Dernières actualités
BVMAC : 173,5 milliards de FCFA d’obligations gabonaises admises à la cote le 3 novembre

La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale a annoncé l’admission, le 3 novembre 2026, de 17 352 382 obligations émises par l’État gabonais, représentant 173,52 milliards de FCFA. Les titres sont répartis entre deux tranches rémunérées à 6 % et 6,5 % net par an, avec remboursement du capital à l’échéance. Cette nouvelle cotation renforce le poids de la dette souveraine sur le marché financier régional.
L’État gabonais s’apprête à faire entrer 173,52 milliards de FCFA de dette obligataire à la cote de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Dans son avis n° 063/2026 du 27 octobre, la Bourse annonce la première cotation, le mardi 3 novembre 2026, de l’emprunt « EOG 2026 à tranches multiples ». L’opération concerne 17 352 382 obligations d’une valeur nominale de 10 000 FCFA chacune, soit un montant total de 173 523 820 000 FCFA. Ces titres seront inscrits sur le compartiment obligataire permanent de la BVMAC.
Leur admission permettra aux détenteurs de les proposer à la vente et à d’autres investisseurs de les acquérir sur le marché secondaire. L’opération ne constitue pas une nouvelle émission destinée à collecter 173,5 milliards de FCFA supplémentaires : elle concerne la mise en négociation de titres déjà souscrits. La distinction est importante pour apprécier les ressources effectivement mobilisées par l’État gabonais.
La BVMAC précise que les obligations ont pour date de jouissance le 10 mars 2026. Cette date sert de référence au calcul des intérêts attachés aux titres, selon les modalités contractuelles. Le premier cours de référence a été fixé à 100 % du nominal, soit 10 000 FCFA par obligation. Les échanges ultérieurs dépendront des ordres d’achat et de vente présentés par les investisseurs et des conditions de liquidité du marché.
DEUX TRANCHES À 6 % ET 6,5 %
L’emprunt comporte deux catégories de titres. La tranche A est assortie d’un taux d’intérêt annuel net de 6 % et d’une maturité de trois ans. La tranche B offre une rémunération nette de 6,5 % pour une durée de quatre ans. Dans les deux cas, le capital sera remboursé in fine, c’est-à-dire en une seule fois à l’échéance, plutôt que progressivement pendant la durée de vie de l’emprunt.
Pour une obligation conservée jusqu’à son terme et remboursée intégralement, le coupon annuel correspond à 600 FCFA sur la tranche A et à 650 FCFA sur la tranche B, sur la base d’une valeur nominale de 10 000 FCFA. Le rendement obtenu par un investisseur qui achète le titre après son introduction dépendra toutefois du prix effectivement payé et des intérêts courus. Un titre acheté au-dessus du pair offre, toutes choses égales par ailleurs, un rendement à l’échéance inférieur à son coupon.
Le remboursement in fine présente une particularité pour l’émetteur. Il lui permet de conserver le principal emprunté pendant la durée du financement, mais concentre l’obligation de remboursement à la date finale. La gestion de cette échéance nécessite une programmation de trésorerie adaptée. Pour les investisseurs, le risque de crédit porte notamment sur la capacité de l’État à honorer les coupons successifs puis à rembourser le capital à la maturité de chaque tranche.
La procédure retenue pour la première séance est celle de l’offre à prix ouvert. La BVMAC indique que le cours de référence sera établi à « 100 % du nominal ». Ce prix initial sert de base aux négociations, sans garantir que des transactions auront lieu à ce niveau. Le marché devra rapprocher les ordres des vendeurs et ceux des acheteurs pour déterminer les échanges effectivement réalisés.
UNE NOUVELLE LIGNE DE DETTE SOUVERAINE
L’arrivée de cet emprunt renforce la place des obligations d’État dans la structure du marché financier régional. Les États de la CEMAC recourent régulièrement aux émissions obligataires pour financer leurs besoins budgétaires et leurs investissements. Ces titres attirent notamment les banques, les compagnies d’assurance, les caisses de retraite et les autres investisseurs institutionnels qui recherchent des placements rémunérés sur plusieurs années.
Pour les banques camerounaises, les obligations gabonaises constituent une possibilité de diversification de leurs portefeuilles de titres publics. Leur acquisition permet de répartir les placements entre plusieurs émetteurs souverains de la région. Elle suppose cependant une appréciation des risques propres à chaque État, des conditions de remboursement et de la capacité à revendre les titres avant l’échéance. L’appartenance à une même union monétaire n’efface pas les différences de situation financière entre emprunteurs.
Le marché secondaire joue ici un rôle essentiel. Un investisseur qui détient une obligation peut souhaiter la céder pour récupérer de la trésorerie, réduire son exposition à un émetteur ou modifier la durée moyenne de ses placements. Lorsque les échanges sont peu nombreux, la vente peut être difficile ou nécessiter une concession sur le prix. La cotation constitue donc une condition de négociabilité organisée, mais ne garantit pas à elle seule une liquidité abondante.
La nouvelle ligne sera intégrée au compartiment « C-Obligataire » de la BVMAC. Les investisseurs intéressés pourront se rapprocher de l’arrangeur chef de file ESS Bourse, des coarrangeurs et des agents placeurs de l’opération. Ces intermédiaires assurent notamment les relations avec les investisseurs et l’accompagnement des opérations sur le marché. Les négociations s’effectueront selon les règles applicables aux valeurs inscrites à la cote permanente.
LE DÉFI DES ÉCHANGES EFFECTIFS
L’admission de nouveaux emprunts contribue à élargir la profondeur du marché obligataire, mais son impact sur l’activité boursière dépend des volumes échangés. La BVMAC reste caractérisée par une faible rotation de nombreux titres, souvent conservés dans les portefeuilles institutionnels jusqu’à leur échéance. Cette pratique réduit le nombre d’ordres disponibles et limite la formation régulière de prix de marché.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Les réformes engagées dans la CEMAC pour développer les opérations de pension livrée et améliorer les infrastructures de règlement-livraison pourraient contribuer à faciliter la circulation de ces titres. Les investisseurs disposant de mécanismes de refinancement garantis sont moins contraints de vendre leurs obligations lorsqu’ils rencontrent un besoin temporaire de liquidité. Ces instruments peuvent ainsi renforcer l’attractivité des émissions souveraines.
Avec 173,52 milliards de FCFA d’obligations gabonaises supplémentaires à la cote, la BVMAC augmente le volume des instruments négociables sur son marché obligataire. La première séance du 3 novembre permettra d’observer les conditions de leur entrée en négociation. Au-delà de cette date, l’activité de la ligne dépendra de l’intérêt des investisseurs, des prix proposés et de la capacité du marché régional à développer des transactions régulières sur les titres de dette publique.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Par Yves TCHENANG
Défis Actuels du 03/11/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
Cacao : vers la mise en place d’un guichet unique des producteurs Camerounais

Réunis le 30 octobre 2026 à Yaoundé pour la première Assemblée générale de Geo-Cacao, un Groupement d’intérêt économique (GIE) de droit privé, producteurs, responsables de coopératives et de GIC, experts et acteurs de la filière ont posé les bases d’une nouvelle organisation destinée à renforcer le poids des cacaoculteurs dans la chaîne de valeur. Au centre des résolutions : la mise en place d’un guichet unique des producteurs, appelé à fédérer les bassins de production et à mieux défendre leurs intérêts.
C’est un appel à l’unisson. « Travailleurs du monde rural, unissons-nous. » Derrière cet appel lancé par Philémon Ntyam Ntyam, administrateur-directeur général de Geo-Cacao, se dessine une ambition : redonner aux producteurs une place déterminante dans une filière dont ils constituent le premier maillon, sans toujours peser suffisamment sur les mécanismes de commercialisation et de fixation des prix.
La première Assemblée générale de Geo-Cacao, tenue le 30 octobre à Yaoundé, a réuni producteurs, experts, responsables de coopératives et de Groupes d’initiative commune (GIC), afin de confronter les difficultés rencontrées sur le terrain aux solutions susceptibles d’améliorer durablement les revenus des cacaoculteurs. Pour Philémon Ntyam Ntyam, la dispersion des producteurs fragilise leur capacité à défendre leurs intérêts face aux autres acteurs économiques de la chaîne. « Il n’est pas normal que le producteur reste l’enfant pauvre de sa propre ressource », martèle-t-il.
Son objectif est de bâtir une organisation capable de fédérer les différents bassins de production, afin de donner davantage de poids aux cacaoculteurs dans les négociations. C’est dans cette logique que Geo-Cacao entend mettre en place un guichet unique des producteurs. La structure devra servir de cadre de concertation et permettre aux producteurs de mieux s’organiser autour de la commercialisation de leur cacao. « Nous voulons que désormais les producteurs soient au centre de la vente de leurs produits, que ce ne soit plus uniquement une affaire de gré à gré, mais qu’il y ait une concertation au niveau de l’ensemble des producteurs », explique Philémon Ntyam Ntyam.
SEULEMENT 6 % DE LA VALEUR RÉELLE DU CACAO AU PRODUCTEUR
Selon l’ADG de Geo-Cacao, le cacaoculteur ne capterait aujourd’hui que « 6 %, moins de 7 % » de la valeur réelle du cacao. Une estimation présentée au cours des échanges pour illustrer la nécessité de rééquilibrer le partage de la valeur. L’organisation veut ainsi renforcer la capacité de négociation des producteurs, plutôt que les maintenir isolés face aux opérateurs disposant d’une puissance financière supérieure.
Invité à cette première Assemblée générale, le capitaine d’industrie James Onobiono a insisté sur le poids stratégique du cacao dans l’économie camerounaise et sur la nécessité de structurer davantage ceux qui le produisent. « Ma première réaction, c’est de féliciter les initiateurs de ce projet », a-t-il déclaré. Pour lui, la libéralisation de la filière a également laissé apparaître des faiblesses dans l’organisation collective des producteurs privés. D’où son intérêt pour l’initiative portée par Geo-Cacao. « Les producteurs devaient être organisés. Bien sûr, l’État est là, il y a une administration, mais les producteurs privés étaient un peu désorganisés après la libéralisation », relève-t-il, avant d’expliquer que cette volonté de structuration justifie son soutien au projet.
Dans les bassins de production, l’initiative trouve également un écho. Christian Bissé, producteur et fils de Mbangassina, dans le département du Mbam-et-Kim, souhaite voir les cacaoculteurs de cette partie de la région du Centre prendre toute leur place dans la dynamique. Après des échanges avec les responsables du projet et une descente à Mbangassina, il dit avoir entrepris de mobiliser d’autres acteurs locaux de la filière. « J’invite les frères du Mbam-et-Kim, notamment de l’arrondissement de Mbangassina, à venir rejoindre Geo-Cacao, parce que c’est un organisme qui va défendre les intérêts des cacaoculteurs à toutes les échelles », lance-t-il.
Son plaidoyer dépasse la seule commercialisation. Il évoque également les besoins de formation, de recyclage et d’amélioration des techniques culturales. Pour lui, un bassin aussi important que le Mbam-et-Kim doit faire entendre sa voix dans les débats nationaux sur l’avenir de la filière. « Dans la République, on ne saurait parler cacao sans qu’il y ait les représentants de Mbangassina, du Mbam-et-Kim, Ngoro, Yoko, Ntui et autres », insiste Christian Bissé.
UNE INITIATIVE QUI INSPIRE DÉJÀ LE CONGO
La délégation congolaise présente aux travaux entend tirer les enseignements des décisions prises à Yaoundé et maintenir les échanges avec les acteurs camerounais. « Nous voudrons nous imprégner de ce qui se décidera ici pour qu’on soit en synergie avec le Cameroun », a indiqué Congo » style= »color:#cc0000;text-decoration:none;border-bottom:1px solid #cc0000; » title= »cacaoculteurs du Congo »>Singha Judicael, représentant des cacaoculteurs du Congo.
La délégation envisage déjà la poursuite de cette dynamique, avec la perspective d’une deuxième édition en 2027 ou 2028. Une ouverture qui pourrait favoriser le partage d’expériences entre producteurs et organisations de plusieurs pays africains.
Au terme des échanges, l’ambition affichée par Geo-Cacao tient en une idée : transformer la force numérique des producteurs en véritable pouvoir économique. La création du guichet unique constitue la principale résolution de cette première Assemblée générale. Et Geo-Cacao devra désormais faire ses preuves sur le terrain : fédérer les bassins, faciliter la concertation, renforcer l’accès à l’information et à la formation et, surtout, donner aux producteurs une voix plus forte au moment de négocier la vente de leur cacao.
À Yaoundé, Geo-Cacao a posé la première pierre. La prochaine bataille se jouera désormais dans les plantations, les coopératives et les grands bassins cacaoyers : convaincre les producteurs de s’organiser pour peser davantage sur une richesse qu’ils font naître chaque jour de la terre.
Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 03/11/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
FINANCE NUMÉRIQUE : La BEAC s’attaque aux lenteurs des paiements en Afrique centrale

Face à l’augmentation des transactions numériques, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) veut accélérer la modernisation des infrastructures de paiement. Son rapprochement avec la Banque nationale du Cambodge doit notamment contribuer à fluidifier les règlements interbancaires et à préparer le déploiement des paiements instantanés dans la CEMAC.
Après son adhésion au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) en juillet 2026 et le lancement de SYSTAC 2 en août, la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) ouvre un nouveau chantier. Elle a conclu une convention avec la Banque nationale du Cambodge. Signé le 22 octobre à Phnom Penh par les gouverneurs Yvon Sana Bangui et Chea Serey, l’accord a été annoncé le 2 novembre. Il prévoit, pour 2027-2028, une coopération sur l’interconnexion des systèmes de paiement et la cybersécurité.
Pour les entreprises, des règlements plus rapides peuvent accélérer les encaissements, faciliter le paiement des fournisseurs et améliorer la trésorerie. Les PME pourraient en tirer profit, à condition que les gains techniques se répercutent sur les tarifs. La BEAC n’a pas chiffré les économies attendues ni la baisse éventuelle des commissions.
Le Cambodge s’appuie sur Bakong, sa plateforme nationale lancée en 2020. En 2025, elle a traité 1,33 milliard de transactions, en hausse de 118,7 %, pour environ 224 milliards de dollars. Le système permet les paiements instantanés et se connecte par QR code à huit économies asiatiques. Les paiements transfrontaliers ont progressé de 74,5 %, à 270 600 opérations. Ces performances offrent des références à la BEAC, sans annoncer de connexion directe entre Bakong et les réseaux de la CEMAC.
En Afrique centrale, le mobile money a enregistré 3,74 milliards de transactions en 2024, pour près de 34 800 milliards de FCFA. La région comptait plus de 51 millions de comptes de paiement mobile, selon les données de la BEAC. GIMACPAY contribue à l’interopérabilité des services, tandis que SYSTAC 2 modernise la compensation interbancaire.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Opérationnel depuis le 3 août 2026, SYSTAC 2 repose sur la norme internationale ISO 20022. La migration a concerné 71 participants dans les six pays de la CEMAC. La prochaine étape est la mise en production du module de paiements instantanés. La BEAC pourra alors mesurer les effets du dispositif sur les délais de règlement entre banques.
La coopération couvrira aussi le renforcement des compétences, la transformation digitale, l’inclusion financière et la sécurisation des infrastructures. Les deux banques centrales prévoient des évaluations périodiques sur l’efficacité des transactions, l’interopérabilité des réseaux et l’accès aux services financiers.
Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais
Pour les opérateurs économiques, les retombées restent à établir. La réduction des délais entraînera-t-elle une baisse des frais de transfert et des paiements transfrontaliers plus simples ? Le résultat se jugera aux commissions facturées, aux délais d’encaissement et à la disponibilité des fonds.
Par Fabrice BELOKO
Défis Actuels du 03/11/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
Hydrocarbures : Dangote crée une société pétrolière au Cameroun ; Par Blaise NNANG

Constituée le 28 octobre 2026 avec un capital initial de 10 millions de FCFA, Dangote Oil & Gas Cameroon SA marque une nouvelle étape dans l’implantation du groupe nigérian au Cameroun. Dirigée par Bertrand Mbouck, la société dispose d’un siège à Douala et d’un centre d’opérations déclaré à Kribi. Sa création intervient au moment où Dangote renforce ses relations avec la SONARA dans l’approvisionnement du marché camerounais en produits pétroliers.
Le groupe industriel nigérian Dangote dispose désormais d’une société dédiée aux hydrocarbures au Cameroun. Dangote Oil & Gas Cameroon SA a été constituée le 28 octobre 2026, avec un capital social de 10 millions de FCFA. Selon l’annonce légale publiée le lendemain dans Cameroon Tribune, l’entreprise a établi son siège à Douala-Bonanjo et déclaré un centre d’opérations dans la zone industrielle de Kribi. Cette implantation élargit la présence du conglomérat d’Aliko Dangote, déjà actif dans l’industrie cimentière camerounaise.
La direction générale de la nouvelle entreprise a été confiée à Bertrand Mbouck, qui dirige également Dangote Cement Cameroon depuis 2020. Le conseil d’administration comprend quatre membres : Aliko Dangote, fondateur du groupe, Devakumar Victor Gnanadoss Edwin, dirigeant de ses activités industrielles, Fatima Aliko-Dangote et Bertrand Mbouck. Deloitte & Touche a été désigné commissaire aux comptes titulaire, tandis que KPMG Afrique centrale occupe les fonctions de commissaire aux comptes suppléant.
Le capital initial de 10 millions de FCFA correspond au minimum légal applicable à une société anonyme ne faisant pas publiquement appel à l’épargne dans l’espace OHADA. Il constitue donc la base juridique de l’entreprise et non le budget de ses futurs investissements. Les montants nécessaires à la construction d’installations pétrolières, de dépôts ou de pipelines sont sans commune mesure avec cette dotation de départ. Aucun programme d’investissement chiffré n’accompagne, à ce stade, l’annonce de constitution.
DU CIMENT AUX INFRASTRUCTURES PÉTROLIÈRES
Les activités statutaires de Dangote Oil & Gas Cameroon couvrent un périmètre étendu de la chaîne pétrolière. Elles comprennent notamment l’importation, l’exportation, le raffinage, le stockage, le transport et la commercialisation des hydrocarbures, ainsi que le développement d’infrastructures associées. Ce champ d’activité donne à la société la possibilité juridique d’intervenir dans plusieurs segments du marché, sous réserve des autorisations et agréments exigés par la réglementation camerounaise.
Le choix de Kribi comme centre d’opérations déclaré présente un intérêt industriel particulier. La ville abrite le principal port en eau profonde du Cameroun et une zone industrialo-portuaire appelée à accueillir de nouvelles activités de transformation et de logistique. Pour les opérateurs pétroliers, les installations portuaires constituent un maillon essentiel de l’importation des cargaisons, de leur stockage et de leur acheminement vers les centres de consommation. La nouvelle société n’a cependant annoncé ni construction de dépôt ni attribution de concession portuaire.
La création de Dangote Oil & Gas Cameroon prolonge des démarches engagées plusieurs mois auparavant. En juillet 2026, Devakumar Edwin avait présenté aux autorités camerounaises un projet portant sur le stockage et le transport de produits pétroliers. Les discussions avaient notamment conduit le dirigeant nigérian auprès du Premier ministre Joseph Dion Ngute. L’immatriculation d’une société locale fournit désormais un véhicule juridique susceptible de porter les activités envisagées, sans préjuger de leur calendrier de réalisation.
UN RAPPROCHEMENT AVEC LA SONARA
Cette implantation intervient également dans un contexte de rapprochement commercial entre Dangote et la Société nationale de raffinage (SONARA). Le 30 octobre 2026, la raffinerie camerounaise a confirmé la signature, le 22 octobre à Lagos, d’un accord de fourniture de produits pétroliers raffinés avec Dangote et MRS Oil & Gas Company. La cérémonie officielle initialement prévue le 29 octobre a été reportée pour des raisons de calendrier, sans remettre en cause la signature annoncée.
L’accord vise à renforcer la sécurité des approvisionnements du Cameroun, devenu entièrement dépendant des importations de carburants raffinés depuis l’incendie qui a endommagé les installations de la SONARA en mai 2019. La raffinerie continue d’exercer des fonctions essentielles dans l’organisation de l’approvisionnement national, tandis que sa reconstruction nécessite des investissements importants. Le partenariat avec Dangote intervient ainsi dans un marché où la disponibilité des cargaisons, les coûts logistiques et les conditions de paiement jouent un rôle déterminant.
Le groupe nigérian dispose d’un avantage industriel avec sa grande raffinerie de Lekki, près de Lagos. Cette installation lui permet de produire des carburants destinés au marché nigérian et à l’exportation. Pour le Cameroun, la proximité géographique peut offrir de nouvelles possibilités d’approvisionnement par voie maritime. Les gains éventuels dépendront cependant des prix contractuels, des volumes, du fret, des coûts de stockage et des conditions de règlement négociées entre les partenaires.
Les deux opérations doivent être distinguées. L’accord annoncé par la SONARA concerne l’approvisionnement en produits raffinés, tandis que Dangote Oil & Gas Cameroon est une société nouvellement constituée, dont les activités statutaires couvrent plusieurs métiers pétroliers. Aucun document publié n’établit que la nouvelle filiale est partie au contrat signé à Lagos ou qu’elle en assurera directement l’exécution. Les liens opérationnels éventuels entre ces deux initiatives dépendront des décisions commerciales et réglementaires à venir.
UNE IMPLANTATION INDUSTRIELLE À CONSTRUIRE
Le développement de la société pourrait modifier la configuration du marché camerounais des hydrocarbures si les projets de stockage et de transport présentés aux autorités se concrétisent. Ces activités nécessitent des investissements lourds, des autorisations administratives, des études techniques et des engagements financiers de long terme. Elles mettent également en jeu les relations avec les importateurs, les distributeurs et les gestionnaires des infrastructures existantes.
Dangote connaît déjà le marché camerounais à travers ses activités cimentières. Cette expérience lui a permis de développer des relations avec les administrations, les opérateurs logistiques et les entreprises locales. Son extension aux hydrocarbures représente toutefois un changement d’échelle et de métier. Le secteur pétrolier impose des contraintes spécifiques de sécurité industrielle, de financement des stocks, de gestion des prix et de conformité réglementaire.
Avec Dangote Oil & Gas Cameroon, le groupe nigérian se dote ainsi d’une structure permanente pour développer ses ambitions pétrolières dans le pays. L’entreprise dispose désormais d’une direction, d’organes de gouvernance et d’une implantation déclarée à Douala et Kribi. La prochaine étape sera celle des investissements effectivement engagés, des autorisations obtenues et des infrastructures réalisées, qui détermineront son poids dans l’approvisionnement et la logistique pétrolière du Cameroun.
Par Blaise NNANG
Défis Actuels du 03/11/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Sports2 years agoA. Song ⁚ >

Actualités locales8 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !

Sports2 years agoCameroun ⁚ les clubs déjà sous pression
- Société2 years ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun















