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Moussa Njoya accuse Christophe Bobiokono « d’inculture judiciaire »

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Dans une nouvelle tribune que vient de publier le politologue, il accuse par ailleurs le journaliste directeur de publication du journal Kalara de «manipulation».

Lire ici son texte :

Bobiokono : entre manipulation et inculture judiciaire …

Christophe Bobiokono, on m’a fait suivre la publication que tu as faite après ma dernière sortie (puisque tu m’as bloqué dans tous tes réseaux sociaux en bon lâche que tu es …).

Dans celui-ci, comme à ton habitude, au lieu de répondre sur des faits, tu te lances plutôt dans des attaques personnelles et surtout sur des sujets périphériques sur lesquels tu ne maîtrises rien du tout, en voulant faire comprendre dans un raccourcis que même les magistrats des parquets de droit commun (civils) peuvent être bougés sans conseil supérieur de la magistrature. Qui l’a nié ?

Quand je précise que les magistrats militaires peuvent être bougés à temps et à contre-temps, je parle davantage des magistrats du siège, notamment les juges d’instruction et les présidents et vice-présidents des juridictions militaires, que tes amis et toi chassent dès que l’affaire prend une « certaine direction » !

Pour ta gouverne, mon cher, le lieutenant-colonel Cerlin Belinga, d’avec qui tu veux absolument me lier, est parti du parquet pour le siège en tant que vice-président et juge d’instruction !

Je te mets au défi de me produire un cas similaire dans les juridictions civiles de droit commun, en dehors du conseil supérieur de la magistrature !

Mais en passant dis-nous : pourquoi c’est dès que les experts Oloumou et Bitdjocka sont passés, et que le premier témoin issu de la commission d’enquête mixte a été secoué que vous vous êtes subitement rappelé que Cerlin Belinga ne menait pas bien l’affaire ? Au point où ton journal qui avait disparu des kiosques est réapparu subitement …

Pourquoi cette précipitation à le débarquer en pleine audience, juste avant qu’il ne fasse la reexamination du Colonel Otoulou, qui a passé le temps à l’accuser maladroitement, pour justifier ses énormes manquements durant l’enquête préliminaire qu’il a mené (et ça là, même toi tu l’as reconnu) ?

Mais au-delà de tout, j’ai surtout apprécié tout ton effort à vouloir démontrer que même si des faits nouveaux survenaient, tes « gens » Modeste MOPA et le ministre d’État Ferdinand Ngoh Ngoh ne retrouveraient pas les accusés actuels sur les bancs du Tribunal militaire de Yaoundé !

Et pour cela, tu prends encore maladroitement l’exemple hors contexte de l’affaire de l’avion présidentiel !

Mon cher soi-disant chroniqueur judiciaire, mais qui n’a jamais mis ses pieds dans une salle de cours de Droit, sache alors que dans l’affaire de l’avion présidentiel, il y avait en réalité deux affaires : l’affaire du BBJ-2 qui concernait Marafa et Fotso, d’une part, et l’affaire de l’Albatros qui concernait Mebara et l’ambassadeur Mendouga, d’autre part !

C’est pour cela quils n’ont pas été jugés ensemble !

Pour ta gouverne, au cours d’une affaire, même un témoin peut changer de statut, en passant de témoin à accusé. Combien de fois, un nouveau complice ou acteur découvert au cours d’une affaire … ?

Si tu n’allais pas seulement dormir dans les salles d’audience, comme tu le fais constamment au tribunal militaire, tu le saurais au moins. Même si tu n’as jamais lu un vrai livre de droit de ta vie !

C’est avec ce genre de légèreté que tu oses souvent accuser des gens dans ton torchon, comme te l’a encore rappelé le DG Eko Eko lors de la dernière audience, au cours de laquelle la honte pouvait te t.uer tellement tu étais là risée de la salle (j’y reviendrai dans les jours à venir …).

Cependant, en plus de ton ignorance, je comprends parfaitement que tout ton effort à démontrer que tes « amis » ne peuvent plus retrouver les bancs du tribunal militaire de Yaoundé dans l’affaire Martinez Zogo traduit et trahit plutôt la peur panique qui vous a gagné depuis quelque temps. Et qui vous amène à faire feu de tout bois !

Si l’on n’a rien à se reprocher, pourquoi faire venir des journalistes et des leaders d’opinion de Douala, les loger, les nourrir et les payer pour venir vous soutenir au tribunal militaire ?

Pourquoi organiser des émissions « Kilav » dans des chaînes nationales, pour tronquer les faits et imposer à l’opinion une version ?

Pourquoi faire des séances de « dictées préparées » avec des avocats de la partie civile ?

Pourquoi commander des « éditions spéciales » des journaux judiciaires qui ne paraissaient plus en kiosque depuis des lustres ?

Pourquoi payer des influenceurs pour qu’ils deforment les compte-rendus d’audience ?

Pour ce qui est du deuxième commando, c’est n’est pas moi qui le dit. Il est clairement mentionné dans l’ordonnance de renvoi du juge d’instruction Ndzié Pierrot, que vous avez aussi chassé !

Donc, pour ton débat ne soit pas pressé. On le fera. Mais avant cela, je t’invite d’abord à aller lire ne serait-ce que des cours d’introduction au droit pénal, et là tu sauras sûrement qu’en matière de recevabilité des litiges et contentieux, la forme précède et détermine toujours le fonds !

Ainsi, tu le diras à tes amis de la gendarmerie nationale qui ont mené l’enquête préliminaire, et qui avaient sûrement très peur de l’annulation de leurs actes de procédure très « problématiques » par le commissaire du gouvernement, Cerlin Belinga, qui ne pouvait absolument pas endosser de telles barbaries judiciaires, où par exemple on perquisitionne le domicile d’un haut magistrat de la cour suprême sans aucun mandat, en emportant des caisses de cuillères, qu’on croyait être de l’argent !

Bref, des individus de ton espèce ont mené l’opinion publique en bateau depuis le début de cette affaire (j’ai déjà documenté tous tes contre-vérités publiées dans ton torchon, et j’y reviendrai …), parce qu’etant très occupés, ceux qui connaissent bien cette affaire et qui la suivent depuis le début vous laissaient parler seuls !

Rassure toi, cela ne sera plus le cas !

Dès lors, en plus des menaces que vous ne cessez de m’adresser jour et nuit depuis quelque temps, je dois déjà vous rassurer que tes amis et toi devez déjà chercher un autre Commissaire du gouvernement, en remplacement du tout nouveau qui est train d’arriver, car la vérité c’est comme les fesses, et quoi qu’il fasse, à un moment donné, il devra regarder dans la « bonne direction » de cette affaire ….

Moussa Njoya

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mandat d’arrêt contre le capitaine Effoudou

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Ce dernier est recherché dans le cadre de l’affaire vice-Amiral contre Parfait Mbapou et autres. Le mandat fait suite à une plainte pour une extorsion alléguée de 50 millions de francs CFA déposée par le vice-amiral Joseph Fouda.

Un mandat d’arrêt a été émis le 10 mars 2024 contre le capitaine Romuald Effoudou, ancien chef du bureau du renseignement de l’état-major particulier de la présidence camerounaise.

Les raisons du mandat d’arrêt Plainte pour extorsion : Le mandat fait suite à une plainte pour une extorsion alléguée de 50 millions de francs CFA déposée par le vice-amiral Joseph Fouda.

L’officier est également poursuivi pour désertion en temps de paix après avoir quitté le territoire pour s’exiler en Europe, ce qui a entraîné sa radiation de l’armée en mars 2024.

Depuis l’Europe, le capitaine Effoudou a brisé le silence lors d’une interview diffusée en juillet 2026. Il a mis en cause le secrétaire général de la présidence de la République (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh, l’accusant d’être le commanditaire de l’assassinat du journaliste Martinez Zogo et d’impliquer des proches dans des projets de déstabilisation.

Ces déclarations ont provoqué de vives crispations au sein du sérail politique à Yaoundé. Des personnalités visées, à l’instar de Mohamadou Sani, ont annoncé des poursuites judiciaires en diffamation en France contre l’ancien capitaine et ses relais médiatiques.

Pour rappel, le capitaine Effoudou (nommé Kenneth Romuald Effoudou Awussi ou Donald Effoudou) est un ancien officier de l’armée camerounaise et ex-chef du bureau du renseignement à la présidence. Il est devenu une personnalité très controversée après avoir publié des accusations explosives contre le sommet de l’État depuis son exil en Europe.

Il travaillait à l’État-major particulier du président Paul Biya. Il gérait des informations sensibles liées à la sécurité. Il a déserté l’armée et a quitté le Cameroun. Il a été radié officiellement le 13 mars 2024. Un mandat d’arrêt a été émis contre lui par le tribunal militaire de Yaoundé dans une affaire de plainte pour escroquerie.

Ses déclarations divisent l’opinion publique au Cameroun entre ceux qui croient ses révélations et ceux qui doutent de sa crédibilité.

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neuf ans de crise, neuf ans d’échec scolaire et l’éternel rituel de la rentrée sous escorte (OPINION)

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neuf ans de crise, neuf ans d’échec scolaire et l’éternel rituel de la rentrée sous escorte (OPINION)
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À la veille de la rentrée scolaire 2026-2027, prévue le 7 septembre, une question devrait dépasser les discours officiels, les réunions sécuritaires et les communiqués administratifs : que sommes-nous réellement en train de faire de l’avenir des enfants du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ?

Depuis 2016, l’école camerounaise ne fonctionne plus normalement dans une partie du territoire national. Et neuf ans plus tard, le problème n’est plus seulement celui d’une rentrée perturbée. Il s’agit d’une crise durable du droit à l’éducation, révélatrice d’un échec politique, administratif et sécuritaire.

Cette année encore, le gouvernement renforce le dispositif sécuritaire à l’approche de la rentrée. Le 26 août 2026, une réunion spéciale consacrée à la sécurité des rentrées scolaire et universitaire a réuni notamment les responsables de la Défense, de l’Administration territoriale, de la Sûreté nationale et de la Gendarmerie. Les autorités affirment vouloir prévenir les menaces, notamment les « villes mortes » dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Mais une question demeure : combien de temps encore faudra-t-il simplement sécuriser la rentrée sans parvenir à sécuriser durablement l’école ?

2016 : les premiers signaux étaient pourtant parfaitement visibles

En octobre et novembre 2016, des avocats et des enseignants anglophones descendent dans les rues pour dénoncer notamment les problèmes liés à l’application du système de Common Law et au fonctionnement du système éducatif anglophone.

Le 21 novembre 2016, des enseignants manifestent à Bamenda. Les revendications portent notamment sur le déploiement d’enseignants francophones dans des établissements anglophones. Les tensions dégénèrent et la réponse sécuritaire contribue à radicaliser progressivement la contestation.

Premières faillites de l’État : avoir traité une crise institutionnelle et sociale principalement comme un problème d’ordre public. Au lieu de construire rapidement un mécanisme crédible de résolution des griefs, les autorités alternent mesures administratives, répression, arrestations et initiatives ponctuelles.

En janvier 2017, l’accès à Internet est coupé dans les régions anglophones pendant plusieurs semaines. Dans le même temps, les écoles ferment et le boycott scolaire s’installe.

2017 : l’école devient une arme de la crise

La rentrée de septembre 2017 constitue un tournant. Le gouvernement veut faire de la rentrée scolaire un symbole de retour à la normale. Les mouvements anglophones appellent au contraire au boycott.

Le 4 septembre 2017, date officielle de la rentrée, l’école devient donc un champ de confrontation politique. Puis la situation se détériore rapidement : attaques contre des élèves, présence militaire autour des établissements, incendies d’écoles et multiplication des violences. En octobre 2017, International Crisis Group avertissait déjà du risque d’une véritable insurrection armée.

Le 1ᵉʳ octobre 2017, une déclaration symbolique d’indépendance est proclamée par les séparatistes. Le conflit change alors de nature. Le gouvernement finit par déclarer la guerre aux séparatistes fin novembre 2017. L’école, elle, ne bénéficie d’aucune paix.

2018-2019 : l’urgence devient chronique

À partir de 2018, les enfants du Nord-Ouest et du Sud-Ouest grandissent dans un environnement où aller à l’école peut devenir un acte à risque. Les groupes armés imposent des boycotts. Des établissements sont attaqués. Des enseignants sont menacés. Des familles déplacées doivent choisir entre l’éducation et la sécurité de leurs enfants.

En janvier 2019, les données disponibles dressaient déjà un tableau catastrophique : l’UNESCO rapportait que moins de 10 % des enfants en âge scolaire des deux régions avaient accès à des possibilités éducatives et qu’environ 80 % des écoles formelles n’étaient plus opérationnelles.

En septembre-octobre 2019, le gouvernement organise le Grand Dialogue National. Celui-ci débouche notamment sur l’adoption d’un statut spécial pour le Nord-Ouest et le Sud-Ouest en décembre 2019. Mais le problème fondamental demeure : une réforme institutionnelle annoncée n’est pas la même chose qu’une paix effective sur le terrain.

2020 : Kumba, le symbole d’un échec collectif

Le 24 octobre 2020, l’attaque contre l’école Mother Francisca International Bilingual Academy à Kumba, dans le Sud-Ouest, fait plusieurs morts parmi les enfants et traumatise durablement le pays.

Cet événement aurait dû provoquer un changement radical dans la politique de protection des établissements scolaires. Mais six ans plus tard, les attaques contre l’éducation demeurent documentées. Les rapports internationaux le documentent depuis des années.

2024-2025 : les chiffres démentent le discours de retour à la normale

Selon l’UNICEF, 41 % des écoles du Nord-Ouest et du Sud-Ouest étaient encore non opérationnelles en 2024. La même année, 43 attaques contre l’éducation ont été enregistrées : 36 dans le Nord-Ouest et 7 dans le Sud-Ouest.

En 2025, l’UNICEF signalait encore que plus de la moitié des écoles étaient fermées dans les deux régions et que des milliers d’enfants avaient perdu l’accès régulier à l’enseignement.

Autrement dit, neuf ans après le début de la crise, l’urgence éducative est devenue une réalité structurelle.

Les autorités administratives travaillent beaucoup:

Elles font des réunions.
Elles déploient des forces de sécurité.
Elles organisent des opérations.
Elles annoncent des mesures.
Elles mobilisent des partenaires humanitaires.

2026 : encore une rentrée sous surveillance

Le 7 septembre 2026, les élèves camerounais sont censés reprendre les cours. Mais à quatre jours de cette rentrée, International Crisis Group alerte encore sur le risque de perturbations dans les régions anglophones.

Le scénario est désormais presque ritualisé : réunion sécuritaire → renforcement du dispositif → appels au calme → rentrée → menaces de lockdown → certaines écoles ouvrent → d’autres restent fermées → familles terrorisées → bilan administratif. Et l’année suivante, le même scénario recommence.

Voilà donc une politique publique qui reproduit chaque année le même dispositif sans éliminer la cause de l’échec qui devrait être évaluée, et non simplement reconduite.

Question : Sauver la rentrée ou sauver l’école ? « Comment allons-nous assurer la rentrée scolaire ? »

Mais demander : « Comment allons-nous garantir à un enfant du Nord-Ouest ou du Sud-Ouest dix années consécutives d’éducation normale, sûre et de qualité ? »

Car ouvrir une école pendant quelques semaines n’est pas restaurer le système éducatif.
Faire escorter les enseignants n’est pas reconstruire la confiance.
Installer des militaires devant les établissements n’est pas résoudre une crise politique.
Et distribuer des fournitures scolaires ne remplace pas neuf années d’apprentissage perdues.
Un enfant qui abandonne l’école aujourd’hui ne récupérera pas automatiquement les années perdues demain.

Les conséquences sont multiples : retard scolaire, décrochage, exposition accrue aux violences, précarité économique, drogue, difficultés d’insertion professionnelle et transmission intergénérationnelle de la pauvreté.

La crise transforme ainsi une génération d’enfants en victimes indirectes d’un conflit qu’ils n’ont pas choisi. Et pendant ce temps, l’État continue de parler de rentrée.

Une analyse sérieuse doit refuser le confort du bouc émissaire unique. Les groupes séparatistes portent une responsabilité majeure dans les attaques contre les écoles, les enlèvements, les menaces contre les enseignants et les campagnes de boycott scolaire.

L’État, de son côté, a la responsabilité première de garantir le droit à l’éducation, la sécurité des citoyens et le fonctionnement des services publics. Les populations civiles, elles, sont prises entre ces différentes violences. La responsabilité est donc multiple, mais l’obligation de protection de l’État demeure particulière.

C’est précisément pourquoi les autorités administratives doivent être jugées sur les résultats obtenus et non sur le nombre de réunions organisées.

Quel Cameroun voulons-nous laisser à nos enfants ? Cette question n’est plus rhétorique. Elle engage directement l’avenir national. Un Cameroun dans lequel un enfant de Bamenda, de Kumba, de Mamfe, de Buea ou de Kumbo ne peut pas être certain de retrouver sa classe à chaque rentrée est un Cameroun dont l’unité nationale reste inachevée.

Une République ne se mesure pas seulement à l’intégrité de ses frontières. Elle se mesure aussi à sa capacité à garantir les mêmes droits à ses enfants, où qu’ils soient nés.

À la veille de cette rentrée scolaire 2026-2027, nos pensées vont donc vers ces milliers d’élèves qui s’apprêtent encore à reprendre le chemin de l’école dans des régions meurtries par la crise anglophone.

Par Charles Armel MBATCHOU
Journaliste engagé – Analyste politique et chroniqueur – Historien d’art

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Carburants : le coût d’importation du gasoil au Cameroun bondit de 31,5 % entre juillet et septembre

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Carburants : le coût d’importation du gasoil au Cameroun bondit de 31,5 % entre juillet et septembre
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(Investir au Cameroun) – Le coût d’importation du gasoil calculé dans la structure officielle des prix au Cameroun atteint 860,10 FCFA par litre en septembre 2026, contre 653,85 FCFA en juillet. En deux mois, il augmente de 206,25 FCFA, soit 31,5 %, alors que le prix payé par le consommateur reste fixé à 828 FCFA le litre à Douala.

Cette hausse se répercute directement dans la ligne « soutien/remboursement État » de la structure publiée par la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH). Elle ressort à 315,47 FCFA par litre de gasoil en septembre, contre 109,22 FCFA en juillet, dernière structure mensuelle détaillée que nous avons pu vérifier avant celle de septembre. L’ajustement a ainsi presque triplé en deux mois.

Les prix de détail restent pourtant inchangés au dépôt de Douala-Bonabéri : 840 FCFA le litre de super, 828 FCFA pour le gasoil et 350 FCFA pour le pétrole lampant.

Pour le gasoil, l’essentiel du renchérissement se situe en amont. La cotation moyenne retenue dans la formule passe de 487,08 FCFA par litre en juillet à 606 FCFA en septembre, soit une progression de 118,92 FCFA ou 24,4 %. La prime importateur augmente parallèlement de 58,14 à 128,44 FCFA par litre, soit 70,30 FCFA supplémentaires.

Additionnés, ces deux mouvements représentent 189,22 FCFA sur les 206,25 FCFA d’augmentation du coût d’importation, soit 91,7 %. Le prix du produit importé avant droits, taxes et autres charges passe ainsi de 545,22 à 734,44 FCFA par litre.

Cette évolution survient alors que le marché international du diesel s’est fortement tendu. S&P Global estimait, au 21 août, les stocks mondiaux de diesel à 542 millions de barils, en baisse de 28,5 millions de barils sur un an. Les exportations russes sont tombées à 504 600 tonnes en août, contre 743 000 tonnes en juillet, tandis que Moscou a prolongé jusqu’au 30 septembre son interdiction d’exporter du diesel. Les marchés importateurs africains figurent parmi ceux exposés à cette contraction de l’offre.

Après prise en compte des droits de douane, de la TVA, des autres prélèvements douaniers et du service d’importation, le coût du gasoil atteint 860,10 FCFA par litre en septembre. Il dépasse donc déjà de 32,10 FCFA le prix final de 828 FCFA payé à la pompe, avant même la prise en compte des charges de stockage, de transport intérieur et de distribution.

Un ajustement de 315 FCFA par litre

La structure ramène néanmoins le prix d’entrée TTC du gasoil à la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP) à 565,37 FCFA par litre grâce à la ligne « soutien/remboursement État », inscrite à -315,47 FCFA. Entre juillet et septembre, cette ligne augmente exactement de 206,25 FCFA par litre, soit le même montant que la hausse du coût d’importation.

Ce fonctionnement correspond au mécanisme de stabilisation décrit par la CSPH. L’organisme indique qu’il consiste à fixer un prix de cession à l’importateur et à compenser l’écart positif entre son prix réel et ce prix de cession, écart généralement qualifié de « manque à gagner ».

Les 315,47 FCFA inscrits dans la structure ne peuvent cependant pas être assimilés automatiquement à une dépense budgétaire effectivement décaissée par l’État durant le mois. Ils indiquent l’ajustement unitaire nécessaire pour équilibrer la formule au prix administré. Pour calculer la charge réellement supportée, il faudrait connaître les volumes effectivement mis à la consommation et les compensations liquidées ou réglées aux opérateurs.

Le pétrole lampant affiche l’écart unitaire le plus élevé. Son prix de revient importé atteint 737,14 FCFA par litre en septembre, alors que son prix de détail reste fixé à 350 FCFA. La ligne « soutien/remboursement État » s’établit à 527,47 FCFA par litre. Elle demeure toutefois inférieure aux 662,50 FCFA observés en mai et aux 548,03 FCFA de juin.

Pour le super, la hausse est plus limitée. Son coût d’importation passe de 549,63 FCFA par litre en juillet à 586,83 FCFA en septembre, soit +37,20 FCFA ou 6,8 %. La ligne de soutien évolue parallèlement de 52,79 à 89,99 FCFA par litre, tandis que le prix de détail reste fixé à 840 FCFA.

Les autres composantes varient peu. Le super et le gasoil supportent chacun 54,50 FCFA par litre au titre de la péréquation transport. La taxe spéciale sur les produits pétroliers représente 110 FCFA par litre pour le super et 65 FCFA pour le gasoil. Les trois produits intègrent également 47,88 FCFA par litre au titre du soutien à la raffinerie. Le super et le gasoil supportent en outre 22,50 FCFA par litre destinés à la modernisation des infrastructures.

Baudouin Enama

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27-07-2026 – Hydrocarbures : les importations montent à 274,3 milliards de FCFA au premier trimestre 2026

03-07-2026 – Au Cameroun, la hausse de 60,7% des coûts d’importation du gasoil fait peser une chape de plomb sur l’économie nationale

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