C’est un nouveau drame qui frappe le Cameroun. Le sergent Bayangbe Sambo, jeune soldat originaire du quartier Ngoyang à Meskine (Maroua), a été tué lors d’une attaque attribuée à Boko Haram dans le secteur de Waza, département du Logone-et-Chari. Une région régulièrement secouée par les violences des groupes armés, malgré les efforts déployés par les forces de défense.
Un engagé récent, une carrière tragiquement écourtée
Âgé d’une trentaine d’années, Bayangbe Sambo avait rejoint les rangs de l’armée il y a moins d’un an, après l’obtention de son diplôme universitaire. Son choix de servir sous l’uniforme témoignait d’un engagement sans faille pour la sécurité nationale. «Il voulait contribuer à la protection de notre région», confie un proche sous couvert d’anonymat.
Sa mort survient dans une zone où les attaques de Boko Haram restent fréquentes, notamment autour du parc national de Waza, théâtre récurrent d’affrontements. Les forces camerounaises y mènent des opérations de sécurisation depuis des années, mais la mobilité des terroristes et la porosité des frontières compliquent la tâche.
L’Extrême-Nord, un front toujours actif
La région de l’Extrême-Nord reste l’une des plus exposées aux incursions des groupes jihadistes, malgré les opérations militaires et la présence renforcée des troupes. Le bassin du lac Tchad, où opèrent Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), constitue un foyer d’instabilité persistant.
Le sergent Sambo faisait partie de ces jeunes soldats déployés dans des conditions extrêmes, souvent avec des moyens limités. Sa mort souligne une fois de plus les risques encourus par les militaires camerounais dans cette lutte asymétrique.
Hommages et colère à Maroua
À Meskine, son quartier natal, l’émotion est palpable. «C’était un fils respecté, un frère pour beaucoup d’entre nous», témoigne un voisin. Les préparatifs pour ses obsèques sont en cours, et un hommage public devrait être organisé dans les prochains jours.
Les autorités, elles, restent discrètes sur les circonstances précises de l’attaque, mais réaffirment leur détermination à «neutraliser la menace terroriste». Pour les familles des militaires tombés au combat, cependant, les promesses ne suffisent plus. «On veut des actes», lance un habitant de Maroua. «Combien de morts avant que cette guerre ne se termine ?»














