Actualités locales
nous vivons déjà le chaos d’un Cameroun sans Paul Biya
Selon le cinéaste, Sans Paul Biya, plus personne ne sera véritablement respecté dans ce pays.
Dans une récente tribune, Jean Pierre Bekolo décrit les signes d’un chaos à venir sans Paul Biya. Pour lui, «le Cameroun est déjà entré dans une période de contestation permanente qui se joue, pour l’instant, à travers les médias, les réseaux sociaux et les luttes d’influence. Les clans qui s’affrontent déjà devront passer à une autre phase« .
« NOUS VIVONS DEJA LE CHAOS D’UN CAMEROUN SANS PAUL BIYA
Le futur qui nous attend n’est pas flou. Au contraire, il est parfaitement lisible.
C’est même ce à quoi nous assistons depuis plusieurs mois sans parvenir à le nommer.
Ce à quoi nous assistons chaque jour, c’est qu’à mesure que l’autorité de Paul Biya s’efface, l’absence de légitimité de ceux qui prétendent exercer le pouvoir apparaît au grand jour.
Quand bien même certains souhaitent son départ, une réalité demeure : même vieux, même malade, même absent, Paul Biya a continué jusqu’ici à bénéficier d’une autorité symbolique que personne autour de lui ne possède.
Peut-être s’est-il arrangé pour qu’il en soit ainsi.
Il ne se passe pas un jour sans qu’un nouvel exemple vienne renforcer cette idée.
Il ne se passe pas un jour sans que les Camerounais ne s’en prennent à des responsables qui, en théorie, occupent parmi les plus hautes fonctions de l’État mais qui, dans les faits, n’inspirent ni confiance ni respect.
L’opinion publique s’interroge sur le rôle joué par les épouses, les familles et les entourages de certains hauts responsables dans la gestion des richesses, des ressources, de la fortune publique et des entreprises de l’État.
Elle s’interroge sur des réseaux qui, dans une démonstration parfois maladroite de leur influence, semblent désormais se placer au-dessus de la République elle-même, donnant le sentiment d’être plus puissants que les institutions.
À chaque fois, malgré les références répétées au nom de Paul Biya, une même impression se renforce : un Cameroun sans Paul Biya semble voué au chaos.
L’opinion publique s’interroge lorsqu’un ministre des Mines affirme que l’or dont tout le monde parle n’était pas celui de l’État. Beaucoup y voient l’aveu que certaines richesses du Cameroun échappent désormais à la souveraineté nationale et bénéficient davantage à des intérêts particuliers qu’à la collectivité.
Elle s’interroge devant un Conseil constitutionnel dont une partie importante des citoyens considère qu’il a validé ce qu’elle perçoit comme un mensonge politique. Un mensonge qui aurait été toléré parce qu’il servait Paul Biya, mais qui ne bénéficie plus aujourd’hui de la même indulgence. L’autorité morale de cette institution s’en trouve profondément affaiblie.
Elle s’interroge devant des ministères devenus invisibles, incapables de résoudre les problèmes quotidiens des Camerounais, tandis que leurs responsables continuent de bénéficier des privilèges liés à leurs fonctions.
Elle s’interroge devant certains PCA et DG dont les mandats semblent s’éterniser bien au-delà de ce qui était initialement prévu, sans que personne ne paraisse en mesure de les remplacer.
Elle s’interroge lorsque autour de la création d’un poste de vice-président, après une réforme constitutionnelle adoptée par des députés dont les mandats avaient déjà expiré et qui se sont eux-mêmes prorogés. Elle s’interroge également sur la multiplication d’actes signés par délégation permanente, au point que la frontière entre la décision du président et celle de son entourage devient parfois difficile à distinguer.
Pris séparément, chacun de ces faits peut être discuté.
Pris ensemble, ils racontent une seule histoire.
Sans Paul Biya, plus personne ne sera véritablement respecté dans ce pays.
Sans Paul Biya, parce que beaucoup ont participé, d’une manière ou d’une autre, aux accommodements, aux silences, aux manipulations ou à l’inertie du système, aucune personnalité et aucune institution ne semble aujourd’hui capable de rassembler la Nation camerounaise.
Sans Paul Biya, les rivalités qui étaient jusqu’ici contenues, ou limitées à des coups bas et des luttes d’influence, vont changer de nature et éclater au grand jour.
Sans Paul Biya, ceux qui pensent pouvoir hériter du système par décret ou par arrangement découvriront à leurs dépens la bombe à retardement que représente ce Cameroun sans Biya.
Voilà pourquoi le futur du Cameroun est si clair.
Le Cameroun est déjà entré dans une période de contestation permanente qui se joue, pour l’instant, à travers les médias, les réseaux sociaux et les luttes d’influence.
Les clans qui s’affrontent déjà devront passer à une autre phase.
Il ne faut pas exclure des affrontements beaucoup plus graves tels que des assassinats.
Les institutions, déjà paralysées, seront incapables de jouer leur rôle. À l’intérieur même de ces institutions, des voix s’élèveront pour contester les décisions prises.
Les finances publiques et les mécanismes de financement seront à leur tour affectés par cette guerre de succession, provoquant une sérieuse crise.
Desormais
Chaque décision sera remise en cause.
Chaque nomination sera suspectée.
Chaque succession sera contestée.
Tout cela porte un nom : le chaos.
Et ce chaos ne vient ni de l’opposition, ni de l’étranger.
Il naît de l’épuisement d’un système qui ne sait plus fonctionner sans Paul Biya.
Voila qu’ils ont confié un nouveau mandat de sept ans à un homme de 93 ans. Et à peine quelques mois plus tard, les signes du désordre apparaissent déjà.
La sagesse impose donc une seule voie.
Faire ses valises.
Oui ils sont nombreux dans ce pays qui doivent en ce moment faire leurs valises. Non pas sous la pression ou l’humiliation.
Mais par responsabilité historique.
Ceux qui estiment avoir suffisamment servi.
Ceux qui considèrent avoir suffisamment donné.
Ceux qui savent qu’ils ne peuvent plus apporter les réponses dont le pays a besoin.
Ceux-là doivent avoir le courage de partir.
Leur dernier service au Cameroun ne consiste plus à conserver le pouvoir.
Il consiste à organiser la transition.
Une transition conduite par un gouvernement provisoire à mission limitée.
Une transition chargée de remettre à plat les institutions.
Une transition chargée de reconstruire la confiance.
Une transition chargée d’élaborer de nouvelles règles du jeu.
Une transition chargée d’organiser enfin une élection digne de ce nom.
C’est la seule voie raisonnable.
C’est la seule voie pacifique.
C’est la seule voie capable d’éviter l’effondrement.
Tout le reste n’est qu’une tentative de prolonger artificiellement un système arrivé à son terme.
Toutes les manœuvres, toutes les réunions secrètes, tous les stratagèmes de l’ombre, tout ce qui ne se fera pas au grand jour, tous les plans hasardeux conçus pour contourner la volonté du peuple camerounais et retarder l’inévitable — constitue un danger pour la Nation.
Leurs auteurs devront en assumer l’entière responsabilité devant l’Histoire, car toutes ces démarches sont vouées à produire exactement le résultat que nous voulons tous éviter :
Le chaos ».
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le tribunal d’Ekounou refuse de trancher le conflit interne au parti

Le tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou a rendu ce jeudi 17 septembre 2026 sa décision très attendue dans la procédure opposant le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) à trois de ses anciens militants. La juridiction se déclare incompétente pour statuer sur le fond du litige.
Pour retracer la chronologie de cette affaire : tout commence en juin 2025, lorsque Maurice Kamto démissionne de la présidence du MRC afin de briguer l’investiture du Manidem pour la présidentielle. Sa candidature est rejetée successivement par ELECAM puis par le Conseil constitutionnel. En décembre 2025, il retrouve la tête du parti. Willy Mengue, Kamegne Georgette Laure dite Laure Noutchang et Sébastien Mbala Wouria II contestent alors cette réintégration, affirmant qu’elle méconnaît les statuts du MRC, faute de constat officiel de démission par le directoire et de convention organisée dans le délai statutaire de soixante jours.
Le 29 juin 2026, le Comité national de médiation et d’arbitrage du parti prononce l’exclusion définitive de Willy Mengue pour trahison, indiscipline et manquement à la loyauté. En parallèle, les trois requérants saisissent la chambre des référés du Tribunal d’Ekounou, réclamant la désignation d’un mandataire judiciaire ad hoc chargé de « normaliser » le fonctionnement du parti.
Les audiences des 10 et 15 septembre voient le ministère public plaider l’incompétence du juge des référés, invoquant le principe de libre administration des partis politiques garanti par la loi de 1990. Les avocats du MRC développent le même argumentaire, tandis que Willy Mengue et ses codemandeurs désertent les deux dernières audiences, seul un collaborateur de leur conseil déposant des conclusions écrites.
En se déclarant incompétent, le tribunal confirme la position défendue par le parquet et par la défense du MRC : la justice civile ne saurait s’immiscer dans l’organisation interne d’une formation politique. Cette décision referme, pour l’instant, un chapitre judiciaire qui aura duré plusieurs mois.
Source : Africa Renaissance tv
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