14 requêtes en moins de 48 heures ! À quelques heures de l’échéance légale, ce lundi 28 juillet 2025, le bureau du greffier en chef du Conseil constitutionnel croule sous les contestations des décisions d’Elecam. Du jamais-vu dans l’histoire électorale du pays.
Une contestation record
La machine judiciaire est en surchauffe. Alors que le délai pour déposer un recours contre les décisions d’Elecam expire à minuit ce lundi, pas moins de 14 requêtes ont déjà été enregistrées. Un chiffre qui donne le tournis et qui en dit long sur les tensions autour de cette présidentielle d’octobre.
«On n’avait jamais vu ça», souffle un habitué des coulisses du Conseil constitutionnel. «Même en 2018, lors de la précédente présidentielle, les recours étaient marginaux. Là, c’est une véritable lame de fond.»
Kamto mène la charge
Parmi ces recours, celui de Maurice Kamto fait figure de dossier brûlant. Le leader du Manidem, écarté pour « pluralité d’investitures », compte bien faire plier Elecam. Son équipe juridique affirme détenir des preuves « accablantes » contre la décision de l’organe électoral, comme l’avait révélé Jeune Afrique dans une interview exclusive avec Anicet Ekane.
«C’est le recours qui peut tout changer», analyse un observateur politique. «Si Kamto est réintégré, cela rebattra complètement les cartes de la campagne.»
Yebga, l’obstiné
Dans l’ombre de Kamto, un autre dossier fait des vagues : celui de Dieudonné Yebga. Malgré les pressions du camp Kamto qui réclamait son retrait pur et simple, le candidat évincé maintient sa contestation.
«Yebga ne lâche rien», constate un proche du dossier. «Cela montre à quel point la bataille pour le contrôle du Manidem est âpre. Et ce n’est qu’un début.»
Les petits candidats montent au créneau
Au-delà des cas médiatiques, c’est toute une série de candidats indépendants qui crient à l’injustice. Leurs griefs ? Les fameux parrainages et la caution électorale, deux obstacles techniques qui ont fait des ravages parmi les postulants.
«On a éliminé des dizaines de candidats sur des critères obscurs», dénonce l’avocat d’un requérant. «Elecam joue les garde-barrières, et pas toujours de manière impartiale.»
Le Conseil constitutionnel sous pression
L’institution se retrouve dans une position délicate. Elle doit examiner cette montagne de dossiers en un temps record, tout en évitant le soupçon de partialité.
«C’est un véritable casse-tête logistique et juridique», admet une source proche du Conseil. «Et ce n’est peut-être pas fini : d’autres recours pourraient encore arriver avant minuit.»
Une crise de confiance généralisée
Cette avalanche de contestations ne vient pas de nulle part. Elle traduit une défiance profonde envers Elecam et, plus largement, envers le processus électoral camerounais.
«Quand autant de candidats crient à l’arbitraire, c’est que le système a un problème», estime un analyste politique. «Quel que soit le verdict final, cette présidentielle part déjà avec un lourd handicap de crédibilité.»
Dernière ligne droite avant minuit. Les avocats font les cent pas dans les couloirs, les dossiers s’empilent sur les bureaux. Dans quelques jours, le Conseil constitutionnel rendra ses arbitrages. Des décisions qui promettent d’être explosives.
L’heure est grave. Et le compte à rebours est lancé.














