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Moussa Njoya accuse Christophe Bobiokono « d’inculture judiciaire »

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Dans une nouvelle tribune que vient de publier le politologue, il accuse par ailleurs le journaliste directeur de publication du journal Kalara de «manipulation».

Lire ici son texte :

Bobiokono : entre manipulation et inculture judiciaire …

Christophe Bobiokono, on m’a fait suivre la publication que tu as faite après ma dernière sortie (puisque tu m’as bloqué dans tous tes réseaux sociaux en bon lâche que tu es …).

Dans celui-ci, comme à ton habitude, au lieu de répondre sur des faits, tu te lances plutôt dans des attaques personnelles et surtout sur des sujets périphériques sur lesquels tu ne maîtrises rien du tout, en voulant faire comprendre dans un raccourcis que même les magistrats des parquets de droit commun (civils) peuvent être bougés sans conseil supérieur de la magistrature. Qui l’a nié ?

Quand je précise que les magistrats militaires peuvent être bougés à temps et à contre-temps, je parle davantage des magistrats du siège, notamment les juges d’instruction et les présidents et vice-présidents des juridictions militaires, que tes amis et toi chassent dès que l’affaire prend une « certaine direction » !

Pour ta gouverne, mon cher, le lieutenant-colonel Cerlin Belinga, d’avec qui tu veux absolument me lier, est parti du parquet pour le siège en tant que vice-président et juge d’instruction !

Je te mets au défi de me produire un cas similaire dans les juridictions civiles de droit commun, en dehors du conseil supérieur de la magistrature !

Mais en passant dis-nous : pourquoi c’est dès que les experts Oloumou et Bitdjocka sont passés, et que le premier témoin issu de la commission d’enquête mixte a été secoué que vous vous êtes subitement rappelé que Cerlin Belinga ne menait pas bien l’affaire ? Au point où ton journal qui avait disparu des kiosques est réapparu subitement …

Pourquoi cette précipitation à le débarquer en pleine audience, juste avant qu’il ne fasse la reexamination du Colonel Otoulou, qui a passé le temps à l’accuser maladroitement, pour justifier ses énormes manquements durant l’enquête préliminaire qu’il a mené (et ça là, même toi tu l’as reconnu) ?

Mais au-delà de tout, j’ai surtout apprécié tout ton effort à vouloir démontrer que même si des faits nouveaux survenaient, tes « gens » Modeste MOPA et le ministre d’État Ferdinand Ngoh Ngoh ne retrouveraient pas les accusés actuels sur les bancs du Tribunal militaire de Yaoundé !

Et pour cela, tu prends encore maladroitement l’exemple hors contexte de l’affaire de l’avion présidentiel !

Mon cher soi-disant chroniqueur judiciaire, mais qui n’a jamais mis ses pieds dans une salle de cours de Droit, sache alors que dans l’affaire de l’avion présidentiel, il y avait en réalité deux affaires : l’affaire du BBJ-2 qui concernait Marafa et Fotso, d’une part, et l’affaire de l’Albatros qui concernait Mebara et l’ambassadeur Mendouga, d’autre part !

C’est pour cela quils n’ont pas été jugés ensemble !

Pour ta gouverne, au cours d’une affaire, même un témoin peut changer de statut, en passant de témoin à accusé. Combien de fois, un nouveau complice ou acteur découvert au cours d’une affaire … ?

Si tu n’allais pas seulement dormir dans les salles d’audience, comme tu le fais constamment au tribunal militaire, tu le saurais au moins. Même si tu n’as jamais lu un vrai livre de droit de ta vie !

C’est avec ce genre de légèreté que tu oses souvent accuser des gens dans ton torchon, comme te l’a encore rappelé le DG Eko Eko lors de la dernière audience, au cours de laquelle la honte pouvait te t.uer tellement tu étais là risée de la salle (j’y reviendrai dans les jours à venir …).

Cependant, en plus de ton ignorance, je comprends parfaitement que tout ton effort à démontrer que tes « amis » ne peuvent plus retrouver les bancs du tribunal militaire de Yaoundé dans l’affaire Martinez Zogo traduit et trahit plutôt la peur panique qui vous a gagné depuis quelque temps. Et qui vous amène à faire feu de tout bois !

Si l’on n’a rien à se reprocher, pourquoi faire venir des journalistes et des leaders d’opinion de Douala, les loger, les nourrir et les payer pour venir vous soutenir au tribunal militaire ?

Pourquoi organiser des émissions « Kilav » dans des chaînes nationales, pour tronquer les faits et imposer à l’opinion une version ?

Pourquoi faire des séances de « dictées préparées » avec des avocats de la partie civile ?

Pourquoi commander des « éditions spéciales » des journaux judiciaires qui ne paraissaient plus en kiosque depuis des lustres ?

Pourquoi payer des influenceurs pour qu’ils deforment les compte-rendus d’audience ?

Pour ce qui est du deuxième commando, c’est n’est pas moi qui le dit. Il est clairement mentionné dans l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction Ndzié Pierrot, que vous avez aussi chassé !

Donc, pour ton débat ne soit pas pressé. On le fera. Mais avant cela, je t’invite d’abord à aller lire ne serait-ce que des cours d’introduction au droit pénal, et là tu sauras sûrement qu’en matière de recevabilité des litiges et contentieux, la forme précède et détermine toujours le fonds !

Ainsi, tu le diras à tes amis de la gendarmerie nationale qui ont mené l’enquête préliminaire, et qui avaient sûrement très peur de l’annulation de leurs actes de procédure très « problématiques » par le commissaire du gouvernement, Cerlin Belinga, qui ne pouvait absolument pas endosser de telles barbaries judiciaires, où par exemple on perquisitionne le domicile d’un haut magistrat de la cour suprême sans aucun mandat, en emportant des caisses de cuillères, qu’on croyait être de l’argent !

Bref, des individus de ton espèce ont mené l’opinion publique en bateau depuis le début de cette affaire (j’ai déjà documenté tous tes contre-vérités publiées dans ton torchon, et j’y reviendrai …), parce qu’etant très occupés, ceux qui connaissent bien cette affaire et qui la suivent depuis le début vous laissaient parler seuls !

Rassure toi, cela ne sera plus le cas !

Dès lors, en plus des menaces que vous ne cessez de m’adresser jour et nuit depuis quelque temps, je dois déjà vous rassurer que tes amis et toi devez déjà chercher un autre Commissaire du gouvernement, en remplacement du tout nouveau qui est train d’arriver, car la vérité c’est comme les fesses, et quoi qu’il fasse, à un moment donné, il devra regarder dans la « bonne direction » de cette affaire ….

Moussa Njoya

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quand la réponse à Njoya Moussa s’égare à son tour – L’éclairage de Vincent Sosthène Fouda

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«La réaction de Christophe Bobiokono à la sortie de Njoya Moussa a retenu mon attention. Non parce qu’elle clôt le débat, mais précisément parce qu’elle illustre une difficulté devenue récurrente dans l’affaire Martinez Zogo : on prétend rétablir les faits alors qu’on mélange encore faits, hypothèses, jugements de valeur et procès d’intention», soutient-il.

Lire ici sa réponse :

Le ton est assuré. Les formules sont définitives. Mais en matière judiciaire, l’assurance du commentateur ne constitue pas une preuve. Bobiokono qualifie le texte de Njoya Moussa de « tissu de ragots », évoque sa « faible connaissance des réalités judiciaires » et rappelle qu’il est un « ami personnel » de Cerlin Belinga.

Premier problème : l’argumentation commence par l’homme avant de discuter ses arguments.

Que Njoya Moussa soit l’ami de Belinga est une information périphérique. Si son analyse est juridiquement fausse, qu’on démontre précisément où. Si elle repose sur des faits inexacts, qu’on produise les éléments qui les réfutent. Mais disqualifier l’auteur en raison de ses relations personnelles relève davantage de l’attaque ad hominem que de la démonstration.

La mutation n’est pas la question

Bobiokono rappelle ensuite que des magistrats du parquet peuvent être mutés ou remplacés sans réunion du Conseil supérieur de la Magistrature. Soit. Mais il répond ainsi à une question qui n’est pas nécessairement celle qui était posée. Qu’une décision soit juridiquement possible ne signifie pas que toutes les interrogations sur son opportunité, son calendrier, son contexte et ses conséquences deviennent illégitimes. Le droit permet une décision ; il ne nous interdit pas d’interroger le contexte dans lequel elle intervient.

Les exemples d’Oyono Abah ou d’Émile Nsoga démontrent qu’un changement à la tête d’un parquet peut survenir. Ils ne démontrent pas que toutes les situations sont identiques. Un précédent n’est pas une photocopie du présent.

Il faut donc comparer les régimes juridiques, les circonstances, les procédures et les effets. Sinon, l’exemple devient un simple argument d’autorité. Le « jamais » judiciaire : une prudence qui s’impose . Plus préoccupante encore est l’affirmation selon laquelle, même si de nouveaux éléments mettaient en cause d’autres personnalités dans l’affaire Martinez Zogo, celles-ci ne pourraient « jamais » se retrouver avec les 17 accusés actuels, sauf improbable jonction de procédures.

Le mot est révélateur : « jamais ».

En procédure pénale, les absolus doivent être maniés avec précaution.

La découverte d’éléments nouveaux peut entraîner différentes conséquences selon leur nature, leur date, leur qualification, les personnes concernées et les règles de compétence applicables.

La véritable question n’est donc pas de savoir si quelqu’un « rejoindrait » mécaniquement les 17 accusés actuels. La question est de savoir quelle procédure nouvelle pourrait être engagée, par quelle autorité, pour quels faits, devant quelle juridiction et avec quelles interactions éventuelles avec la procédure existante.

Le reste relève du commentaire.

Atangana Mebara et Marafa : l’exemple ne suffit pas

L’évocation des procédures concernant Atangana Mebara et Marafa Hamidou Yaya ne règle pas davantage la question. Deux affaires distinctes peuvent effectivement être jugées séparément. Mais cela ne transforme pas leur configuration particulière en principe universel.

En droit, une analogie n’est pertinente que lorsque les situations comparées sont réellement comparables. Sinon, elle devient une fausse piste. Et puis vient le plus grave. Le passage consacré à Cerlin Belinga est autrement plus problématique. Bobiokono affirme qu’il serait « en grande partie responsable de l’enlisement » de l’affaire, qu’il « travaillait très clairement pour semer le doute » et qu’il aurait « fait barrage à la recherche de la vérité ».

Voilà des accusations extrêmement lourdes. Et c’est précisément ici que l’exigence de preuve devrait devenir maximale. Car il existe une différence fondamentale entre : avoir commis une erreur ; avoir mal conduit une procédure ; avoir pris une décision contestable ; et avoir volontairement cherché à empêcher la manifestation de la vérité. On ne peut pas passer de la première proposition à la dernière sans démonstration. Or Bobiokono invoque notamment « certaines révélations du colonel Otoulou ».

Très bien.

Mais une révélation rapportée n’est pas, par elle-même, une preuve irréfutable. Il faut examiner son contenu, son origine, les conditions dans lesquelles elle a été formulée, les éléments matériels qui la corroborent et surtout la responsabilité personnelle que l’on entend en tirer.

Qui a fait quoi ? Quand ? Sur quelle instruction ? Avec quelle pièce ? Avec quelle intention ? Voilà les questions sérieuses. « Chasseurs de primes », « fantasme », « imagination mafieuse » : beaucoup de qualificatifs, peu de pièces Le billet multiplie les qualificatifs : « chasseurs de primes », « fantasme », « farfelu », « imagination mafieuse ».

C’est spectaculaire. Mais ce n’est pas du droit. Un argument ne devient pas faux parce qu’on le qualifie de « farfelu ». Une hypothèse ne devient pas impossible parce qu’on la traite de « fantasme ». Et un contradicteur ne devient pas incompétent parce qu’on lui attribue une « faible connaissance » du sujet.

La question fondamentale demeure toujours la même : Quelle est la pièce qui permet de conclure ? Le paradoxe du « limogeage »

Il faut enfin s’arrêter sur un mot : « limogeage ». S’agit-il juridiquement d’un limogeage ? D’une mutation ? D’une affectation ? D’un remplacement ? D’une décision administrative dont la portée exacte doit être juridiquement qualifiée ? Les mots comptent. Parce que parler de « limogeage » suggère déjà une sanction. Et lorsque Bobiokono ajoute que ce « limogeage arrive donc un peu tard », il ne décrit plus seulement une décision : il lui attribue une justification punitive. Mais alors, il faut aller jusqu’au bout.

Quelle faute ? Quelle procédure ? Quelle décision ? Quelle autorité ? Quelle motivation ? Quels éléments établis ? Sinon, nous sommes encore dans le commentaire. Le véritable problème : qui fabrique le doute ? Le plus intéressant dans cette controverse est peut-être ailleurs.

Bobiokono reproche à Njoya Moussa de « semer le doute ». Mais son propre texte repose à plusieurs reprises sur des éléments dont il ne donne pas la démonstration complète. Il reproche les récits approximatifs tout en proposant son propre récit. Il reproche les hypothèses tout en avançant des intentions. Il reproche les raccourcis tout en utilisant des « jamais », des « très clairement » et des conclusions définitives. C’est précisément ce que la sociologie politique nous apprend à regarder : non seulement ce qui est dit, mais la manière dont certains acteurs cherchent à imposer le cadre dans lequel le public doit comprendre ce qui est dit. Dans une affaire aussi sensible que Martinez Zogo, le contrôle du récit est presque aussi important que le récit lui-même. Qui définit les « vrais » faits ?

Qui désigne les « fantasmes » ? Qui décide quels acteurs sont crédibles ? Qui transforme une hypothèse en vérité ? Qui transforme une controverse en certitude ? Ce sont là des questions de pouvoir, de légitimité et de production sociale de la vérité. La justice n’est pas un concours de narrations

Njoya Moussa peut avoir tort. Christophe Bobiokono peut avoir raison sur certains points. Mais aucun des deux ne peut transformer son assurance en preuve. Le dossier Martinez Zogo mérite mieux qu’un affrontement de réputations, d’amitiés, d’accusations réciproques et de qualificatifs. Il mérite une chronologie. Des actes. Des procès-verbaux. Des expertises. Des pièces.

Des contradictions. Et surtout une séparation rigoureuse entre ce qui est établi, ce qui est allégué et ce qui est interprété. C’est seulement à cette condition que le débat pourra sortir de la guerre des récits.

Car finalement, la question n’est pas : « Qui parle le plus fort ? » Elle n’est même pas : « Qui est l’ami de qui ? » La question est beaucoup plus brutale : Qui peut prouver ce qu’il affirme ? Et sur ce terrain-là, les invectives ne valent rien. Les pièces, elles, parlent.

Vincent Sosthène FOUDA

Socio-politologue

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Cacao : TriLinc ne valorise plus qu’à 7,26 milliards FCFA sa créance de 9,26 milliards sur Producam d’Emmanuel Neossi

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Cacao : TriLinc ne valorise plus qu’à 7,26 milliards FCFA sa créance de 9,26 milliards sur Producam d’Emmanuel Neossi
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(Investir au Cameroun) – Le fonds d’investissement américain TriLinc Global Impact Fund estime désormais à 7,26 milliards de FCFA la valeur de sa créance sur Producam, entreprise camerounaise de négoce de cacao et de café associée à l’entrepreneur Emmanuel Neossi. Le principal restant inscrit dans ses comptes atteint pourtant 9,26 milliards de FCFA. La différence approche donc 2 milliards de FCFA.

Ces chiffres ressortent du rapport trimestriel de TriLinc pour la période close au 30 juin 2026, déposé le 12 août auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur américain des marchés financiers. Le fonds y indique un principal de 16,078 millions de dollars sur Producam, pour une « juste valeur » de 12,604 millions de dollars.

Au taux de référence du 30 juin 2026, un dollar valait environ 575,70 FCFA. Les montants correspondent ainsi respectivement à 9,26 milliards et 7,26 milliards de FCFA.

Une décote de 21,6 %

Concrètement, TriLinc continue de comptabiliser un principal de 9,26 milliards de FCFA, mais considère que sa créance vaut aujourd’hui environ 2 milliards de moins. La décote atteint 21,6 %.

Cette différence ne signifie pas que le fonds a déjà perdu définitivement 2 milliards de FCFA, ni qu’il renonce à réclamer cette somme à Producam. Elle traduit l’estimation que TriLinc fait aujourd’hui de la valeur de sa créance, compte tenu notamment des délais de recouvrement et des risques qui entourent les sommes qu’il espère récupérer.

Cette valorisation s’est encore détériorée au premier semestre 2026. Au 31 décembre 2025, TriLinc estimait la créance à 13,526 millions de dollars, soit environ 7,79 milliards de FCFA. Six mois plus tard, elle ne vaut plus que 12,604 millions de dollars dans ses comptes. La baisse atteint 921 650 dollars, soit environ 531 millions de FCFA.

TriLinc attribue cette nouvelle dépréciation aux retards persistants dans le recouvrement.

La créance sur Producam est évaluée selon une méthode fondée sur les revenus futurs attendus. Le fonds estime les sommes qu’il pense pouvoir récupérer et leur applique notamment une décote destinée à tenir compte du temps et du risque. Comme l’ensemble des investissements de son portefeuille au 30 juin 2026, cette créance relève du « niveau 3 » de valorisation : il n’existe pas de prix de marché directement observable et l’évaluation dépend donc d’hypothèses retenues par le gestionnaire.

Un financement en difficulté depuis 2018

L’affaire remonte à 2018. Entre mars et juin de cette année-là, TriLinc a acquis trois participations, pour un montant total de 15,986 millions de dollars, dans un financement commercial accordé à Producam pour ses activités d’exportation de cacao et de café.

Selon la version rapportée par TriLinc, Africa Merchant Capital Group (AMC), qui gérait alors le financement, lui a indiqué dès le troisième trimestre 2018 que Producam avait utilisé le produit de la vente d’une partie de ses stocks pour financer ses besoins de trésorerie, au lieu de rembourser le crédit.

Le document de TriLinc ne contient pas la version de Producam sur cet épisode.

Le financement a ensuite été restructuré. En avril 2021, Scipion Capital a remplacé AMC comme gestionnaire du dossier et s’est notamment engagé à poursuivre la réalisation des garanties afin de récupérer les sommes dues.

Les conditions financières ont également été revues. Le taux d’intérêt, initialement fixé à 17,5 %, a été ramené rétroactivement au 1er janvier 2019 à 9,5 % pour les deux participations liées au cacao et à 6 % pour celle consacrée au café.

La restructuration prévoyait en outre la capitalisation d’une partie des intérêts : au lieu d’être payés immédiatement, ceux-ci ont été ajoutés au principal. Ce mécanisme explique que le principal comptabilisé au 30 juin 2026, soit 16,078 millions de dollars, soit légèrement supérieur aux 15,986 millions investis à l’origine.

TriLinc ne comptabilise plus les intérêts attendus

L’échéance du financement apparaît fixée au 31 décembre 2024 dans les comptes de TriLinc. Le fonds le classe désormais en défaut et en « non-accrual ».

Dans le jargon financier, cette dernière classification signifie que TriLinc ne comptabilise plus automatiquement comme revenus les intérêts prévus par le contrat. Le fonds explique qu’un prêt est généralement placé dans cette catégorie lorsqu’il existe un doute raisonnable sur la capacité à encaisser le principal ou les intérêts à leur échéance.

Pour Producam, les intérêts que TriLinc n’a pas comptabilisés comme revenus atteignent 1,022 million de dollars sur les six premiers mois de 2026, soit environ 588 millions de FCFA.

Cette somme est distincte de la décote de 2 milliards de FCFA constatée entre le principal et la valeur de la créance. Elle correspond à des intérêts que le fonds aurait pu enregistrer comme revenus si le financement fonctionnait normalement, mais qu’il s’abstient désormais de comptabiliser en raison des incertitudes sur leur encaissement.

Le recouvrement se joue désormais au Royaume-Uni

Le remboursement de TriLinc ne dépend plus seulement de Producam. Dans son rapport, le fonds indique qu’au 30 juin 2026 il espérait récupérer l’essentiel des sommes grâce à une action engagée devant les tribunaux britanniques contre le gestionnaire des garanties du financement et son assureur.

TriLinc ne donne cependant ni le nom de ces parties, ni le montant demandé devant la justice britannique, ni le calendrier de la procédure. Il n’est donc pas possible, sur la seule base de ce rapport, de déterminer combien le fonds pourrait récupérer ni à quelle échéance.

Le dossier Producam s’inscrit par ailleurs dans un portefeuille où les créances en difficulté occupent une place importante. Au 30 juin 2026, 19 entreprises financées par TriLinc étaient placées en « non-accrual », pour une juste valeur cumulée de 129,57 millions de dollars. Elles représentaient 49,3 % de la valeur totale de ses investissements.

Le fonds comptait également 21 investissements placés sur sa « Watch List », c’est-à-dire soumis à une surveillance renforcée en raison d’une dégradation significative du risque de crédit ou de recouvrement. Ils représentaient 51,1 % du portefeuille. À elle seule, la créance sur Producam comptait pour 4,8 % de la valeur des investissements de TriLinc.

Le lien avec l’usine de Kékem reste à distinguer

Au Cameroun, Producam est historiquement associée aux activités d’Emmanuel Neossi dans le cacao. L’entreprise figurait déjà parmi les exportateurs camerounais du secteur avant le lancement du projet industriel de Kékem.

En juin 2016, Agence Ecofin présentait Producam comme l’initiatrice d’un projet d’usine de transformation du cacao à Kékem, avec l’équipementier Bühler. Lors de l’inauguration, le 26 avril 2019, l’installation était cependant exploitée sous la société Neo Industry SA, également promue par Emmanuel Neossi.

Le projet représentait un investissement annoncé de 54 milliards de FCFA, dont 1,2 milliard de FCFA d’appui public. L’usine disposait d’une capacité initiale annoncée de 32 000 tonnes de fèves par an, pour environ 26 000 tonnes de produits dérivés.

Ces éléments ne permettent toutefois pas d’établir que les financements de TriLinc ont servi à construire l’usine de Kékem. Le document déposé auprès de la SEC décrit explicitement son investissement comme un financement commercial destiné aux activités de négoce de cacao et de café de Producam. Il ne mentionne pas Neo Industry parmi les emprunteurs.

De même, le rapport de TriLinc qualifie son investissement dans Producam de défaillant, mais ne dit pas que l’entreprise camerounaise est en faillite. Il ne fournit pas non plus d’informations permettant d’établir sa situation opérationnelle actuelle.

Baudouin Enama

Lire aussi :

10-09-2025 – Transformation du cacao : le Camerounais Neo Industry veut tripler ses capacités avec un projet d’extension

24-07-2020 – Samuel NEOSSI, l’acheteur de fèves devenu broyeur industriel

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mandat d’arrêt contre le capitaine Effoudou

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Ce dernier est recherché dans le cadre de l’affaire vice-Amiral contre Parfait Mbapou et autres. Le mandat fait suite à une plainte pour une extorsion alléguée de 50 millions de francs CFA déposée par le vice-amiral Joseph Fouda.

Un mandat d’arrêt a été émis le 10 mars 2024 contre le capitaine Romuald Effoudou, ancien chef du bureau du renseignement de l’état-major particulier de la présidence camerounaise.

Les raisons du mandat d’arrêt Plainte pour extorsion : Le mandat fait suite à une plainte pour une extorsion alléguée de 50 millions de francs CFA déposée par le vice-amiral Joseph Fouda.

L’officier est également poursuivi pour désertion en temps de paix après avoir quitté le territoire pour s’exiler en Europe, ce qui a entraîné sa radiation de l’armée en mars 2024.

Depuis l’Europe, le capitaine Effoudou a brisé le silence lors d’une interview diffusée en juillet 2026. Il a mis en cause le secrétaire général de la présidence de la République (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh, l’accusant d’être le commanditaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo et d’impliquer des proches dans des projets de déstabilisation.

Ces déclarations ont provoqué de vives crispations au sein du sérail politique à Yaoundé. Des personnalités visées, à l’instar de Mohamadou Sani, ont annoncé des poursuites judiciaires en diffamation en France contre l’ancien capitaine et ses relais médiatiques.

Pour rappel, le capitaine Effoudou (nommé Kenneth Romuald Effoudou Awussi ou Donald Effoudou) est un ancien officier de l’armée camerounaise et ex-chef du bureau du renseignement à la présidence. Il est devenu une personnalité très controversée après avoir publié des accusations explosives contre le sommet de l’État depuis son exil en Europe.

Il travaillait à l’État-major particulier du président Paul Biya. Il gérait des informations sensibles liées à la sécurité. Il a déserté l’armée et a quitté le Cameroun. Il a été radié officiellement le 13 mars 2024. Un mandat d’arrêt a été émis contre lui par le tribunal militaire de Yaoundé dans une affaire de plainte pour escroquerie.

Ses déclarations divisent l’opinion publique au Cameroun entre ceux qui croient ses révélations et ceux qui doutent de sa crédibilité.

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