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Cacao : TriLinc ne valorise plus qu’à 7,26 milliards FCFA sa créance de 9,26 milliards sur Producam d’Emmanuel Neossi

(Investir au Cameroun) – Le fonds d’investissement américain TriLinc Global Impact Fund estime désormais à 7,26 milliards de FCFA la valeur de sa créance sur Producam, entreprise camerounaise de négoce de cacao et de café associée à l’entrepreneur Emmanuel Neossi. Le principal restant inscrit dans ses comptes atteint pourtant 9,26 milliards de FCFA. La différence approche donc 2 milliards de FCFA.
Ces chiffres ressortent du rapport trimestriel de TriLinc pour la période close au 30 juin 2026, déposé le 12 août auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur américain des marchés financiers. Le fonds y indique un principal de 16,078 millions de dollars sur Producam, pour une « juste valeur » de 12,604 millions de dollars.
Au taux de référence du 30 juin 2026, un dollar valait environ 575,70 FCFA. Les montants correspondent ainsi respectivement à 9,26 milliards et 7,26 milliards de FCFA.
Une décote de 21,6 %
Concrètement, TriLinc continue de comptabiliser un principal de 9,26 milliards de FCFA, mais considère que sa créance vaut aujourd’hui environ 2 milliards de moins. La décote atteint 21,6 %.
Cette différence ne signifie pas que le fonds a déjà perdu définitivement 2 milliards de FCFA, ni qu’il renonce à réclamer cette somme à Producam. Elle traduit l’estimation que TriLinc fait aujourd’hui de la valeur de sa créance, compte tenu notamment des délais de recouvrement et des risques qui entourent les sommes qu’il espère récupérer.
Cette valorisation s’est encore détériorée au premier semestre 2026. Au 31 décembre 2025, TriLinc estimait la créance à 13,526 millions de dollars, soit environ 7,79 milliards de FCFA. Six mois plus tard, elle ne vaut plus que 12,604 millions de dollars dans ses comptes. La baisse atteint 921 650 dollars, soit environ 531 millions de FCFA.
TriLinc attribue cette nouvelle dépréciation aux retards persistants dans le recouvrement.
La créance sur Producam est évaluée selon une méthode fondée sur les revenus futurs attendus. Le fonds estime les sommes qu’il pense pouvoir récupérer et leur applique notamment une décote destinée à tenir compte du temps et du risque. Comme l’ensemble des investissements de son portefeuille au 30 juin 2026, cette créance relève du « niveau 3 » de valorisation : il n’existe pas de prix de marché directement observable et l’évaluation dépend donc d’hypothèses retenues par le gestionnaire.
Un financement en difficulté depuis 2018
L’affaire remonte à 2018. Entre mars et juin de cette année-là, TriLinc a acquis trois participations, pour un montant total de 15,986 millions de dollars, dans un financement commercial accordé à Producam pour ses activités d’exportation de cacao et de café.
Selon la version rapportée par TriLinc, Africa Merchant Capital Group (AMC), qui gérait alors le financement, lui a indiqué dès le troisième trimestre 2018 que Producam avait utilisé le produit de la vente d’une partie de ses stocks pour financer ses besoins de trésorerie, au lieu de rembourser le crédit.
Le document de TriLinc ne contient pas la version de Producam sur cet épisode.
Le financement a ensuite été restructuré. En avril 2021, Scipion Capital a remplacé AMC comme gestionnaire du dossier et s’est notamment engagé à poursuivre la réalisation des garanties afin de récupérer les sommes dues.
Les conditions financières ont également été revues. Le taux d’intérêt, initialement fixé à 17,5 %, a été ramené rétroactivement au 1er janvier 2019 à 9,5 % pour les deux participations liées au cacao et à 6 % pour celle consacrée au café.
La restructuration prévoyait en outre la capitalisation d’une partie des intérêts : au lieu d’être payés immédiatement, ceux-ci ont été ajoutés au principal. Ce mécanisme explique que le principal comptabilisé au 30 juin 2026, soit 16,078 millions de dollars, soit légèrement supérieur aux 15,986 millions investis à l’origine.
TriLinc ne comptabilise plus les intérêts attendus
L’échéance du financement apparaît fixée au 31 décembre 2024 dans les comptes de TriLinc. Le fonds le classe désormais en défaut et en « non-accrual ».
Dans le jargon financier, cette dernière classification signifie que TriLinc ne comptabilise plus automatiquement comme revenus les intérêts prévus par le contrat. Le fonds explique qu’un prêt est généralement placé dans cette catégorie lorsqu’il existe un doute raisonnable sur la capacité à encaisser le principal ou les intérêts à leur échéance.
Pour Producam, les intérêts que TriLinc n’a pas comptabilisés comme revenus atteignent 1,022 million de dollars sur les six premiers mois de 2026, soit environ 588 millions de FCFA.
Cette somme est distincte de la décote de 2 milliards de FCFA constatée entre le principal et la valeur de la créance. Elle correspond à des intérêts que le fonds aurait pu enregistrer comme revenus si le financement fonctionnait normalement, mais qu’il s’abstient désormais de comptabiliser en raison des incertitudes sur leur encaissement.
Le recouvrement se joue désormais au Royaume-Uni
Le remboursement de TriLinc ne dépend plus seulement de Producam. Dans son rapport, le fonds indique qu’au 30 juin 2026 il espérait récupérer l’essentiel des sommes grâce à une action engagée devant les tribunaux britanniques contre le gestionnaire des garanties du financement et son assureur.
TriLinc ne donne cependant ni le nom de ces parties, ni le montant demandé devant la justice britannique, ni le calendrier de la procédure. Il n’est donc pas possible, sur la seule base de ce rapport, de déterminer combien le fonds pourrait récupérer ni à quelle échéance.
Le dossier Producam s’inscrit par ailleurs dans un portefeuille où les créances en difficulté occupent une place importante. Au 30 juin 2026, 19 entreprises financées par TriLinc étaient placées en « non-accrual », pour une juste valeur cumulée de 129,57 millions de dollars. Elles représentaient 49,3 % de la valeur totale de ses investissements.
Le fonds comptait également 21 investissements placés sur sa « Watch List », c’est-à-dire soumis à une surveillance renforcée en raison d’une dégradation significative du risque de crédit ou de recouvrement. Ils représentaient 51,1 % du portefeuille. À elle seule, la créance sur Producam comptait pour 4,8 % de la valeur des investissements de TriLinc.
Le lien avec l’usine de Kékem reste à distinguer
Au Cameroun, Producam est historiquement associée aux activités d’Emmanuel Neossi dans le cacao. L’entreprise figurait déjà parmi les exportateurs camerounais du secteur avant le lancement du projet industriel de Kékem.
En juin 2016, Agence Ecofin présentait Producam comme l’initiatrice d’un projet d’usine de transformation du cacao à Kékem, avec l’équipementier Bühler. Lors de l’inauguration, le 26 avril 2019, l’installation était cependant exploitée sous la société Neo Industry SA, également promue par Emmanuel Neossi.
Le projet représentait un investissement annoncé de 54 milliards de FCFA, dont 1,2 milliard de FCFA d’appui public. L’usine disposait d’une capacité initiale annoncée de 32 000 tonnes de fèves par an, pour environ 26 000 tonnes de produits dérivés.
Ces éléments ne permettent toutefois pas d’établir que les financements de TriLinc ont servi à construire l’usine de Kékem. Le document déposé auprès de la SEC décrit explicitement son investissement comme un financement commercial destiné aux activités de négoce de cacao et de café de Producam. Il ne mentionne pas Neo Industry parmi les emprunteurs.
De même, le rapport de TriLinc qualifie son investissement dans Producam de défaillant, mais ne dit pas que l’entreprise camerounaise est en faillite. Il ne fournit pas non plus d’informations permettant d’établir sa situation opérationnelle actuelle.
Baudouin Enama
Lire aussi :
10-09-2025 – Transformation du cacao : le Camerounais Neo Industry veut tripler ses capacités avec un projet d’extension
24-07-2020 – Samuel NEOSSI, l’acheteur de fèves devenu broyeur industriel
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des faux médicaments d’une valeur de plusieurs dizaines de millions de FCFA saisis au marché central

La gendarmerie nationale a procédé à la saisie d’un important stock de produits de pharmacie estimé à plusieurs dizaines de millions de FCFA. Une situation qui interpelle encore des acteurs sur le renforcement de la lutte contre le faux médicament et les produits illicites au Cameroun.
Le trafic des produits illicites se poursuit au Cameroun bien que les autorités déploient des efforts pour y mettre fin. Cette semaine, au marché central de Yaoundé, les éléments de la Compagnie de gendarmerie de Yaoundé 1ᵉʳ ont procédé à la saisie d’un important stock de produits pharmaceutiques illicites.
L’opération a permis de sortir du circuit de commercialisation des produits illicites comme le Metamizol, des antibiotiques, des sirops, des perfusions. Tous mal conditionnés et provenant d’origine douteuse, se trouvaient dans des espaces clandestins de conservation. Sur renseignement de la population, les gendarmes ont démantelé le réseau de trafic et interpellé des personnes suspectes. Le stock de produit, quant à lui, est destiné à la destruction.
Cette saisie opérée ramène l’opinion à s’intéresser à la prolifération des produits illicites en général, et des faux médicaments en particulier dans les villes. Ces produits se retrouvent dans des espaces de vente à proximité des rues où ils sont plus accessibles, tout comme ils se vendent dans des circuits noirs et se retrouvent dans des ménages pour consommation. Les effets néfastes sur des personnes, des familles et sur l’environnement sont au bout de la chaine.
Les saisies régulières de ces produits démontrent l’ampleur de la situation et l’insuffisance des efforts déjà consentis dans le lutte contre le phénomène. Le cas du marché central de Yaoundé survient au cours de la semaine où l’on célèbre la Journée africaine de lutte contre le faux médicament. Célébrée le 21 octobre, l’édition 2026 avait comme fil conducteur : « Faux médicaments, vrai danger : ensemble, sécurisons la chaîne d’approvisionnement au Cameroun, pour une meilleure Couverture Santé Universelle. »
Cette journée a donné l’occasion au ministre de la Santé publique Malachie Manaouda de rappeler que les faux médicaments constituent une menace majeure pour la santé publique. Ils occasionnent des pertes financières. Exposent des patients à des traitements inefficaces, à des complications sanitaires et à la mort.
Au sortir de cette célébration, les acteurs impliqués reconnaissent la nécessité de sécuriser davantage la chaîne d’approvisionnement. Il convient aussi d’améliorer le contrôle de qualité, de renforcer la traçabilité et la surveillance des circuits de distribution pour faciliter l’identification des produits suspects.
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Kribi et Dibamba : Globeleq affiche 15 milliards de FCFA de bénéfices en 2025, malgré une baisse de 24 %

(Investir au Cameroun) – Les sociétés exploitant les centrales électriques de Kribi et de Dibamba ont réalisé un bénéfice cumulé d’environ 15 milliards de FCFA en 2025, contre 19,8 milliards de FCFA en 2024, soit une baisse de 24,2 %. Cette contraction intervient alors que leur chiffre d’affaires cumulé a progressé de 5,9 %, passant de 78 à 82,6 milliards de FCFA, selon les données financières présentées dans le rapport annuel 2025 de Globeleq Africa Holdings.
Les performances des deux centrales sont toutefois contrastées. À Kribi, le chiffre d’affaires a augmenté de 60,2 milliards de FCFA en 2024 à 64,1 milliards en 2025. Dans le même temps, le bénéfice a été divisé par plus de deux, passant d’environ 12,8 milliards à 6 milliards de FCFA.
À Dibamba, le chiffre d’affaires a progressé de 17,8 milliards à 18,5 milliards de FCFA. Le bénéfice est passé de 7 milliards à près de 9 milliards de FCFA. Cette progression a permis de compenser partiellement la baisse enregistrée à Kribi.
Près de 129 milliards de FCFA d’écart entre actifs et passifs courants
Ces bénéfices comptables contrastent avec les difficultés de trésorerie auxquelles restent confrontées les deux sociétés. Globeleq fait état d’une accumulation persistante des arriérés de paiement, qui a notamment entraîné l’arrêt de certaines unités de production à Kribi et à Dibamba. Selon le groupe, cette situation réduit les distributions financières effectivement perçues ainsi que celles attendues.
Au 31 décembre 2025, Kribi Power Development Corporation (KPDC) affichait 43,6 milliards de FCFA d’actifs courants, contre 163,5 milliards de FCFA de passifs courants. L’écart atteignait ainsi 119,9 milliards de FCFA.
À Dibamba Power Development Corporation (DPDC), les actifs courants s’établissaient à 18,2 milliards de FCFA, contre 27,2 milliards de FCFA de passifs courants, soit une différence d’environ 9 milliards de FCFA.
Au total, les engagements classés à court terme des deux sociétés dépassaient leurs actifs courants de près de 129 milliards de FCFA. Ce déséquilibre comptable traduit des tensions sur leur situation financière, sans permettre, à lui seul, de conclure à une insolvabilité.
Les difficultés ont également conduit Globeleq à revoir la valeur de certains actifs dans ses comptes. En 2024, le groupe avait intégralement déprécié 75 millions de dollars d’actifs incorporels liés aux contrats d’achat d’électricité des deux centrales. Il avait également enregistré une dépréciation de 4,8 millions de dollars sur des actifs au titre du droit d’utilisation à Kribi.
Des dividendes en baisse à Kribi
Les tensions financières se retrouvent dans les distributions aux actionnaires minoritaires. À Kribi, les dividendes versés à ces actionnaires sont passés de 9,6 millions de dollars en 2024 à 4,5 millions de dollars en 2025, soit une diminution de plus de moitié.
À Dibamba, Globeleq indique qu’un dividende précédemment déclaré, mais non réglé, a été annulé en 2025. Cette opération comptable a réduit le montant attribué aux intérêts minoritaires, sans permettre de déterminer les sommes effectivement distribuées au cours de l’exercice.
Ces résultats interviennent alors que Globeleq prépare son désengagement du Cameroun. Dans son rapport 2025, le groupe indique avoir exercé son droit contractuel de transférer au gouvernement camerounais ses participations dans KPDC et DPDC. Au 31 décembre 2025, ces participations n’étaient toutefois pas classées comme actifs détenus en vue de la vente dans les comptes consolidés. Cette présentation ne permet pas d’établir que le transfert avait été réalisé à cette date.
Amina Malloum
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