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Sous contrôle de l’État, General Bank of Cameroon installe sa nouvelle équipe dirigeante

(Investir au Cameroun) – Deux mois après le rachat de Société Générale Cameroun, le nouvel actionnaire public met progressivement en place les organes de gouvernance de l’établissement rebaptisé General Bank of Cameroon (GBC). Réuni le 15 juillet 2026 à Yaoundé, le conseil d’administration a porté Ezéchiel Passam Mukwade à sa présidence et nommé Victor Noumoué au poste de directeur général. Jean-Michel Ondo et Roland Firmin Same Dikongue complètent l’équipe en qualité de directeurs généraux adjoints.
Ces nominations interviennent après la finalisation, le 12 mai 2026, de l’acquisition par l’État camerounais des 58,08 % du capital jusque-là détenus par le groupe français Société Générale. Déjà propriétaire de 25,60 % des actions, l’État détient désormais 83,68 % de la banque, contre 16,32 % pour SanlamAllianz Cameroun Assurances.
Le choix de la continuité managériale
La composition de la nouvelle équipe dirigeante traduit une volonté de préserver la continuité opérationnelle après le changement d’actionnaire. Le nouveau président du conseil d’administration, Ezéchiel Passam Mukwade, connaît déjà l’établissement pour y avoir exercé les fonctions de directeur général adjoint. Avant de rejoindre Société Générale Cameroun en 2017, ce banquier avait notamment travaillé à la BICIC, devenue BICEC, puis à Citibank Cameroun, où il avait occupé plusieurs responsabilités dans les domaines juridique, de la conformité, du crédit et des ressources humaines.
Victor Noumoué prend, pour sa part, officiellement la direction générale après avoir assuré la transition à la tête de la banque. Ancien directeur général adjoint de Société Générale Cameroun, il supervisait notamment les opérations, les systèmes d’information, la conformité, le secrétariat général et l’expérience client.
Son parcours l’a également conduit au sein du groupe Ecobank, où il a exercé des responsabilités au Cameroun, au Tchad, au Togo et au Burundi. Il a notamment dirigé Union Bank of Cameroon après sa reprise par Ecobank et participé à plusieurs opérations de restructuration et de rapprochement bancaire.
En s’appuyant sur des cadres issus de l’ancienne organisation, l’État limite ainsi le risque de rupture dans la gestion des portefeuilles de clients, des engagements de crédit et des systèmes d’information. Le changement de contrôle ne signifie toutefois pas encore que le futur positionnement commercial et stratégique de la banque est définitivement arrêté.
Le chantier de la recapitalisation
La nouvelle direction devra notamment achever l’adaptation du capital social de la banque aux exigences de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC). Selon les anciens statuts de Société Générale Cameroun, le capital de l’établissement s’établissait à 12,5 milliards de FCFA, soit la moitié du nouveau minimum réglementaire de 25 milliards de FCFA applicable aux banques de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale.
Une augmentation de capital et une modification des statuts figuraient ainsi à l’ordre du jour de l’assemblée générale mixte convoquée le 5 juin 2026 à Douala. Les modalités définitives de cette recapitalisation et la répartition des contributions entre les actionnaires n’ont cependant pas encore été rendues publiques.
Cette opération constituera un premier test de la nouvelle politique actionnariale. Elle permettra notamment de déterminer si l’État entend financer seul le renforcement du capital ou solliciter la participation de SanlamAllianz, voire préparer à terme l’entrée d’un autre investisseur.
Au-delà de la conformité réglementaire, la nouvelle équipe devra préciser la vocation de General Bank of Cameroon : rester une banque commerciale universelle fonctionnant selon les standards de l’ancienne filiale française ou devenir un instrument plus directement mobilisé dans le financement des priorités économiques de l’État.
Socadel, premier test opérationnel
La banque a déjà été retenue pour accompagner une opération de financement concernant une entreprise publique stratégique. Le 1er juillet 2026, la Société camerounaise d’électricité (Socadel) lui a confié un mandat d’arrangement et de levée de fonds de 60 milliards de FCFA sur le marché bancaire local.
Les ressources recherchées doivent financer des investissements prioritaires dans les infrastructures de production, de distribution et de commercialisation de l’électricité. L’opération n’est toutefois pas encore finalisée : GBC agit, à ce stade, comme arrangeur chargé de structurer et de mobiliser le financement, et non comme prêteur unique de la totalité des 60 milliards de FCFA.
Ce mandat constitue néanmoins l’un des premiers dossiers d’envergure confiés à General Bank of Cameroon depuis son passage sous contrôle public. Il permettra d’évaluer sa capacité à fédérer un pool bancaire local autour d’une entreprise confrontée à d’importants besoins de trésorerie et d’investissement.
Avec l’installation de sa gouvernance, la première phase de la transition institutionnelle est désormais achevée. Restent à préciser la structure financière de la banque, son degré d’autonomie à l’égard de l’actionnaire public et la place qu’elle occupera dans le financement des entreprises publiques et de l’économie camerounaise.
Amina Malloum
Lire aussi:
13-05-2026 – Société Générale Cameroun (SGC) devient General Bank of Cameroon (GBC) après son rachat par l’État
19-03-2025 – SCB, Société Générale et Banque Atlantique impulsent la hausse (+20,9%) du crédit bancaire à fin septembre 2024
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le maire de Makary fait le lien avec l’arrestation d’un présumé ravitailleur de Boko Haram

Le village Madegoua, situé à environ 9 km de Makary, dans le département du Logone-et-Chari, a été pris pour cible dans la nuit du mercredi au jeudi 17 septembre 2026.
Selon le maire de la commune de Makary, Agbassi Adoum, joint au téléphone par le journaliste Jean Charles Biyo’o Ella, il est fort probable que l’attaque de Madegoua survenue vers 2 h du matin ce 17 septembre et qui a coûté la vie à 13 personnes, toutes inhumées ce matin, soit une opération de représailles !
Tôt ce jeudi vers 2 h du matin, alors que les habitants dormaient, une escouade d’hommes armés a fait irruption dans la localité. Les premiers tirs ont brutalement réveillé les populations. Les assaillants ont alors ouvert le feu sur plusieurs habitants, faisant treize morts et plusieurs blessés.
Des enfants auraient également été enlevés au cours de cette incursion, selon la même source. Le nombre exact des personnes kidnappées reste toutefois à établir.
Pour le maire de Makary, cette attaque pourrait être liée à une opération de représailles. L’édile fait le rapprochement avec l’arrestation, le 9 août dernier, d’un homme présenté comme un présumé ravitailleur de Boko Haram. Le suspect, domicilié à Ngouma, avait été interpellé à Dougoum-Silo, dans l’arrondissement de Hilé-Alifa, avec une importante cargaison de munitions.
Selon les éléments rendus publics à l’époque par la Gendarmerie nationale, les forces de l’ordre avaient découvert 7 412 munitions de calibre 7,62 × 39 millimètres, dissimulées dans trois bidons. Le suspect avait ensuite été conduit à l’état-major de la compagnie de gendarmerie de Makary pour les besoins de l’enquête.
Pour le maire, l’homme avait été dénoncé par des habitants avant son interpellation. L’attaque de Madégoua, survenue tôt ce matin, serait donc, selon lui, une vengeance contre une population accusée d’avoir contribué à son arrestation. Une hypothèse qui reste, à ce stade, à confirmer par les autorités sécuritaires et judiciaires.
Cette nouvelle attaque rappelle l’incursion menée en juin dernier à Afadé, autre localité de l’arrondissement de Makary. Des hommes armés avaient alors fait irruption de nuit au palais du sultan et enlevé plusieurs personnes, parmi lesquelles deux filles du chef traditionnel, âgées de cinq et quatorze ans.
À Madégoua, l’heure est désormais au deuil et à l’inquiétude. Dans cette partie du Logone-et-Chari, les populations restent exposées aux incursions nocturnes, aux enlèvements et aux attaques attribués aux groupes armés actifs autour du bassin du lac Tchad.
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Logone-et-Chari : 13 morts dans une attaque à Madegoua
Le village de Madegoua, situé à environ 9 km de Makary, dans le département du Logone-et-Chari, a été attaqué dans la nuit du mercredi au […]
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Willy Mengue attaqué par Mamadou Mota après sa défaite judiciaire face au MRC

L’ancien premier vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Mamadou Yacouba Mota, a vivement réagi à la décision du Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou dans l’affaire opposant le parti à trois de ses anciens militants, dont Willy Mengue.
Dans un texte publié sur les réseaux sociaux, M. Mota s’en prend particulièrement à Willy Mengue, qu’il accuse d’avoir choisi la voie judiciaire pour contester le fonctionnement interne du MRC.
« Le cas d’école Willy Mengue », écrit-il en ouverture, avant de dénoncer ce qu’il présente comme une démarche contraire, selon lui, au combat politique mené par le parti.
Le Tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou s’est déclaré, jeudi, incompétent pour examiner en référé la demande introduite par Willy Mengue, Kamegne Georgette Laure, dite Laure Noutchang, et Sébastien Mbala Wouria II. Les trois requérants sollicitaient notamment la désignation d’un mandataire judiciaire ad hoc chargé de « normaliser » le fonctionnement du MRC.
Lire la sortie de Mamadou Mota :
« De l’art d’être le dindon d’une farce tragique : le cas d’école Willy Mengue.
Mes chers amis, s’il y a bien une leçon à tirer des soubresauts politiques qui agitent notre scène nationale, c’est que le ridicule possède désormais ses propres professionnels. Pour comprendre la dernière sortie numérique de Monsieur Willy Mengue, il convient d’abord de rappeler le décor. Nous ne sommes pas dans une démocratie scandinave où l’on débat du budget autour d’un thé. Nous sommes au Cameroun, un pays où faire de l’opposition et en particulier au MRC s’apparente à une discipline de haute voltige sans filet.
L’acharnement du régime de Yaoundé n’est plus une tactique, c’est une seconde nature. Arrestations arbitraires, interdictions systématiques, diabolisation médiatique : l’appareil d’État déploie un zèle kafkaïen pour étouffer le moindre souffle de dissidence. Et c’est précisément au milieu de cette tempête, alors que ses anciens camarades font face aux vents contraires avec un courage qui force le respect, que Monsieur Willy Mengue a eu cette illumination magistrale : traîner son propre parti en justice. Quelle audace. Quelle vision stratégique.
Malheureusement pour lui, son plan s’est fracassé sur un écueil prévisible : la justice s’est déclarée incompétente. Traduction politique : circulez, il n’y a rien à voir.
En renvoyant ce plaignant égaré à ses chères études, le tribunal n’a pas seulement douché ses ambitions de grandeur ; il a involontairement privé le MINAT d’un hochet qu’il s’apprêtait à agiter avec gourmandise pour déstabiliser l’opposition. Mais le summum de l’art dramatique est atteint lorsque l’intéressé se répand sur Facebook, la mine défaite, en écrivant : « Quelle triste nouvelle pour le MRC ». Voyez-vous cela.
Monsieur joue les Tartuffes de la démocratie. Il feint de pleurer sur le sort d’un parti qu’il a lui-même tenté de saboter. La vérité, c’est que la triste nouvelle n’est que pour lui, et pour cette cohorte d’opportunistes qui n’ont jamais compris la gravité de la tâche qui leur incombait. Ils ont confondu le combat pour la liberté avec une vulgaire querelle d’arrière-boutique, jouant avec une constance touchante le rôle d’idiots utiles pour un régime qui n’en demandait pas tant. Heureusement, face à ce vaudeville juridico-politique, il restait des adultes dans la pièce.
Je tiens à saluer le collectif Souop Sylvain. Votre patience face à l’absurde, votre abnégation et votre rigueur ont agi comme un puissant révélateur. Vous avez démontré que face aux marionnettes et aux maîtres du cynisme d’État, la droiture et la constance restent les seules boussoles. Les masques sont tombés, et le spectacle est terminé.
Mamadou Mota
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