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Malgré son exclusion de l’AGOA, le Cameroun tente de relancer l’intérêt des investisseurs américains via l’AmCham

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Malgré son exclusion de l’AGOA, le Cameroun tente de relancer l’intérêt des investisseurs américains via l’AmCham
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(Investir au Cameroun) – Le Cameroun veut transformer son dialogue avec le secteur privé américain en investissements plus concrets. C’est le message porté par le déjeuner d’affaires organisé le 26 mars à Yaoundé par l’American Chamber of Commerce in Cameroon (AmCham), en marge de la 14e Conférence ministérielle de l’OMC. Pour l’organisation, le potentiel existe, mais sa concrétisation suppose un climat des affaires plus lisible, une meilleure information sur les opportunités et une relation économique davantage tournée vers la création de valeur locale. 

La rencontre s’est tenue dans un contexte particulier : le Cameroun reste exclu de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), le dispositif commercial américain qui accorde à certains pays d’Afrique subsaharienne un accès préférentiel au marché des États-Unis. Pour l’AmCham Cameroon, cette situation ne ferme toutefois pas la porte à un approfondissement des relations d’affaires entre Yaoundé et Washington. L’organisation mise notamment sur le relais de son réseau américain pour rapprocher les entreprises des deux pays et faire émerger des projets d’investissement dans plusieurs secteurs. 

Faire du Cameroun autre chose qu’un simple marché

Au-delà du constat, l’AmCham plaide pour une relation économique moins centrée sur la seule consommation et davantage tournée vers la transformation locale. Sa présidente, Laure Djoukam, défend des partenariats capables de créer des entreprises, de soutenir l’industrialisation et de générer plus d’emplois. L’idée, en filigrane, est de faire du Cameroun non seulement un débouché commercial, mais aussi une base de production pour des projets à plus forte valeur ajoutée.

Cette ambition renvoie directement à la question du climat des affaires. Pour séduire davantage d’entreprises américaines, le pays doit offrir un environnement plus rassurant, fondé sur la sécurité juridique, la transparence et l’exécution effective des contrats. Dans cette perspective, l’AmCham revendique un rôle d’interface entre ses membres et l’administration, notamment les services des douanes et des impôts, afin de mieux faire remonter les contraintes des entreprises et d’améliorer le dialogue avec les pouvoirs publics.

Le déficit d’information, premier frein côté américain

Côté américain, le diagnostic est plus pragmatique qu’idéologique. Le potentiel du Cameroun est reconnu, mais il reste jugé insuffisamment lisible. Le chargé d’affaires par intérim à l’ambassade des États-Unis à Yaoundé, John G. Robinson, a insisté sur le déficit d’information qui entoure encore l’offre économique camerounaise. Pour des entreprises susceptibles d’investir dans les mines, les minerais critiques ou les services, la difficulté ne réside pas seulement dans l’évaluation du risque, mais aussi dans la compréhension concrète des procédures d’entrée sur le marché et des conditions d’opération. 

Ce déficit de lisibilité renvoie à une faiblesse plus large : la visibilité encore limitée des opportunités sectorielles, des procédures administratives et des interlocuteurs compétents. Autrement dit, pour attirer davantage de capitaux américains, le Cameroun devra non seulement améliorer ses fondamentaux, mais aussi mieux vendre son offre économique.

Un pari sur la diplomatie économique malgré l’AGOA

En réunissant administration, diplomates et chefs d’entreprise autour de ces enjeux, l’AmCham Cameroon tente ainsi de faire émerger une feuille de route plus opérationnelle entre Yaoundé et Washington. Pour le Cameroun, l’enjeu est de transformer un dialogue encore largement exploratoire en projets concrets, dans un contexte où la diversification des partenaires, la transformation locale et la création d’emplois deviennent plus pressantes.

L’exclusion de l’AGOA prive le pays d’un levier commercial symbolique, mais elle n’interdit pas pour autant une stratégie plus offensive de séduction du capital américain. Reste à savoir si le Cameroun saura convertir cet intérêt diplomatique et institutionnel en décisions d’investissement effectives — ce qui suppose, au-delà des discours, un environnement d’affaires plus lisible, plus prévisible et plus crédible. 

Ludovic Amara

Lire aussi :

11-04-2023-Échanges commerciaux : le Cameroun en discussion avec les États-Unis pour son retour dans l’AGOA, 3 ans après sa suspension

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Visite du Pape : le Cameroun muscle son dispositif touristique à Bamenda

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Le ministre du Tourisme et des Loisirs, Gabriel Mbaïrobe, a achevé une visite de travail à Bamenda dans le cadre des préparatifs de la visite […]

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Indira Baboké : le mérite face aux préjugés

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Il est profondément regrettable de constater à quel point certaines personnes se permettent aujourd’hui de diffamer, d’injurier et de salir gratuitement le Dr. Indira Baboke, […]

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Orange Money déboutée face à la CDEC dans le dossier BOFAS/Afriland en lien avec la route Babadjou – Bamenda

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Orange Money déboutée face à la CDEC dans le dossier BOFAS/Afriland en lien avec la route Babadjou – Bamenda
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(Investir au Cameroun) – Orange Money Cameroun a subi un revers judiciaire dans le contentieux qui l’oppose à la Caisse des dépôts et consignations (CDEC) autour du dossier BOFAS-Afriland. À l’audience du contentieux de l’exécution du 7 avril 2026, le Tribunal de première instance de Yaoundé-Centre administratif a rejeté la demande de l’opérateur de mobile money visant à faire annuler un commandement de payer de plus de 3,68 milliards de FCFA émis contre lui par la CDEC.

Selon l’extrait du plumitif consulté, le juge a d’abord « rejet[é] comme inopérante l’exception d’incompétence soulevée par la défenderesse », puis « reç[u] la demanderesse en son action », avant de « l’en débouter cependant comme non fondée » et de « la condamner aux dépens ». L’ordonnance a en outre été déclarée « exécutoire sur minute avant enregistrement ». Orange Money Cameroun dispose d’un délai de quinze jours à compter de la signification de la décision pour interjeter appel.

Contestation rejetée sur le fond

Dans son assignation à bref délai en nullité de commandement, Orange Money Cameroun demandait au tribunal de constater la nullité du commandement de payer qui lui a été signifié le 26 février 2026, ainsi que de « déclarer nul et de nul effet tout acte subséquent à ce commandement ».

Au soutien de sa requête, l’entreprise contestait la base juridique de la procédure engagée contre elle. Dans ses écritures, elle soutenait qu’un mécanisme de solidarité de paiement ne pouvait être mis en œuvre à son encontre sans décision juridictionnelle préalable. La société faisait notamment valoir qu’« ORANGE MONEY CAMEROUN SA n’a jamais été attrait devant le Juge administratif dans le cadre de la présente espèce ».

L’opérateur estimait ainsi que sa qualité de tiers détenteur ne pouvait produire d’effets qu’après une décision du juge administratif statuant contradictoirement sur sa responsabilité. Une argumentation que le juge du contentieux de l’exécution n’a pas retenue.

Une procédure engagée depuis 2025

Les pièces de procédure retracent une séquence engagée plusieurs mois plus tôt. Orange Money Cameroun indique avoir reçu, le 4 juillet 2025, un avis à tiers détenteur par lequel la CDEC lui demandait de reverser des fonds en lien avec Afriland First Bank.

L’entreprise rappelle également qu’une ordonnance rendue le 20 mars 2025 par la présidente du Tribunal administratif du Centre avait suspendu la mobilisation de cautions émises par Afriland dans le cadre du marché concerné. Elle affirme s’être ainsi retrouvée « entre une décision de justice exécutoire, d’une part, et un avis à tiers détenteur également exécutoire, d’autre part ».

Selon ses écritures, la procédure s’est ensuite poursuivie avec un avis de mise en recouvrement signé le 19 décembre 2025, une sommation de payer servie le 30 janvier 2026, puis le commandement contesté du 26 février 2026.

150 millions de FCFA de pénalités de retard évoquées

Selon des sources internes à la CDEC, l’opposition procédurale d’Orange Money Cameroun au recouvrement forcé pourrait également exposer l’opérateur à des pénalités de retard, selon l’interprétation défendue par l’établissement public. Cette lecture s’appuie sur le décret du 1er décembre 2023 fixant les modalités de transfert des fonds et valeurs dévolus à la CDEC.

L’article 7, alinéa 4, de ce texte prévoit que tout transfert de fonds et/ou valeurs dus à la CDEC intervenant au-delà des délais prévus donne lieu au paiement d’un intérêt de retard calculé au taux de la facilité de prêt marginal de la BEAC majoré de deux points.

D’après les mêmes sources, le montant des pénalités susceptibles d’être réclamées avoisinerait 150 millions de FCFA. Ce chiffre n’a toutefois pas pu être vérifié de manière indépendante.

Investir au Cameroun a par ailleurs appris que la CDEC étudiait d’autres voies pour obtenir l’exécution du paiement et le règlement des pénalités réclamées. Une source proche du dossier évoque notamment la possibilité de mesures conservatoires sur les avoirs de l’opérateur dans le système bancaire.

BGFIBank choisit la voie du retrait

Dans un registre similaire, BGFIBank Cameroun, également visée dans cette affaire en tant que tiers détenteur présumé, a choisi une autre option. Depuis le 26 mars 2026, la banque s’est retirée de l’ensemble des procédures judiciaires en cours afin d’ouvrir des négociations, selon une correspondance consultée par Investir au Cameroun.

Dirigée par Abakal Mahamat, l’institution bancaire cherche ainsi à mettre un terme à l’exposition née de cette procédure, là où Orange Money Cameroun a choisi de contester le commandement devant le juge de l’exécution.

Du marché résilié au recouvrement des garanties

Le contentieux s’inscrit dans l’affaire BOFAS, du nom de l’entreprise de BTP attributaire du marché relatif à la section 3 de la route Bamenda – Babadjou. Ce contrat, conclu en 2022 pour un montant de 14,32 milliards de FCFA et un délai d’exécution de quinze mois, a ensuite été résilié en raison de lenteurs dans l’exécution.

Depuis, le dossier a quitté le seul terrain des travaux publics pour glisser vers celui du recouvrement des garanties financières, évaluées à près de 3,68 milliards de FCFA émises par Afriland First Bank. C’est dans ce cadre que la CDEC a engagé une procédure de recouvrement forcé auprès de tiers détenteurs.

L’institution s’appuie sur le régime du privilège du Trésor, notamment l’article 43 de la loi n°2008/003 du 14 avril 2008 régissant les dépôts et consignations, qui prévoit que « la saisie est exécutée nonobstant opposition ».

Les sommes visées correspondent à des avoirs d’Afriland First Bank logés dans les livres de structures telles que BGFIBank Cameroun et Orange Money Cameroun. A l’origine, ces entités n’interviennent donc pas comme débiteurs initiaux du marché, mais comme détenteurs de fonds susceptibles d’être saisis dans le cadre du recouvrement.

Une décision favorable à la CDEC

Le contentieux n’est donc pas clos. Mais cette décision, rendue en première instance, conforte la position de la CDEC dans une affaire dont les enjeux dépassent désormais le seul dossier BOFAS-Afriland. En toile de fond, c’est tout l’équilibre entre exécution des marchés publics, mobilisation des garanties financières et responsabilité des tiers détenteurs qui se trouve posé, avec des implications potentielles pour l’ensemble des acteurs bancaires et parafinanciers.

Baudouin Enama  

Lire aussi :

25-03-2026 – Route Babajou-Bamenda : les dessous de la médiation avortée entre la CDEC et Afriland First Bank

06-03-2026 – Route Bamenda–Babajou : Afriland, BGFIBank et Orange Money exposés à des mesures de saisie dans l’affaire BOFAS

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