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Charlotte Ndaw Sako : « nous espérons, sur les 3 prochaines années, financer plus de 500 millions de dollars » au Cameroun

(Investir au Cameroun) – En marge de la 1ère édition des Rencontres économiques du Cameroun, organisées du 26 au 27 février 2025 à Yaoundé par le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam), la directrice régionale de la Société financière internationale (SFI), cluster Cameroun, s’est entretenue avec Investir au Cameroun. Ce haut responsable de la filiale de la Banque mondiale dédiée au financement du secteur privé, dont la compétence s’étend à la RCA, au Gabon, à la Guinée équatoriale et à Sao Tomé & Principe, explore les causes des difficultés pour les entreprises à accéder aux financements en Afrique. Mme Sako revient également sur le poids du Cameroun dans le portefeuille de la SFI, l’offre de cette institution financière internationale aux start-ups, les discussions autour du financement du barrage de Kikot (500 MW), l’épineuse question du financement des PME, etc.
Investir au Cameroun : La SFI a longtemps soutenu le Cameroun Business Forum (CBF), initiative gouvernementale d’échange entre le secteur public et le secteur privé, avant de se retirer. Est-ce que votre présence aux Rencontres économiques du Cameroun présage de la reprise d’une collaboration étroite avec ce type d’initiative, initiée cette fois-ci par le patronat ?
Charlotte Ndaw Sako: L’une des missions de la SFI est de faciliter et d’accompagner le dialogue public-privé. Nous l’avons fait, comme vous l’avez mentionné, avec le Cameroun Business Forum pendant des années. Et nous avons l’ambition de continuer à accompagner toutes sortes de plateformes qui promeuvent le dialogue public-privé. C’est important, et ça fait partie de notre mission. Je pense que le Premier ministre l’a mentionné (au cours de la cérémonie d’ouverture, NDLR). Il a émis le vœu que ces deux initiatives (CBF et Rencontres économiques du Cameroun) soient complémentaires. À la SFI, nous avons l’ambition, encore une fois, d’accompagner ce dialogue public-privé.
IC: Vous êtes à la tête d’un cluster de la SFI qui, en dehors du Cameroun, couvre la RCA, le Gabon, la Guinée équatoriale et Sao Tomé & Principe. Que pèse le Cameroun dans votre portefeuille ?
CNS: Le Cameroun est un partenaire phare dans la région. L’économie du Cameroun est le moteur de la région. Le Cameroun pèse donc d’un poids significatif. Si vous me demandez en termes d’investissements, le portefeuille du Cameroun est important par rapport à celui d’autres pays de la sous-région, où parfois, nous n’avons malheureusement pas de portefeuille. Au Cameroun, nous avons des investissements, nous avons des projets de services-conseils et nous espérons les accroître.
« Nous avons actuellement un portefeuille d’environ 270 millions de dollars (environ 164 milliards de FCFA) en investissements dans différents secteurs clés au Cameroun. »
IC: Quelques chiffres en rapport avec votre portefeuille au Cameroun ?
CNS: Nous avons actuellement un portefeuille d’environ 270 millions de dollars (environ 164 milliards de FCFA au cours actuel du dollar) en investissements dans différents secteurs clés au Cameroun. Nous participons par exemple à un projet phare dans le secteur de l’énergie, qui est le barrage de Nachtigal (420 MW de capacités). Ce projet est d’un montant de 1,2 milliard de dollars (plus de 720 milliards de FCFA). Nous sommes partenaires en prise de participations et nous sommes également prêteurs.
IC: Vous soutenez que le Cameroun est un pays phare pour la SFI dans la région. Pourtant, d’après vos propres chiffres, en 2023 par exemple, la SFI a mobilisé environ 43 milliards de dollars pour les investissements dans les pays en développement. 11,5 milliards de dollars ont été mobilisés pour l’Afrique. Avec seulement 270 millions de dollars actuellement, le Cameroun capte une portion plutôt congrue de vos financements. Qu’est-ce qui, selon vous, peut justifier cela ?
CNS: Plusieurs raisons peuvent le justifier. Nous accompagnons le secteur privé. Pour ce faire, nous avons certaines conditions, certains critères. Il est également important de souligner que l’équipe de la SFI au Cameroun était beaucoup plus petite, beaucoup plus restreinte, il y a encore quelque temps. Mais, depuis les 12 derniers mois, l’équipe a triplé. Donc, nous avons désormais beaucoup plus d’experts au Cameroun, qui vont pouvoir vraiment identifier les opportunités. Et nous pensons qu’on va pouvoir financer plus de projets.
IC: Quels sont les objectifs que vous avez fixés à vos équipes, en termes d’investissements à réaliser par exemple sur les deux, voire trois prochaines années au Cameroun ?
CNS: Nous avons des objectifs très ambitieux. Nous espérons, sur les trois prochaines années, pouvoir financer plus de 500 millions de dollars (plus de 300 milliards de FCFA). Mais, encore une fois, cela dépendra aussi des opportunités de financement et d’investissement disponibles au Cameroun.
IC: Parlant justement d’opportunités d’investissement. Le Cameroun et le groupe Electricité de France (EDF) ont révélé être en négociation avec la SFI pour le financement du prochain barrage de Kikot (500 MW). Où en êtes-vous avec ces négociations ?
CNS: Les discussions sont en cours. Et nous avons beaucoup d’espoir que nous pourrons avoir une conclusion positive. Mais, vous pouvez comprendre que je ne puisse pas donner plus de détails. Mais, encore une fois, les discussions sont en cours. Nous avons participé à Nachtigal. Et nous aimerions beaucoup pouvoir le faire et accompagner le gouvernement du Cameroun pour Kikot.
« Nous avons participé à Nachtigal. Et nous aimerions beaucoup pouvoir le faire et accompagner le gouvernement du Cameroun pour Kikot »
IC: La SFI semble être plus intéressée par les infrastructures, notamment énergétiques. Quels sont les autres secteurs que vous ciblez, maintenant que vous avez beaucoup plus d’experts au Cameroun ?
CNS: Nous avons une stratégie avec des secteurs prioritaires. Le premier secteur ce sont les infrastructures. Lorsqu’on parle des infrastructures, on parle du secteur de l’énergie. Mais, on parle également des ports, de la logistique… Donc, lorsqu’on parle des infrastructures, c’est vraiment global.
Le deuxième pilier de notre stratégie, c’est l’agriculture et l’agroalimentaire. Nous y avons également identifié certains projets que nous espérons pouvoir conclure. Et le troisième, c’est le financement des PME. L’accès des PME au financement est un axe très important pour nous. Notre approche de financement des PME repose sur nos partenaires financiers. C’est-à-dire les banques commerciales, les sociétés de microfinance, les sociétés de crédit-bail. Nous mettons à leur disposition des produits tels que des lignes de crédit ou des garanties de portefeuille, qui leur permettent de mitiger le risque et de partager le risque.
IC: Depuis quelques années, il y a un gros frémissement dans le secteur minier au Cameroun. Est-ce que l’exploitation minière n’intéresse pas la SFI ?
CNS: Nous avons travaillé dans le secteur des mines il y a quelques années, mais pas au Cameroun. Nous n’avons pas encre été approchés pour un projet dans ce secteur au Cameroun, ni identifié un projet précis. Mais encore une fois, nous pourrions regarder. Nous n’excluons pas le fait de pouvoir regarder le secteur des mines.
IC: Revenons au financement des PME. Que répondez-vous à ceux qui pensent que la SFI, c’est plutôt un financier pour les grandes entreprises au détriment des moyennes et des petites ?
CNS: Comme je vous l’ai dit, un de nos piliers, c’est le financement et l’accès des PME au financement. Cependant, ce qu’il faut retenir, c’est que les institutions financières, encore une fois, sont également nos clients. Donc, nous ne pouvons pas aller en concurrence avec ces institutions financières.
Nous mettons à leur disposition des instruments comme des lignes de crédit, des garanties de portefeuille, pour qu’elles puissent financer les PME. Nous, à la SFI, nous nous positionnons sur le segment des projets beaucoup plus grands qu’une banque commerciale seule ne pourrait pas financer. Nous nous positionnons vraiment sur le segment des gros projets, afin que les banques commerciales, les institutions financières, elles, puissent s’occuper des PME.
IC: L’on observe que les start-up participent de plus en plus au développement des entreprises et des économies, en général. Quelles offres avez-vous pour cette catégorie d’entreprise ?
CNS: Une start-up est une PME-PMI. Elle peut donc tout à fait être intégrée parmi les entreprises que nous ciblons à travers les institutions financières. Mais, nous avons également un département qui est en charge d’identifier des start-up d’une certaine maturité.
«Nous avons un département qui est en charge d’identifier des start-up d’une certaine maturité. À partir de ce moment-là, il est possible que la SFI puisse faire une prise de participations. C’est une deuxième solution que nous offrons. Ce que nous offrons également aux start-up, c’est la formation. »
À partir de ce moment-là, il est possible que la SFI puisse faire une prise de participations. C’est une deuxième solution que nous offrons. Ce que nous offrons également aux start-up, c’est la formation. De la formation en capacités managériale et opérationnelle. Donc, il y a plusieurs solutions que nous offrons aux start-up.
IC: Pour terminer, qu’est-ce qui, selon vous, pourrait justifier le difficile accès des entreprises aux financements ?
CNS: Il y a plusieurs raisons. Il y a énormément d’origines à ces difficultés-là. Elles sont à différents niveaux. Elles sont au niveau du climat des affaires. Elles sont au niveau des entreprises elles-mêmes : leurs capacités d’absorption, leurs capacités technique, opérationnelle, managériale…
Elles sont également au niveau des institutions financières qui, quelquefois, ne comprennent pas nécessairement les besoins, ne comprennent pas le secteur, ou n’ont pas la gamme d’offres adaptée, ou, encore une fois, n’arrivent pas nécessairement à analyser le risque. Parce que, tout simplement, il manque dans notre sous-région ce que nous appelons les infrastructures financières. C’est le cas du bureau d’information de crédit, qui a été créé depuis 2023, et que nous accompagnons avec la BEAC (Banque des États de l’Afrique centrale).
Le bureau d’information de crédit permettra aux institutions financières d’obtenir des informations précises sur les différents emprunteurs. Un autre instrument qui est très important, c’est la centrale des risques. Tous ces outils, même s’ils existent, ne sont pas nécessairement opérationnels ou actualisés, et ne permettent pas aux institutions financières d’obtenir des informations précises. Il y a cette asymétrie qui fait que les banques et les institutions financières n’arrivent pas à analyser (de façon optimale) le risque et la capacité de l’entreprise à emprunter et à rembourser.
IC: Parlant d’infrastructure financière, les fonds de garantie manquent aussi…
CNS: Les fonds de garantie, c’est quelque chose de très important. C’est un mécanisme qui, couplé aux différents autres instruments, permet de mitiger et de partager le risque. Pour les PME, par exemple, le risque d’un emprunt peut être couvert par ces fonds de garantie.
Entretien avec Brice R. Mbodiam
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Afro Basket masculin 2026 : le parcours sans faute des U18

Les Lionceaux du basket-ball ont battu le Sénégal (49-46) lors de la dernière journée de la phase de poules, au Palais des Sports de Treichville, à Abidjan, le 10 août dernier, terminant à la première place du groupe C avec trois victoires.
La dernière rencontre du groupe C, qui a opposé le Cameroun et le Sénégal, le 10 août dernier au Palais des Sports de Treichville, a été un choc décisif pour les deux équipes déjà qualifiées pour la phase à élimination directe.
Malgré la performance du Sénégal, le Cameroun, déterminé à décrocher la première place du groupe, a su prendre les devants avec maîtrise dès le premier quart-temps (12-8). Le Sénégal, d’un revers de main, réagit pour revenir à l’égalité, avant la seconde période du jeu (28-28). La bataille s’intensifie à la suite de la rencontre. Mais les hommes de Kevin Ngwese négocient les ultimes possessions dans le quatrième quart-temps (13-8) pour s’imposer physiquement et techniquement sur le score de 49 à 46.
Selon le site officiel de la Fédération internationale de basketball (FIBA) et d’APA News (Agence de Presse Africaine), avant le succès des Lionceaux face aux Sénégalais, la sélection camerounaise avait par ailleurs posé les bases de sa qualification grâce à deux prestations, notamment celle de la Tunisie, lors du deuxième match. À ce niveau, les Camerounais n’ont concédé que 2 points dans le premier quart-temps (15-2). Contre le Rwanda, durant le match, l’arrière James Milend s’est illustré en marquant 29 points, signant ainsi la meilleure performance individuelle depuis le début. Il a été accompagné par Felix Deumi (12 points).
Pour la suite du tournoi, le Cameroun affrontera le Tchad en quart de finale, le 13 août 2026 dans le même Palais des Sports de Treichville. D’après certains fans du basket-ball, le sélectionneur Kevin Ngwese et ses joueurs doivent bien se préparer pour ce prochain match.
Source : Le Jour
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Gel des avoirs : la France proroge de six mois les sanctions contre Franklin Nyamsi
Le gouvernement français a prorogé de six mois, le gel des avoirs, sanction dont fait objet Franklin Nyamsi, figure intellectuelle franco-camerounaise et militant panafricaniste. Dans […]
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les jeunes au cœur d’un plan national de 386 milliards de FCFA

Le gouvernement mobilise des acteurs pour accélérer la mise en œuvre de cette politique. Une table ronde a réuni les jeunes, des membres du gouvernement, le système des Nations unies et d’autres acteurs autour de la question à Yaoundé le 11 août 2026.
La jeunesse camerounaise confrontée à de multiples défis continue de constituer une problématique majeure pour les gouvernants. Ses préoccupations, tant éducatives, de chômage, d’insertion professionnelle, d’autonomisation et bien d’autres, retiennent l’attention du gouvernement, des collectivités territoriales, du secteur privé ainsi que des partenaires techniques et financiers. Pour y apporter des solutions, le gouvernement a élaboré un Plan national de la jeunesse (PNJ).
La table ronde du 11 août réunissant l’ensemble des acteurs ainsi que la jeunesse, a pour but de favoriser une appropriation collective de ce plan et une meilleure coordination des interventions en faveur des jeunes. La politique définie dans ce cadre vise à placer la jeunesse au centre de l’action publique. La vision gouvernementale privilégie l’acquisition des compétences utiles à l’emploi plutôt que la formation théorique ; l’intégration des initiatives des jeunes dans les chaînes de valeur nationales ; la prise en compte du civisme comme levier d’insertion et de participation citoyenne.
La PNJ prévoit ainsi des mécanismes pouvant aider à répondre à ces préoccupations des jeunes qui constituent un facteur d’instabilité. Doté d’une enveloppe de 386,1 milliards de francs CFA, le plan national en faveur des jeunes prévoit des interventions sur quatre axes principaux. L’éducation et la formation, socle du développement humain, bénéficient d’une prévision de 334 milliards de francs CFA. La dotation réservée à l’emploi et à l’insertion économique est évaluée à 30,2 milliards de francs CFA. 11,6 milliards de francs CFA vont à la santé et au bien-être. Tandis que 10,3 milliards de francs CFA sont réservés à la gouvernance institutionnelle.
Présidée par le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, la rencontre de mardi dernier s’inscrit dans le cadre de la mobilisation des acteurs en vue de la mise en œuvre dudit plan. Les échanges avaient pour finalité de rassembler les uns et les autres, de resserrer les liens de partenariat pour accélérer les actions, indique le ministère de la Jeunesse. Pour le ministère de l’Économie, représenté par le ministre délégué Paul Tasong, la réussite du plan dépend de l’implication des différents acteurs ainsi que de l’intégration des préoccupations des jeunes dans les politiques publiques.
Co-organisée par le ministère de la Jeunesse et celui de l’Économie, la table ronde sur le thème « Construire une jeunesse résiliente et inclusive » a mobilisé, outre le gouvernement, le système des Nations Unies ainsi que d’autres partenaires. Elle révèle la réalité selon laquelle les jeunes sont aussi des acteurs, des partenaires au développement. Par conséquent, ils peuvent apporter leur contribution à la mise en œuvre dudit Plan. La rencontre s’est tenue en marge de la 27ᵉ édition de la Journée internationale de la jeunesse qui se célèbre ce 12 août 2026.
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