La tension était palpable ce jeudi à Yaoundé, après une violente incursion du tristement célèbre gang des « microbes » au marché Mokolo. Quelques heures seulement après les faits, la gendarmerie a annoncé l’arrestation de 14 suspects, soupçonnés d’appartenir à ce groupe armé qui sème la terreur depuis plusieurs mois, notamment à Douala.
Une opération coup de poing dans le quartier Mokolo
C’est le Groupement de gendarmerie de la Mfoundi qui a lancé une opération ciblée dans le quartier Mokolo, réputé pour son activité commerçante mais aussi pour ses recoins propices aux retranchements. Les forces de l’ordre y ont interpellé les suspects, que l’on pense directement impliqués dans l’attaque du marché survenue en fin de journée.
Lors des perquisitions, deux machettes, un couteau de poche et un autre couteau ont été saisis. Des armes blanches qui rappellent tristement le mode opératoire des « microbes » : des agressions brutales en plein jour, souvent perpétrées à l’arme blanche.
Selon les gendarmes, certains des individus arrêtés viendraient de Douala, foyer d’origine du gang, où leurs exactions ont déjà fait plusieurs victimes.
Un phénomène qui s’étend de Douala à Yaoundé
Cette première attaque des microbes dans la capitale marque une inquiétante extension du phénomène. Jusqu’ici, ces bandes organisées, composées en grande partie de jeunes souvent livrés à eux-mêmes, sévissaient surtout à Douala. Leur violence avait atteint un pic en octobre dernier, dans le quartier Cité des Palmiers, où ils avaient semé la panique, blessé plusieurs habitants et même occupé des immeubles entiers avant l’intervention des forces de sécurité.
Stéphane Nké, sous-préfet de Douala II — une zone régulièrement ciblée —, avait alors décrit le groupe comme des délinquants sous l’emprise de drogues, n’hésitant pas à recourir à la violence extrême pour dérober téléphones, sacs ou argent liquide.
La gendarmerie appelle au calme
Dans un communiqué, la Gendarmerie nationale a tenu à rassurer la population : « Les suspects ont été placés en garde à vue et l’enquête se poursuit pour retrouver d’autres membres du gang. » Elle appelle également les habitants à ne pas céder à la panique et à composer le 113 en cas de danger, ou à se rendre dans l’unité de gendarmerie la plus proche.
Alors que les « microbes » étendent leur influence, les autorités camerounaises sont désormais confrontées à une urgence sécuritaire, dans les grandes villes comme dans leurs périphéries. La réponse devra être à la hauteur d’un phénomène qui, de toute évidence, ne se limite plus à Douala.
