Actualités locales
dix candidats ont déjà reçu la première tranche des fonds de campagne au MINAT

Conformément aux dispositions du Code électoral, les candidats retenus pour l’élection présidentielle du 12 octobre prochain ont commencé à percevoir la première tranche du financement public de leur campagne. Le MINAT a procédé aux premiers décaissements ce 29 septembre 2025.
La campagne électorale pour l’élection présidentielle bat désormais son plein sur l’ensemble du territoire national. Ce lundi, un tournant important a été franchi avec le versement officiel de la première tranche du financement public alloué aux candidats en lice.
Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a supervisé cette opération dans ses services, conformément au communiqué publié le 25 septembre et en application de la loi n°2012/001 du 19 avril 2012 portant Code électoral, qui prévoit le financement public partiel des campagnes électorales.
Au total, 10 des 12 partis politiques retenus par le Conseil constitutionnel ont reçu cette première enveloppe, conditionnée au dépôt d’un dossier administratif complet.
Le parti UNIVERS, dirigé par le professeur Nkou Mvondo, a été le premier à se présenter à la Direction des ressources financières et matérielles du MINAT, marquant ainsi le début de la remise des fonds. Il a été suivi par plusieurs autres formations politiques :
le SDF, représenté par Louis-Marie Kakdeu,
le RDPC, via Gilbert Tsimi Evouna,
le FDC,
le PURS,
le PAL,
l’UDC,
l’UNDP,
le MCNC,
et le PCRN, conduit par Cabral Libii.
En effet, cette allocation publique de propagande électorale vise à garantir une certaine équité entre les candidats et à soutenir les partis dans leurs actions de communication auprès des électeurs. Les deux derniers partis en lice, à savoir le FSNC de Issa Tchiroma Bakary et l’UMS de Pierre Kuemo, sont attendus ce mardi 30 septembre pour percevoir leurs fonds respectifs, selon le calendrier le ministère de l’Administration territoriale.
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Actualités locales
Alice Nkom et Maximilienne Ngo Mbe déclarées non coupables

C’est la fin d’une procédure ouverte en décembre avec une convocation administrative des dirigeantes du réseau, en réaction au bris de scellés qui avaient été apposés sur les bureaux du REDHAC par le préfet du Wouri.
Poursuivies pour bris de scellés administratifs et accusées de « rébellion en coaction », Me Alice Nkom, présidente du comité d’organisation du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC), et Maximilienne Ngo Mbe, la directrice exécutive, ont été déclarées non coupables ce lundi 21 septembre 2026 au tribunal de première instance de Bonanjo.
En rappel, le REDHAC avait été suspendu pour une durée de trois mois par arrêté du ministre de l’Administration territoriale du Cameroun reposant sur des accusations de « financements illicites » ou « inexpliqués » et de « non-respect des dispositions légales ».
Le 4 mai 2026, le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo a tenu sa septième audience dans le cadre de la plainte déposée par le préfet du département du Wouri à l’encontre de Maximilienne Ngo Mbe, qu’il accuse d’avoir « brisé les scellés » apposés sur les locaux du REDHAC au moment de leur suspension administrative de son organisation le 6 décembre 2024.
Dans la même affaire, elle est également accusée de « rébellion simple, pour avoir refusé de se conformer à une convocation ».
Le 4 mai 2026, les débats ont donc été rouverts avec l’interrogatoire direct, par le procureur, du sous-préfet de Douala 1er en sa qualité de représentant du préfet du Wouri, suivi de son contre-interrogatoire par les avocats. Durant l’audience, le sous-préfet a explicitement déclaré que Maximilienne Ngo Mbe ne se trouvait pas sur les lieux des scellés le jour où ils ont été brisés. Il en ressort que cette dernière n’a donc pas pu les briser.
Le procès a ensuite de nouveau été renvoyé au 1ᵉʳ juin 2026 pour la reprise de l’interrogatoire par la partie civile par le procureur et la suite des débats. Après plusieurs autres renvois, la juridiction a déclaré Alice Nkom et Maximilienne Ngo Mbe non coupables ce 21 septembre 2026.
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le Cameroun vise 16,5 milliards FCFA de financements privés d’ici 2030
Ces fonds sont destinés à financer des investissements agricoles plus résilients au changement climatique, réduire les risques dans les chaînes de valeur sans déforestation et soutenir les pratiques de conservation des forêts. À terme, le dispositif ambitionne aussi de créer près de 3 000 emplois et d’accroître de 10 % les revenus des producteurs entre autres.
Le financement de l’agriculture camerounaise veut changer d’échelle. Alors que l’accès au crédit demeure un frein pour de nombreuses entreprises et organisations agricoles, gouvernement et ses partenaires misent désormais sur des mécanismes capables d’attirer davantage de capitaux privés vers des activités à la fois productives et compatibles avec la préservation des forêts.
Investment Development & PES Hub
C’est dans cette perspective que le Cameroun et ses partenaires a lancé, le 16 septembre 2026 à Yaoundé, la Plateforme d’Investissement et de Paiement pour les Services Environnementaux.
La cérémonie, présidée par Paul Tasong Njukang, ministre délégué auprès du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, a réuni administrations publiques, partenaires au développement, secteur privé et organisations de la société civile. Le thème retenu résume l’enjeu du dispositif, investir dans une agriculture pour protéger les forêts et améliorer les revenus des producteurs.
Mis en œuvre par l’Initiative pour le commerce durable, IDH, financé par l’Initiative forestière pour l’Afrique centrale (CAFI), sous la tutelle institutionnelle du Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), le mécanisme dispose d’un financement initial de 24,57 millions de dollars, soit environ 14 milliards de FCFA, apporté par la Central African Forest Initiative, CAFI.
Mais cette enveloppe constitue surtout un point de départ. L’objectif affiché est de mobiliser 29 millions de dollars supplémentaires d’ici 2030, soit près de 16,5 milliards de FCFA, auprès de financiers privés, de financeurs climatiques et de mécanismes de paiement pour services environnementaux. Pour Christian Enouga Directeur IDH Cameroun, » Le lancement de l’Investment Développent and PES Hub s’appuie sur plusieurs années d’expériences dans le cacao. Il rappelle que les programmes déjà mis en œuvre ont permis de réunir secteur public, secteur privé, collectivité territoriale et organisations de la société civile autour d’une plateforme nationale et des coalitions locales« .
Transformer les projets agricoles en investissements
Ces ressources doivent à en croire les producteurs permettre de réduire les risques associés au financement des chaînes de valeur agricoles sans déforestation. Le Hub entend ainsi rapprocher les entreprises agricoles, les banques et les investisseurs en préparant des projets capables de répondre aux exigences du financement privé comme l’affirme Jean Marie Anaba Evouga » Les parties qui pourraient souscrire c’est beaucoup plus les producteurs et à partir des intermédiaires, qui les acheteurs de cacao. C’est eux qui auront les données de nos ventes. C’est à partir de ces données que le petit producteur aura la plus-value liée à la protection de la nature.
Le cacao figure parmi les premières filières ciblées. PME, coopératives et entreprises agricoles pourront bénéficier d’un accompagnement technique destiné à améliorer leurs modèles économiques, structurer leurs projets et faciliter leur accès au crédit. Le dispositif prévoit également du capital d’amorçage avant la mise en relation avec des établissements financiers et des investisseurs.
Une partie des financements recherchés doit par ailleurs soutenir les paiements pour services environnementaux. Le principe consiste à donner une valeur économique aux efforts réalisés en faveur de la conservation des forêts, de l’agroforesterie, du reboisement, de la régénération naturelle et de la restauration des terres.
À l’horizon 2030, le projet vise ainsi l’adoption de pratiques agricoles sans déforestation et résilientes au changement climatique sur 9 950 hectares. Quelque 7 000 hectares supplémentaires devraient être consacrés au boisement, au reboisement, à la régénération naturelle ou à la protection des forêts.
Au-delà des hectares préservés, le pari porte donc sur les revenus et l’emploi. Le programme ambitionne de contribuer à la création d’environ 3 000 emplois et à une hausse de 10 % des revenus des producteurs. Pour le Cameroun, l’enjeu sera désormais de convertir les 16,5 milliards de FCFA recherchés en investissements concrets dans les territoires agricoles, tout en faisant de la protection des forêts un actif susceptible d’attirer durablement les capitaux.
Le gouvernement représenté par Paul Tasong » espère qu’à l’évaluation de la mise en œuvre de cette phase pilote, ensemble nous allons constater que c’est possible de renforcer la production du cacao et pourquoi pas d’autres spéculations agricoles sans couper la forêt dira-t-il.
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Poste de vice-président : « le piège constitutionnel que Paul Biya s’est lui-même tendu »

L’avocate et femme politique Michèle Ndoki met en garde contre les conséquences possibles de la réforme constitutionnelle adoptée en avril 2026, notamment sur le rôle du vice-président et les mécanismes de succession à la tête de l’État.
Dans une récente analyse, Michèle Ndoki estime que la nouvelle architecture institutionnelle pourrait créer des situations inédites en cas de vacance ou d’empêchement définitif du président de la République.
La loi n°2026/002 du 14 avril 2026 a effectivement modifié plusieurs dispositions de la Constitution camerounaise.
Selon Michèle Ndoki, le principal point de tension réside dans le statut du vice-président, nommé par le chef de l’État, et dans son rôle prévu en cas de vacance de la présidence. Elle estime que ce dispositif pourrait permettre à un responsable qui n’a pas été élu au suffrage universel d’exercer la magistrature suprême jusqu’au terme du mandat en cours.
Lire l’analyse de Michèle Ndoki :
« Le piège constitutionnel que Paul Biya s’est lui-même tendu
Pendant des décennies, la Constitution camerounaise a été modifiée à plusieurs reprises pour répondre à des calculs politiques. La dernière réforme pourrait, elle, avoir créé un problème que ses auteurs n’avaient pas pleinement anticipé.
En avril 2026, la Constitution a été modifiée pour réintroduire la fonction de vice-président. Au lieu cependant qu’il s’agisse d’un colistier élu avec le Président, comme dans toute République digne de ce nom, le vice-président camerounais est nommé par le chef de l’État. Or, si la présidence devient vacante en raison du décès, de la démission ou de l’incapacité permanente du Président, ce vice-président nommé et non élu prend le pouvoir et achève le reste d’un mandat présidentiel qu’il n’a jamais reçu. Pire, l’ancienne obligation d’organiser une nouvelle élection présidentielle dans un délai de 20 à 120 jours imposée au Président du Sénat assurant l’intérim selon la Constitution avant la dernière modification (un élu, lui) a été supprimée.
Cela signifie qu’une personne désignée par la volonté d’un seul citoyen camerounais pourrait, dans certaines circonstances, devenir le Leader en Chef de notre grande et belle Nation sans que les Camerounais ne retournent aux urnes avant la fin du mandat actuel de Paul Biya, commencé en novembre 2025 et courant jusqu’en 2032.
Il existe un aspect encore plus dérangeant dans ce dispositif. En cas d’incapacité permanente, le vice-président peut déclencher la procédure constitutionnelle qui saisit le Conseil constitutionnel. Le vice-président ne peut pas, à lui seul, destituer le Président : c’est le Conseil constitutionnel qui prend la décision déterminante. Il n’empêche que cela place un vice-président nommé par le Chef de l’État au cœur d’un processus capable de mettre fin aux fonctions de celui même qui l’aura désigné.
L’indépendance et la neutralité du Conseil constitutionnel du Cameroun ont régulièrement été remises en cause par les acteurs de la scène politique camerounaise. Ses 11 membres sont tous en définitive nommés par le Président de la République, même si leurs candidatures proviennent respectivement de la Présidence, de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Conseil supérieur de la magistrature. Rappelons que lors de l’élection présidentielle contestée de 2025, le Conseil a rejeté les dix recours contestant le scrutin avant de proclamer Paul Biya vainqueur.
Pendant des années, le dispositif institutionnel actuel a peut-être semblé rassurant à ceux qui détenaient déjà le pouvoir. Dès lors cependant que le fauteuil de vice-président sera pourvu, la donne changera. La même institution que beaucoup perçoivent comme destinée à protéger l’ordre établi pourrait un jour être appelée à trancher une question d’incapacité opposant deux centres de pouvoir à l’intérieur même de ce système.
C’est là, à mon sens, que se trouve le piège. La réforme constitutionnelle devait garantir la continuité du pouvoir, mais elle crée aussi un successeur constitutionnel disposant d’un accès direct à la magistrature suprême et d’un rôle dans le déclenchement de la procédure d’incapacité. Cela pourrait expliquer pourquoi, plusieurs mois après la création de cette fonction, aucun vice-président n’a encore été nommé…
Lorsque les constitutions sont modifiées à répétition pour résoudre des problèmes politiques immédiats et/ou personnels, les conséquences n’apparaissent parfois qu’après coup. Le Cameroun pourrait aujourd’hui être confronté à l’une d’entre elles.
Kamerun, Ekombo’a Mwaye »
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