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Louis-Marie Kakdeu : La survie du Cameroun dépend de la conclusion d’un nouveau programme avec le FMI

Note de lecture de la Conjoncture Mensuelle de la Dette Publique du Cameroun N°06/juin 2026 : La survie du Cameroun dépend de la conclusion d’un nouveau programme avec le FMI
Par Louis-Marie KAKDEU
La présente note couvre les données arrêtées au 30 juin 2026 et publiées le 27 juillet 2026. Elle présente un encours total de la dette publique de FCFA 15 607 milliards. L’analyse de viabilité de la dette (AVD) maintient le Cameroun dans la catégorie des pays à risque de surendettement extérieur élevé, malgré un reclassement récent en catégorie de capacité de remboursement « moyenne » (au lieu de « faible »), qui élargit légèrement la marge de manœuvre du pays.
Que signifie concrètement ce classement pour le pays ?
· Renchérissement et raréfaction du crédit extérieur : les bailleurs et les marchés financiers exigent une prime de risque plus élevée sur les nouveaux emprunts non concessionnels ; c’est déjà visible dans la note elle-même, où 87% des nouveaux prêts signés en juin 2026 sont non concessionnels, contre un objectif stratégique qui privilégie normalement les financements concessionnels.
Un financement est dit concessionnel ou non concessionnel selon le degré de faveur des conditions de prêt accordées à l’emprunteur par rapport à ce que proposerait le marché. Selon le FMI, « Un prêt est dit concessionnel si son élément don est supérieur ou égal à 35%. » Concrètement, l’élément don mesure la « générosité » du prêt : plus le taux d’intérêt est bas, la maturité longue et le différé d’amortissement important, plus la valeur actualisée du remboursement est faible par rapport au montant emprunté, et plus l’élément don est élevé.
· Conditionnalités accrues : l’accès à des financements concessionnels (IDA, FAD, FMI) devient plus subordonné à des réformes structurelles, ce qui explique la mention, dans la note, de la nécessaire conclusion d’un nouveau programme avec le FMI comme condition de soutenabilité.
· Réduction de l’espace budgétaire : une part croissante des recettes publiques est absorbée par le service de la dette (85,8% du service cumulé consacré au seul principal sur le premier semestre), au détriment des dépenses d’investissement et sociales.
· Vulnérabilité accrue aux chocs exogènes : dépréciation du FCFA face au dollar, remontée des taux internationaux, ou choc sur les cours des matières premières (cacao, pétrole) peuvent faire basculer rapidement la trajectoire ; le scénario de « choc extrême » présenté dans les graphiques de viabilité dépasse déjà les seuils sur plusieurs indicateurs (service de la dette extérieure/recettes d’exportation notamment).
· Risque de contagion aux agrégats non encore consolidés : dette flottante, restes à payer, dette de la SOCADEL (~800 Md FCFA), dette des CTD envers le FEICOM (121 Md FCFA), PPP non recensés (raffinerie de Kribi ~540 Md, centrale électrique du PAD ~626 Md), autant de passifs qui, une fois intégrés, pourraient dégrader davantage les ratios officiels.
· Risque réputationnel et d’accès aux marchés régionaux : un classement à risque élevé pèse sur la perception des investisseurs sur le marché des titres publics de la CEMAC, dont le Cameroun reste très dépendant (51% de la dette intérieure).
En clair, ce classement signifie une fenêtre de vulnérabilité qui se referme progressivement si les tendances actuelles (RAP en hausse, part croissante de dette non concessionnelle, passifs hors bilan non intégrés) ne sont pas corrigées.
L’orientation budgétaire 2027-2029 : une réponse pertinente ?
Entre les deux dernières notes, le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) s’est tenu à l’Assemblée nationale (présentation du DPEBM 2027-2029 par le Ministre des Finances le 3 juillet 2026) puis au Sénat (7 juillet 2026), sur la base du Document de Programmation Économique et Budgétaire à Moyen Terme. Le Ministre des Finances y a exposé les grandes orientations macroéconomiques et budgétaires de l’État. Sur le papier, l’orientation va dans le bon sens au regard des fragilités identifiées par la CAA : nouveau programme FMI, discipline budgétaire, élargissement de l’assiette fiscale. Mais la pertinence de cette orientation se heurte à trois limites déjà visibles dans les chiffres eux-mêmes :
1. Un déficit criant de crédibilité d’exécution. Entre janvier et mars 2026, le gouvernement n’a mobilisé qu’environ FCFA 1331,7 milliards sur un objectif trimestriel de 2181 milliards, soit un taux de réalisation de seulement 61%, en raison d’une faible mobilisation à la fois des recettes internes, des emprunts et des dons. Si la mobilisation des ressources censées financer une stratégie plus prudente échoue dès le premier trimestre, l’orientation budgétaire risque de rester incantatoire.
2. Une tension persistante entre ambition et parlement. Le DOB reste un exercice sans vote : les députés et sénateurs interpellent le gouvernement sans pouvoir contraindre les arbitrages, dans un contexte de pression sur les finances publiques, de vie chère et d’attentes sociales fortes, ce qui limite la portée normative réelle de l’exercice sur la trajectoire d’endettement.
3. Un décalage entre le discours de soutenabilité et la pratique récente de l’endettement. La note de conjoncture elle-même montre qu’au même moment où l’orientation budgétaire prône plus de concessionnalité, les nouveaux engagements signés en juin sont à 87% non concessionnels, et l’émission internationale privée de FCFA 474 milliards a été réalisée hors des canaux multilatéraux traditionnels.
Et si le Cameroun n’arrivait pas à conclure un nouveau programme avec le FMI ?
Il faut dire que le précédent programme (FEC/MEDC) s’est achevé fin juillet 2025 et que les négociations pour un nouvel accord 2026-2029 sont toujours en cours un après. Un échec des négociations amorcerait un cercle vicieux du surendettement qui s’auto-alimenterait :
– Perte des financements concessionnels : près de FCFA 94 milliards d’encours qui représentent une source de financement concessionnel et prévisible ;
– Dégradation de la notation souveraine : la note « B » de défaut émetteur à long terme en devises étrangères du Cameroun, avec une perspective négative, est conditionnée par la conclusion d’un nouveau programme FMI d’ici fin 2026 ;
– Renchérissement du coût de la dette : augmentation mécanique de la prime de risque exigée sur les futures émissions internationales, sachant que l’eurobond de janvier 2026 a déjà été émis à un coupon élevé de 8,875% ;
– Recours accru à une dette non concessionnelle à l’image du placement LSEG de FCFA 474 milliards déjà mobilisé, ce qui aggraverait la tendance déjà observée dans la présente note avec 87% des nouveaux prêts signés en juin 2026 qui sont non concessionnels ;
– Effet d’entraînement négatif sur les autres bailleurs : perte du rôle de « sceau de qualité » (catalytic effect) du FMI qui rassure et débloque les financements d’autres partenaires (Banque mondiale, BAD, AFD, bailleurs bilatéraux) : un risque d’autant plus concret que la note relève déjà un taux d’exécution des décaissements extérieurs de seulement 36,2% des prévisions de la Loi de Finances 2026 sur le semestre.
– Un risque régional, au-delà du seul Cameroun : déstabilisation des réserves extérieures de la zone à un niveau soutenable étroitement liée à la poursuite des programmes FMI par les États membres, alors que ces réserves ont déjà reculé de FCFA 1 335,7 milliards entre mars et novembre 2025, soit l’équivalent d’environ un mois d’importations. Risque de fragilisation de la crédibilité de l’arrimage du FCFA et de la stabilité monétaire régionale.
– Absence de discipline structurelle et risque d’aggravation du surendettement : On a vu que l’actuel gouvernement camerounais sombre dans le laisser-faire et le laisser-aller sans le gendarme du FMI. Sans ce cadre contraignant, les réformes de mobilisation des recettes internes, de maîtrise de la dette flottante et des restes à payer (déjà identifiées comme points faibles dans la présente note) risqueraient de progresser plus lentement, accentuant précisément le risque de surendettement extérieur élevé déjà constaté.
Il y aurait donc réduction de l’espace budgétaire et affaiblissement de la capacité à financer les réformes censées justement réduire le risque de surendettement. C’est précisément la raison pour laquelle le gouvernement camerounais a fait de la conclusion d’un nouveau programme FMI l’un des quatre piliers explicites de son orientation budgétaire 2027-2029. Wait and see !
Louis-Marie KAKDEU, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
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Note de lecture critique du Rapport Pays 2026 de la BAD : un ton de résilience qui masque la misère sociale au Cameroun

Par Louis Marie Kakdeu
Le Groupe de la Banque Africaine de Développement vient de publier son rapport pays sur le Cameroun qui tient sur 57 pages et se subdivise en 3 chapitres. Comme toujours, la part du citoyen ordinaire se résume à la « résilience » et je fais cette note critique pour relever les contradictions du rapport sur la base des données fournies.
1. Un narratif institutionnel à nuancer
Le rapport affiche un ton de résilience assez constant (« l’économie camerounaise continue de faire preuve d’une résilience remarquable ») qui mérite d’être interrogé, pour plusieurs raisons :
* Position de juge et partie. La BAD est à la fois auteur du diagnostic et créancier/partenaire opérationnel (PAGFIP, zone industrielle de Kribi, garanties partielles). Les sections « Actions possibles à engager par la Banque » s’insèrent directement dans l’analyse des risques, ce qui tend à orienter le diagnostic vers la justification de ses propres instruments plutôt que vers une évaluation strictement indépendante.
* Le contexte politique est traité en une seule page introductive (report des législatives et municipales « au vu de certaines contraintes impérieuses », prorogation des mandats, création d’un poste de vice-président), sans que son impact sur la crédibilité budgétaire, la gouvernance des marchés publics ou la confiance des investisseurs ne soit réellement intégré dans l’analyse des risques du Chapitre 1.
2. Une soutenabilité de la dette affirmée mais, fragile dans le détail
Le rapport qualifie la dette de « soutenable » (39,4% du PIB, bien en deçà du plafond CEMAC de 70%), mais les données qu’il fournit lui-même racontent une autre histoire :
* Risque de surendettement élevé reconnu explicitement (avril 2026), lié à un problème de liquidité plus que de solvabilité, c’est-à-dire un risque de court terme sur le service de la dette, pas seulement sur le stock.
* Service de la dette : 23,8% du budget en 2025 (contre 21,6% en 2024) et 40,1% des recettes fiscales. La dette intérieure, plus chère (3,5% contre 2,4% pour l’extérieure) et à maturité plus courte (5,5 ans contre 7,6 ans), prend une place croissante (33,2% du total en 2025 contre 28,5% en 2020), ce qui constitue un profil de refinancement de plus en plus tendu.
* Accumulation d’arriérés de paiement, admise sans quantification précise.
* Le rapport souligne lui-même, via la Figure 6, qu’entre 2021 et 2023 le Cameroun a dépensé plus pour le service des intérêts de la dette que pour la santé publique. C’est un indicateur d’arbitrage budgétaire déjà défavorable au social, avant même la dégradation de 2025-2026.
3. Mise en perspective régionale (CEMAC)
Le Cameroun se présente comme la « plus grande puissance économique de la CEMAC » (50% du PIB régional, 50% des réserves de change communautaires), ce qui en fait un acteur systémique pour toute la zone ; ses difficultés budgétaires et son statut sur la liste grise du GAFI (depuis juin 2024) pèsent donc sur la crédibilité financière régionale dans son ensemble, via la BEAC et la COBAC.
Le Cameroun est donc à la fois le pilier et le maillon vulnérable de l’architecture financière CEMAC, ce que le rapport documente sans vraiment en tirer les implications systémiques pour la sous-région.
4. Les limites pour les dépenses sociales : le cœur du problème
C’est ici que les contradictions du rapport sont les plus significatives, car le narratif de « résilience » macroéconomique masque un espace budgétaire social structurellement comprimé :
1. L’effet d’éviction par le service de la dette. Avec 23,8% du budget et 40,1% des recettes fiscales absorbés par le service de la dette, et des paiements d’intérêts qui ont dépassé les dépenses de santé sur 2021-2023, la marge disponible pour l’éducation, la santé et la protection sociale se réduit mécaniquement, indépendamment des intentions affichées.
2. Une assiette fiscale trop étroite pour financer l’action publique. Avec 13,3% du PIB de recettes fiscales (contre un plancher régional de 17%) et une élasticité fiscale inférieure à 1 (0,99), les recettes croissent plus lentement que l’économie elle-même ; la capacité de financer durablement les dépenses sociales ne progresse donc pas au même rythme que les besoins démographiques.
3. Un secteur informel qui échappe presque totalement à la fiscalité (49,2% du PIB, 86,6% des emplois, mais moins de 5% des recettes fiscales), ce qui signifie que la majorité de la population active reste hors du système contributif (fiscal et social), avec seulement 26,5% des travailleurs informels couverts par une assurance volontaire.
4. Des dispositifs sociaux à l’échelle dérisoire face à l’ampleur de la pauvreté. Le rapport se félicite que 199 997 ménages pauvres aient bénéficié de transferts et 15 300 jeunes entrepreneurs d’un accompagnement ; ce sont des chiffres à mettre en regard des quelque 5,8 millions de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (19,5% de 29,9 millions d’habitants). L’écart d’échelle est considérable.
5. Une croissance par habitant structurellement insuffisante. Le rapport reconnaît lui-même que la croissance du PIB réel par habitant (1,1% en 2025, projetée à 1,5-1,6% en 2026-2027) reste très en-deçà du seuil de 3,5% jugé nécessaire pour réduire durablement pauvreté et inégalités ; c’est un aveu qui contredit le ton globalement optimiste des perspectives.
6. Des inégalités territoriales extrêmes non traitées : 18,6% de pauvreté extrême en milieu rural contre 0,9% en milieu urbain ; c’est un différentiel qui interroge la pertinence des instruments de ciblage actuels, et que le rapport mentionne sans l’analyser.
7. Un gap d’efficience des investissements publics de 50% : indépendamment du niveau des ressources mobilisées, la moitié des dépenses d’investissement ne se traduit pas en capital productif, ce qui signifie que même une hausse des recettes ne garantirait pas une amélioration proportionnelle des services sociaux sans réforme de la gestion de la dépense.
8. L’absence de Compte unique du Trésor et la non-publication des états financiers des entreprises publiques traduisent des fuites et un manque de traçabilité qui peuvent réduisent l’efficacité de chaque franc CFA alloué au social.
Le rapport documente correctement, dans son propre corps de données, une situation où le service de la dette et l’inefficience de la dépense publique contraignent structurellement l’espace budgétaire social, alors même que son message de synthèse met l’accent sur la « résilience » et la mobilisation de capitaux pour la « transformation structurelle ».
La dimension sociale (pauvreté, inégalités, protection sociale) est traitée comme une conséquence dérivée de la croissance plutôt que comme un axe de politique publique à part entière alors que les données mêmes du rapport (Figure 6 notamment) montrent que l’arbitrage entre dette et social est déjà défavorable à ce dernier depuis plusieurs années.
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
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GAZ DOMESTIQUE : Le départ du Hilli Episeyo creuse durablement le déficit de l’offre au Cameroun

L’arrêt de la production de gaz à Bipaga, près de Kribi, avec le départ du Cameroun de l’unité flottante Hilli Episeyo, a réduit la production nationale d’environ 2 000 tonnes métriques par mois. Et c’est déjà l’une des causes principales de la pénurie actuelle de ce produit de grande consommation. Surtout que les capacités de stockage de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) sont insuffisantes pour couvrir les besoins actuels du marché camerounais en gaz domestique, qui ont bondi de 15 %.
L’on a pourtant semblé minimiser l’impact du départ du Cameroun de l’unité flottante Hilli Episeyo du centre de traitement de gaz de Bipaga, dans la région du Sud, sur la disponibilité du gaz au Cameroun. La Société nationale des hydrocarbures (SNH) avait même indiqué en juillet 2026 que Bipaga devait continuer à produire environ 30 000 tonnes de GPL par an, malgré la fin de l’exploitation de l’unité flottante Hilli Episeyo.
Cette capacité reste pourtant très inférieure aux 150 420 tonnes de butanes liquéfiés importées en 2025. Toutes choses qui confirment l’insuffisance structurelle de l’offre de production locale de ce produit pétrolier. Surtout que le départ de l’unité flottante Hilli Episeyo du centre de traitement de gaz de Bipaga a coïncidé avec la hausse actuelle de l’ordre de 15 % de la demande locale en gaz domestique.
Seulement, entre janvier et juillet 2026, près de 133 000 tonnes de gaz domestique en bouteille ont été vendues au Cameroun, contre un peu plus de 125 000 tonnes sur la même période en 2025. Soit une hausse de 6,2 %.
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La pénurie que connaît actuellement le pays en gaz domestique, même si la communication officielle tente de la réduire à une tension localisée, peut donc logiquement être considérée comme l’une des conséquences de cet arrêt de l’unité flottante Hilli Episeyo.
D’ailleurs, la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), dans ses précisions apportées le 17 septembre dernier, s’agissant de cette situation de raréfaction du gaz domestique à Douala et Yaoundé, reconnaît que l’arrêt de la production de gaz à Bipaga, près de Kribi, a réduit la production nationale d’environ 2 000 tonnes métriques par mois.
Les autres facteurs justifiant cette pénurie étant, selon la SCDP, la forte augmentation d’activité d’un marketer, pour lequel la SCDP a pris depuis trois jours des dispositions spécifiques afin d’alimenter son réseau ; une hausse de la consommation nationale de gaz domestique d’environ 15 % ; une pression accrue sur les installations de la SCDP, malgré les investissements en cours pour augmenter les capacités de stockage ; le retard à l’arrivée de certains butaniers au port de Douala ; des comportements spéculatifs de la part de certains marketers.
FAIBLES CAPACITÉS DE STOCKAGE DE LA SCDP
Cette situation est d’autant plus inquiétante que les capacités actuelles de stockage de la SCDP ne sont pas à même de satisfaire la consommation nationale.
Selon les données de la SCDP elle-même, ses capacités actuelles de stockage sont de l’ordre de 3 500 TM. Elles seront portées à 4 500 TM avec la sphère 7 en construction à Kribi, dont la mise en service est annoncée avant la fin de l’année ou, au plus tard, début 2027.
Pourtant, la consommation mensuelle du Cameroun en gaz butane est estimée à 15 000 TM.
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Des données qui mettent donc à mal les assurances de la SCDP qui, le 17 septembre dernier, indiquait que ses « stocks de gaz domestique permettent d’assurer l’approvisionnement du marché, ainsi que les opérations d’enlèvement et de distribution sur l’ensemble du territoire national. L’approvisionnement ne souffre donc d’aucun problème structurel : au 16 septembre 2026, un nouveau chargement était en cours de déchargement au dépôt gaz de Bonabéri à Douala ».
LES IMPORTATIONS À LA RESCOUSSE
Pour donc éviter une rupture d’approvisionnement au cours des derniers mois de 2026 et contenir l’exposition du marché camerounais aux achats extérieurs, le Cameroun a lancé, le 1er septembre 2026, un appel d’offres en vue d’importer 60 000 tonnes métriques de gaz de pétrole liquéfié (GPL).
Rapporté aux volumes de butanes liquéfiés importés par le pays en 2025, ce marché représente près de 40 % des achats extérieurs réalisés sur une année.
D’après le Rapport sur l’économie camerounaise en 2025 du ministère en charge de l’Économie, fondé sur les données de la Direction générale des douanes, le Cameroun a importé 150 420 tonnes de butanes liquéfiés en 2025, contre 145 163 tonnes en 2024. Les volumes ont ainsi progressé de 3,6 %.
Selon un communiqué signé par Okie Johnson Ndoh, président de la Commission ad hoc chargée des importations des produits pétroliers (CIPP), le volume recherché sera réparti en deux lots de 35 000 et 25 000 tonnes.
Les 60 000 tonnes recherchées représentent précisément 39,9 % du volume importé en 2025, soit l’équivalent de près de cinq mois d’achats au rythme mensuel moyen de cette année. Elles correspondent également, en théorie, à 4,8 millions de bouteilles de 12,5 kg.
L’opération doit permettre de « couvrir les besoins de consommation de l’exercice 2026 ».
Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 21/09/2026
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Trump face aux médias : les grandes chaînes suspendent la couverture de la Maison-Blanche

La tension monte entre Donald Trump et plusieurs grands médias américains. Après l’exclusion de CNN, MS NOW et Politico de la couverture de la Maison-Blanche, les principales chaînes de télévision américaines ont décidé de suspendre leur participation au dispositif de couverture audiovisuelle des événements présidentiels.
CNN, MS NOW et Politico privées d’accès
Le conflit a commencé après l’annonce par Donald Trump de l’interdiction faite à CNN, MS NOW et Politico d’accéder à la Maison-Blanche. Les journalistes de ces trois médias se sont effectivement vu refuser l’entrée et certains badges de presse ont été désactivés ou récupérés.
Le président américain a justifié sa décision en accusant ces médias de diffuser de fausses informations. Cette décision a rapidement provoqué une réaction des organisations concernées, qui contestent notamment la légalité de cette exclusion.
CNN, MS NOW et Politico ont d’ailleurs engagé une procédure judiciaire contre l’administration Trump. Les trois médias estiment que leur exclusion porte atteinte aux garanties constitutionnelles liées à la liberté de la presse et au respect des procédures.
Les grandes chaînes américaines suspendent leur couverture
La riposte est également venue du système de télévision de la Maison-Blanche. ABC, CBS, NBC, Fox et CNN participent habituellement à un système de pool : les chaînes se relaient pour filmer les déplacements et les événements du président, avant de partager les images avec les autres médias.
Après l’exclusion de CNN, les autres chaînes ont décidé de ne pas fournir d’équipe de remplacement pour assurer cette mission. La couverture audiovisuelle collective des événements de Donald Trump a donc été suspendue pour le moment.
Cette décision s’est notamment appliquée à certains événements présidentiels qui, habituellement, bénéficient d’une couverture télévisée commune.
La Maison-Blanche lance « Trump TV »
Face à cette situation, l’administration présidentielle a lancé sa propre plateforme vidéo baptisée « Trump TV ». Le service diffuse en continu sur internet des contenus liés à l’activité de Donald Trump et de son administration.
Cette initiative permet à la Maison-Blanche de disposer de son propre canal de diffusion alors que les grandes chaînes ont suspendu leur participation au pool audiovisuel.
Le bras de fer se poursuit désormais sur deux fronts : médiatique avec la suspension de la couverture télévisée commune, et judiciaire avec la plainte déposée par CNN, MS NOW et Politico contre l’administration américaine.
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