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Starlink, le cheval de Troie d’Elon Musk au cœur du Cameroun

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Starlink, le cheval de Troie d’Elon Musk au cœur du Cameroun
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L’arrivée de Starlink, le service internet par satellite de SpaceX, suscite un débat houleux au Cameroun. Tour à tour perçu comme une bouée de sauvetage numérique et une menace pour la souveraineté nationale, Starlink expose les tensions entre innovation technologique, sécurité et régulation.

Depuis avril 2024, les autorités camerounaises ont interdit l’importation de kits Starlink et ordonné leur saisie systématique à la frontière, dans le cadre d’une lutte contre l’exploitation illégale du service sur le territoire.

Le directeur général des Douanes, Fongod Edwin Nuvaga, justifie cette mesure : les terminaux ne relèvent d’aucune autorité de régulation nationale, compromettant ainsi la sécurité nationale et la souveraineté numérique du pays.

Parallèlement, Starlink a annoncé la suspension de ses services au Cameroun, à compter du 30 avril 2024, faute d’agrément réglementaire, invitant ses abonnés à cesser l’utilisation de leur matériel s’ils se trouvent dans un pays non autorisé.

Des discussions toujours en cours

Malgré ce bras de fer, les discussions entre Starlink et les autorités camerounaises n’ont pas cessé. Le 27 juin 2025, une délégation de l’entreprise a rencontré la ministre des Postes et Télécommunications pour négocier une éventuelle régularisation du service dans le respect des exigences camerounaises de licence.

L’argument en faveur de Starlink est pourtant solide : le service permet une connexion haut débit stable, surtout dans les zones rurales ou reculées où l’infrastructure terrestre est défaillante. De nombreux Camerounais y voient une alternative crédible face aux coupures fréquentes de la fibre optique ou aux limitations des fournisseurs traditionnels.

Une technologie dangereuse ou incontrôlée ?

Mais Starlink est aussi perçu comme un risque pour les acteurs locaux, notamment l’opérateur public Camtel, déjà alerté par la ministre des Télécoms sur un danger concurrentiel non régulé

Au-delà du volet économique, ce sont les enjeux de cybersécurité, de protection des données et de surveillance non contrôlée qui inquiètent : sans régulation claire, les données des utilisateurs pourraient être transférées hors du pays ou exploitées sans transparence.

L’utilisation de Starlink par des organisations terroristes constitue une menace directe pour la sécurité camerounaise. Des rapports récents révèlent que JNIM-Al-Qaeda, ISWAP et les factions rebelles Azawad utilisent activement cette technologie satellite dans la région sahélienne.

Cette réalité alarmante place le Cameroun dans une position vulnérable, particulièrement dans les régions frontalières avec le Tchad et le Nigeria où opèrent ces groupes criminels. « L’absence de contrôle gouvernemental sur ces communications satellitaires représente un risque sécuritaire majeur », alertent les experts en cybersécurité.

Les groupes criminels et trafiquants opérant au Niger, Mali, Tchad, Libye et Nigeria exploitent déjà cette faille technologique pour coordonner leurs activités illicites transfrontalières.

Espionnage technologique

Starlink collecte massivement des données de géolocalisation, des communications et des habitudes de navigation des utilisateurs camerounais. Ces informations stratégiques transitent par des serveurs américains, exposant les secrets d’État, les communications gouvernementales et les données économiques sensibles.

L’entreprise d’Elon Musk pourrait techniquement intercepter toutes les communications transitant par son réseau, y compris celles des institutions camerounaises. Cette capacité d’espionnage technologique représente un risque d’ingérence étrangère dans les affaires internes camerounaises.

Les forces de défense camerounaises voient leurs communications potentiellement compromises, fragilisant la sécurité nationale face aux menaces terroristes régionales.

Des experts proposent une approche prudente et stratégique. Parmi les pistes avancées :

  • Élaborer un cadre réglementaire clair pour les services satellitaires, incluant localisation des données, transparence de l’architecture technique, et responsabilité de Starlink.
  • Favoriser une coopération avec Camtel, pour assurer une intégration progressive plutôt qu’un choc frontal au système national.
  • Renforcer la cybersécurité nationale afin d’éviter toute exploitation malveillante de la technologie satellitaire.

La question est simple : Starlink sera-t-il un catalyseur de changement ou un cheval de Troie pour la dépendance technologique ? De nombreux pays africains comme le Rwanda ou le Ghana ont choisi d’ouvrir leur marché à la technologie satellitaire après encadrement légal, tandis que le Cameroun et d’autres États restent volontairement prudents.

Si le progrès technique est inéluctable, sa gestion pose un plafond de verre invisible : celui de la souveraineté et de l’économie numérique nationale.

Starlink, le cheval de Troie d’Elon Musk au cœur du Cameroun
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Filière lait : le PNUD appuie la transformation locale face à un déficit national de plus de 120 000 tonnes

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Filière lait : le PNUD appuie la transformation locale face à un déficit national de plus de 120 000 tonnes
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(Investir au Cameroun) – Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) entend accompagner le Cameroun dans la transformation locale du lait, alors que la production nationale reste très inférieure à une demande estimée à plus de 300 000 tonnes par an. Cette coopération doit porter sur le montage de projets, l’amélioration de la collecte et de la conservation ainsi que le renouvellement générationnel au sein des communautés pastorales.

L’engagement a été évoqué le 23 juillet 2026, lors d’une rencontre entre le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, et le représentant résident du PNUD au Cameroun, Mathieu Ciowela.

Les échanges ont porté sur une assistance technique à la préparation de projets, l’appui à la transformation du lait local et la préparation d’une relève au sein des communautés d’éleveurs. Le partenariat vise à corriger plusieurs faiblesses structurelles qui limitent encore la production et la commercialisation des produits laitiers camerounais.

Un déficit supérieur à 120 000 tonnes

Selon les données du ministère de l’Élevage, la production nationale de lait a atteint 176 618 tonnes en 2023, contre 173 907 tonnes en 2022, soit une progression précise de 1,6 %, généralement arrondie à 2 %.

Face à une demande intérieure supérieure à 300 000 tonnes par an, le déficit théorique dépasse 120 000 tonnes. Cet écart est en partie couvert par les importations de lait, de poudre et d’autres produits laitiers.

D’après l’Institut national de la statistique, cité parBusiness in Cameroon, le pays a consacré 40,6 milliards de FCFA à l’importation de 20 596 tonnes de lait et de produits laitiers en 2023. Les industries auraient parallèlement importé 17 217 tonnes de lait en poudre ou concentré, pour 35 milliards de FCFA.

Ces deux montants ne doivent toutefois pas être automatiquement additionnés : les importations industrielles de poudre et de lait concentré peuvent déjà être comprises dans la catégorie plus large du lait et des produits laitiers.

Collecte, chaîne du froid et transformation

L’appui du PNUD devrait porter sur l’amélioration des systèmes de collecte, de conservation et de transformation, le renforcement des capacités des éleveurs, des collecteurs et des unités de transformation, ainsi que l’adoption de technologies modernes.

La faiblesse de la chaîne du froid reste l’un des principaux obstacles au développement du secteur. Une partie du lait produit dans les bassins d’élevage ne peut être rapidement acheminée vers les centres de consommation ou les unités industrielles. L’insuffisance des équipements de conservation provoque ainsi des pertes après la traite et réduit les volumes commercialisés.

À ces contraintes s’ajoutent les faibles rendements de nombreuses races bovines, le coût de l’alimentation animale, la dispersion des producteurs et le nombre limité d’unités de transformation à proximité des zones de production.

Le développement de centres de collecte équipés, de moyens de transport réfrigérés et de petites unités de pasteurisation pourrait mieux connecter les éleveurs aux industries et aux marchés urbains.

Un plan de 305,7 milliards de FCFA jusqu’en 2035

Le gouvernement considère la filière laitière comme un axe de sa politique d’import-substitution. Au-delà de la réduction de la facture extérieure, une transformation accrue du lait local pourrait créer des débouchés pour les éleveurs, les transporteurs, les collecteurs et les entreprises agro-industrielles.

En juin 2024, le Cameroun a adopté un plan de développement du secteur laitier évalué à 305,7 milliards de FCFA pour la période 2024-2035. Il ambitionne de porter la production nationale à plus d’un million de tonnes à l’horizon 2035.

Cet objectif suppose de multiplier par près de six le niveau de production enregistré en 2023. Sa réalisation dépendra de la mobilisation effective des financements, de l’amélioration génétique du cheptel, du développement des cultures fourragères et de la construction d’infrastructures de collecte et de transformation.

L’intervention annoncée du PNUD pourrait aider à structurer certains projets et à renforcer leur viabilité technique et commerciale. Aucun montant, calendrier d’exécution ou portefeuille précis d’investissements n’a toutefois encore été communiqué.

Mercy Fosoh

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SYNAFOC : une assemblée générale élective annoncée pour renouveler les dirigeants

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Le Syndicat National des Footballeurs Camerounais (SYNAFOC) s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. L’organisation a annoncé la tenue, dans les prochaines semaines, […]

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Ngaoundéré : la SCDP attribue un marché de 2,36 milliards pour accroître de 54,5 % le stockage de produits blancs

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Ngaoundéré : la SCDP attribue un marché de 2,36 milliards pour accroître de 54,5 % le stockage de produits blancs
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(Investir au Cameroun) – La Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) a attribué au groupement RG & Co./Bajaj Steel Industries Limited un marché de 2,359 milliards de FCFA TTC pour construire un bac de 3 000 m³ de gasoil dans son dépôt de Ngaoundéré. Sur la base des capacités arrondies communiquées par l’entreprise, cet équipement doit porter le stockage de produits blancs du site de 5 500 à 8 500 m³, soit une hausse de 54,5 % après sa mise en service.

La décision d’attribution, signée le 9 juin 2026 et publiée le 17 juin par l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP), fixe à 16 mois le délai d’exécution. Le montant retenu est inférieur de 25,64 millions de FCFA, soit environ 1,1 %, au coût prévisionnel de 2,385 milliards inscrit dans l’appel d’offres.

À ce marché principal s’ajoute une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage de 113,96 millions de FCFA TTC, attribuée le 6 mai 2026 à Parlym Cameroun pour une durée de 14 mois. Les deux contrats documentés totalisent ainsi 2,473 milliards de FCFA. Ce cumul ne peut toutefois pas être présenté comme le coût définitif de l’ensemble des aménagements du dépôt.

Une capacité future fondée sur des chiffres arrondis

La distinction entre capacité actuelle et capacité projetée est essentielle. Les 5 500 m³ correspondent à la capacité arrondie retenue par la SCDP pour les produits blancs. Les 8 500 m³ constituent un objectif qui ne sera atteint qu’après la construction, la réception et la mise en service du nouveau bac.

La fiche technique du dépôt détaille actuellement 1 410 m³ de super, 1 960 m³ de pétrole lampant et 2 170 m³ de gasoil. Ces trois produits totalisent précisément 5 540 m³. L’ajout du nouveau réservoir porterait donc leur stockage théorique à 8 540 m³, soit une progression de 54,2 %.

Les 3 000 m³ supplémentaires représenteront par ailleurs 35,3 % de la capacité future arrondie de 8 500 m³. Ce ratio mesure le poids du nouveau bac dans la capacité projetée et non l’augmentation par rapport aux installations actuelles.

La SCDP mentionne séparément 1 420 m³ de Jet A1 et 950 m³ de fuel. Ces volumes n’entrent pas dans le périmètre de 5 500 m³ retenu pour mesurer l’augmentation du stockage de produits blancs.

L’attribution du marché ne permet pas encore de fixer une date de livraison. Le délai de 16 mois commence normalement à courir à partir de la date prévue par le contrat ou de la notification de l’ordre de service. Or, la date de cet ordre de service n’apparaît pas dans les documents publics consultés.

GPL : les documents publics se contredisent sur la capacité projetée

La SCDP prévoit également de renforcer le stockage de gaz de pétrole liquéfié à Ngaoundéré, mais les informations publiées sur ce projet ne concordent pas.

Un premier appel d’offres portant sur la construction d’un réservoir cylindrique — ou « cigare » — de 250 tonnes a été annulé le 24 avril 2025 en raison de dysfonctionnements informatiques à l’ARMP. Contrairement à ce que suggérait la première version de l’article, la procédure a été relancée dès le 29 avril 2025, pour un coût prévisionnel de 2,743 milliards de FCFA TTC et un délai de douze mois.

Le 1er juillet 2025, la SCDP a par ailleurs attribué à Gradient SARL la maîtrise d’œuvre de ce projet pour 58,49 millions de FCFA TTC et une durée de 14 mois. Dans les actes publics consultés, la décision d’attribution du marché principal de construction n’a toutefois pas été retrouvée.

Une publication officielle de la SCDP, modifiée en 2026 et consacrée à une concertation tenue le 6 mai, évoque pourtant un « cigare de 500 tonnes » en chantier à Ngaoundéré. Cette capacité est deux fois supérieure aux 250 tonnes inscrites dans les documents de passation des marchés.

La fiche technique de la SCDP situe la capacité actuelle de stockage de GPL du dépôt à 95 tonnes. L’ajout de 250 tonnes la porterait à 345 tonnes. Si le projet actuel porte effectivement sur 500 tonnes, elle atteindrait plutôt 595 tonnes. En l’absence d’une clarification de la SCDP sur le périmètre du chantier, les 345 tonnes ne peuvent donc plus être présentées comme la capacité future définitive.

Plus de stockage ne garantit pas la fin des pénuries

Le dépôt de Ngaoundéré approvisionne l’Adamaoua ainsi qu’une partie des régions du Nord et de l’Est, selon la SCDP. L’augmentation de ses capacités peut renforcer la marge logistique et réduire sa vulnérabilité à certains retards d’approvisionnement. Les documents disponibles ne publient cependant ni données régionales de consommation, ni fréquence des ruptures, ni nombre de jours de couverture, ni calendrier des rotations de ravitaillement.

Il n’est donc pas établi que ces investissements suffiront à supprimer les pénuries, à raccourcir les délais de réapprovisionnement ou à contenir les pratiques spéculatives. Ces effets dépendront également de la disponibilité des produits, de leur acheminement jusqu’au dépôt et de leur distribution vers les stations-service. Pour le GPL s’ajoutent le nombre de bouteilles disponibles et leur accessibilité financière pour les ménages.

La SCDP présente aussi le renforcement du stockage de GPL comme un moyen de réduire le recours au bois de chauffe et l’exposition des ménages aux fumées de cuisson. L’Organisation mondiale de la santé classe effectivement le GPL parmi les combustibles propres au point d’utilisation et souligne que les femmes et les enfants supportent une part disproportionnée des effets sanitaires des combustibles polluants.

En revanche, aucun document public consulté ne chiffre, pour l’Adamaoua, la consommation de bois susceptible d’être évitée, la superficie forestière qui serait préservée ou les économies attendues pour les ménages. L’impact environnemental et social annoncé reste donc à documenter.

Frederic Nonos

Lire aussi:

14-07-2026 – SCDP : les pertes de produits pétroliers ramenées sous 1 500 m³ sur les cinq premiers mois de 2026

08-06-2026 – Gaz domestique: la SCDP veut porter la capacité de chargement de Bonabéri à 1 950 tonnes par jour

07-06-2026 – Terminal hydrocarbures de Kribi: la SCDP et le PAK franchissent une nouvelle étape vers un stockage de 230 000 m³

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