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Une Sœur religieuse escroque 60 millions et s’enfuit

Une affaire qui fait beaucoup parler à Yaoundé. Plusieurs fidèles accusent une religieuse, Sœur Bibono Germaine, d’avoir collecté plus de 60 millions de FCFA avant de disparaître.
Une importante somme d’argent se retrouve au cœur d’une affaire qui agite plusieurs fidèles à Yaoundé. Sœur Bibono Germaine est accusée d’avoir récupéré plus de 60 millions de FCFA auprès de personnes qui espéraient notamment obtenir de l’aide pour des projets de voyage vers l’Europe et le Canada.
Selon les informations rapportées par CamerounWeb, les personnes concernées se seraient regroupées après avoir constaté les difficultés à obtenir des explications sur l’utilisation de leur argent. L’affaire aurait ensuite commencé à circuler sur les réseaux sociaux.
Plus de 60 millions FCFA au cœur des accusations
Le montant avancé dans cette affaire dépasse les 60 millions de FCFA. Une somme considérable, surtout pour des personnes qui auraient remis leur argent dans l’espoir de concrétiser un projet de voyage.
D’après les éléments rapportés, Sœur Bibono Germaine aurait sollicité plusieurs fidèles autour de démarches liées à des voyages vers l’étranger. L’Europe et le Canada sont notamment cités.
Mais les choses auraient rapidement pris une autre tournure.
Plusieurs personnes affirment aujourd’hui avoir versé de l’argent sans obtenir le résultat attendu. C’est à partir de là que les accusations se sont multipliées.
Des fidèles disent avoir perdu leurs économies
Pour les personnes qui se présentent comme victimes, le problème ne se limite pas au montant global. Derrière ces dizaines de millions de francs CFA, il y a des économies personnelles et, dans certains cas, de l’argent réuni pendant plusieurs années.
Une telle situation peut rapidement devenir dramatique. Quand une personne remet une importante somme à un intermédiaire en faisant confiance à sa parole, récupérer son argent devient souvent très compliqué lorsque le contact est rompu.
C’est précisément ce que dénoncent les personnes impliquées dans cette affaire.
Une religieuse au centre de l’affaire
Le fait que les accusations concernent une religieuse donne également une dimension particulière au dossier.
Dans de nombreuses communautés, les responsables religieux bénéficient d’une certaine confiance. Cette proximité peut faciliter les échanges et les collectes d’argent. Mais lorsque des accusations financières apparaissent, cette même confiance peut rendre les conséquences encore plus lourdes.
Dans cette affaire, les accusations visant Sœur Bibono Germaine restent à établir. Aucun élément présenté dans les sources consultées ne permet, à lui seul, de considérer sa culpabilité comme définitivement établie.
Les réseaux sociaux amplifient l’affaire
L’affaire a pris une nouvelle ampleur avec les publications diffusées en ligne. Le lanceur d’alerte N’zui Manto a notamment évoqué ce qu’il présente comme un « schéma », contribuant à attirer davantage l’attention sur le dossier.
Sur les réseaux sociaux, les réactions sont nombreuses. Certains internautes demandent que toute la lumière soit faite sur l’origine des fonds et leur destination. D’autres appellent simplement à attendre les éléments d’une éventuelle enquête avant de tirer des conclusions.
Ce débat n’est pas anodin. Lorsqu’une affaire implique plusieurs dizaines de millions de FCFA, les accusations publiques peuvent rapidement prendre une ampleur considérable.
Que va-t-il se passer maintenant ?
La suite de cette affaire dépendra surtout des démarches engagées par les personnes qui affirment avoir perdu leur argent. Si des plaintes ont été déposées ou le sont prochainement, les enquêteurs pourront chercher à déterminer précisément combien de personnes sont concernées, quelles sommes ont été versées et dans quelles circonstances.
La question centrale sera aussi celle de la destination des fonds. Les éventuelles preuves de paiement, échanges téléphoniques, reçus ou autres documents pourraient permettre de reconstituer les différentes transactions.
Pour l’heure, le dossier reste donc entouré de nombreuses interrogations. Le montant évoqué dépasse 60 millions de FCFA et plusieurs personnes demandent des explications sur l’argent qu’elles disent avoir remis dans le cadre de projets de voyage.
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Attaque terroriste à Madegoua : 9 éléments de Boko Haram neutralisés

Le bilan de la nuit du 16 au 17 septembre 2026 fait état de 14 civils assassinés et de nombreux blessés.
Dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 septembre 2026 aux environs de 2 heures du matin, une dizaine d’éléments de la secte terroriste Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), groupe armé djihadiste affilié à l’organisation Etat islamique ont attaqué des civiles dans la localité de Madegoua, située à 11km de l’arrondissement de Makary, département du Logone-et-Chari dans la région de l’Extrême-Nord.
Selon le communiqué publié par Cyrille Serge Atonfack Guemo, chef de division de la communication au ministère de la Défense (Mindef), l’attaque terroriste a fait 13 civils morts sur le site, 1 quatorzième décédé des suites de ses blessures et 2 autres grièvement blessés et admis en soins intensifs au centre hospitalier de Mada.
«Sur le plan opérationnel, une vaste manœuvre de traque et de ratissage a aussi été lancée, en parfaite coordination avec l’ensemble des forces engagées dans la zone. Un dispositif de sécurisation renforcé demeure maintenu sur place afin de garantir la quiétude des populations et de parer à toute éventualité» renseigne le communiqué.
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Lions indomptables : rentrée des classes à Garoua

Les Lions indomptables ont entament la campagne éliminatoire de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027 ce jeudi à Garoua, par un match contre les Comores. A cet effet, les 26 joueurs convoqués par David Pagou regagnent progressivement leur tanière de l’hôtel Hilton ce lundi. Entre dimanche et lundi, 16 des joueurs étaient déjà dans le groupe hier et ont entamé quelques exercices dans les infrastructures de l’hôtel. Il s’agit notamment d’une séance de stretching sur le court de tennis, afin de délier les muscles après de longs voyages. Dans l’après-midi, une première sortie grandeur nature sur le stade de Ngoa-Ekelle, couramment appelé Stade militaire. Le groupe qui devrait être complet aujourd’hui, s’envolera pour Garoua, capitale de la région du Nord.
Pour cette fenêtre internationale, trois rencontres sont au menu du regroupement des Lions indomptables. Ce 24 septembre, le Cameroun affronte les Comores. Un adversaire que le pays d’accueil connaît déjà, pour l’avoir rencontré ces dernières années, dont lors de la CAN 2021 à Yaoundé. Les Cœlacanthes ont déjà posé leurs valises à Yaoundé depuis hier. La conférence de presse d’avant-match est prévue demain soir dans l’antre du stade Roumde Adjia de Garoua. Cinq jours plus tard, les Lions indomptables affronteront les Diables rouges du Congo, à Brazzaville.
Les 26 de David Pagou
Après ces deux rencontres comptant pour les éliminatoires de la Can 2027, les Lions indomptables fermeront la fenêtre Fifa par un match amical contre les Eléphants de Côte d’ivoire. Un match qui a priori n’aura rien d’amical entre deux sélections sœurs qui rivalisent traditionnellement à travers leurs supporters et leurs peuples. Le duel Eto’o-Drogba des années 2000 a cédé la place au duel des « belles-familles ». L’épouse de Samuel Eto’o étant de nationalité ivoirienne. Mais de façon plus sportive, ces deux nations savent se tutoyer au fil des générations de joueurs. Toutes les deux sélections sont en phase de reconstruction. Rendez-vous le 3 octobre pour cet autre duel.
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Note de lecture critique du Rapport Pays 2026 de la BAD : un ton de résilience qui masque la misère sociale au Cameroun

Par Louis Marie Kakdeu
Le Groupe de la Banque Africaine de Développement vient de publier son rapport pays sur le Cameroun qui tient sur 57 pages et se subdivise en 3 chapitres. Comme toujours, la part du citoyen ordinaire se résume à la « résilience » et je fais cette note critique pour relever les contradictions du rapport sur la base des données fournies.
1. Un narratif institutionnel à nuancer
Le rapport affiche un ton de résilience assez constant (« l’économie camerounaise continue de faire preuve d’une résilience remarquable ») qui mérite d’être interrogé, pour plusieurs raisons :
* Position de juge et partie. La BAD est à la fois auteur du diagnostic et créancier/partenaire opérationnel (PAGFIP, zone industrielle de Kribi, garanties partielles). Les sections « Actions possibles à engager par la Banque » s’insèrent directement dans l’analyse des risques, ce qui tend à orienter le diagnostic vers la justification de ses propres instruments plutôt que vers une évaluation strictement indépendante.
* Le contexte politique est traité en une seule page introductive (report des législatives et municipales « au vu de certaines contraintes impérieuses », prorogation des mandats, création d’un poste de vice-président), sans que son impact sur la crédibilité budgétaire, la gouvernance des marchés publics ou la confiance des investisseurs ne soit réellement intégré dans l’analyse des risques du Chapitre 1.
2. Une soutenabilité de la dette affirmée mais, fragile dans le détail
Le rapport qualifie la dette de « soutenable » (39,4% du PIB, bien en deçà du plafond CEMAC de 70%), mais les données qu’il fournit lui-même racontent une autre histoire :
* Risque de surendettement élevé reconnu explicitement (avril 2026), lié à un problème de liquidité plus que de solvabilité, c’est-à-dire un risque de court terme sur le service de la dette, pas seulement sur le stock.
* Service de la dette : 23,8% du budget en 2025 (contre 21,6% en 2024) et 40,1% des recettes fiscales. La dette intérieure, plus chère (3,5% contre 2,4% pour l’extérieure) et à maturité plus courte (5,5 ans contre 7,6 ans), prend une place croissante (33,2% du total en 2025 contre 28,5% en 2020), ce qui constitue un profil de refinancement de plus en plus tendu.
* Accumulation d’arriérés de paiement, admise sans quantification précise.
* Le rapport souligne lui-même, via la Figure 6, qu’entre 2021 et 2023 le Cameroun a dépensé plus pour le service des intérêts de la dette que pour la santé publique. C’est un indicateur d’arbitrage budgétaire déjà défavorable au social, avant même la dégradation de 2025-2026.
3. Mise en perspective régionale (CEMAC)
Le Cameroun se présente comme la « plus grande puissance économique de la CEMAC » (50% du PIB régional, 50% des réserves de change communautaires), ce qui en fait un acteur systémique pour toute la zone ; ses difficultés budgétaires et son statut sur la liste grise du GAFI (depuis juin 2024) pèsent donc sur la crédibilité financière régionale dans son ensemble, via la BEAC et la COBAC.
Le Cameroun est donc à la fois le pilier et le maillon vulnérable de l’architecture financière CEMAC, ce que le rapport documente sans vraiment en tirer les implications systémiques pour la sous-région.
4. Les limites pour les dépenses sociales : le cœur du problème
C’est ici que les contradictions du rapport sont les plus significatives, car le narratif de « résilience » macroéconomique masque un espace budgétaire social structurellement comprimé :
1. L’effet d’éviction par le service de la dette. Avec 23,8% du budget et 40,1% des recettes fiscales absorbés par le service de la dette, et des paiements d’intérêts qui ont dépassé les dépenses de santé sur 2021-2023, la marge disponible pour l’éducation, la santé et la protection sociale se réduit mécaniquement, indépendamment des intentions affichées.
2. Une assiette fiscale trop étroite pour financer l’action publique. Avec 13,3% du PIB de recettes fiscales (contre un plancher régional de 17%) et une élasticité fiscale inférieure à 1 (0,99), les recettes croissent plus lentement que l’économie elle-même ; la capacité de financer durablement les dépenses sociales ne progresse donc pas au même rythme que les besoins démographiques.
3. Un secteur informel qui échappe presque totalement à la fiscalité (49,2% du PIB, 86,6% des emplois, mais moins de 5% des recettes fiscales), ce qui signifie que la majorité de la population active reste hors du système contributif (fiscal et social), avec seulement 26,5% des travailleurs informels couverts par une assurance volontaire.
4. Des dispositifs sociaux à l’échelle dérisoire face à l’ampleur de la pauvreté. Le rapport se félicite que 199 997 ménages pauvres aient bénéficié de transferts et 15 300 jeunes entrepreneurs d’un accompagnement ; ce sont des chiffres à mettre en regard des quelque 5,8 millions de personnes vivant dans l’extrême pauvreté (19,5% de 29,9 millions d’habitants). L’écart d’échelle est considérable.
5. Une croissance par habitant structurellement insuffisante. Le rapport reconnaît lui-même que la croissance du PIB réel par habitant (1,1% en 2025, projetée à 1,5-1,6% en 2026-2027) reste très en-deçà du seuil de 3,5% jugé nécessaire pour réduire durablement pauvreté et inégalités ; c’est un aveu qui contredit le ton globalement optimiste des perspectives.
6. Des inégalités territoriales extrêmes non traitées : 18,6% de pauvreté extrême en milieu rural contre 0,9% en milieu urbain ; c’est un différentiel qui interroge la pertinence des instruments de ciblage actuels, et que le rapport mentionne sans l’analyser.
7. Un gap d’efficience des investissements publics de 50% : indépendamment du niveau des ressources mobilisées, la moitié des dépenses d’investissement ne se traduit pas en capital productif, ce qui signifie que même une hausse des recettes ne garantirait pas une amélioration proportionnelle des services sociaux sans réforme de la gestion de la dépense.
8. L’absence de Compte unique du Trésor et la non-publication des états financiers des entreprises publiques traduisent des fuites et un manque de traçabilité qui peuvent réduisent l’efficacité de chaque franc CFA alloué au social.
Le rapport documente correctement, dans son propre corps de données, une situation où le service de la dette et l’inefficience de la dépense publique contraignent structurellement l’espace budgétaire social, alors même que son message de synthèse met l’accent sur la « résilience » et la mobilisation de capitaux pour la « transformation structurelle ».
La dimension sociale (pauvreté, inégalités, protection sociale) est traitée comme une conséquence dérivée de la croissance plutôt que comme un axe de politique publique à part entière alors que les données mêmes du rapport (Figure 6 notamment) montrent que l’arbitrage entre dette et social est déjà défavorable à ce dernier depuis plusieurs années.
Louis Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF
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