Actualités locales
le piège invisible qui menace la jeunesse africaine
Imaginez un monde où chaque clic, chaque seconde passée sur un écran, façonne l’esprit de millions de jeunes Africains sans qu’ils s’en rendent compte. Ce monde n’est pas une fiction : il est déjà là, propulsé par les algorithmes de recommandation des réseaux sociaux et l’intelligence artificielle (IA).
Conçus pour captiver, ces outils numériques, censés connecter et divertir, se muent en armes silencieuses qui compromettent la santé mentale, les ambitions académiques et l’avenir social de toute une génération.
En Afrique, où la jeunesse représente l’espoir d’un continent en pleine transformation, cette menace est une urgence absolue. Il est temps que les décideurs agissent, car laisser ces algorithmes régner sans garde-fous, c’est abandonner nos enfants à un destin qu’ils n’ont pas choisi.
Une santé mentale en péril
Les chiffres sont alarmants. Selon une étude d’Amnesty International (amnesty.org), des plateformes comme TikTok inondent les jeunes de contenus liés à la dépression et au suicide, amplifiant des fragilités psychologiques existantes. Les algorithmes ne discernent pas le bien du mal : leur seul objectif est de garder les yeux rivés à l’écran.
Résultat ? Une spirale toxique où un adolescent en quête de distraction se retrouve noyé sous des vidéos glorifiant l’autodestruction. Ajoutez à cela les heures volées au sommeil – un rapport de Netsweeper (netsweeper.com) note une hausse des troubles du sommeil chez les utilisateurs excessifs – et vous obtenez une génération épuisée, anxieuse, et déconnectée d’elle-même.
En Afrique, où l’accès aux psychologues reste un luxe (moins de 1 psychiatre pour 100 000 habitants dans certains pays, selon l’OMS), cette crise mentale est une bombe à retardement.
L’éducation sacrifiée sur l’autel du scroll
Et quid de l’éducation, ce pilier du développement africain ? Une étude menée à l’Université de Kinshasa (ziglobitha.org) révèle que l’usage intensif des réseaux sociaux nuit gravement aux performances académiques. Quand un étudiant passe trois heures par jour à défiler des vidéos au lieu de réviser, ce n’est pas juste du temps perdu : c’est un avenir compromis.
Right for Education (rightforeducation.org) souligne que cette omniprésence numérique détourne les jeunes de l’apprentissage, creusant les inégalités dans un continent où l’accès à une éducation de qualité est déjà un combat. Les algorithmes, en poussant des contenus addictifs mais futiles, privent la jeunesse africaine de son droit le plus fondamental : celui de rêver grand grâce au savoir.
Des comportements sociaux déformés
Mais le danger ne s’arrête pas là. Les réseaux sociaux redessinent les normes sociales à coups de stéréotypes et de pressions toxiques. UNESCO (unesco.org) alerte sur l’impact des contenus genrés qui bombardent les jeunes filles et garçons, renforçant des rôles archaïques ou des idéaux inatteignables. Une adolescente au Sénégal peut se voir pousser des vidéos valorisant la soumission, tandis qu’un garçon en Ouganda est exposé à des modèles de violence glorifiée.
Et que dire de la radicalisation ? Un rapport de l’Institute for Security Studies (issafrica.org) montre comment les algorithmes amplifient les contenus extrémistes, attirant des jeunes vulnérables vers des idéologies dangereuses. Ces influences ne sont pas anodines : elles façonnent les choix de carrière, les relations et même l’identité d’une génération.
L’IA, complice d’une dépendance croissante
L’intelligence artificielle, omniprésente dans ces algorithmes, aggrave le tableau. En analysant chaque interaction – likes, partages, pauses sur une vidéo –, l’IA crée des profils psychologiques d’une précision terrifiante pour piéger les utilisateurs dans une boucle d’addiction.
Une étude de la MIT Technology Review (technologyreview.com) révèle que cette personnalisation extrême rend les jeunes incapables de décrocher, transformant les smartphones en drogues numériques. En Afrique, où la pénétration des mobiles explose (plus de 500 millions d’utilisateurs en 2023, selon GSMA), cette dépendance menace de paralyser une population jeune et dynamique, essentielle au développement économique.
Une urgence africaine
Dans un continent où 60 % de la population a moins de 25 ans, selon la Banque mondiale (worldbank.org), l’impact de ces algorithmes est exponentiel. L’exposition à des fake news, amplifiées par l’IA, érode la confiance en l’information et alimente les tensions sociales, comme l’a montré la désinformation lors des élections au Kenya en 2022 (bbc.com).
La santé mentale en crise, l’éducation en chute libre, les comportements déviants : voilà le prix à payer si nous laissons ces technologies agir sans contrôle. Les géants du numérique, basés à des milliers de kilomètres, ne comprennent pas nos réalités. Qui protégera nos enfants si ce n’est nous ?
Agir, maintenant !
Il est temps que les décideurs africains – gouvernements, éducateurs, leaders communautaires – prennent leurs responsabilités. Sensibiliser les jeunes ne suffit plus : il faut des mesures concrètes. Pourquoi pas une régulation locale obligeant les plateformes à limiter les contenus toxiques pour les mineurs, comme le propose l’Union européenne avec son Digital Services Act (ec.europa.eu) ?
Ou encore des campagnes massives dans les écoles pour enseigner la maîtrise des outils numériques ? Les entreprises technologiques doivent être tenues comptables : taxer leurs profits pour financer des programmes de santé mentale et d’éducation serait un début.
Nous ne pouvons plus attendre. Chaque jour perdu est une chance de plus pour ces algorithmes de voler l’avenir de nos jeunes. L’Afrique a les ressources humaines pour relever ce défi : une jeunesse créative, résiliente, prête à briller. Mais pour cela, il faut la protéger des griffes invisibles de l’IA et des réseaux sociaux. Décideurs, entendez cet appel : agissez aujourd’hui, ou pleurez demain les rêves brisés d’un continent.

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Actualités locales
Jean Bahebeck réclame un Ordre des journalistes au Cameroun
Selon le médecin et figure médiatique bien connue, cet organe pourra mieux défendre et arbitrer les dérives dans les médias.
Sur le plateau de CLUB D’ÉLITES sur Vision4 ce dimanche, le Pr Jean Bahebeck a plaidé pour la création d’un Ordre des journalistes face aux dérives observées récemment, notamment dans l’actualité sur l’abus sexuel sur une enfant de trois ans dans une école privée à Yaoundé.
Selon lui, le Conseil national de la communication qui joue actuellement le rôle de régulateur est « juge et partie ».
« Je pense que les journalistes ont besoin d’une structure, et même les télévisions en ont besoin. Pas seulement le CNC qui les interpelle, mais aussi une organisation capable de les défendre. Il n’y a personne pour les défendre ni pour arbitrer véritablement. Le CNC est juge et partie. C’est une institution face à des individus.
Je crois aussi que, si nous voulons faire évoluer notre pays, il faudrait envisager quelque chose comme un ordre des journalistes. De l’autre côté, il pourrait également exister une association des débatteurs de télévision. Cette activité prend de plus en plus d’importance. Je lance simplement l’idée : il faudrait s’organiser et se structurer pour qu’elle ne disparaisse pas, car elle joue un rôle social important dans le débat public », a déclaré Pr Jean Bahebeck.
Rappelons que le Conseil national de la communication (abrégé en CNC ») est un organe de régulation et de consultation doté de la personnalité juridique et de l’autonomie financière. Placé auprès du premier ministre, chef du Gouvernement du Cameroun il est chargé d’assister les pouvoirs publics dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de la politique nationale de communication sociale.
Le CNC veille par ses décisions et avis au respect :
Des lois et règlements en matière de communication sociale;
De l’éthique et de la déontologie professionnelle;
De la paix sociale, de l’unité et de l’intégration nationale dans tous les médias;
De la promotion des langues et cultures nationales dans tous les médias ;
De la promotion des idéaux de paix, de démocratie et des droits de l’homme;
De la protection de la dignité des personnes, notamment de l’enfance et de la jeunesse dans les médias;
De l’égalité d’accès aux médias, notamment en période électorale;
De la liberté et de la responsabilité des médias;
De l’indépendance des services public et privé de la communication;
De la transparence, du pluralisme et de l’équilibre dans les programmes des entreprises de communication.
Le CNC émet un avis conforme sur :
Les dossiers de demande de licences de création et d’exploitation des entreprises privées de communication audiovisuelle;
les rapports du Gouvernement relatifs à l’assignation des fréquences audiovisuelles;
Le CNC est consulté avant tout recours contentieux relatif au refus ou au retrait de la carte de presse.
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Actualités locales
Joseph Antoine Bell en vedette aux États-Unis
Entre transmission, culture et diaspora, le gardien de but mythique des Lions Indomptables met fin ce dimanche 31 mai 2026 à une série d’activités entamée il y a quelques jours au pays de Donald Trump.
Ce dimanche 31 mai 2026, Joseph Antoine Bell, ancienne gloire des Lions Indomptables, clôture aux États-Unis d’Amérique une série d’activités entamée deux jours plus tôt.
À l’invitation de la diaspora camerounaise d’Amérique, le double champion d’Afrique, chef traditionnel et conférencier réputé, a lancé sa tournée le 29 mai. Il a pris part à plusieurs temps forts du Festival culturel camerounais d’Amérique du Nord, organisé autour du thème « Cameroonian culture and living together”.
Au cours de son séjour, l’ancienne star du football mondial a rencontré plusieurs personnalités, dont l’ambassadeur du Cameroun aux États-Unis, Henri Etoundi Essomba, informe le journaliste camerounais Nana Paul Sabin. .
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Actualités locales
les paradoxes d’une décentralisation sous tutelle
Dans les normes, la décentralisation doit être exercée par la base. Mais, le modèle camerounais consacre plutôt une décentralisation administrée par le sommet. C’est l’objet de ce regard critique dont le prétexte est la signature ce 15 mai 2026 de l’Arrêté Conjoint N°0043/AC/MINDDEVEL/MINFI fixant les modalités de création et d’organisation des Unités de Suivi de la Fiscalité Locale (USFL) au sein des CTD, clame Louis Marie Kakdeu.
Ce texte s’inscrit dans la chaîne normative ouverte par la loi n°2024/020 du 23 décembre 2024 portant fiscalité locale, dont la circulaire conjointe FILOC du 4 juillet 2025 avait déjà précisé les modalités d’application.
Pendant la session parlementaire de Novembre 2024, le Social Democratic Front (SDF) avait porté ce débat à l’Assemblée nationale lors des débats sur la loi des finances 2025 mais, le parti avait été inaudible parce que le débat identitaire dominait l’actualité politique du pays reléguant au second plan les préoccupations réelles du citoyen et les enjeux de développement du pays. Aujourd’hui, le réveil est brutal et l’ensemble de la communauté nationale découvre comme si c’était un nouveau sujet que le processus de décentralisation a été dévoyé sous nos yeux. De quoi est-il question ?
Lutte contre la mauvaise gouvernance locale
Le cœur de la réforme porte en gros sur l’article 13 qui consacre explicitement le dessaisissement des ordonnateurs et comptables municipaux de leurs prérogatives liées à l’émission des recettes fiscales et au recouvrement des impôts, taxes et redevances communales. En langage facile, le gouvernement veut sanctionner les maires qui excellent dans le détournement des recettes fiscales. En effet, la collecte de la fiscalité locale était un objet d’enrichissement personnel des maires.
Alors que ces derniers se remplissaient les poches, le gouvernement était sollicité pour payer les frais de fonctionnement des mairies, ce qui représentait pour l’Etat une double perte. C’est le cas des arriérés de salaire dans les CTD qui entrent dans la dette flottante devant être payée par l’Etat.
La DGI projette à près de FCFA 600 milliards les recettes attendues de la fiscalité locale en 2026, somme qui s’était toujours volatilisée jusqu’ici. Par exemple, les banderoles et autres affiches pullulent dans nos villes sans que l’on ne voie suffisamment les entrées dans les recettes des mairies. Le fisc entend donc instaurer un principe de la gouvernance, celui de la transparence, afin d’instituer la traçabilité des recettes fiscales locales. Du point de vue du gouvernement, cette réforme ne toucherait pas les engagements financiers de l’Etat vis-à-vis des CTD ; elle viserait plutôt à mieux collecter les ressources pour mieux servir les CTD dans l’intérêt général.
Une mauvaise solution à un réel problème de gouvernance
On apprend à forger en forgeant. Au lieu de poursuivre la mise en œuvre du processus de la décentralisation, le gouvernement ne peut pas choisir de reculer et de compromettre les enjeux de développement parce qu’’il y a détournement des deniers publics. La solution au vol n’est pas le recul, le contournement ou le retrait des compétences, mais la sanction. Le fisc ne veut plus attendre les résultats d’audit pour avoir une idée des recettes locales. Le fisc veut la traçabilité en temps réel.
Toutefois, en s’abstenant de sévir face aux résultats d’audit qui accablent les maires, le gouvernement montre son incapacité à gouverner. La loi sur la fiscalité locale de 2024, la lettre circulaire de 2025 et l’arrêté de 2026 sont des voies de contournement des barons du régime et du RDPC qui ont pris en otage les mairies et qui ont fait main-basse sur la fiscalité locale. A défaut de les faire passer devant les lois de la République, le régime en place doit tout au moins faire preuve de courage politique pour renouveler son personnel politique et conduire le pays vers le développement.
Un gage de non-fonctionnalité
L’Arrêté consacre lui-même que les USFL au sein des CTD ne seront pas fonctionnelles. Il ne dit pas d’où viendront leurs moyens de fonctionnement. Il impose aux communes des obligations précises (transmission des fichiers contribuables avant le 31 janvier, participation aux enquêtes cadastrales, délibérations conformes, etc.) qui supposent une administration municipale structurée, informatisée et compétente. L’article 11 exige que le chef de l’USFL soit un agent public contractuel de catégorie 8 minimum ou un fonctionnaire en détachement de catégorie B minimum, avec une expérience en fiscalité. Or, une grande majorité des 374 communes camerounaises dispose de ressources humaines limitées et de systèmes d’information rudimentaires.
La création d’une USFL dans chaque CTD suppose des investissements massifs dans les infrastructures informatiques, un recrutement massif de nouveaux profils, ou des détachements de fonctionnaires, trois options qui impliquent des coûts budgétaires que les communes, précisément faute de ressources suffisantes, auront du mal à supporter. La création des Centres de Fiscalité Locale et des Particuliers (CFLP) est évoquée comme solution d’avenir, mais la circulaire elle-même reconnaît, dans ses dispositions transitoires, que ces centres ne sont pas encore déployés. Dans l’intervalle, le droit commun s’applique, c’est-à-dire l’administration centrale des impôts.
La critique de la centralisation des recettes a toujours été la longueur du circuit de la collecte jusqu’au transfert des ressources aux CTD. Le plus souvent, ces ressources retournent au niveau des CTD vers la fin d’année, paralysant le fonctionnement des mairies en début d’année. Pour résoudre ce problème, l’on pourrait maintenir au niveau des Centres divisionnaires des impôts (CDI), les ressources de la fiscalité locale. Ce serait en ce moment-là un simple transfert du pôle de détournement des deniers publics des maires vers les chefs de CDI. On ne serait donc pas sorti de l’auberge et aucun problème de gouvernance n’aurait été résolu.
Une décentralisation de façade
En dessaisissant les ordonnateurs locaux, en soumettant la création de l’USFL à l’approbation étatique, en confiant l’essentiel des pouvoirs fiscaux aux CFLP de la DGI, le système construit autour de la loi de 2024 consacre une décentralisation de façade : les communes ont des structures, des attributions formelles, des obligations de reporting, mais pas de pouvoir réel.
À l’heure où le Cameroun ambitionne de parachever sa décentralisation et où le SDF ambitionne d’aller plus loin vers le fédéralisme, notamment à travers le transfert effectif des compétences et des ressources prévu par le Code Général des CTD de 2019, cet arrêté confirme que la trajectoire choisie par le gouvernement camerounais reste celle d’une décentralisation administrée par le sommet plutôt qu’exercée par la base.
Pour les enjeux de développement local, notamment le financement des infrastructures, l’amélioration des services de base, la responsabilisation des élus locaux devant leurs populations, cette trajectoire présente des limites que ni la meilleure circulaire ni le meilleur arrêté organisationnel ne pourront surmonter tant que le transfert réel des compétences n’aura pas été accompli. La constitutionnalité de ces textes est donc engagée et il est à espérer que le débat politique camerounais commencera à s’intéresser aux sujets de fonds touchant les enjeux de développement du pays.
Louis-Marie KAKDEU, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National SDF
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