En Indonésie, un homme et une femme ont été fouettés en public pour avoir entretenu des relations sexuelles hors mariage. Les faits se sont déroulés dans la province d’Aceh, seule région du pays à appliquer strictement la charia. La scène, qui s’est tenue en plein air à Banda Aceh, capitale provinciale, a été observée par un journaliste de l’AFP.
Les deux condamnés ont reçu leur peine sous les yeux d’une petite foule, dans un parc de la ville. À leurs côtés, trois autres personnes, reconnues coupables de jeux d’argent en ligne et de consommation d’alcool, ont également été flagellées – 49 coups de rotin chacun.
Une province sous le joug de la charia
Aceh, située à l’extrême ouest de l’archipel indonésien, est la seule province du pays à faire appliquer la loi islamique de manière aussi stricte. Depuis qu’elle a obtenu une autonomie spéciale en 2001, à la suite d’un conflit séparatiste, la région a instauré un système judiciaire fondé sur la charia, distinct du reste du pays.
Dans cette région ultraconservatrice, les relations sexuelles hors mariage, qu’elles soient hétérosexuelles ou homosexuelles, sont rigoureusement interdites. Si l’Indonésie a bien voté une loi nationale interdisant les rapports sexuels en dehors du mariage en 2022, celle-ci n’entrera en vigueur qu’à partir de 2026.
« Une leçon de morale »
Présente lors de l’exécution de la peine, la mairesse de Banda Aceh, Illiza Sa’aduddin Djamal, a justifié la sanction par des raisons pédagogiques : « Aujourd’hui, nous appliquons la peine de flagellation (…) Cela sert de leçon de morale pour la communauté dans son ensemble », a-t-elle déclaré face à la presse.
Des équipes médicales étaient mobilisées sur place, prêtes à intervenir en cas de malaise ou de blessure grave.
Une pratique dénoncée, mais populaire
Malgré les critiques répétées des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent des peines « cruelles et dégradantes », la flagellation publique reste soutenue par une large partie de la population locale. Pour beaucoup, elle représente un moyen de maintenir l’ordre moral et social dans la province.
Ce n’est pas la première fois qu’une telle scène suscite l’indignation internationale. En février dernier, deux étudiants avaient été publiquement fouettés – respectivement 77 et 82 coups – pour avoir eu une relation homosexuelle, également interdite par la législation islamique locale.
En toile de fond, ce nouvel épisode soulève une fois encore la question des libertés individuelles en Indonésie, où le conservatisme religieux d’Aceh tranche de plus en plus avec le reste du pays, pourtant réputé pour son pluralisme.














