Connect with us

Dernières actualités

MINEPAT : le Grand-Nord comme laboratoire de l’import-substitution

Published

on

MINEPAT : le Grand-Nord comme laboratoire de l’import-substitution
Spread the love

La ville de Kousseri a marqué, ce vendredi 8 mai 2026, le point final d’une itinérance ministérielle marathon entamée cinq jours plus tôt sous un soleil de plomb. Conduit par Alamine Ousmane Mey, Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), ce déploiement interministériel de haut niveau dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord n’était pas une simple visite de routine. Il s’agissait d’une opération de concrétisation de la politique d’import-substitution, fer de lance de la Stratégie Nationale de Développement (SND30), visant à transformer durablement le visage économique du Septentrion.

LA MÉCANISATION : LE BRAS ARMÉ DE L’IMPORTSUBSTITUTION

Le fil d’Ariane de cette tournée a sans conteste été le Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH). De Lagdo à Yagoua, puis à Kousseri, le ministre a présidé des cérémonies de rétrocession d’équipements massives. Le constat est sans appel : l’État passe des paroles aux actes. Des dizaines de tracteurs, des centaines de tricycles et de motocyclettes, ainsi que des tonnes d’intrants agricoles ont été remis directement aux coopératives et aux producteurs locaux. L’objectif est double : réduire la pénibilité du travail de la terre et augmenter les rendements pour combler le déficit de production nationale. À Lagdo, le Ministre a rappelé que cet engagement gouvernemental est « irréversible » dans la quête du bonheur des populations.

L’EAU, MAÎTRE D’ŒUVRE DU DÉVELOPPEMENT TERRITORIAL

Au-delà des machines, la mission a mis en lumière l’avancée spectaculaire des grands chantiers hydro-agricoles. Le projet Viva-Bénoué dans le Nord et Viva-Logone dans l’Extrême-Nord constituent les poumons de cette nouvelle dynamique. Le mercredi 6 mai, les visites de terrain à Yagoua ont permis d’apprécier la réhabilitation des périmètres irrigués.

Ce sont des milliers d’hectares qui sont désormais protégés des caprices du fleuve Logone grâce à des digues renforcées, permettant ainsi une double campagne rizicole annuelle. Le jeudi 7 mai, le cap a été mis sur Zina, où les stations de pompage et les nouveaux canaux d’irrigation du Plan d’Urgence Triennal (PLANUT) témoignent d’une ingénierie au service du monde rural.

RÉSILIENCE ET MODERNITÉ À LA FRONTIÈRE DU LAC TCHAD

La clôture de la mission à Kousseri a revêtu une dimension particulière, mêlant soutien aux populations vulnérables et innovation scientifique. Sous l’égide du Projet de Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC) et du PDRI-CL, le MINEPAT a procédé à l’inauguration d’un complexe de poissonnerie moderne. Cette infrastructure est appelée à structurer une filière halieutique autrefois informelle, garantissant une meilleure conservation des produits et des revenus plus stables pour les pêcheurs de la zone.

L’innovation n’a pas été en reste avec la rétrocession du Laboratoire de Climatologie et de Météorologie à l’Université de Maroua. Pour Alamine Ousmane Mey, le développement ne peut se faire sans une maîtrise des données climatiques, essentielle pour une agriculture résiliente face aux défis environnementaux du bassin du Lac Tchad.

UN PARTENARIAT INTERNATIONAL CONSOLIDÉ

Tout au long de ce périple de 500 kilomètres, la présence constante des représentants de la Banque mondiale a envoyé un signal fort. La synergie entre le gouvernement camerounais et les partenaires au développement est au beau fixe. Ce soutien technique et financier est le gage de la pérennité des projets engagés.

Au terme de ce voyage, le bilan est éloquent : des milliards de FCFA d’investissements touchant directement le quotidien des paysans. Le Septentrion, longtemps perçu comme une zone de fragilité, s’affirme désormais comme le grenier du Cameroun de demain. Comme l’a souligné le ministre dans son allocution finale, la mobilisation doit rester collective.

Le succès de l’import-substitution ne dépend plus seulement de l’achat des machines, mais de l’appropriation de ces outils par les populations pour transformer chaque hectare en une source de richesse nationale. Le rendez-vous est pris pour les prochaines récoltes, qui s’annoncent d’ores et déjà historiques.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Dernières actualités

Comment le Cameroun tente de convertir son potentiel agricole en levier d’industrialisation

Published

on

Comment le Cameroun tente de convertir son potentiel agricole en levier d’industrialisation
Spread the love

L’intérêt de cet ouvrage tient d’abord à son approche historique. Les auteurs remontent aux politiques agricoles de la période postcoloniale pour montrer comment l’État a progressivement fait de l’agriculture un instrument de développement, de stabilisation sociale et de création de revenus. L’introduction rappelle que le secteur mobilise environ 70 % de la maind’œuvre active et qu’il a longtemps constitué un socle essentiel de l’économie nationale. Les cultures d’exportation — cacao, café, banane, huile de palme, coton — ont notamment participé à l’insertion du Cameroun dans les échanges internationaux.

Cette trajectoire n’est toutefois pas linéaire. À travers quatre chapitres répartis en deux grandes parties, l’ouvrage met en évidence les politiques publiques successives, leurs résultats et leurs limites. Les auteurs évoquent notamment les plans quinquennaux, les investissements publics, les Zones d’Actions Prioritaires Intégrées (ZAPI), le Programme de Développement Rural Participatif Décentralisé (PDRP) ou encore le Programme National de Développement Participatif (PNDP).

Cette rétrospective permet de mesurer la permanence d’un même enjeu : transformer les politiques agricoles en gains durables de productivité et de revenus ruraux. L’un des apports majeurs du livre réside dans l’identification des contraintes qui continuent de peser sur la compétitivité agricole. Les auteurs pointent l’insuffisance du financement, la faiblesse des infrastructures rurales, les difficultés d’accès aux marchés et aux facteurs de production, les problèmes de stockage et de transport, ainsi que les limites de la transformation locale. Ils soulignent également le déficit d’accès aux technologies de l’information et aux services permettant aux producteurs de mieux valoriser leur offre.

Le propos prend une dimension particulièrement économique lorsqu’il relie agriculture, industrialisation et souveraineté alimentaire. La production agricole ne constitue pas seulement une source d’emplois et de revenus : elle peut également réduire les importations, alimenter l’industrie agroalimentaire et élargir la base productive nationale. L’ouvrage rappelle ainsi que le développement agricole doit être pensé en articulation avec la transformation, le financement, les infrastructures et l’accès aux marchés.

La dernière partie ouvre précisément cette réflexion sur l’avenir. Les auteurs préconisent notamment davantage d’investissements, le développement des infrastructures de transformation, l’amélioration des transports et du désenclavement rural, ainsi qu’une implication accrue des collectivités territoriales. Ils insistent également sur la nécessité de sécuriser le foncier et de favoriser une agriculture respectueuse de l’environnement.

À travers cette lecture du Cameroun agricole, le livre pose finalement une question de politique économique : comment convertir le potentiel agricole du pays en croissance productive, en emplois et en réduction durable de la dépendance extérieure ? Son intérêt réside moins dans la célébration du potentiel agricole que dans l’examen des conditions économiques et institutionnelles nécessaires à sa transformation en véritable moteur de développement.

Fabrice BELOKO

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Patrimoine culturel : Le peuple Mvog Manga en quête d’une reconnaissance nationale de leur festival

Published

on

Patrimoine culturel : Le peuple Mvog Manga en quête d’une reconnaissance nationale de leur festival
Spread the love

Les conditions de cette inscription dans le répertoire national ont récemment été présentées par le ministère en charge des Arts et de la culture.

Pierre Ismaël Bidoung Kpwatt, ministre en charge des Arts et de la culture (Minac) a récemment reçu une délégation composée de quelques autorités traditionnelles venant de la communauté Mvog Manga, basée dans les régions du Centre et du Littoral. Ces membres de l’association Anyang Mvog Manga sont allés solliciter auprès du Minac, la reconnaissance nationale de leur festival qui se prépare.

Lors de l’audience, SM Serge Amougou qui était à la tête de la délégation a indiqué que «prendre en compte notre festival, c’est considérer la culture, c’est avoir une vision très poussée de ce que nous voulons faire pour pérenniser la culture ancestrale en pratiquant les rites, us et coutumes des Ekang en général, des Beti et des Mvog Manga en particulier. Nous voulons tenir à ce qu’il n’y ait pas la disparition des pratiques ancestrales. Notre identité culturelle doit être remarquée et remarquable ».

Cette reconnaissance nationale requiert plusieurs préalables. Marie Thierry Edjoa Akoa, directeur du patrimoine culturel au Minac a expliqué qu’il est nécessaire de disposer d’un ancrage historique culturel. La deuxième condition c’est la gouvernance communautaire. Il faut donc avoir une périodicité fixe connue, un comité d’organisation traditionnel légitime reconnu, une chefferie et la participation effective de toute la communauté.

Comme troisième critère, le festival doit être un concentré de patrimoine vivant avec des rites, danses, chants et savoir-faire originel d’art oratoire, la pharmacopée, la lutte traditionnelle, les contes en langue maternelle.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Dernières actualités

Gaz domestique : 5 mesures gouvernementales pour rétablir l’approvisionnement

Published

on

Gaz domestique : 5 mesures gouvernementales pour rétablir l’approvisionnement
Spread the love

Dans une lettre circulaire signée le 23 septembre 2026, le ministre de l’Eau et de l’énergie, Gaston Eloundou Essomba fixe désormais des obligations précises aux différents acteurs, avec pour objectif de corriger les dysfonctionnements constatés et améliorer durablement la disponibilité du gaz domestique pour les consommateurs.

Gaston Eloundou Essomba, ministre en charge de l’Eau et de l’énergie (Minee) a publié le 23 septembre 2026, une lettre-circulaire fixant les prescriptions relatives à l’approvisionnement du marché national en gaz et pétrole liquéfié (GPL). Cette note ministérielle fait suite à de nombreux dysfonctionnements qui perturbe les approvisionnements depuis plusieurs semaines.

Pour mettre un terme à ces dysfonctionnements et garantir un approvisionnement régulier du marché national en GPL et assurer la disponibilité du produit dans les points de vente, le membre du gouvernement prescrits 5 mesures.

D’abord, le strict respect par les importateurs du calendrier prévisionnel des livraisons, tel qu’arrêté par le Comité mensuel de suivi du marché du GPL. Ensuite, le membre du gouvernement prescrit le paiement effectif des factures relatives aux importations du GPL dans le strict respect des délais contractuels.

La répartition des cargaisons de GPL par la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), conformément aux parts de marché de chaque marketer et dans le respect des contrats commerciaux qui ont une prééminence sur les partes de marché. Le Minee recommande la priorisation de la réception des importations destinées aux pays voisins et enfin, Gaston Eloundou Essomba recommande l’obligation pour les sociétés agrées à l’exercice de distribution du GPL de disposer au préalable d’un parc d’au moins 10 000 bouteilles avant tout enlèvement dudit produit à destination des points consommateurs.

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici