Connect with us

Dernières actualités

« Secteur de l’électricité au Cameroun : Qui veut la « mort » de Socadel ? », Par Emmanuel Noubissie Ngankam

Published

on

« Secteur de l’électricité au Cameroun : Qui veut la « mort » de Socadel ? », Par Emmanuel Noubissie Ngankam
Spread the love

Révélé le 14 juillet 2026 par le journal en ligne Investir au Cameroun, le métallurgiste PROMETAL aurait sollicité l’onction du gouvernement pour se déconnecter (c’est le cas de le dire) du réseau de distribution de SOCADEL et de se brancher aux bornes de EDC (Electricity Development Corporation) via SONATREL (Société nationale de transport d’électricité) qui est le Gestionnaire du Réseau de Transport (GTR). Mais au-delà de PROMETAL, ce sont tous les métallurgistes réunis au sein de l’Organisation camerounaise des industries des aciers et métaux (OCITRAM) qui seraient vent-debout en vue de s’affranchir du réseau de distribution de SOCADEL.

Dans une interview accordée à EcoMatin du 21 juillet 2026 et reprise par le magazine Défis Actuels du 22 juillet, le coordonnateur de OCITRAM, Patrice Yantho, fait avec force arguments, un plaidoyer qui pourrait être qualifié de pro-domo, tant il s’ingénie à démonter la pertinence de la démarche de son organisation. Certes, personne ne reprocherait aux métallurgistes de plaider pour leur chapelle et de faire valoir leurs intérêts, mais il convient de rappeler que c’est l’ensemble de l’économie nationale qui pâti des affres du secteur de l’électricité et de ce fait, un traitement différencié, discriminatoire créerait davantage de distorsions et amplifierait le déséquilibre, a moins que soit remis à plat toute l’architecture législative et réglementaire du secteur de l’électricité notamment la loi de décembre 2011, son décret d’application de 2012, le code du marché de l’électricité, le code de raccordement de 2019, etc.

UN TRAITEMENT PRÉFÉRENTIEL QUI PRIVERAIT SOCADEL DE SES PRINCIPALES SOURCES DE REVENUS

Par ailleurs, dans son plaidoyer, l’organisation des industriels des aciers et des metaux semble se féliciter de l’intégration verticale du secteur de l’électricité opérée par l’Etat, intégration dont le dernier maillon a été la création de SOCADEL qui, selon les métallurgistes, conduirait à « plus d’efficience, d’efficacité et de pertinence, ces trois éléments étant les principaux leviers d’une performance future et durable ». Une telle déclaration avenante et teintée de précaution langagière vis-à-vis de l’Etat, est diluée dans la détermination affirmée de vouloir bénéficier d’un traitement préférentiel dont la matérialisation serait le raccordement de tous les industriels de l’acier membres de l’OCITRAM au réseau de transport privant ainsi SOCADEL de l’une de ses principales sources de revenus. Bien plus, dans son plaidoyer, l’organisation des métallurgistes affirme sans ambages que « l’analyse du système électrique camerounais met en évidence que le segment de la distribution (géré par la SOCADEL) est à l’origine de plus de 60% des interruptions subies par la clientèle raccordée au réseau de distribution ». Une telle affirmation qui ne s’appuie sur aucune référence documentaire ou analytique, semble exonérer les autres maillons de la chaine de leur responsabilité dans les délestages et particulièrement le GTR SONATREL.

Cette posture est renforcée par une déclaration de l’OCITRAM pour qui « Le raccordement des consommateurs industriels, dont l’ensemble des métallurgistes de plus de 8 MW, directement au Réseau Public de Transport (RPT) géré par SONATREL, apparait comme une solution structurante permettant d’améliorer la sureté du système électrique, d’optimiser les investissements, de renforcer la qualité de fourniture et de soutenir durablement la stratégie nationale d’industrialisation ». En d’autres termes, si ce n’est pas un plaidoyer pour la mise à mort de SOCADEL, qu’est-ce donc ?

LE RACCORDEMENT DE PROMETAL AU RÉSEAU SONATREL EN 2022 ÉTAIT UN CAS DE FORCE MAJEURE ET NE SAURAIT DEVENIR LA NORME

Une autre question de fond est celle de la tarification. A la question du journaliste relative au risque de traitement discriminatoire, le coordonnateur de l’OCITRAM est sans équivoque : « Je préfère m’en tenir à nos membres, pour dire que le plaidoyer qui est le nôtre est relatif au raccordement de tous nos membres au réseau de transport SONATREL, avec les implications tarifaires induites… ». Un tel raisonnement pourrait être repris par les cimentiers, les brasseurs, les minotiers, les industries du verre ou du plastique, etc. A chacun selon sa chapelle et le Gestionnaire du Réseau de Transport SONATREL deviendrait de fait le distributeur en lieu et place de SOCADEL désormais confinée à la clientèle-ménage et aux petits entrepreneurs qui n’auraient pas su ou pu se constituer en lobby pour obtenir de l’Etat une déstructuration du secteur de l’électricité.

Dans sa charge, le coordonnateur de l’OCITRAM est, on ne plus, explicite quand il affirme « Il me plait de vous rappeler que le paiement de l’électricité aux producteurs (EDC, NHPC, DDPC, KPDC) et au transporteur (SONAREL) leur permettra de faire face à leurs charges de maintenance, d’exploitation et d’investissement nouveaux profitables au secteur industriel dans son ensemble, ainsi qu’aux ménages à qui SOCADEL et les petits et moyens consommateurs industriels pourront intégrer leur plan de restructuration dans la réalité et le pragmatisme financier, économique et industriel ». Pour justifier son plaidoyer, le coordonnateur de l’OCITRAM met en avant la mesure exceptionnelle ayant permis à PROMETAL de se raccorder directement au réseau SONATREL suite l’incident d’un transformateur à Logbaba en septembre 2022. Une telle mesure, salutaire en son temps, constituait un cas de force majeure tel que défini par le Code du marché de l’électricité (Art 2.5) et ne saurait être un argument de démantèlement de tout le secteur au profit d’une catégorie particulière de consommateurs.

LE COMPACT ÉNERGÉTIQUE DU CAMEROUN NE SAURAIT ÊTRE PARASITÉ PAR DES INTÉRÊTS CORPORATISTES

Il est indéniable que la revitalisation du secteur de l’industrie au Cameroun comme partout dans le monde, est ontologiquement liée à la disponibilité de l’énergie électrique en quantité et en qualité. Cette réalité est au cœur du Compact Energétique lancé par le gouvernement en septembre 2025 et qui vise entre autres, l’accès universel d’ici 2030. Cette ambitieuse feuille de route qui permettra au Cameroun de bénéficier du soutien de l’initiative Mission 300 de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de la Banque mondiale, ne saurait être parasitée par des intérêts corporatistes qui fragiliserait davantage le secteur de l’électricité déjà aux abois.

Faut-il le rappeler, le Code de raccordement au réseau public de transport de l’électricité au Cameroun dispose à son article 2 :

• La non-discrimination dans le raccordement et l’accès au réseau ;

• La transparence en matière de communication à l’Autorité concédant a l’agence de régulation du secteur de l’électricité et aux utilisateurs du réseau des données de gestion et des informations nécessaires à la facturation des prestations ;

• L’égalité de traitement des utilisateurs du réseau ;

• La continuité et la permanence du service public de l’électricité ;

• L’adaptabilité de l’exploitation aux nouvelles technologies.

Il est tout aussi indéniable que le secteur de l’électricité du Cameroun nécessite des réformes majeures et des investissements massifs qui passent par, la mobilisation des ressources tant techniques que financières des partenaires au développement, l’amélioration des conditions de l’attrait des investissements privés.

Il en va de l’accroissement de la production qui stagne autour de 2000 MW, loin des 3000 MW anticipés en 2025 et des 5000 MW prévus en 2030, le renforcement des réseaux de transport et de distribution qui constituent les maillons faibles de l’ensemble du système. Le plaidoyer de l’OCITRAM, si elle venait à prospérer, constituerait non seulement la mise à mort de SOCADEL mais également porterait un coup fatal au secteur de l’électricité et partant à l’ensemble de l’économie camerounaise.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Dernières actualités

CEMAC : On peaufine la mise en place du Système d’information énergétique

Published

on

CEMAC : On peaufine la mise en place du Système d’information énergétique
Spread the love

Au cœur des enjeux de cette concertation de la réunion qui se tient à Libreville au Gabon,, la nécessité de doter l’Afrique Centrale de données énergétiques fiables et harmonisées, indispensables pour une planification efficace et une gouvernance moderne du secteur.

Libreville, la capitale gabonaise abrite du 21 au 25 septembre 2026, une réunion ministérielle de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) consacrée à la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre des Systèmes d’information énergétique nationaux (SIEN). Un événement d’envergure précédé par des travaux d’experts.

Cette rencontre stratégique réunit les ministres de l’énergie des six pays de la CEMAC, l’Union africaine (UA) ainsi que les partenaires techniques et financiers entre autres. Initiée à travers le projet d’Harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre, elle est placée sois le leadership de la Commission de la CEMAC.

Au cœur des enjeux de cette concertation, informe le journal Cameroon Tribune, la nécessité de doter l’Afrique Centrale de données énergétiques fiables et harmonisées, indispensables pour une planification efficace et une gouvernance moderne du secteur. Le journal informe que les attentes majeures de la CEMAC résident dans l’appropriation politique des plans d’action nationaux, l’allocation de ressources budgétaires nationales pérennes et l’adoption d’un dispositif communautaire permettant la mise en place effective du Système d’information énergétique régional.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Attaque terroriste à Madegoua : 9 éléments de Boko Haram neutralisés

Published

on

Attaque terroriste à Madegoua : 9 éléments de Boko Haram neutralisés
Spread the love

Le bilan de la nuit du 16 au 17 septembre 2026 fait état de 14 civils assassinés et de nombreux blessés.

Dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 septembre 2026 aux environs de 2 heures du matin, une dizaine d’éléments de la secte terroriste Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), groupe armé djihadiste affilié à l’organisation Etat islamique ont attaqué des civiles dans la localité de Madegoua, située à 11km de l’arrondissement de Makary, département du Logone-et-Chari dans la région de l’Extrême-Nord.

Selon le communiqué publié par Cyrille Serge Atonfack Guemo, chef de division de la communication au ministère de la Défense (Mindef), l’attaque terroriste a fait 13 civils morts sur le site, 1 quatorzième décédé des suites de ses blessures et 2 autres grièvement blessés et admis en soins intensifs au centre hospitalier de Mada.

«Sur le plan opérationnel, une vaste manœuvre de traque et de ratissage a aussi été lancée, en parfaite coordination avec l’ensemble des forces engagées dans la zone. Un dispositif de sécurisation renforcé demeure maintenu sur place afin de garantir la quiétude des populations et de parer à toute éventualité» renseigne le communiqué.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Lions indomptables : rentrée des classes à Garoua

Published

on

CEMAC : On peaufine la mise en place du Système d’information énergétique
Spread the love

Les Lions indomptables ont entament la campagne éliminatoire de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027 ce jeudi à Garoua, par un match contre les Comores. A cet effet, les 26 joueurs convoqués par David Pagou regagnent progressivement leur tanière de l’hôtel Hilton ce lundi. Entre dimanche et lundi, 16 des joueurs étaient déjà dans le groupe hier et ont entamé quelques exercices dans les infrastructures de l’hôtel. Il s’agit notamment d’une séance de stretching sur le court de tennis, afin de délier les muscles après de longs voyages. Dans l’après-midi, une première sortie grandeur nature sur le stade de Ngoa-Ekelle, couramment appelé Stade militaire. Le groupe qui devrait être complet aujourd’hui, s’envolera pour Garoua, capitale de la région du Nord.

Pour cette fenêtre internationale, trois rencontres sont au menu du regroupement des Lions indomptables. Ce 24 septembre, le Cameroun affronte les Comores. Un adversaire que le pays d’accueil connaît déjà, pour l’avoir rencontré ces dernières années, dont lors de la CAN 2021 à Yaoundé. Les Cœlacanthes ont déjà posé leurs valises à Yaoundé depuis hier. La conférence de presse d’avant-match est prévue demain soir dans l’antre du stade Roumde Adjia de Garoua. Cinq jours plus tard, les Lions indomptables affronteront les Diables rouges du Congo, à Brazzaville.

Les 26 de David Pagou

Après ces deux rencontres comptant pour les éliminatoires de la Can 2027, les Lions indomptables fermeront la fenêtre Fifa par un match amical contre les Eléphants de Côte d’ivoire. Un match qui a priori n’aura rien d’amical entre deux sélections sœurs qui rivalisent traditionnellement à travers leurs supporters et leurs peuples. Le duel Eto’o-Drogba des années 2000 a cédé la place au duel des « belles-familles ». L’épouse de Samuel Eto’o étant de nationalité ivoirienne. Mais de façon plus sportive, ces deux nations savent se tutoyer au fil des générations de joueurs. Toutes les deux sélections sont en phase de reconstruction. Rendez-vous le 3 octobre pour cet autre duel.

Les activités du match ici

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici