Actualités locales
« Avec des remplaçants, on ne gagnera rien »
L’ancien international camerounais Serge Branco n’a pas mâché ses mots. Dans une sortie au ton direct et sans concession, l’ex-Lion Indomptable a pointé du doigt un mal profond qui, selon lui, freine le retour du Cameroun au sommet du football africain et mondial : le manque de temps de jeu des internationaux camerounais dans leurs clubs respectifs.
Pour l’ancien défenseur, le constat est alarmant. « Je regarde nos joueurs : la plupart sont remplaçants dans leur club. Comment retrouver la grandeur du football camerounais si tous nos joueurs sont remplaçants ? », s’interroge-t-il avec gravité.
Selon Serge Branco, le problème dépasse le simple cadre des performances individuelles. Il touche directement à la compétitivité de la sélection nationale. L’ancien Lion estime qu’un joueur qui ne joue pas régulièrement en club ne peut prétendre porter une sélection ambitieuse vers les sommets.
Il invite d’ailleurs les internationaux camerounais à faire des choix forts lors du prochain mercato : « S’ils ne jouent pas, ils doivent changer de club. Il faut aller là où on joue. »
Dans son analyse, Serge Branco cite quelques exemples précis. Arthur Avom, milieu de terrain de Lorient, trouve grâce à ses yeux pour sa régularité cette saison. Mais même là, l’ancien international nuance : « Lorient reste un club moyen. Il faudrait qu’il aille dans un plus grand club pour qu’on puisse parler de joueur de haut niveau. »
À ses yeux, très peu de Lions Indomptables évoluant en Europe peuvent se targuer d’avoir disputé 70 à 80 % des matchs de leur équipe cette saison. André-Frank Zambo Anguissa, pourtant cadre de la sélection, n’échappe pas à ses critiques. « On dira qu’il était blessé, mais les grands joueurs ne se blessent pas tout le temps », lance-t-il.
Même constat pour Bryan Mbeumo, auteur pourtant d’une saison globalement convaincante. Serge Branco estime que l’attaquant camerounais a perdu du terrain lors de la seconde partie de saison : « Il a fait une bonne phase aller, mais en phase retour il a été remplaçant sans être blessé. »
Le technicien camerounais élargit ensuite ses critiques à plusieurs jeunes internationaux, notamment Darlin Yongwa ou Aboubakar Nagida, qu’il juge talentueux mais insuffisamment considérés dans leurs clubs. Pour lui, évoluer sans statut de titulaire ralentit inévitablement leur progression.
Plus sévère encore, Serge Branco remet en question le niveau global des championnats dans lesquels évoluent certains Lions Indomptables. « On ne gagnera pas la Coupe du monde ni la CAN avec des joueurs de Ligue 2 et du championnat algérien », tranche-t-il en évoquant notamment Samuel Kotto et Che Malone.
Enfin, l’ancien défenseur compare la situation du Cameroun à celle des grandes nations africaines actuelles. Maroc, Sénégal, Égypte ou Nigéria servent de modèles. « Leurs joueurs sont titulaires dans les cinq grands championnats européens. C’est là que se joue le haut niveau », insiste-t-il.
À travers cette sortie musclée, Serge Branco pose finalement une question essentielle : le football camerounais peut-il retrouver son prestige sans joueurs majeurs dans les grands clubs européens ? Une interrogation qui risque d’alimenter les débats dans les prochains mois autour des choix de carrière des Lions Indomptables.
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Cemac : la BEAC maintient son offre de liquidité aux banques à 500 milliards de FCFA malgré la fluctuation de la demande
(Investir au Cameroun) – La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a lancé, le 25 mai 2026, une nouvelle opération principale d’injection de liquidités sur le marché monétaire de la Cemac. Pour cette opération, dont la date de valeur est fixée au 28 mai et l’échéance au 4 juin 2026, l’institut d’émission des six pays de la sous-région — Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et Centrafrique a proposé aux banques commerciales une enveloppe de 500 milliards FCFA.
Dans son avis d’appel d’offres, la BEAC indique qu’elle « procède ce jour au lancement d’une opération principale d’injection de liquidités sur le marché monétaire » pour un montant de 500 milliards FCFA. L’opération est conduite à taux variables, avec un taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) fixé à 4,75%.
Cette nouvelle offre confirme le retour de la banque centrale à un niveau d’intervention de 500 milliards FCFA, après une séquence marquée par des demandes bancaires irrégulières. Le 5 mai 2026, les établissements de crédit avaient exprimé des besoins supérieurs à l’enveloppe proposée : la demande s’était établie à 572,2 milliards FCFA, contre 500 milliards FCFA mis en adjudication par la BEAC. L’intégralité de l’offre avait alors été servie.
La tendance s’est ensuite inversée. Lors de l’opération du 12 mai, l’institut d’émission a porté le montant mis en adjudication à 550 milliards FCFA, mais les banques commerciales n’ont sollicité que 364,2 milliards FCFA, intégralement servis. Une semaine plus tard, le 18 mai, l’offre est revenue à 500 milliards FCFA, pour une demande de 426 milliards FCFA.
Cette évolution traduit une demande de refinancement en dents de scie dans le système bancaire de la Cemac. Après avoir dépassé l’offre de la banque centrale au début du mois de mai, les besoins exprimés par les établissements de crédit sont repassés en dessous des montants proposés lors des deux opérations suivantes.
Pour les banques, le recours au guichet de la banque centrale répond d’abord à des besoins de trésorerie et de refinancement à court terme. Des banquiers expliquent que ces sollicitations augmentent notamment lorsque les besoins de financement de la clientèle ou les contraintes de liquidité dépassent les disponibilités internes des établissements. Mais la demande adressée à la BEAC ne reflète pas uniquement la dynamique du crédit : elle dépend aussi de la gestion de trésorerie des banques, de leurs actifs éligibles en garantie et des conditions du marché interbancaire.
Le maintien d’une enveloppe de 500 milliards FCFA apparaît ainsi comme un calibrage prudent. La BEAC continue d’alimenter le marché bancaire en liquidité, sans ajuster mécaniquement son offre à chaque variation hebdomadaire de la demande. Cette posture permet de soutenir le financement de l’économie tout en évitant une injection excessive de ressources dans le système bancaire.
Malgré la progression observée par rapport au début de l’année 2026, la demande actuelle des banques commerciales reste inférieure aux niveaux records atteints à partir de septembre 2025. À cette période, les besoins exprimés par les établissements de crédit avaient franchi le seuil de 650 milliards FCFA, avant d’atteindre 700 puis 800 milliards FCFA en octobre, poussant la BEAC à relever progressivement ses offres de liquidité.
La séquence de mai 2026 montre donc un marché bancaire encore demandeur de ressources, mais moins tendu qu’au second semestre 2025. Pour la banque centrale, l’enjeu consiste désormais à trouver le bon équilibre entre soutien au financement bancaire, maîtrise de la liquidité et préservation de la stabilité monétaire dans la Cemac.
BRM
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le débat sur les entraîneurs camerounais relancé
Les déclarations du journaliste sportif Franck Pujadas ont ravivé une controverse aussi ancienne que sensible dans le football camerounais : les techniciens locaux ont-ils réellement le profil pour diriger les Lions Indomptables ? À travers une sortie particulièrement critique visant David Pagou, le journaliste remet au centre des discussions la politique de nationalisation du banc de touche engagée ces dernières années par la FECAFOOT.
Pour Franck Pujadas, les récents événements autour de la sélection nationale constituent la preuve que les entraîneurs camerounais ne seraient pas encore prêts à gérer une équipe du standing des Lions Indomptables. En prenant pour exemples l’échec de Rigobert Song et les difficultés actuelles de David Pagou, il estime que les techniciens locaux manqueraient encore des compétences nécessaires pour porter les ambitions d’une nation quintuple championne d’Afrique.
Cette sortie intervient dans un contexte déjà tendu autour de la gestion sportive des Lions. L’expédition australienne, marquée par plusieurs dysfonctionnements durant la dernière fenêtre FIFA, avait déjà suscité de nombreuses critiques. Mais c’est surtout l’absence annoncée du Cameroun sur la scène internationale lors de la prochaine période FIFA qui a alimenté les interrogations. Les justifications avancées par David Pagou n’ont visiblement pas convaincu, renforçant le scepticisme de certains observateurs sur sa capacité à gérer une sélection de très haut niveau.
Au-delà du cas Pagou, c’est toute la question de la compétence des entraîneurs locaux qui ressurgit. Depuis plusieurs décennies, le Cameroun oscille entre entraîneurs nationaux et techniciens étrangers. Les partisans des coaches locaux mettent souvent en avant leur connaissance du football camerounais, leur proximité culturelle avec les joueurs et leur compréhension des réalités du pays. À l’inverse, leurs détracteurs estiment que l’expérience internationale, la gestion de la pression médiatique et la rigueur tactique restent insuffisantes chez plusieurs techniciens nationaux.
L’épisode Rigobert Song a profondément marqué les esprits. Malgré son immense aura comme ancien capitaine emblématique des Lions Indomptables, son passage à la tête de la sélection n’a pas produit les résultats espérés. Pour beaucoup, cette expérience a révélé les limites d’une nomination davantage portée par l’émotion populaire que par une véritable logique de performance et de compétence technique.
Cependant, réduire les difficultés des Lions Indomptables au seul profil des entraîneurs locaux pourrait apparaître simpliste. Le football camerounais souffre également de problèmes structurels persistants : instabilité administrative, conflits d’autorité, préparation approximative des compétitions, gestion contestée des joueurs et manque de vision à long terme. Même les entraîneurs étrangers passés sur le banc des Lions ont souvent été confrontés à ces mêmes difficultés.
Le débat posé par Franck Pujadas soulève donc une question essentielle : faut-il abandonner la politique de nationalisation du banc des Lions ou plutôt mieux accompagner les techniciens camerounais ? Car si certains entraîneurs locaux semblent encore manquer d’expérience pour gérer une sélection aussi exigeante, cela pose aussi le problème de leur formation, de leur exposition au haut niveau et des moyens mis à leur disposition.
Dans les grandes nations de football, les entraîneurs locaux deviennent performants grâce à un véritable système de développement technique. Sans investissements dans la formation, les échanges internationaux et la professionnalisation des staffs, il sera difficile pour le Cameroun de bâtir durablement une élite d’entraîneurs capable de rivaliser avec les meilleurs standards internationaux.
Aujourd’hui, la FECAFOOT se retrouve face à un choix délicat. Revenir à des entraîneurs étrangers pourrait calmer certaines critiques à court terme, mais cela ne résoudrait pas nécessairement les problèmes profonds du football camerounais. À l’inverse, maintenir la confiance aux techniciens locaux exigera patience, accompagnement et exigence de résultats.
Une chose est certaine : autour des Lions Indomptables, le débat sur le profil idéal du sélectionneur est loin d’être terminé.
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API : 1 900 milliards de FCFA d’investissements agréés depuis 2014, mais seuls 22 % des emplois annoncés ont été créés
(Investir au Cameroun) – Entre 2014 et 2024, 453 projets privés ont été agréés au Cameroun pour un volume global d’investissements estimé à près de 1 900 milliards de FCFA. Mais derrière cette performance affichée, le bilan apparaît nettement moins flatteur sur le terrain de l’emploi : sur les 180 000 postes annoncés par les promoteurs, seuls 40 000 ont effectivement été créés à ce jour, soit un taux de réalisation de 22 %, selon les données présentées par l’Agence de promotion des investissements (API) le 26 mai 2026 à Douala.
Ces chiffres ont été dévoilés lors d’une rencontre organisée par la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (CCIMA) sur l’optimisation des incitations à l’investissement au Cameroun, rapporte Cameroon Tribune. Ils illustrent le décalage persistant entre les projets agréés et leur impact réel sur l’économie.
D’après l’API, les investissements directs étrangers représentent la plus grande part des montants validés, avec environ 1 250 milliards de FCFA, contre 650 milliards pour les investissements domestiques. La région du Littoral reste la principale destination de ces projets, portée par le poids économique de Douala, ses infrastructures portuaires et la densité de son tissu entrepreneurial.
Au cœur des échanges de Douala figurait justement cette question de l’effectivité. Dans un contexte de concurrence accrue entre pays africains pour capter les capitaux, les participants ont insisté sur la nécessité d’améliorer le climat des affaires et d’accélérer la transformation des agréments en investissements réellement exécutés.
L’API poursuit, dans cette logique, sa campagne de sensibilisation autour du nouveau cadre légal sur les incitations à l’investissement, issu de l’ordonnance du 18 juillet 2025. Pour les autorités, l’enjeu n’est plus seulement d’attirer des projets, mais de faire en sorte qu’ils se traduisent davantage en activités productives et en emplois durables.
P.N.N
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