said the two sides should promote mutually beneficial cooperation, better align their development strategies, tap the potential for cooperation in traditional fields such as infrastructure development, power, agriculture and communications technology, and foster new highlights of cooperation in green energy, electric vehicles, aerospace, the digital economy and modern agricultural technology.

The two sides should promote people-to-people exchanges, comprehensively expand exchanges and cooperation in culture, education, science and technology, health, sports and other fields, and facilitate personnel exchanges and enhance people-to-people bonds, Xi said.

The two sides should strengthen security cooperation, jointly combat transnational crime, deepen international cooperation in anti-corruption, firmly support each other’s anti-terror efforts, and safeguard their common security, Xi said.

The two sides should strengthen multilateral collaboration, further enhance coordination and cooperation on multilateral platforms such as the United Nations and the BRICS, jointly promote the development of the China-Arab States Cooperation Forum and the Forum on China-Africa Cooperation, jointly oppose unilateralism and acts of bullying, and promote a more just and equitable global governance system, Xi said.

For his part, Sisi welcomed Xi’s historic state visit to Egypt on the occasion of the 70th anniversary of diplomatic ties between the two countries.

Sisi said that since the establishment of diplomatic relations, bilateral ties have developed in a sound and steady manner, and cooperation across various fields has yielded fruitful results.

Egypt firmly adheres to the one-China principle and is committed to further advancing the Egypt-China comprehensive strategic partnership, Sisi added.

Egypt is ready to work with China to deepen cooperation in trade and investment, manufacturing, infrastructure development, finance, science and technology, and new energy, strengthen military and security exchanges, and promote closer people-to-people exchanges, so as to benefit the two peoples and contribute to regional development and prosperity, Sisi said.

Sisi said China, as a permanent member of the UN Security Council, plays an important and constructive role in international affairs. Egypt is ready to strengthen coordination with China at multilateral platforms, jointly address global challenges, and work together to uphold international fairness and justice, he added.

The two heads of state jointly witnessed the signing of multiple cooperation documents on Belt and Road cooperation, artificial intelligence, economic and trade, and industrial and supply chain cooperation.

The two sides also issued a joint statement on further deepening their comprehensive strategic partnership, and signed more than 20 cooperation documents covering such areas as digital economy, science and technology, education, and transportation.

NEW REGIONAL SECURITY ARCHITECTURE

In the talks, Xi raised a four-point proposal on building a new security architecture in the Middle East, saying that China supports countries in the region in developing good-neighborly and friendly relations.

To promote common security in the region, Xi said that efforts should be made to foster the internal driving force for common security in the region.

People in the Middle East should remain masters of their own affairs, and external interference should be rejected, Xi said, noting that China supports regional countries in strengthening dialogue on peace and security, exploring the building of a new security architecture for the Middle East, and taking their future into their own hands.

Xi said that a comprehensive approach should be adopted to advance common security in the region and that given the multiple hotspots in the Middle East and their close interconnections, comprehensive solutions should be pursued.

The Palestinian issue remains at the core of the Middle East question and should never be overlooked or marginalized, he added.

The foundation for common security should be strengthened through development, Xi said, noting that lasting peace and stability in the Middle East fundamentally depend on development.

China stands ready to work with Middle East countries to safeguard the security of international shipping lanes, advance development cooperation, promote the convergence of interests of regional countries, gradually enhance mutual trust, and eliminate the root causes of the conflict, he said.

Xi urged that international coordination for common security in the region should be strengthened, and the UN Charter and international law should serve as the fundamental principles for handling Middle East affairs.

The international community, especially external powers, should abandon double standards in the Middle East, respect the sovereignty and territorial integrity of regional countries, and safeguard regional peace and stability, Xi added.

He also urged support for the United Nations’ effective role in Middle East affairs.

Sisi said that Egypt highly appreciates China’s consistent, objective, and impartial stance on the Middle East question, noting that Egypt is committed to promoting de-escalation in the region, resolving conflicts and differences through political means, and advancing regional security and development.

Egypt stands ready to continue strengthening coordination with China to ease tensions in the Middle East, safeguard regional stability, and explore a regional security architecture, Sisi said. ■

Chinese President Xi Jinping attends a welcome ceremony held by Egyptian President Abdel Fattah El-Sisi prior to their talks in Cairo, Egypt, Sept. 2, 2026. Xi held talks with Egyptian President Abdel Fattah El-Sisi in Cairo on Wednesday. (Xinhua/Shen Hong)
Chinese President Xi Jinping attends a welcome ceremony held by Egyptian President Abdel Fattah El-Sisi prior to their talks in Cairo, Egypt, Sept. 2, 2026. Xi held talks with Egyptian President Abdel Fattah El-Sisi in Cairo on Wednesday. (Xinhua/Shen Hong)
Chinese President Xi Jinping and his wife Peng Liyuan pose for a group photo with Egyptian President Abdel Fattah El-Sisi and his wife Entissar El-Sisi in Cairo, Egypt, Sept. 2, 2026. Xi held talks with Egyptian President Abdel Fattah El-Sisi in Cairo on Wednesday. (Xinhua/Yin Bogu)
Chinese President Xi Jinping holds talks with Egyptian President Abdel Fattah El-Sisi in Cairo, Egypt, Sept. 2, 2026. (Xinhua/Yao Dawei)
Chinese President Xi Jinping holds talks with Egyptian President Abdel Fattah El-Sisi in Cairo, Egypt, Sept. 2, 2026. (Xinhua/Xie Huanchi)

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Hommage à Mgr Philippe Ambassa Mimfoumou

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Hommage à Mgr Philippe Ambassa Mimfoumou
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«Il est des hommes dont la disparition ne se mesure pas à la seule brièveté d’un souffle interrompu, mais à l’ampleur du vide qu’ils laissent derrière eux. Mgr Philippe Ambassa Mimfoumou, Prélat de Sa Sainteté, prêtre de l’archidiocèse de Yaoundé, appartient à cette catégorie rare de serviteurs dont la vie, patiemment offerte, devient une sorte de texte sacré que l’on relit pour comprendre ce que signifie réellement servir Dieu», écrit-il.

Sa mort, dont l’écho résonne dans les quatre coins du diocèse depuis Quelques heures, n’est pas seulement un événement : c’est une onde. Elle traverse les presbytères, les communautés religieuses, les familles chrétiennes, les pauvres qu’il a consolés, les âmes qu’il a relevées, les consciences qu’il a éclairées, les enfants qu’il a inscrit sur le chemin de l’espérance. Elle traverse aussi cette mémoire intime que nous portons de lui, faite de gestes simples, de paroles profondes, de fidélités silencieuses.

Un nom, une lignée, une identité spirituelle

Dans la tradition Etenga, son nom était déjà une singularité : Ambassa, soutenu par celui de sa mère, Mimfoumou. Il aimait rappeler que les noms ne sont jamais de simples étiquettes, mais des héritages, des charges, des promesses.

Il portait le sien comme on porte une mission. Un pédagogue né, un formateur des formateurs. Il avait cette manière unique d’enseigner : lente, précise, exigeante, presque monastique. Il ne transmettait pas seulement des savoirs ; il formait des intelligences, il façonnait des consciences.

Il savait que le prêtre n’est jamais un technicien du sacré, mais un homme façonné par la Parole. Sa bibliothèque, vaste comme une nef, était son second oratoire. Il citait volontiers les Pères de l’Église, les théologiens africains, les humanistes européens. Et toujours, avec cette élégance latine qu’il affectionnait : « Veritas liberabit vos » — La vérité vous rendra libres (Jn 8,32). Pour lui, la vérité n’était pas une idée : c’était une discipline intérieure.

Un exorciste au cœur brûlant

Nommé exorciste par Mgr Victor Tonyé Bakot, confirmé dans cette charge par Mgr Jean Mbarga, il exerçait ce ministère avec une gravité qui impressionnait. Il ne parlait jamais de l’exorcisme comme d’un pouvoir, mais comme d’un service :

« Non in virtute mea, sed in nomine Domini » — Non par ma force, mais au nom du Seigneur. Il accueillait les souffrances les plus lourdes, les détresses les plus obscures, les cris que personne n’entend. Il se définissait lui-même, dans une dédicace qu’il me fit en juin 1996, comme un « serviteur souffrant parce qu’accueillant tous ceux qui souffrent ».

Cette phrase, écrite quelques mois avant l’incendie de sa chambre à la Cathédrale Notre‑Dame des Victoires — incendie qui faillit lui coûter la vie — résonne aujourd’hui comme une prophétie. Un homme d’érudition, un homme de feu Il avait l’érudition des maîtres et la simplicité des saints.

Il pouvait commenter Jean‑Marc Ela, Augustin, Origène, ou un texte pastoral du diocèse avec la même intensité.

Il aimait la langue latine parce qu’elle lui semblait porter la densité du sacré : « Servus servorum Dei » — Serviteur des serviteurs de Dieu. Cette formule, qu’il citait souvent, était pour lui un programme de vie.

Un cœur tourné vers les pauvres

Il avait cette manière de se pencher vers les plus petits, non pas comme un geste charitable, mais comme une obligation spirituelle. Il disait souvent : « Ubi pauper, ibi Christus » — Là où est le pauvre, là est le Christ. Et il vivait cela avec une fidélité désarmante. Les pauvres n’étaient pas pour lui un champ pastoral : ils étaient son peuple. Un survivant, un témoin, un frère. L’incendie de 1996, qui aurait pu l’emporter, fut pour lui un tournant.

Il en parlait comme d’une visitation :

« Le feu m’a pris mes livres, mais il m’a rendu ma vie. » Il en sortit plus fort, plus grave, plus déterminé. Comme si la fragilité de la vie lui avait révélé la force du ministère.

Un départ qui nous oblige

Sa mort nous laisse orphelins, mais elle nous oblige. Elle nous rappelle que le sacerdoce n’est pas une fonction, mais une offrande.

Que la parole du prêtre n’est pas un discours, mais une blessure ouverte vers Dieu.

Que la fidélité, lorsqu’elle est vécue jusqu’au bout, devient une lumière. « In manus tuas, Domine, commendo spiritum eius » — Entre tes mains, Seigneur, je remets son esprit. Mgr Philippe Ambassa Mimfoumou fut un prêtre rare.

Un homme de science, un homme de prière, un homme de combat.

Un exorciste qui ne cherchait pas la puissance, mais la délivrance. Un pédagogue qui ne cherchait pas des disciples, mais des hommes libres. Un serviteur souffrant qui accueillait la souffrance des autres comme une liturgie. Sa vie fut un don. Sa mort est un appel. Son souvenir demeure une grâce.

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quand un enseignant gagne à peine 65 000 FCFA face aux millions de recettes

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quand un enseignant gagne à peine 65 000 FCFA face aux millions de recettes
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À l’heure de la rentrée scolaire, la rémunération des enseignants des établissements privés revient au cœur du débat au Cameroun. Dans une tribune publiée à cette occasion, le journaliste Charles Chacot Chime dénonce des salaires qu’il estime particulièrement faibles au regard des frais de scolarité demandés aux familles.

Selon l’auteur, certains enseignants du secondaire du secteur privé percevraient entre 50 000 et 65 000 francs CFA par mois, alors que les parents peuvent débourser jusqu’à 250 000 ou 300 000 francs CFA par enfant pour couvrir les frais de scolarité, auxquels s’ajoutent notamment l’uniforme, les livres, le transport et autres dépenses liées à la rentrée.

« Où va l’argent ? », s’interroge Charles Chacot Chime, qui estime que le contraste entre les revenus des établissements et les rémunérations de certains enseignants mérite d’être davantage questionné.

Lire la tribune de Charles Chacot Chime :

ENSEIGNEMENT PRIVÉ. QUAND UN ENSEIGNANT DU SECONDAIRE TOUCHE MOINS QU’UNE MÉNAGÈRE.

Bienvenue dans l’école-business.

C’est la rentrée.

Les parents sortent les calculatrices. Inscription, pension, uniforme, livres, transport… La facture peut facilement atteindre 250 000 ou 300 000 francs CFA par enfant dans certains établissements privés.

Et celui qui va enseigner à cet enfant ?
50-65 000 francs par mois.
Oui. 65 000.

Le professeur prépare ses cours, corrige les copies, surveille les examens, supporte les humeurs des élèves et les exigences des parents. Il arrive parfois en classe avec ses propres soucis : loyer, transport, nourriture, enfants à scolariser. Mais il doit sourire. Parce qu’on lui répète que « l’école a beaucoup de charges ».

Curieusement, les charges sont toujours nombreuses quand il faut payer l’enseignant. Elles semblent beaucoup moins nombreuses lorsqu’il faut construire une nouvelle maison, acheter une nouvelle voiture ou ouvrir un nouvel établissement. Évidemment, toutes les écoles privées ne fonctionnent pas ainsi. Beaucoup de promoteurs investissent, prennent des risques et respectent leur personnel.

Mais certains ont transformé l’éducation en véritable machine à encaisser. 500 élèves à 250 000 francs : 125 millions de francs de recettes brutes. Et pourtant, celui qui fait tourner la machine peut rester à 65 000 francs par mois pendant 10 ans. Alors une question, toute simple, mérite d’être posée : Où va l’argent ?

Nous avions déjà parlé de ces fortunes qui se construisent parfois sur le travail et la précarité des enseignants. À la rentrée, le sujet revient avec une évidence brutale.

Le problème n’est pas qu’un fondateur d’école gagne de l’argent. Le problème, c’est de s’enrichir en maintenant ceux qui fabriquent les résultats dans la pauvreté. Parce que derrière chaque excellent taux de réussite affiché sur une banderole, il y a des enseignants.

Derrière chaque mention « 100 % au bac », il y a des nuits de préparation, des corrections, des conseils, de la patience. Le résultat est collectif. Pourquoi le bénéfice serait-il réservé à quelques-uns ? L’enseignant n’est pas une dépense à minimiser. Il est le cœur de l’école.

Cette rentrée, les parents demanderont combien coûte la scolarité de leur enfant. Ils devraient aussi demander : « Et combien gagne celui qui va lui apprendre à lire, à réfléchir et à réussir ? »

Parce qu’une école qui facture 300 000 francs et paie 65 000 francs à son enseignant a peut-être parfaitement compris le commerce. Mais elle a peut-être oublié l’essentiel de l’éducation ».

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