Actualités locales
des agriculteurs anglophones attaqués et leurs biens incendiés
Des violences ciblées ont éclaté à Makenene, une ville agricole du Centre-Cameroun, où plusieurs habitants originaires des régions anglophones ont vu leurs fermes et entrepôts réduits en cendres, leurs biens pillés, et certains ont été blessés.
L’attaque, qui s’apparente à une tentative d’expulsion forcée de populations non autochtones, suscite l’indignation et ravive les inquiétudes sur la montée de la xénophobie dans le pays.
De nombreuses victimes sont des agriculteurs vivriers de la région anglophone du Nord-Ouest, installés depuis longtemps à Makenene.
Cette ville en bordure de route, située dans le département du Mbam-et-Inoubou, dans la région du Centre du Cameroun, est connue pour ses terres fertiles propices à la culture du cacao et du maïs.
Des vidéos et des témoignages de victimes montrent des entrepôts incendiés, ainsi que d’importantes quantités de cacao et de maïs détruites.
La ferme de deux pièces d’un homme a été incendiée, ainsi que sept lits et d’autres biens. Sa maison nouvellement construite a également été incendiée avant même qu’il ne puisse emménager.
Une vidéo de trois minutes devenue virale ne montre que des destructions, avec la voix d’un homme – vraisemblablement le propriétaire – déplorant le coût des violences. Il montre sa maison incendiée, puis désigne un terrain vague recouvert de cendres où, dit-il, se trouvait autrefois son entrepôt de maïs.
« Il y avait du maïs ici, pas moins de 50 sacs de maïs, qui n’avaient pas été broyés. Le maïs a disparu – 50 sacs. Que Dieu ait pitié », l’entend-on dire, la voix pleine de désespoir.
Il montre également des cacaoyers fraîchement coupés près de la structure incendiée, accusant les vandales d’être responsables de la destruction.
D’autres séquences vidéo montrent de jeunes plants de maïs abattus lors des violences, ainsi que des motos endommagées.
Les violences auraient éclaté après que le chef de Makene ait donné aux anglophones la date limite du 1er juin 2025 pour quitter la zone.
Selon certaines sources, le 5 juin, après l’expiration de cette date limite, le chef aurait incité ses sujets à attaquer les agriculteurs anglophones qui n’avaient pas quitté la zone.
Le gouvernement camerounais est resté silencieux depuis l’attaque, survenue deux semaines seulement après la célébration de la fête de l’unité nationale, et a lancé des appels à la paix, à la tolérance et à la cohésion sociale.
Le préfet de l’arrondissement de Makene se serait rendu sur les lieux des destructions pour tenter de réconforter les victimes. Cependant, des rapports suggèrent qu’il a minimisé les attaques et n’a pas condamné les violences ni appelé à des arrestations.
L’incident a suscité l’indignation des anglophones et des militants de la société civile, qui réclament justice et la fin de la xénophobie.
Esther Omam, figure emblématique de la société civile camerounaise, a condamné les attaques de Makenene, les qualifiant de dangereuses et de sources de division. « Ne laissons pas la haine nous diviser. Ne laissons pas la peur nous consumer », a-t-elle écrit.
« Ce qui se passe à Makenene est déchirant et dangereux. Aucun Camerounais ne devrait être chassé de chez lui en raison de son lieu de naissance ou de sa langue. »
Elle a appelé au rétablissement de la paix et à la protection de tous les civils à Makenene, exhortant les chefs traditionnels et les autorités à prendre des mesures immédiates pour apaiser les tensions.
Agbor Gilbert, promoteur de films, a également condamné ces violences, les qualifiant de déplorables, évoquant les griefs de longue date des Camerounais anglophones contre leur marginalisation par le gouvernement majoritairement francophone.
«Les anglophones aspirent à la paix et à l’égalité. Mais les voix qui expriment cette haine sont trop nombreuses pour être ignorées. Et soyons réalistes, le Cameroun est une nation jumelle et l’assimilation des anglophones est vouée à l’échec. L’accent est mis ici sur ce comportement spécifique et destructeur, resté incontrôlé pendant trop longtemps. Nous devons rejeter la haine et dénoncer ce dénigrement partout où il se manifeste. Chaque région, chaque tribu mérite sa dignité. Le Cameroun prospère lorsque nous sommes unis, et non séparés», a-t-il écrit.
Avec plus de 240 groupes ethniques, la diversité culturelle et linguistique du Cameroun, conjuguée aux tensions politiques, rend le pays vulnérable aux flambées xénophobes.
Les attaques xénophobes passées ont principalement visé les anglophones et les membres de la tribu francophone Bamelike.
Après le déclenchement d’un conflit armé séparatiste dans les deux régions anglophones du pays, qui avaient massivement protesté contre la marginalisation systémique, le gouvernement a créé un organe consultatif pour consolider l’unité nationale et promouvoir le bilinguisme et le multiculturalisme.
Cependant, les critiques affirment que la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (CNPB), créée en 2017, n’a que très peu œuvré pour promouvoir la tolérance et la coexistence pacifique au Cameroun.
Cette institution a souvent été critiquée pour son manque de mobilisation contre les auteurs de xénophobie.
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Actualités locales
les joueurs boycottent l’entraînement pour réclamer quatre mois de salaires

Le malaise est profond au sein de PWD de Bamenda. Le club camerounais traverse une crise interne majeure après que ses joueurs ont décidé de boycotter la séance d’entraînement prévue mardi matin afin de protester contre des arriérés financiers qui s’accumulent depuis plusieurs mois.
Selon les informations rapportées par le journaliste Afeseh Apong, les joueurs se sont présentés au stade de proximité de Bamenda comme prévu, mais ont refusé de prendre part aux exercices. Une action collective destinée à attirer l’attention de la direction sur leur situation. Les footballeurs réclament le paiement de quatre mois de salaires ainsi que trois primes de match toujours impayées.
La réaction du club ne s’est pas fait attendre. En réponse à ce mouvement de protestation, les joueurs se sont vu interdire l’accès au bus de l’équipe pour le trajet retour. Contraints de se débrouiller par leurs propres moyens, ils ont quitté les installations dans un climat particulièrement tendu, révélateur de la fracture grandissante entre l’effectif et les dirigeants.
Cette crise suscite d’autant plus d’interrogations que le président de PWD de Bamenda, Pascal Abunde, occupe également le poste de quatrième vice-président de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT). Une position qui rend cette affaire particulièrement sensible dans le paysage du football camerounais.
À quelques semaines de la reprise des compétitions et alors que le club cherche à retrouver de la stabilité sur le terrain, cette situation pourrait avoir de lourdes conséquences sur les performances sportives de l’équipe. Les supporters, eux, attendent désormais des réponses concrètes de la direction afin d’éviter que cette crise financière ne se transforme en véritable crise institutionnelle.
Le dossier est désormais suivi de près par les observateurs du football camerounais, qui s’interrogent sur la capacité du club à rétablir rapidement un climat serein au sein de son vestiaire.
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Actualités locales
Camair-co à la traîne sur l’international, les compagnies étrangères captent plus de 1,3 million de passagers
La compagnie nationale Camair-Co peine à s’imposer sur les lignes internationales, où les transporteurs étrangers captent plus de 1,3 million de passagers au Cameroun. Le marché est fortement dominé par des géants comme Ethiopian Airlines et Air France, qui tirent profit de la croissance continue du trafic passager dans les aéroports du pays.
Près de 16 compagnies internationales régulières desservent les aéroports de Douala et Yaoundé. Des acteurs comme Ethiopian Airlines et Air France se partagent la part du lion. La position de Camair-Co, l’étoile du Cameroun se concentre principalement sur son réseau domestique et quelques lignes sous-régionales (Libreville, Brazzaville, Kinshasa, Cotonou).
D’après les données des Aéroports du Cameroun (ADC), dix compagnies aériennes ont concentré l’essentiel du trafic passagers et fret au Cameroun en 2024. Une particularité se dégage sur le classement, le maintien de l’Etoile du Cameroun comme acteur central du réseau domestique, et la domination des transporteurs européens et africains sur les liaisons internationales.
Ethiopian Airlines
Avec 11 606 mouvements et 549 303 passagers, la compagnie nationale reste le leader de la desserte intérieure. Néanmoins, l’optimisation du taux de remplissage demeure un défi récurrent, reflétant les fragilités structurelles de la compagnie nationale. Le classement est dominé par Ethiopian Airlines, qui a transporté 291 763 passagers, en hausse de 13,9 %, confirmant son statut de principal acteur du trafic international au Cameroun. Elle est suivie de Brussels Airlines avec 258 856 passagers (+1,0 %) et d’Air France malgré son mauvais service avec 258 711 passagers (-3,1 %).
Derrière ce trio de tête figurent Asky Airlines (157 104 passagers), Turkish Airlines (115 607), Royal Air Maroc (94 851), Air Côte d’Ivoire (79 698), RwandAir (78 416), Kenya Airways (30 291), mince, ils sont vraiment tombés et Cronos Airlines (8 109 passagers).
L’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale
«Les 1,37 million de passagers transportés par les dix compagnies étrangères représentent autant d’opportunités commerciales qui échappent à Camair-Co. Si la compagnie nationale disposait d’une flotte plus importante, d’une meilleure régularité opérationnelle et de dessertes internationales plus nombreuses, elle pourrait capter une partie significative de ce marché. L’exemple d’Ethiopian Airlines est particulièrement révélateur. La compagnie éthiopienne a bâti un puissant hub africain à Addis-Abeba et transporte à elle seule près de 292 000 passagers au Cameroun. Elle illustre comment une compagnie africaine bien structurée peut dominer le trafic régional et international», analyse Shance Lion.
Pour ce lanceur d’alerte, le défi pour Camair-Co n’est donc plus seulement de maintenir sa position sur le réseau domestique, mais de conquérir une partie du marché international. Tant que les liaisons vers l’Europe, l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et le Moyen-Orient resteront majoritairement exploitées par des compagnies étrangères, une grande partie de la valeur créée par le transport aérien camerounais continuera d’être captée hors du pays.
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André Marc Emmanuel Yinda, nommé directeur général de Tradex Guinée Équatoriale

La décision a été prise ce mardi 9 juin 2026 à Douala, le temps d’une session extraordinaire. Il remplace à ce poste Alain Francis Ngondi Owona.
Du mouvement à la tête de Tradex Guinée Équatoriale. Actu Cameroun apprend la nomination ce mardi 9 juin 2026 d’André Marc Emmanuel Yinda au poste de Directeur Général de la filiale, en remplacement d’Alain Francis Ngondi Owona. Avant sa nomination, André Marc Emmanuel Yinda occupait jusqu’à cette nomination les fonctions de Conseiller Technique N°1 de TRADEX S.A. Il siégeait également aux Conseils d’administration de Tradex Tchad et Tradex RDC.
Âgé de 48 ans, le nouveau Directeur Général est un pur produit du Groupe camerounais, où il cumule plus de 21 années d’expérience dans le secteur pétrolier. Diplômé de l’École Supérieure de Gestion et Finance (ESGF) de Paris et titulaire d’une licence en économétrie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il rejoint TRADEX en février 2005 en qualité de Cadre comptable et financier après des expériences chez Addax et Oryx.
Son parcours au sein du groupe est marqué par une progression constante : Responsable de l’Audit Interne en 2006, Chef de Division Audit Interne en 2008, Chef de Département Budget et Contrôle en 2012, puis Chef de Division Budget et Contrôle en 2024.
André Yinda s’est particulièrement illustré par sa contribution à la définition de la stratégie de l’entreprise et à la conduite de projets innovants. Il est notamment considéré comme l’un des principaux artisans de la création et du développement de la bouteille de gaz TradexGaz, devenue aujourd’hui l’un des produits phares de la marque. Son action a également permis de renforcer la maîtrise des charges, d’améliorer durablement les performances financières de l’entreprise et de moderniser les outils de pilotage budgétaire grâce à l’introduction d’indicateurs clés de performance.
À l’issue de cette nomination, Emmanuel Patrick MVONDO, Président du Conseil d’administration de TRADEX Guinée Équatoriale S.A., a exprimé sa confiance en la capacité du nouveau Directeur Général à poursuivre le rayonnement de la marque dans ce pays frère.
« Le nouveau Directeur Général continuera à œuvrer pour faire rayonner la marque TRADEX en Guinée Équatoriale. Notre ambition est d’accompagner activement les autorités dans le développement de ce pays frère, conformément à la vision portée par Adolphe MOUDIKI, Président du Groupe TRADEX », a-t-il déclaré.
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