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Guinness Cameroon : la Cemac valide l’exécution de la feuille de route de Castel, sans chiffrer les investissements

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Guinness Cameroon : la Cemac valide l’exécution de la feuille de route de Castel, sans chiffrer les investissements
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(Investir au Cameroun) – La Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) juge« très satisfaisante » l’exécution des engagements pris par le groupe Castel lors du rachat de Guinness Cameroon. Mais, trois ans après l’autorisation de l’opération, ni le régulateur communautaire ni Boissons du Cameroun ne publient de bilan chiffré actualisé des investissements, des emplois ou des nouvelles capacités de production.

Le 21 juillet 2026, les autorités communautaires et camerounaises de la concurrence ont conduit leur troisième évaluation annuelle de cette opération de concentration, autorisée en mars 2023. Cette validation avait été assortie d’engagements sur cinq ans portant notamment sur les investissements industriels, le développement de la production locale, l’extension du réseau de distribution et la création d’emplois.

La mission de contrôle a inspecté l’ancienne usine Guinness de Ndokoti, à Douala, ainsi que les installations de la Société camerounaise de verrerie (Socaver), filiale de Boissons du Cameroun.

À l’issue de cette évaluation, Léopold Noël Boumsong, président de la Commission nationale de la concurrence et du Conseil communautaire de la concurrence, a assuré que l’entreprise se trouvait« en avance sur l’ensemble de sa feuille de route, allant même au-delà des exigences initiales ».

Un programme de 200 milliards de FCFA, mais aucun bilan actualisé

L’appréciation positive du régulateur n’est accompagnée d’aucune donnée permettant d’en mesurer précisément la portée. Le communiqué de Boissons du Cameroun ne chiffre ni les investissements cumulés depuis 2023, ni les emplois créés ou maintenus, ni les capacités industrielles effectivement installées.

Il ne précise pas davantage la valeur des achats effectués auprès des fournisseurs locaux ou le niveau d’avancement des différentes composantes du programme annoncé au moment de l’acquisition.

Castel avait pourtant présenté un plan d’investissements de 200 milliards de FCFA sur cinq ans. Celui-ci devait notamment financer trois nouvelles lignes de production à Yaoundé, Garoua et Bafoussam, pour une capacité annuelle cumulée de 2,1 millions d’hectolitres, ainsi que l’extension des installations de Socaver.

Lors de la première évaluation annuelle, en 2024, l’entreprise avait annoncé avoir déjà investi 45 milliards de FCFA. Deux ans plus tard, aucun montant actualisé n’est communiqué à l’issue de la troisième mission de contrôle.

L’absence de ces indicateurs limite la possibilité d’évaluer l’écart entre les engagements initiaux, les dépenses effectivement réalisées et les résultats industriels obtenus.

Une acquisition valorisée à près de 300 milliards de FCFA

Le rachat de Guinness Cameroon avait été annoncé en juillet 2022 par le groupe britannique Diageo pour un montant de 389 millions de livres sterling, soit environ 300 milliards de FCFA.

L’opération permet à Castel, à travers Boissons du Cameroun, de produire et de distribuer les marques Guinness sur le marché camerounais dans le cadre d’un contrat de licence et de redevances conclu avec Diageo.

Pour les autorités de concurrence, cette transaction représente aussi un test de l’efficacité du dispositif communautaire de contrôle des concentrations. Seli Mbogo Ngabo, président de la Commission de la Cemac, la présente comme« l’un des premiers cas d’école démontrant que notre dispositif réglementaire est parfaitement fonctionnel ».

Cette appréciation repose sur le mécanisme de suivi imposé à Castel après l’autorisation du rachat. Pendant cinq ans, le groupe doit rendre compte de l’exécution de ses engagements afin d’éviter que la concentration du marché ne se traduise par une diminution des investissements, de la production locale ou de l’emploi.

Le caractère fonctionnel de ce contrôle dépend toutefois également de la transparence des évaluations. Or, le communiqué ne publie ni les objectifs annuels assignés à l’entreprise ni les résultats vérifiés par les autorités.

Socaver érigée en levier d’intégration régionale

La Commission de la Cemac estime également que le rachat favorise l’intégration industrielle dans la sous-région. Socaver fabrique désormais des bouteilles, des emballages et des casiers destinés notamment aux marchés tchadien et centrafricain.

Cette activité pourrait renforcer les échanges intracommunautaires et réduire la dépendance des brasseries régionales aux emballages importés hors de la Cemac. Les volumes produits, les quantités exportées et la valeur de ces ventes ne sont cependant pas précisés.

Le communiqué ne permet donc pas d’évaluer la contribution réelle de Socaver aux exportations camerounaises, au chiffre d’affaires régional du groupe ou à l’approvisionnement des filiales de Castel en Afrique centrale.

Garoua et Yaoundé au programme du contrôle de 2027

Le suivi communautaire doit se poursuivre en 2027. Le directeur général de Boissons du Cameroun, Stéphane Descazeaud, a annoncé que la prochaine mission serait étendue aux sites de production de Garoua et de Yaoundé.

Le communiqué ne mentionne toutefois pas le site de Bafoussam, alors que celui-ci figurait parmi les trois implantations retenues dans le programme industriel annoncé en 2023.

Cette absence ne signifie pas nécessairement que le projet a été abandonné. Elle laisse néanmoins sans réponse la question de son niveau d’avancement et du calendrier prévu pour la nouvelle ligne de production.

À mi-parcours de la période de suivi, la Cemac considère donc que Castel respecte, voire dépasse, ses engagements. Mais faute de données actualisées, cette appréciation reste difficile à confronter aux objectifs initiaux. La prochaine évaluation devra permettre de vérifier si la satisfaction affichée par le régulateur se traduit effectivement par l’exécution du programme de 200 milliards de FCFA, l’augmentation des capacités locales et la création d’emplois mesurables.

B.E

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Or Camerounais : l’Ouganda déclare 150,5 milliards de FCFA importés en 2024, après un flux non retracé de 43,4 milliards en 2023

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Or Camerounais : l’Ouganda déclare 150,5 milliards de FCFA importés en 2024, après un flux non retracé de 43,4 milliards en 2023
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(Investir au Cameroun) – L’Ouganda a déclaré avoir importé du Cameroun 3 175 kg d’or non monétaire sous forme brute en 2024, pour une valeur de 248,18 millions de dollars, soit environ 150,5 milliards de FCFA. Selon les données de WITS, tirées d’UN Comtrade, le Cameroun était cette année-là le sixième pays d’origine déclaré de l’or brut importé par l’Ouganda, derrière la Tanzanie, le Burkina Faso, l’Afrique du Sud, le Mali et le Mozambique.

Ces flux prolongent une situation déjà observable en 2023. Kampala avait alors déclaré 1 117 kg d’or brut provenant du Cameroun pour 71,61 millions de dollars, soit environ 43,4 milliards de FCFA. Or aucune exportation camerounaise de ce produit vers l’Ouganda n’apparaît dans les données WITS pour cette année-là. Le Cameroun y déclarait 674 910 dollars d’exportations mondiales sous le code 710812, dirigées vers les Émirats arabes unis, l’Italie et les États-Unis.

Les stocks déclarés par Kampala dépassent la production semi-mécanisée enregistrée

Le volume attribué au Cameroun par l’Ouganda en 2023 dépasse même la production d’or issue de l’exploitation artisanale semi-mécanisée officiellement retracée cette année-là. Le rapport ITIE 2023, sur la base des déclarations de la Sonamines, chiffre cette production à 952,77 kg, contre 859,92 kg en 2022.

Les 1 117 kg déclarés par Kampala sont donc supérieurs de 164,2 kg, soit 17,2 %, à cette production enregistrée. Cette comparaison a toutefois une limite importante : les 952,77 kg ne correspondent pas à l’ensemble de la production aurifère susceptible d’avoir circulé au Cameroun. Ils représentent la production de l’exploitation artisanale semi-mécanisée retracée par la Sonamines. Le rapport indique par ailleurs qu’aucune production industrielle d’or n’a été déclarée au MINMIDT en 2023.

L’écart statistique avec l’Ouganda s’est amplifié en 2024. Entre les deux années, la valeur des importations ougandaises déclarées d’origine camerounaise a augmenté de 246,6 %, tandis que leur volume progressait de 184,2 %. En 2024, le Cameroun représentait ainsi 6,9 % des 46 197 kg d’or brut importés par l’Ouganda et 7,6 % de leur valeur totale de 3,27 milliards de dollars.

15,2 tonnes dans les statistiques miroir, contre 22,31 kg recensés par la DGD

Le cas ougandais s’inscrit dans une asymétrie plus large déjà relevée par le rapport ITIE 2023. La Direction générale des Douanes y fait état de 22,31 kg d’or exportés pour 904,14 millions de FCFA. Le tableau correspondant recense des opérations vers l’Italie, les Émirats arabes unis, les États-Unis et le Portugal. L’Ouganda n’y apparaît pas.

Le même rapport confronte ces données aux statistiques miroir d’UN Comtrade. Pour 2023, les pays partenaires ont déclaré 15 194 kg, soit 15,194 tonnes, d’or du code SH 7108 attribué au Cameroun, contre 22,3 kg dans les statistiques douanières nationales. Cette comparaison porte toutefois sur des nomenclatures qui ne sont pas parfaitement identiques et ne constitue pas une réconciliation opération par opération.

Les Émirats arabes unis concentrent l’essentiel des flux enregistrés par les pays partenaires. WITS indique qu’ils ont déclaré 14 048 kg d’or brut non monétaire importés du Cameroun en 2023, pour 879,72 millions de dollars. L’Ouganda arrive ensuite avec 1 117 kg pour 71,61 millions de dollars.

Les données transactionnelles de Volza apportent un autre élément. Au 15 septembre 2026, la plateforme recensait 128 expéditions sous le code 71081200000 entre le Cameroun et l’Ouganda, associées à 67 fournisseurs camerounais et cinq acheteurs ougandais. Volza est toutefois une base commerciale privée et non une statistique douanière officielle.

L’extrait de 70 lignes analysé par Investir au Cameroun ne couvre qu’une partie de cette base. Soixante lignes ont l’Ouganda pour destination et totalisent 2,043 tonnes selon les quantités renseignées. Plusieurs enregistrements présentent des unités ou des champs nécessitant une vérification. Ce total ne peut donc être assimilé à un volume annuel officiel d’exportations camerounaises.

Des écarts qui appellent une réconciliation douanière

UN Comtrade prévient que les exportations déclarées par un pays et les importations enregistrées par son partenaire peuvent différer pour plusieurs raisons : valorisation CIF des importations contre FOB des exportations, décalage entre expédition et enregistrement, transit par des pays tiers, entrepôts douaniers, classifications différentes ou règles distinctes d’attribution du pays partenaire.

Ces facteurs ne permettent pas, à eux seuls, d’expliquer les écarts constatés entre les données camerounaises et celles déclarées par l’Ouganda ou les Émirats arabes unis. Inversement, les statistiques miroir ne suffisent pas, à elles seules, à établir l’existence d’une fraude ou d’exportations clandestines.

L’ampleur et la répétition des divergences justifient néanmoins une réconciliation des données douanières. Celle-ci devrait permettre de rapprocher les opérateurs, dates, quantités, certificats d’origine, itinéraires, valeurs et caractéristiques des lots enregistrés de part et d’autre. Pour 2024, cette comparaison reste à compléter avec les données détaillées d’exportation du Cameroun.

Baudouin Enama

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