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Lutte contre le blanchiment des capitaux : Le Cameroun outille son Agence d’investigation financière

Sur les 24 actions recommandées au départ pour sortir le pays de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), le pays est à ce jour à 7 actions résiduelles à satisfaire.
Le Premier ministre Joseph Dion Ngute a récemment autorisé le déplacement d’une délégation du Cameroun pour aller défendre le huitième rapport du pays au cours de la réunion de face à face avec les experts du Groupe d’action financière (GAFI) la semaine dernière à Abidjan en Côte d’Ivoire, afin de lever la majorité des actions encore résiduelles et sous monitoring.
En effet, sur les 24 actions recommandées au départ pour sortir le Cameroun de la liste grise du GAFI, le pays est à ce jour à 7 actions résiduelles à satisfaire. Ces actions portent entre autres sur la supervision des entités assujetties des secteurs financiers et non financiers, la supervision des organismes à but non lucratif, la gestion des avoirs criminels gelés, saisis ou confisqués ou encore la mise en œuvre des sanctions financières ciblées en matière de prévention du financement du terrorisme et de la prolifération.
Sur le plan local, le Cameroun renforce les compétences de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF). Le ministre des Finances (Minfi) Louis Paul Motaze a visité le 2 septembre 2026, les nouveaux locaux de l’Anif à Yaoundé. Le membre du gouvernement a tout d’abord rappelé au personnel de ce service public de renseignement financier leur importance dans le dispositif de sécurité financière.
«Le monde est devenu extrêmement dangereux parce qu’il y a des criminalités qui changent de forme, de physionomie mais aussi parce que nos pays sont désormais notés. Cela a une conséquence sur nos capacités d’emprunt, sur ce que les marchés financiers peuvent nous accorder…» a indiqué le Minfi.
Pour ce qui est de la sortie du Cameroun de la liste grise du GAFI, le membre du gouvernement dit noter une espèce d’évolution et d’encouragements qui ont été adressés au Cameroun pour signifier que le pays est sur la bonne voie.
En effet, le GAFI a maintenu le Cameroun sur sa liste grise, synonyme de ce que le pays fait l’objet d’un suivi renforcé et d’une surveillance accrue. L’information avait été révélée par une note rendue publique par cette institution sur son site internet le 24 octobre 2025. Ce maintien du Cameroun sur la liste grise du GAFI engage les autorités gouvernementales à combler des lacunes stratégiques dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).
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Cameroun : 14 milliards FCFA de CAFI pour financer une agriculture sans déforestation

Le financement de 24,57 millions de dollars accordé par la Central African Forest Initiative à IDH, une organisation spécialisée dans le développement de chaînes de valeur agricoles, pour son nouveau dispositif au Cameroun ne sera pas débloqué en une seule fois. Les décaissements suivront l’avancement du programme, les premiers engagements du secteur privé et, surtout, les résultats environnementaux vérifiés. Une approche qui fait des performances réalisées une condition du financement.
Au Cameroun, le financement de l’agriculture durable change de logique. Les 24,573 millions de dollars approuvés par la Central African Forest Initiative (CAFI) le 21 janvier 2026 pour le projet porté par IDH ne constituent pas une enveloppe disponible en une seule fois. Près de 14 milliards de FCFA seront libérés progressivement, au gré de conditions précises.
IDH a annoncé le 15 septembre 2026 la mise en place de son « Investment & Payment for Environmental Services Hub ». Le dispositif doit rapprocher les entreprises agricoles des sources de financement et orienter davantage de capitaux vers des chaînes de valeur sans déforestation. Le mécanisme vise les PME, les grandes coopératives et les entreprises agricoles qui peinent à franchir le seuil séparant la microfinance du crédit bancaire classique.
IDH interviendra avant le passage devant les financeurs. L’organisation apportera une assistance technique, travaillera sur les modèles économiques et préparera les entreprises à l’investissement. Elle pourra également injecter du capital catalytique remboursable. Elle mettra ensuite les entreprises en relation avec les banques, les institutions de microfinance, les investisseurs et les acheteurs.
Le dispositif ne constitue donc pas une garantie bancaire. En cas de défaut d’une entreprise, IDH ne se substituera pas au débiteur pour rembourser la banque. Les établissements financiers et les investisseurs conserveront leur propre analyse du risque et décideront librement de financer ou non les projets présentés.
UNE PREMIÈRE TRANCHE DE 2,5 MILLIARDS
Le financement de CAFI est réparti en trois tranches. La première représente 4,481 millions de dollars, soit environ 2,5 milliards de FCFA. Son décaissement est lié à la signature du document de projet.
La deuxième tranche porte sur 12,190 millions de dollars. Elle représente près de 6,9 milliards de FCFA. Son versement est prévu au premier trimestre de la deuxième année de mise en œuvre. IDH devra cependant franchir plusieurs étapes avant d’y accéder. L’organisation devra avoir rendu opérationnels les mécanismes d’assistance technique et de capital d’amorçage. Elle devra également faire valider par un organisme indépendant une méthodologie destinée à vérifier les résultats.
Le système de suivi des paiements pour services environnementaux de CAFI devra aussi être adapté. Le secteur privé devra, lui aussi, commencer à répondre présent. Au moins une entreprise de cacao devra avoir signé un contrat de soutien financier au programme de paiements pour services environnementaux. Une autre devra avoir signé une lettre d’intention.
Le Hub devra en outre avoir attiré au moins quatre investisseurs dans son réseau d’affaires et d’investissement. Dix entreprises potentielles devront avoir été évaluées en vue d’un accès au mécanisme de capital d’amorçage. Ces exigences montrent que CAFI ne finance pas seulement la mise en place d’une structure. Le bailleur veut mesurer sa capacité à produire des opérations concrètes et à susciter l’engagement des investisseurs.
JUSQU’À 4,5 MILLIARDS LIÉS À LA PERFORMANCE
La troisième tranche porte sur 7,904 millions de dollars, soit environ 4,5 milliards de FCFA. Elle constitue la partie la plus directement liée à la performance environnementale. Son décaissement est prévu au deuxième trimestre de la quatrième année de mise en œuvre. Il dépendra des résultats enregistrés au cours des trois premières années.
Un premier seuil financier devra être franchi. Les engagements matérialisés par des contrats ou des lettres d’intention avec des entreprises privées devront atteindre au moins 6,701 millions de dollars. Ce montant équivaut à environ 3,8 milliards de FCFA.
Il correspond au financement demandé à CAFI pour le volet consacré aux paiements pour services environnementaux. Le montant restant dépendra des performances effectivement constatées. CAFI prévoit un calcul fondé notamment sur le nombre d’unités de résultats validées et le montant attribué à chacune. Dans ce système, un hectare n’a donc pas uniquement une valeur foncière ou agricole. Il peut devenir une unité permettant de mesurer une performance environnementale.
Sont notamment concernés les hectares d’agriculture sans déforestation, d’agroforesterie, de reboisement, de régénération ou de conservation forestière. Une vérification indépendante devra confirmer ces résultats. Si elle conclut à une performance « faible », aucun versement de cette troisième tranche à IDH ne sera effectué. Le risque financier ne disparaît donc pas. Il change de place. Le programme doit d’abord démontrer sa capacité à atteindre les objectifs fixés avant de prétendre à la totalité des ressources prévues.
IDH DOIT ENCORE MOBILISER 16,5 MILLIARDS
Les 14 milliards de FCFA apportés par CAFI ne représentent qu’une partie de l’ambition financière du programme. IDH vise la mobilisation de 29 millions de dollars supplémentaires d’ici 2030. Soit environ 16,5 milliards de FCFA. Ces ressources devront provenir de financeurs privés, climatiques et d’acteurs liés aux paiements pour services environnementaux. Il s’agit d’un objectif de mobilisation. Cet argent n’est donc pas encore acquis.
L’enjeu économique se situe précisément à ce niveau. Le financement public doit servir de levier pour faire entrer davantage de capitaux privés dans les chaînes de valeur agricoles sans déforestation.
Le programme devra également accompagner la mise en œuvre de pratiques agricoles vérifiées comme sans déforestation et résilientes au changement climatique sur 9 950 hectares d’ici 2030. À cela s’ajouteront 7 000 hectares destinés au boisement, au reboisement, à la régénération naturelle assistée ou à la protection des forêts.
LE GRAND MBAM COMME PREMIER TERRAIN
Le volet consacré aux paiements pour services environnementaux démarrera dans le Grand Mbam. Le principe repose sur une rémunération liée à des résultats environnementaux vérifiés. Agriculteurs et communautés pourront recevoir des paiements en fonction des pratiques mises en œuvre. L’agroforesterie, le reboisement et la protection des forêts figurent parmi les activités concernées.
Le mécanisme introduit ainsi une logique économique nouvelle. La conservation et la restauration des écosystèmes deviennent des activités susceptibles de générer des revenus lorsqu’elles produisent des résultats mesurables. CAFI et IDH comptent utiliser les enseignements de cette première expérience pour envisager une extension du mécanisme à d’autres zones du Cameroun et, à terme, du bassin du Congo.
Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 16/09/2026
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Match amical Russie-Cameroun: L’Acfac joue des prorogations avec Samuel Eto’o

Le bureau exécutif de l’Association des clubs de football amateurs du Cameroun (Acfac) s’est réuni en « séance extraordinaire et urgente » le 14 Septembre 2026 à Yaoundé. C’était à l’effet de se pencher sur « les événements en cours impliquant le président de la Fédération Camerounaise de Football ». C’est la substance d’un communiqué ayant sanctionné ladite réunion. On y apprend que, « Après avoir examiné l’ensemble des documents publiés par les médias internationaux à l’appui des accusations portées contre le président de la Fecafoot, Samuel Eto’o Fils, en lien avec l’organisation du match amical entre la Russie le 12 octobre 2023, le bureau exécutif d l’Acfac a décidé à l’unanimité d’attraire la Fédération russe de football devant les juridictions internationales pour violation des termes du contrat du match. L’Acfac reproche à la fédération russe d’avoir transféré dans un compte bancaire dont la Fecafoot n’est pas titulaire la somme de 372 millions de Fcfa, représentant la part de la Fecafoot dans l’organisation de ce match. Par la même occasion, l’Acfac annonce son intention « de porter plainte contre M. Samuel Eto’o Fils pour détournement des fonds de la Fecafoot ».
L’Acfac appelle le gouvernement camerounais de s’impliquer dans cette quête de vérité. « Compte tenu de la gravité des accusations, de la notoriété internationale de M. Samuel Eto’o Fils et l’impact de cette affaire sur l’image du Cameroun, l’Acfac appelle les autorités gouvernementales à ouvrir urgemment une enquête sur la gestion de la Fecafoot, tout en prenant les mesures conservatoires qui s’imposent ». Soulignant que « la Fecafoot est une association exerçant une mission de service public déléguée par l’Etat du Cameroun qui subventionne massivement ses activités ».
L’Acfac qui est à l’origine de la chute de plusieurs exécutifs de la Fecafoot avant Samuel Eto’o, reprend un combat mené en son temps par Guibaï Gatama, membre exclu du Comité exécutif de la Fecafoot. L’homme qui s’est toujours refusé à apporter sa caution à la gestion opaque et au manque de respect des textes de la Fecafoot, avait mordu la poussière faute de preuves tangibles. Toujours est-il que des sources concordantes confirment que les fonds querellés avaient atterri dans le compte personnel de Samuel Eto’o.
Dans un communiqué rendu public hier, le Comité exécutif de la Fécafoot dénonce une “offensive coordonnée” sur les réseaux sociaux et dans certains médias étrangers visant à nuire à l’image de son président. L’organe dirigeant de la Fecafoot parle “d’accusations non prouvées” et dénonce une manipulation de l’opinion, dans un contexte “sensible” au Cameroun. A demi-mots, l’exécutif de la Fecafoot évoque la guerre de succession qui se mène au sommet de l’Etat camerounais. Un sommet où Samuel Eto’o dispose de relations personnelles.
Gianni Infantino
Le Comité exécutif de la Fecafoot y voit même des représailles à l’encontre de son président pour son soutien déclaré à Gianni Infantino le président de la Fifa au sujet de l’ouverture de la Coupe du monde à des tiers financiers. Un projet qui a reçu le rejet de nombre de membres de la Fifa avec en première ligne l’Uefa et l’AFC, les confédérations européennes et asiatiques de football. Mais la Confédération africaine de football (CAF), comme Samuel Eto’o, a opté pour le soutien à Infantino qui entend être candidat à la tête de.la Fifa. Samuel Eto’o a clairement affiché son soutien lors d’un entretien sur la chaîne de télévision américaine CNN.
En “[condamnant] fermement toute entreprise de manipulation de l’opinion publique, de diffamation, de désinformation ou d’instrumentalisation du débat sportif à des fins étrangères à l’intérêt général du football camerounais”, le Comité exécutif de la Fecafoot réaffirme son soutien au président de la Fifa et “la pertinence des innovations portées par le président Gianni Infantino”.
Lorsque Guibaï Gatama avait déclenché cette affaire en son temps, des membres du Comité exécutif de la Fecafoot avaient déclaré leur soutien à Samuel Eto’o, notamment des vice-présidents. Mais comme le fait aujourd’hui le comité exécutif dans son entièreté, aucune information n’a jamais été donnée sur la trace des fonds en question.
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Pétrole au Cameroun : la hausse des cours ne compense plus la baisse de la production

Alors que la flambée des cours du pétrole, provoquée par le conflit au Moyen-Orient, aurait dû accroître les recettes pétrolières camerounaises, le dernier Baromètre économique de la CEMAC et de la Banque mondiale révèle un paradoxe inquiétant : au Cameroun, la baisse structurelle de la production pétrolière neutralise l’essentiel des gains liés à la hausse des prix. Exportations en repli de 10 % en 2025, déficit courant creusé à 4,2 % du PIB, recettes budgétaires en recul.
Le pétrole camerounais rapporte-t-il encore autant qu’avant ? La réponse de la Banque mondiale, chiffres à l’appui, est non. Dans son dernier Baromètre économique de la CEMAC (Politique Budgétaire et Croissance, août 2026, Vol. 10), la Banque mondiale dresse le constat d’un paradoxe qui frappe désormais l’ensemble de la sous-région pétrolière : la remontée des cours mondiaux, dopée par le conflit au Moyen-Orient, ne suffit plus à compenser l’érosion structurelle de la production nationale d’hydrocarbures. En 2025, la production nationale de brut est tombée à 19,374 millions de barils, contre 21,377 millions un an plus tôt. Dans le même temps, les recettes pétrolières ont reculé et le déficit du compte courant s’est creusé. La remontée des cours attendue en 2026 peut apporter un répit, mais elle ne règle pas le problème de fond qui est le déclin de la production de pétrole.
Selon la Banque mondiale, en zone CEMAC « les plus fortes baisses des exportations de pétrole ont été enregistrées en Guinée Equatoriale« >Guinée Equatoriale (18 %) et au Cameroun (10 %), ce qui souligne le caractère inégal, mais généralisé, de la baisse dans les pays exportateurs de pétrole ». À l’échelle régionale, les exportations de pétrole ont reculé de 2,3 % en 2025, et celles de gaz de 10,5 %, sous l’effet conjugué du « vieillissement des champs pétroliers et gaziers » et de « l’insuffisance des nouveaux investissements ».
Conséquence directe pour Yaoundé : le solde extérieur s’est détérioré. Le rapport note que « la baisse continue de la production d’huile et des exportations de grumes, conjuguées à l’augmentation des importations, ont creusé le déficit du compte courant, qui est passé de 3,4 % du PIB en 2024 à 4,2 % en 2025 ». Autrement dit, le Cameroun importe davantage qu’il n’exporte, et l’écart s’élargit précisément au moment où les prix internationaux du brut auraient dû, en théorie, soutenir les recettes en devises du pays.
LA PRODUCTION S’EFFONDRE, LE DÉFICIT COURANT SE CREUSE
La flambée des cours pétroliers survenue depuis février 2026 illustre bien les limites de cet effet d’aubaine. Le Baromètre rappelle que « les prix du pétrole, qui se situaient autour de 65 dollars le baril avant le déclenchement du conflit, ont rapidement augmenté pour atteindre environ 95 dollars à la mi-mars avant de culminer à 113 dollars en avril ; à fin juin, les prix avaient baissé à environ 80 dollars le baril ».
Une envolée spectaculaire, provoquée notamment par la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transitent « près de 20 pour cent des exportations mondiales de pétrole ». Pour un pays exportateur net d’hydrocarbures, une telle hausse devrait se traduire en gains budgétaires et commerciaux substantiels. Or, le rapport de la Banque mondiale tempère nettement cet optimisme s’agissant du Cameroun : « le secteur extérieur pourrait se détériorer davantage du fait de la baisse de la production pétrolière et de l’investissement privé à forte intensité d’importations. Et ce, malgré le fait que les retombées du conflit au Moyen-Orient sur les prix du pétrole devraient soutenir la croissance du compte courant et du PIB en 2026, tout en ne réduisant que légèrement le déficit budgétaire ».
Le message est clair : le choc de prix positif ne fait qu’atténuer la dégradation, il ne l’inverse pas. Le tableau de « préparation » des pays de la CEMAC face au conflit, publié dans le document, confirme cette lecture. L’exposition nette du Cameroun aux importations de pétrole et de gaz y est chiffrée à -1,1 % du PIB en 2024, ce que le rapport qualifie d’exposition « globalement neutre » — contrairement au Tchad (-15,1 %) ou à la Guinée Equatoriale (-32,4 %), largement exportateurs nets, qui profitent bien davantage de la remontée des cours.
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DES RECETTES PÉTROLIÈRES ET NON PÉTROLIÈRES EN REPLI SIMULTANÉ
Le budget de l’État a directement subi ce ralentissement de la rente pétrolière, amplifié par un contexte politique intérieur tendu. Le Baromètre indique qu’« au Cameroun, le déficit budgétaire s’est creusé, passant de 1,5 % du PIB en 2024 à 2,2 % en 2025, principalement en raison de la baisse des recettes pétrolières et non pétrolières liée aux troubles postélectoraux et aux confinements ».
Le déficit primaire non pétrolier, lui, s’est légèrement creusé à 2,6 % du PIB. Les chiffres du tableau macroéconomique consacré au pays sont éloquents : les recettes totales, qui représentaient 16,3 % du PIB en 2024, sont tombées à une estimation de 15,5 % en 2025. La Banque mondiale table sur un rebond à 16,5 % en 2026, porté davantage par le recouvrement fiscal non pétrolier que par une reprise de la production d’hydrocarbures elle-même.
Sur le plan de la dette, la nouvelle est en apparence plus favorable : « le ratio de la dette publique sur le PIB a diminué à 43,8 pour cent fin 2025, contre 44,8 pour cent l’année précédente ».
PAS DE NOUVEAUX INVESTISSEMENTS, PAS DE REBOND DE LA PRODUCTION
Le diagnostic le plus préoccupant concerne l’avenir de l’amont pétrolier. Pour l’ensemble de la CEMAC, le Baromètre est catégorique : « en l’absence de nouveaux investissements importants dans le secteur des hydrocarbures ou de nouvelles découvertes pétrolières importantes, la production devrait poursuivre son déclin structurel ».
Rien, dans le document, ne suggère que le Cameroun échappe à cette tendance de fond. Le pays ne figure pas parmi les projets d’expansion de la production mentionnés pour d’autres membres de la zone, comme le Tchad, dont le secteur pétrolier a au contraire progressé de 6,6 % en 2025.
Cette faiblesse structurelle de l’amont pétrolier pèse d’autant plus lourd que la région dans son ensemble s’appuie fortement sur les hydrocarbures : ceux-ci « représentent encore environ 70 % des exportations totales de la CEMAC », précise le rapport, ce qui expose « fortement la région aux fluctuations des prix des matières premières ».
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Pour le Cameroun, dont l’économie est relativement plus diversifiée que celle de ses voisins — cacao, bois, agriculture —, cette dépendance pétrolière reste néanmoins un facteur de vulnérabilité budgétaire de premier plan, comme en témoigne la contribution décisive de la chute des recettes d’hydrocarbures au creusement du déficit 2025.
Face à ce constat, les perspectives de croissance présentées par la Banque mondiale pour 2026-2028 (3,7 % en moyenne) ne reposent d’ailleurs quasiment plus sur le pétrole. Le Baromètre mise sur « un meilleur accès à l’énergie pour les entreprises et une augmentation des investissements privés », avec en particulier le raccordement du barrage hydroélectrique de Nachtigal aux zones industrielles de Douala, censé « atténuer les pénuries d’électricité et stimuler la fabrication, la construction et les services ». Autrement dit, c’est l’électricité — et non plus le baril — qui est désormais présentée comme le principal moteur de la croissance camerounaise à moyen terme.
Le rapport reste cependant prudent sur les marges de manœuvre budgétaires : les pressions à la hausse sur les prix, alimentées par le conflit au Moyen-Orient, devraient « maintenir l’inflation bien au-dessus de 3 pour cent jusqu’en 2028, aggravant encore une insécurité alimentaire déjà tendue » — un risque supplémentaire pour un pays dont la balance commerciale des hydrocarbures ne joue plus, contrairement à ses voisins exportateurs nets, le rôle d’amortisseur qu’on pourrait en attendre.
Au final, le Baromètre économique de la CEMAC dessine un Cameroun pris entre deux feux : une rente pétrolière qui s’amenuise structurellement, et un choc de prix international dont les bénéfices, contrairement au Tchad, au Congo, au Gabon ou à la Guinée Equatoriale, se révèlent trop modestes pour rééquilibrer durablement ses comptes extérieurs et budgétaires.
Par Jean Luc FASSI
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