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SOCADEL : 100 jours pour tout changer

C ‘est sous les lambris d’une salle de conférence de Douala, en présence des administrateurs, des directeurs généraux des sociétés du secteur et du personnel de l’ex-ENEO, que s’est jouée, jeudi 8 mai 2026, une scène inédite dans l’histoire énergétique du Cameroun. Monsieur Oumarou Hamandjoda, nouveau Directeur Général, et Monsieur Ekobena Jean Basile, Directeur Général Adjoint de la toute nouvelle Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL), ont officiellement pris les rênes de la structure de distribution, en présence d’Antoine Ntsimi, Président du Conseil d’Administration. Leurs prédécesseurs de l’ex-ENEO, conduits par Amine Hommane Ludiye, leur cédaient symboliquement les clés d’une entreprise en état de tension avancée.
DE LA PRIVATISATION À LA RENATIONALISATION
Pour comprendre la portée de ce moment, il faut revenir en arrière. Depuis la privatisation du secteur de l’électricité au tournant des années 2000, la distribution de l’énergie électrique au Cameroun était assurée par AES Sonel, puis par ENEO — Energy of Cameroon — dont le capital était majoritairement détenu par le fonds d’investissement britannique Actis. Pendant plus d’une décennie, cette configuration a suscité des débats récurrents sur la qualité du service, les tarifs, et la capacité de l’opérateur à répondre aux attentes d’une clientèle croissante dans un pays en développement rapide.
Surtout dans un contexte où des fraudes massives sur les lignes électriques et d’énormes impayés, privaient l’entreprise de ressources pour investir, tout en aggravant son endettement aujourd’hui chiffré à quelques 800 milliards de FCFA. Dans ce contexte de criee, et alors qu’Actis manifestait son intention de partir, le tournant est venu avec une décision du président Paul Biya du rachat par l’État camerounais des actions autrefois détenues par Actis au sein d’ENEO.
La société a été transformée en structure à capitaux publics et a changé de dénomination pour devenir la Société Camerounaise d’Électricité — SOCADEL. C’est le décret du 4 mai 2026 qui a formellement acté cette transformation. Le 5 mai, les nouveaux dirigeants étaient installés dans leurs fonctions à Yaoundé. Le 8 mai, la passation de service sur le terrain, à Douala, marquait leur prise de service effective à la tête de l’entreprise. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, qui conduisait la cérémonie, n’a pas usé de circonlocutions pour décrire l’état du patient.
Dans son discours, il a brossé un tableau sans concession : « Le secteur de l’électricité fait face à un déséquilibre financier structurel, à des tensions de trésorerie persistantes, à une dégradation de la qualité du service et à une perte progressive de confiance des usagers. » Un constat brutal, qui dit à lui seul l’ampleur du travail qui attend les nouveaux dirigeants. Les chiffres et mécanismes évoqués permettent de mesurer concrètement les dégâts. L’accumulation des arriérés de paiement fragilise l’ensemble de la chaîne de valeur : producteurs, transporteurs, distributeurs. Elle réduit la capacité d’investissement, compromet la maintenance des infrastructures existantes et envoie, selon le ministre, un signal négatif aux investisseurs potentiels.
Autrement dit, le secteur souffre d’un cercle vicieux : moins de recettes collectées signifie moins d’entretien, moins d’entretien signifie un service dégradé, et un service dégradé alimente les résistances à payer les factures. À ce tableau financier s’ajoutent des défis techniques bien réels : réseaux vieillissants, transformateurs surchargés, compteurs obsolètes, fraude endémique sur les branchements, délais d’intervention jugés inacceptables par les abonnés. Le ministre a notamment pointé la nécessité de réduire les délais d’intervention pour le remplacement d’un transformateur en panne, qui ne devra plus excéder 72 heures en zone urbaine comme rurale dès la signalement de la panne.
100 JOURS POUR PROUVER
Face à ce diagnostic, le gouvernement a arrêté une feuille de route de restructuration. Les cent premiers jours de la SOCADEL constitueront une phase d’épreuve. Les axes prioritaires sont clairement définis : augmenter les revenus, réduire les charges, améliorer l’efficience. Pour y parvenir, plusieurs leviers ont été identifiés. Le premier est le recouvrement des factures. La position du gouvernement, rappelée avec fermeté par le ministre, est sans ambiguïté : tout le monde doit payer sa facture.
Cela implique un saut qualitatif dans les modalités de recouvrement, une traçabilité en temps réel des flux financiers collectés et une application stricte de la clé de répartition interne des ressources validée par l’État actionnaire. Le deuxième levier est la lutte contre la fraude. Un vaste programme de pose de compteurs intelligents dans les postes MT/BT est envisagé pour mieux gérer les flux et détecter les détournements. Des opérations coup de poing seront intensifiées dans tous les quartiers, de jour comme de nuit. Gaston Eloundou Essomba a même annoncé la mise en place d’une brigade nationale de lutte contre la fraude, dont la vocation sera de traquer les fraudeurs sur l’ensemble du territoire.
En outre, la migration des compteurs post-payés vers des compteurs prépayés sera accélérée, permettant à la SOCADEL de disposer de liquidités en avance et de réduire les impayés structurels. Le troisième axe porte sur la qualité du service : remplacement des supports bois par des supports béton, modernisation du réseau via le smart grid, élagage systématique des couloirs des réseaux, remplacement des transformateurs surchargés et amélioration du service client. S’y ajoute une ambition d’extension de l’accès à l’électricité, par le développement des extensions de réseaux, des mini-grids et de solutions d’énergie décentralisées.
UN MESSAGE AUX AGENTS : INTÉGRITÉ OU SANCTIONS
Le discours du ministre a également comporté un volet adressé directement aux quelque plusieurs milliers d’agents de la SOCADEL. Après avoir salué leurs compétences et leur expertise, Gaston Eloundou Essomba a tenu à rappeler les règles du jeu de la nouvelle ère. « On ne peut pas être au service de l’État et travailler contre les intérêts de l’État. Ceux qui, par appât du gain, aident les fraudeurs ou ferment les yeux sur des raccordements illicites trahissent non seulement leur contrat, mais aussi la mission de service public dont ils ont la charge. » Le ton était ferme. La menace, précise : tout agent dont la complicité dans des actes de fraude sera établie fera l’objet de sanctions disciplinaires exemplaires, pouvant aller jusqu’aux poursuites pénales devant les juridictions compétentes. Un message qui tranche avec la culture du laisser-faire qui prévalait, selon plusieurs observateurs, dans certains segments de l’ex-ENEO.
Dans le même temps, le ministre a voulu rassurer le personnel sur le maintien de leurs acquis sociaux, notamment les salaires et les avantages acquis. Sur la question des 5 % d’actions détenues par le personnel à travers leur groupement d’intérêt commun (GIC), il a précisé qu’une Commission Mixte réunissant le MINEE, le MINFI, le MINTSS, la SOCADEL et le GIC du personnel sera mise en place d’ici juin 2026 pour discuter des modalités de traitement de ces parts — soit leur transfert dans le capital de la nouvelle structure, soit leur rachat par l’État.
En attendant, l’État s’est engagé à porter lui-même ces 5 % au capital de la SOCADEL durant la période transitoire. La cérémonie a aussi été l’occasion de rendre hommage à l’équipe dirigeante sortante d’ENEO. Le ministre a tenu à saluer particulièrement Amine Hommane, dont il a qualifié le passage de « mémorable » pour le secteur, le remerciant au nom du gouvernement pour ses bons et loyaux services rendus à la Nation camerounaise.
DES ATTENTES TRÈS FORTES
En clôturant son allocution, le ministre a livré ce qui ressemble à un programme autant qu’à une promesse : « Les populations, les opérateurs du secteur, les partenaires financiers nous regardent. Tous, attendent de savoir ce qui va se passer au lendemain de cette renationalisation. » Une manière de signifier que le monde entier — ou du moins ses créanciers et bailleurs — a les yeux rivés sur ce chantier. La SOCADEL hérite d’un secteur à reconstruire, d’une clientèle fatiguée de coupures intempestives et d’un personnel en attente de signaux clairs.
Les cent premiers jours seront le premier verdict. Si les indicateurs se redressent, la renationalisation aura apporté la preuve que l’État peut faire mieux que le privé dans la gestion d’un service public stratégique. Dans le cas contraire, les questions sur la gouvernance et la viabilité financière du modèle reprendront de plus belle — et avec elles, le débat sur la capacité du Cameroun à garantir à ses citoyens une électricité fiable et accessible.
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Marché des titres publics : 98 milliards FCFA levés sur 160 milliards attendus au 1er trimestre

Le Trésor camerounais a enregistré un début d’année en deçà de ses prévisions sur le marché des titres publics. Entre janvier et mars 2026, il a levé 98 milliards de FCFA contre un objectif trimestriel de 160 milliards de FCFA, soit un manque de 62 milliards de FCFA. D’après le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) 2027-2029, le taux de réalisation s’est établi à 61,3 %.
Les ressources mobilisées proviennent de 50,3 milliards de FCFA d’Obligations du Trésor assimilables (OTA), utilisées pour le financement à moyen et long terme, et de 47,7 milliards de FCFA de Bons du Trésor assimilables (BTA) à 52 semaines, destinés aux besoins de trésorerie de l’État. Malgré cet écart par rapport à la programmation, le montant levé reste supérieur aux 84,4 milliards de FCFA collectés au premier trimestre 2025, soit une progression de 13,6 milliards de FCFA ou 16,2 %.
DES INVESTISSEURS PLUS EXIGEANTS
Cette contre-performance s’inscrit dans un environnement moins favorable sur le marché des titres publics de la Cemac. Les États continuent d’y rechercher des ressources importantes, mais les investisseurs demandent désormais des rendements plus élevés et privilégient les échéances courtes. Cette évolution avait déjà été relevée par le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, le 13 février 2025 à Douala.
Selon les données présentées à cette occasion, le Cameroun a levé 1 153,9 milliards de FCFA sur ce marché en 2024, en hausse de 20,4 % sur un an. Dans le même temps, le taux de rémunération des Bons du Trésor assimilables est passé de 2,67 % en 2020 à 6,33 % en 2024, tandis que le taux de couverture des besoins du Trésor est tombé de 206,9 % à 69 %.
Le Directeur général du Trésor et de la Coopération financière et monétaire, Sylvester Moh Tangongho, dresse le même constat dans un entretien accordé à Défis Actuels. « Nous faisons face au renchérissement du coût du financement de notre dette publique. Cette situation s’accompagne également d’un raccourcissement de la maturité moyenne des titres émis, les investisseurs privilégiant désormais des échéances plus courtes », explique-t-il.
Pour élargir la base des souscripteurs, le Trésor envisage d’ouvrir davantage le marché aux particuliers par l’intermédiaire des plateformes numériques. « Les fintech pourraient agréger des milliers de souscriptions de faible montant et permettre ainsi à un plus grand nombre d’épargnants de participer au financement de l’État », indique le responsable. Il évoque également la possibilité de lancer des émissions liées à des projets identifiés. « Des emprunts pourraient être lancés pour financer une infrastructure bien identifiée, comme un pont ou un équipement local. Les souscripteurs sauraient alors précisément à quoi leur contribution est affectée », précise Sylvester Moh Tangongho.
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SIARC 2026 : Le Cameroun juxtapose la tradition et la modernité pour stimuler l’innovation artisanale

Cet événement biennal prévu du 27 juillet au 05 août 2026 à Yaoundé, mettra en avant l’artisanat local par des expositions-ventes, des rencontres B2B, des ateliers de formation et des innovations.
Promouvoir et stimuler l’innovation dans le secteur de l’artisanat camerounais, en créant une plateforme d’échanges fructueux entre les savoirs-faires traditionnels et les influences contemporaines, afin d’accroître sa compétitivité. C’est l’objectif général de la 9ème édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), prévu du 27 juillet au 05 août 2026 au musée national de Yaoundé.
L’événement qui aura pour pays invités d’honneur la Côte d’Ivoire et le Cameroun et l’Algérie va se tenir sous le thème : «Entre tradition et modernité : comment stimuler l’innovation artisanale? ». Comme innovation de cette 9ème édition, le SIARC 2026 ambitionne des formations des artisans sur l’appropriation du processus de normalisation et de certification des produits artisanaux, l’ouverture d’une boutique souvenir SIAR 2026 et un atelier d’initiation des jeunes vulnérables aux métiers artisanaux.
Au cours du point de presse organisé hier jeudi 23 juillet 2026 à Yaoundé en prélude à l’événement, Achille Bassilekin III, ministre en charge des PME, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa) a expliqué que «l’artisanat demeure l’un des piliers de l’économie camerounaise. Selon les autorités, il mobilise près de 60 % de la population active, contribue significativement à la création de richesses, favorise l’insertion socio-économique et participe à la préservation de l’identité culturelle nationale».
Dans son allocution, le membre du gouvernement a rappelé que la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) fait de l’innovation, de la compétitivité et de la valorisation du secteur privé des instruments majeurs pour conduire le Cameroun vers l’émergence. L’artisanat y occupe une place de choix en tant que levier de création d’emplois, de promotion du « Made in Cameroon » et de développement des chaînes de valeur locales.
Achille Bassilekin III a indiqué que l’artisanat national dépasse le simple acte commercial. « Acheter un produit artisanal camerounais, c’est soutenir une famille, préserver un savoir-faire, contribuer à la création d’emplois et investir dans notre patrimoine culturel », a-t-il déclaré.
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Absence de Paul Biya : le SDF dénonce le black out total

«Qui gouverne ce pays ? Le chef de l’État est absent du territoire national depuis plus de six semaines (…). La vice-présidence, créée à la hâte en avril au nom de la continuité de l’État demeure vacante. L’État fonctionne par délégation de signature qu’aucun citoyen n’a jamais vue».Le coup de gueule est de Joshua Osih hier lors de la conférence de presse qu’l a donnée à Yaoundé. Le séjour prolongé du président de la République en Europe était le sujet phare abordé par le président du Social democratic front (SDF) à cette occasion où il présentait la position de son parti sur l’état de la nation. Joignant ainsi sa voix aux millions d’autres qui s’inquiètent du « court séjour » présidentiel devenu de plus en plus élastique. Déjà 45 jours que le peuple camerounais est sans nouvelles de Paul Biya son président, parti « en Europe » début juin dernier, et qui n’a plus donné signe de vie. Lui qui a fait l’objet de vifs débats sur son état de santé à l’occasion de la célébration de la Fête nationale le 20 mai dernier. Lui dont des sources annoncent une hospitalisation en Suisse. Une information qui avait été donnée par le magazine Jeune Afrique. Le ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, avait démenti cette information, la déclarant « non fondée ». Le porte-parole du gouvernement indiquait que Paul Biya est au travail.
Mais cela fait déjà un mois et demi que l’homme en qui le peuple camerounais a confié son destin, est toujours sans nouvelles officielles. Amplifiant les rumeurs et débats sur sa santé. Et désormais sur la vacance à la tête de l’Etat. Convoquant l’article 6, alinéa 5 de la Constitution du 18 janvier 1996 modifiée en avril dernier. Lequel dispose que «en cas de vacance de la présidence de la République pour cause de décès ou de démission, ou en cas d’empêchement définitif dûment constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat du président de la République». Faux : «Affirmer que le pouvoir (exécutif) est ‘’vacant’’ au Cameroun relève d’un barbarisme juridique, voire politique oulogique », réagi Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rdpc, parti au pouvoir.
« République en pilotage automatique »
Sauf que la réalité à savoir la longue absence prolongée du président de la République, impose débats et conjectures lorsqu’après sa sortie, le patron de la communication du parti au pouvoir ne peut apporter une preuve que Paul Biya continue d’être le commandant de bord du bateau Cameroun. Le SDF par la voix de son président, est monté au créneau pour joindre sa voix à celles des autres Camerounais qui refusent d’assister en victimes résignées du sevrage brusque de leur président ; mais surtout, de sortir le débat des réseaux sociaux pour l’exposer dans les espaces conventionnels de gouvernance participative de la cité. «Nous comprenons, et nous l’avons dit, que d’un point de vue constitutionnel, cette vacance n’existe pas par voie d’absence», rejoint-il Fame Ndongo. «Nous respectons cela. Nous sommes des républicains et nous respectons les lois qui nous entourent. Mais nous disons, et nous insistons, que d’un point de vue politique et tout simplement de décence, la question reste sur la table : celle qui oblige le président de la République d’informer ses concitoyens. Tout comme il le fait quand il part, il a l’obligation de nous dire ce qu’il lui arrive», s’en éloigne-t-il. Jugeant l’absence de communication officielle comme «indécente et méprisante».
Le Chairman du SDF rappelle que le chef de l’Etat«est une institution». Insistant sur le fait que «nous devons savoir ce qui se passe avec le chef de l’Etat». Et «ce n’est pas une faveur que nous demandons». Et d’insister sur la notion de « court séjour », autre pan du débat. «Si court, chez lui, veut dire 45 jours, il faudrait qu’on revoie le curriculum scolaire au Cameroun, parce que, quand moi je suis allé à l’école, 45 jours n’étaient pas considérés comme un court séjour». Le successeur de Ni John Fru Ndi ne se contente plus du bavardage : «Quand nous disons que nous allons aviser, c’est tout simplement pour savoir : qu’il nous informe, de ce qui se passe. Parce que si, après tous ces appels des Camerounais pour savoir où il est, il ne répond pas, il faudra passer à la phase suivante : comprendre pourquoi il ne peut pas nous dire où il est», menace-t-il. D’autant plus que «le Cameroun est une République en pilotage automatique et l’on ne s’en remet pas à un pilotage automatique dans la tempête». Faisant allusion aux nombreuses questions et préoccupations des Camerounais à l’heure actuelle : la vie chère, la mise en œuvre de la réforme constitutionnelle d’avril 2026 qui institue la vice-présidence de la République, le problème du trafic illicite de l’or,…
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