Connect with us

Actualités locales

Pâte de cacao : les États-Unis deviennent le premier débouché du Cameroun, sous double risque prix et droits de douane

Published

on

Pâte de cacao : les États-Unis deviennent le premier débouché du Cameroun, sous double risque prix et droits de douane
Spread the love

(Investir au Cameroun) – En 2024, les États-Unis se sont imposés comme le premier pays de destination de la pâte de cacao camerounaise exportée par voie maritime, en volume comme en valeur. Selon la note de conjoncture du Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC), le marché américain a importé 18 018 tonnes de pâte de cacao, pour 75 milliards de FCFA. Cela représente 33 % des 61 527 tonnes exportées par le Cameroun et 37 % des 210 milliards de FCFA de recettes générées sur l’année.

Cette progression s’inscrit dans une montée en puissance des exportations de pâte, tirée par l’essor de la transformation locale et une conjoncture internationale favorable en 2024.

Une concurrence forte sur le marché américain

Le CNCC fait état d’une progression de 115,5 % en valeur et de 24,5 % en volume par rapport à 2023. Une performance qui place le Cameroun au rang de 7ᵉ exportateur mondial de pâte de cacao en 2024. Mais sur le marché américain, le pays ne pèse encore que comme 4ᵉ fournisseur, avec 8 % de la valeur des importations américaines de pâte, derrière la Côte d’Ivoire (1ʳᵉ), le Canada (2ᵉ) et le Ghana (3ᵉ).

Le CNCC met également en avant un différentiel de rémunération selon les destinations. Les Pays-Bas (4 562 FCFA/kg) et la Pologne (4 569 FCFA/kg) rémunèrent mieux la pâte camerounaise que les États-Unis, posant un arbitrage entre volumes exportés et prix unitaires.

Nouveaux broyeurs et montée en charge industrielle

La performance de 2024 repose aussi sur une hausse de la production nationale de cacao, évaluée à 309 518 tonnes, et sur la flambée des prix mondiaux (+123,4 % pour le cacao). Le dynamisme de la pâte et des produits dérivés est renforcé par l’installation de nouveaux broyeurs de fèves — Neo Industry, Atlantic Cocoa, Africa Processing — ainsi que par l’augmentation des capacités de transformation d’acteurs déjà implantés, dont SIC Cacaos (filiale du Suisse Barry Callebaut) et d’autres.

Selon l’Office national du cacao et du café (ONCC), l’ensemble de ces capacités a contribué à doper la transformation locale, qui a atteint pour la première fois 109 431 tonnes au cours de la saison cacaoyère 2024-2025. Une inflexion cohérente avec la stratégie nationale visant à mieux valoriser la production au-delà des fèves brutes.

Risque de volatilité des cours et des droits de douane

Cette montée en gamme demeure toutefois vulnérable à la volatilité des prix. Un excédent de production annoncé sur le marché mondial pourrait entraîner une baisse marquée des cours, avec un impact direct sur les recettes en devises.

À ce risque s’ajoute un facteur commercial : les droits de douane réciproques de 15 % instaurés par les États-Unis depuis août 2025. Le CNCC indique que les exportations de pâte de cacao camerounaise — principal produit exporté vers ce marché — pourraient générer moins de devises au cours de la campagne 2025-2026.

Entre août et novembre 2025, les volumes auraient reculé de 6 804 tonnes (2024) à 6 119 tonnes (2025). Les recettes auraient suivi la même tendance, passant de 43,1 à 34,6 milliards de FCFA, illustrant l’effet négatif des droits de douane sur les revenus.

Frédéric Nonos

Trois titres alternatifs (90–118 caractères)

  • [Factual] Pâte de cacao : les États-Unis absorbent 33 % des volumes camerounais en 2024, selon le CNCC
  • [Analytical] Cacao transformé : succès américain, mais dépendance accrue aux cours et aux droits de douane de 15 %
  • [Marchés/Business] Pâte de cacao : montée en puissance du Cameroun, mais pression tarifaire et concurrence sur le marché US

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Actualités locales

Abdouraman Hamadou Babba: « le sort de tous les prisonniers politiques est entre nos mains ! »

Published

on

Spread the love

L’homme politique Abdouraman Hamadou Babba pense qu’avec une majorité à l’Assemblée nationale, le peuple pourrait bien avoir la solution pour libérer les prisonniers politiques. Les […]

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

Cemac : la BEAC prévoit 3,2 % de croissance et 4,72 mois de réserves de change en 2026

Published

on

Cemac : la BEAC prévoit 3,2 % de croissance et 4,72 mois de réserves de change en 2026
Spread the love

(Investir au Cameroun) – La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) revoit ses prévisions macroéconomiques pour 2026 dans un sens globalement plus favorable qu’en avril, sans pour autant effacer les fragilités de la Cemac. À l’issue de la 2e session ordinaire de son Comité de politique monétaire (CPM), tenue le 29 juin 2026 à Yaoundé, l’institut d’émission des six pays de la sous-région — Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et République centrafricaine — table désormais sur une croissance de 3,2 % en 2026.

Cette prévision marque une amélioration par rapport aux 2,9 % anticipés lors du CPM du 2 avril 2026. Mais elle reste inférieure à la performance de 2025, année au cours de laquelle la croissance de la Cemac est estimée à 3,4 %. Autrement dit, la banque centrale se montre plus optimiste qu’au début de l’année, tout en confirmant un léger ralentissement de l’activité économique régionale.

Cette révision intervient dans un contexte où la BEAC vient d’assouplir sa politique monétaire. Le CPM du 29 juin a abaissé le taux d’intérêt des appels d’offres de 4,75 % à 4,50 %, le taux de la facilité de prêt marginal de 6,25 % à 5,75 %, ainsi que les coefficients de réserves obligatoires applicables aux banques. Ce mouvement traduit une lecture moins tendue de l’environnement macroéconomique, même si la banque centrale continue de surveiller les équilibres extérieurs.

L’inflation remonte, mais reste sous le seuil communautaire

Sur le front des prix, la BEAC anticipe une remontée modérée de l’inflation en 2026. Le taux moyen devrait ressortir à 2,4 %, contre 2,1 % en 2025. Cette hausse attendue est attribuée notamment à l’évolution des prix des matières premières et du fret maritime.

Malgré cette progression, l’inflation resterait contenue sous la norme communautaire de 3 %. Ce point est central pour la banque centrale, qui cherche à préserver la stabilité des prix tout en desserrant légèrement les conditions monétaires afin de soutenir l’activité.

La situation reste toutefois fragile. Une hausse plus forte que prévu des coûts logistiques, des produits importés ou de certaines matières premières pourrait rapidement se transmettre aux prix intérieurs, dans une région fortement dépendante des importations pour de nombreux biens de consommation et équipements.

Les réserves de change s’améliorent

La BEAC se montre également plus confiante sur les réserves de change. Selon ses nouvelles projections, celles-ci représenteraient 4,72 mois d’importations de biens et services à fin décembre 2026, contre 4,12 mois en 2025. Lors du CPM du 2 avril, la banque centrale tablait encore sur 4,52 mois d’importations pour 2026.

Cette amélioration attendue serait portée par l’évolution favorable des cours du pétrole et la stabilité des volumes exportés par les pays de la Cemac. Elle se traduirait aussi par un relèvement du taux de couverture extérieure de la monnaie, attendu à 70,7 % en 2026, contre 65,2 % en 2025.

Mais le niveau projeté des réserves reste à surveiller. Dans une union monétaire à parité fixe, les réserves de change constituent un indicateur clé de stabilité extérieure. Elles permettent de couvrir les importations, d’assurer les paiements extérieurs et de soutenir la crédibilité du régime monétaire.

Une embellie encore dépendante du pétrole

L’amélioration des prévisions de la BEAC repose en partie sur des facteurs externes, notamment les cours du pétrole. Cette dépendance rappelle la vulnérabilité structurelle de la Cemac, dont plusieurs économies restent fortement exposées aux revenus d’exportation des hydrocarbures et des matières premières.

La hausse attendue des réserves de change est donc positive, mais elle ne traduit pas encore une transformation profonde du modèle économique régional. Elle dépend largement de la tenue des prix des produits exportés et de la capacité des États à contenir leurs déséquilibres budgétaires et extérieurs.

C’est dans ce contexte que la banque centrale tente un exercice d’équilibre : soutenir l’activité en allégeant ses conditions monétaires, tout en évitant de relâcher la vigilance sur l’inflation et les réserves de change.

Un optimisme prudent

Les nouvelles prévisions de la BEAC dessinent ainsi un tableau contrasté. La croissance est revue à la hausse par rapport aux anticipations d’avril, l’inflation reste sous le seuil communautaire et les réserves de change devraient s’améliorer. Mais l’activité ralentirait tout de même par rapport à 2025, tandis que l’équilibre extérieur demeure dépendant des recettes d’exportation.

Pour les économies de la Cemac, l’enjeu sera donc de transformer cette embellie conjoncturelle en dynamique plus durable. La stabilité des prix et le redressement des réserves offrent une marge de manœuvre à la banque centrale. Mais la consolidation de la croissance dépendra surtout de la diversification des économies, du financement de l’investissement productif et de la capacité des États à préserver les équilibres macroéconomiques.

BRM

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

Obsèques : mise en bière et de levée de corps de l’ex-ministre Jean Pierre Biyiti Bi Essam

Published

on

Spread the love

L’ancien ministre Jean-Pierre Biyiti Bi Essam a entamé ce jeudi 2 juillet 2026, son dernier voyage. La mise en bière et à la levée de […]

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici