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Sonara : la BEAC disposée à activer son guichet B pour financer les travaux de réhabilitation à hauteur de 60%

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Sonara : la BEAC disposée à activer son guichet B pour financer les travaux de réhabilitation à hauteur de 60%
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(Investir au Cameroun) – Selon le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), cet institut d’émission commun aux six pays de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA) est disposé à participer au financement de la réhabilitation de la Société nationale de raffinage (Sonara), la raffinerie de pétrole du Cameroun ravagée par un incendie en mai 2019. Pour cela, la BEAC entend activer son guichet B, qui «est réservé au refinancement des crédits à moyen terme destinés à l’investissement productif», souligne l’institution.

«Je confirme que ce guichet a pour vocation de financer les projets dans le secteur productif. D’ailleurs, pour le cas de la Sonara, nous avons nous-mêmes pris l’initiative de nous rapprocher des autorités pour leur présenter cet instrument qui pourrait accompagner la réhabilitation de la Sonara», a révélé le Centrafricain Yvon Sana Bangui le 29 septembre 2025, au cours de la conférence de presse de clôture de la 3è session du Comité de politique monétaire de la BEAC pour l’exercice 2025.

De bonnes sources, les responsables de la banque centrale des pays de la Cemac ont en effet approché les autorités camerounaises depuis plusieurs mois, afin de leur proposer la mise à disposition à travers le guichet B, de 60% du financement nécessaire à la réhabilitation de la Sonara. Officiellement, le gouvernement camerounais estime le coût de la réhabilitation de la Sonara à environ 250 milliards de FCFA. Sur la base de cette estimation, l’offre de financement de la BEAC est de 150 milliards de FCFA. Mais, apprend-on, la partie camerounaise n’a pas donné de suite à cette offre de la banque centrale, qui est pourtant susceptible d’accompagner les travaux de réhabilitation de la Sonara grâce à un crédit au taux d’intérêt compétitif.

Pour rappel, le marché monétaire de la Cemac, piloté par la BEAC, est structuré en deux compartiments. On a d’une part du marché interbancaire, sur lequel les banques commerciales se refinancent entre elles grâce à la liquidité qu’elles ont en compte à la banque centrale ; et d’autre part les interventions de la BEAC, effectuées à travers deux guichets (A et B) en faveur des établissements de crédit éligibles.

Un guichet de refinancement inconnu des banques

« Le guichet A correspond à la sphère du marché monétaire où sont traitées toutes les opérations d’injections ainsi que les opérations de reprise de liquidités. (…) Le guichet B est réservé au refinancement des crédits à moyen terme destinés à l’investissement productif. En raison du caractère irrévocable des crédits qui y sont mobilisés (la BEAC ne peut revenir sur les conditions de taux, de durée ou de refinancement), il se caractérise par une multitude de taux d’intérêt», explique la banque centrale des pays de la Cemac.

Les banques sont très actives sur le guichet A. Ces derniers mois, elles ont parfois capté jusqu’à 600 milliards de FCFA de liquidité en une semaine. En revanche, le guichet B ne bénéficie pas du même intérêt. «Au mois de juin, nous avons réuni toutes les banques à Bangui et nous avons fait la présentation du guichet B, qui a vocation à financer des projets productifs. Le constat était amère : les banques ont totalement méconnu l’existence de cet instrument. Nous avons dressé un état des lieux de ce guichet sur trois ans. Il n’y a que deux banques au Cameroun qui ont porté deux projets financés via le guichet B. Au cours de la session du Comité de politique monétaire (CPM) de ce 29 septembre 2025, nous avons examiné un autre dossier. Puisque les dossiers à compétence du gouverneur portent sur un maximum de 20 milliards de FCFA. Au-delà de ce montant, la compétence revient au CPM», a révélé Yvon Sana Bangui au cours de la conférence de presse du 29 septembre dernier.

Afin d’inciter les banquiers et les Etats à faire usage de cet instrument jusqu’ici méconnu – il existe depuis les années 90 – alors qu’il est susceptible d’accompagner la densification du tissu productif de la Cemac, le gouverneur de la BEAC annonce la relecture en cours des textes organisant son fonctionnement. «Afin d’adapter ce dispositif à notre contexte d’aujourd’hui», souligne Yvon Sana Bangui.

Brice R. Mbodiam

Lire aussi:

19-06-2025 - Un groupe de banques arabo-française, néerlandaise et mauricienne intéressé par la réhabilitation de la Sonara
08-05-2025 - Programme économique et financier : la restructuration de la Sonara à nouveau sur la table des discussions avec le FMI
18-08-2025 - Réhabilitation de la Sonara : un plan de deux ans pour accélérer sa restructuration de la raffinerie de Limbe

08-08-2025 – Réhabilitation de la Sonara : la SNH et le consortium Ariana/RCG proposent leur expertise technique et financière

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Magil engage un deuxième recours contre l’État du Cameroun à Paris dans son litige avec Razel

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Magil engage un deuxième recours contre l’État du Cameroun à Paris dans son litige avec Razel
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(Investir au Cameroun) – Le contentieux entre Magil Construction Corporation et Razel s’étend désormais directement à l’État du Cameroun. Magil a introduit le 9 février 2026 devant la Cour d’appel de Paris un second recours en annulation contre la sentence arbitrale qui l’a condamnée à verser environ 35 millions de dollars canadiens à Razel-BEC et Razel Cameroun. Contrairement au premier recours, dirigé contre les deux sociétés Razel, cette procédure vise la République du Cameroun.

Le différend porte sur des contrats liés à trois chantiers au Cameroun : la réhabilitation et l’extension du stade de la Réunification de Bépanda à Douala, la pénétrante Est de Douala avec le second pont sur la Dibamba, et le complexe sportif d’Olembé à Yaoundé.

Enregistrée sous le numéro RG 26/02492, cette procédure s’ajoute au recours formé par Magil le 9 septembre 2025 contre Razel-BEC et Razel Cameroun, sous le numéro RG 25/15626. Les deux actions concernent la même sentence, rendue le 18 août 2025 sous l’égide de la Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale (CCI).

Dans une ordonnance du 18 juin 2026, la Cour d’appel de Paris a refusé de joindre les deux procédures. Magil demandait leur regroupement en soutenant qu’elles concernaient la même sentence, reposaient sur les mêmes faits et rapports contractuels et mobilisaient les mêmes moyens d’annulation.

Au cœur du contentieux figure la place de l’État camerounais dans les contrats à l’origine du différend. Selon l’ordonnance, Magil soutient qu’elle n’est pas partie aux clauses compromissoires sur lesquelles le tribunal arbitral a statué et que le Cameroun serait, lui, lié par ces clauses, soit comme signataire, soit par extension.

Le Cameroun revendique sa qualité de tiers

La particularité du second recours tient au fait que la République du Cameroun n’était pas partie à l’arbitrage ayant abouti à la sentence du 18 août 2025. Cette procédure opposait Magil aux seules sociétés Razel.

Devant la justice française, le Cameroun ne s’est pas opposé à la demande de jonction. Dans un courrier du 28 mai 2026, l’État a indiqué partager, « à ce stade », la position de Magil et s’associer à sa demande.

Il a toutefois annoncé qu’il entendait faire reconnaître sa qualité de tiers aux procédures d’annulation et demander la fixation d’une audience d’incident. L’ordonnance indique également que Magil avait pris acte de l’intention du Cameroun de soulever un incident d’irrecevabilité du recours formé à son égard.

Cette question a contribué au maintien des deux affaires séparées. La magistrate chargée de la mise en état relève que le second recours soulève des questions juridiques propres, notamment l’incident annoncé par le Cameroun sur sa qualité de tiers. Elle constate également que les sociétés Razel ne sont pas parties au second recours et qu’elles ne consentent pas à la jonction. La demande de Magil a donc été rejetée.

L’exécution de la sentence suspendue au Québec

Le contentieux se déroule parallèlement au Canada. Razel-BEC et Razel Cameroun ont saisi la Cour supérieure du Québec le 16 septembre 2025 pour obtenir la reconnaissance et l’exécution de la sentence arbitrale, qui condamne Magil à leur verser environ 35 millions de dollars canadiens.

Le 7 avril 2026, la juridiction québécoise a suspendu cette procédure à la demande de Magil jusqu’au jugement final de la Cour d’appel de Paris, ou d’une juridiction supérieure compétente, sur la demande d’annulation. Elle a en contrepartie ordonné à Magil de constituer un cautionnement de 3,5 millions de dollars canadiens et de le maintenir pendant la durée du sursis.

L’ordonnance parisienne du 18 juin ne statue ni sur la validité de la sentence ni sur les arguments de fond de Magil. Elle tranche uniquement la demande de jonction. La sentence du 18 août 2025 fait donc toujours l’objet de deux procédures distinctes à Paris : l’une entre Magil et les sociétés Razel, l’autre dirigée contre la République du Cameroun, qui revendique sa qualité de tiers.

Amina Malloum

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