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Afreximbank devient le premier créancier commercial du Cameroun, avec un encours en hausse de 162,4% sur un an

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Afreximbank devient le premier créancier commercial du Cameroun, avec un encours en hausse de 162,4% sur un an
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(Investir au Cameroun) – La dette commerciale du Cameroun a franchi le seuil des 2 000 milliards FCFA à fin mars 2026. Selon la dernière note de conjoncture de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), cette composante de la dette extérieure s’est établie à 2 083,7 milliards FCFA au premier trimestre 2026. Dans cette catégorie, qui regroupe les emprunts mobilisés à des conditions de marché auprès de créanciers non concessionnels, Afreximbank apparaît désormais comme le premier créancier commercial du pays.

Selon la classification retenue par la CAA, la Banque africaine d’import-export, plus connue sous son acronyme anglais Afreximbank, concentre à elle seule 26,3% de la dette commerciale du Cameroun, soit environ 547,9 milliards FCFA. Cette institution financière panafricaine, spécialisée dans le financement du commerce intra- et extra-africain, devance ainsi les opérations de placement privé réalisées via LSEG, le London Stock Exchange Group, ainsi que l’eurobond émis par le Cameroun en 2021.

Dans sa note, la CAA résume cette évolution en ces termes : « Au 31 mars 2026, la dette commerciale s’établit à environ 2 083,7 milliards de FCFA, franchissant ainsi le seuil de 2 000 milliards de FCFA. Cette évolution traduit le recours progressif du Cameroun aux marchés internationaux. » Le gestionnaire de la dette publique précise que cette composante est « principalement portée par les emprunts contractés auprès d’Afreximbank », qui représentent 5,9% de la dette extérieure totale du pays.

Derrière Afreximbank, les placements privés réalisés via LSEG constituent 23,2% de la dette commerciale, soit 5,2% de la dette extérieure totale. L’eurobond de 2021 arrive ensuite, avec 21,6% de cette catégorie, soit 4,8% de la dette extérieure totale. Cette structure confirme une évolution importante : le Cameroun diversifie ses sources de financement, mais recourt de plus en plus à des instruments de marché, généralement plus coûteux que les prêts concessionnels accordés par les bailleurs traditionnels.

Une hausse de 339,1 milliards FCFA en un an

L’accélération est particulièrement nette sur un an. Entre mars 2025 et mars 2026, l’encours de la dette du Cameroun vis-à-vis d’Afreximbank est passé de 208,8 milliards FCFA à 547,9 milliards FCFA. Cela représente une progression de 339,1 milliards FCFA en valeur absolue, soit une hausse de 162,4% en glissement annuel.

Cette montée en puissance traduit le rôle croissant d’Afreximbank dans la stratégie de financement du Cameroun. Elle intervient dans un contexte marqué par des besoins budgétaires élevés, la recherche de ressources alternatives aux financements concessionnels et la volonté des autorités de mobiliser davantage de capitaux sur les marchés internationaux et auprès d’institutions panafricaines.

Le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, avait lui-même souligné ce rôle lors de la présentation aux investisseurs du programme de financement de l’État pour l’année 2026, le 19 février 2026 à Douala.« Depuis 2024, cette grande institution panafricaine a mobilisé, au profit de l’État et du secteur privé camerounais, des facilités cumulées d’un montant de plus de 600 milliards de FCFA », avait-il déclaré.

Le membre du gouvernement avait alors présenté Afreximbank comme un partenaire stratégique de Yaoundé.« Dans un contexte international exigeant, ce soutien constant témoigne d’une confiance forte et assumée dans le potentiel et la signature du Cameroun », avait ajouté Louis Paul Motazé. Cette déclaration illustre la place désormais occupée par la banque panafricaine dans le dispositif de financement du pays, même si elle ne détaille pas la ventilation exacte de ces concours entre l’État, les entreprises publiques et le secteur privé.

Des interventions surtout orientées vers le secteur public

Selon les informations disponibles, les concours financiers d’Afreximbank au Cameroun sont majoritairement orientés vers le secteur public. Ces interventions prennent toutefois des formes diverses : prêts directs, garanties, opérations de change ou appuis à la mobilisation de ressources sur le marché intérieur.

C’est notamment le cas de l’opération de swap ayant permis au gouvernement de convertir des ressources en euros en FCFA, dans le cadre de l’émission de titres publics de 200 milliards FCFA sur le marché de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) en juin 2025. Afreximbank a également fourni une garantie à l’État du Cameroun pour faciliter la mobilisation de 159 milliards FCFA auprès de banques locales en 2025.

L’institution a aussi accompagné des financements destinés à des projets publics, dont trois crédits d’un montant total de 96 milliards FCFA octroyés à l’État pour le Projet d’électrification par système solaire photovoltaïque de 200 localités. Ces opérations illustrent la diversité des instruments utilisés par Afreximbank, mais aussi le poids croissant de ses engagements dans la trajectoire d’endettement du Cameroun.

Ce point est essentiel pour l’analyse de soutenabilité. Une garantie, un prêt direct ou une opération de swap n’ont pas le même effet immédiat sur le stock de dette, ni les mêmes implications budgétaires. Mais leur multiplication confirme le rôle désormais central de la banque panafricaine dans le financement de l’État camerounais.

Afreximbank prend aussi pied dans le secteur privé

Depuis l’ouverture, en 2021, de son bureau régional pour l’Afrique centrale à Yaoundé, Afreximbank renforce également sa présence dans le secteur privé camerounais. L’institution financière est notamment associée au projet de construction d’une usine de production de bitume à Kribi, porté par la société All Bitumen PLC.

Selon les éléments disponibles, Afreximbank a financé à hauteur de près de 2 milliards FCFA les études de maturation de ce projet industriel. L’unité, dont le coût est estimé à 161 milliards FCFA, devrait également bénéficier de l’appui financier de la banque panafricaine, qui a obtenu depuis 2024 un mandat de chef de file des investisseurs sur le projet.

Afreximbank est aussi citée parmi les partenaires financiers du projet Cameroon Tyres Factory, porté par l’homme d’affaires camerounais Antoine Ndzengue. Cette usine de fabrication de pneus, prévue dans la périphérie de Douala, est évaluée à plus de 400 milliards FCFA. Le projet a récemment franchi une nouvelle étape avec les discussions engagées avec l’indien GHV Infra Projects Limited, pressenti pour la réalisation des travaux d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction.

Ces projets montrent que l’intervention d’Afreximbank ne se limite plus au financement de l’État. Elle s’inscrit aussi dans une logique d’appui à l’industrialisation, à la substitution des importations et à la transformation locale. Mais, dans ces dossiers privés, une distinction doit être faite entre les financements effectivement décaissés, les mandats d’arrangement, les garanties et les intentions de financement.

Le Cameroun, à la fois débiteur et actionnaire

La montée en puissance d’Afreximbank dans la dette commerciale camerounaise intervient dans un contexte institutionnel particulier. Depuis septembre 2025, la banque panafricaine est dirigée par le Camerounais George Elombi, qui a succédé à Benedict Oramah à la tête de l’institution. Cette nomination renforce la visibilité du Cameroun au sein d’un acteur financier devenu stratégique pour plusieurs États africains.

Le Cameroun est par ailleurs doublement lié à Afreximbank. D’abord en tant qu’État africain actionnaire de l’institution. Ensuite à travers la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), actionnaire de catégorie B, avec un investissement de 700 millions FCFA. Ce statut permet au fonds public de pension camerounais d’être représenté dans la gouvernance de l’institution, aux côtés d’autres investisseurs financiers africains.

Cette double relation — débiteur et actionnaire — donne une dimension particulière au partenariat entre Yaoundé et Afreximbank. Elle traduit à la fois l’intérêt du Cameroun pour les outils panafricains de financement et la dépendance croissante du pays à des ressources non concessionnelles pour couvrir ses besoins budgétaires et soutenir certains projets structurants.

Un partenaire stratégique, mais un coût à surveiller

L’ascension d’Afreximbank au rang de premier créancier commercial du Cameroun constitue donc un signal important. Elle confirme la diversification des sources de financement de l’État, dans un environnement où l’accès aux ressources concessionnelles devient plus contraint et où les besoins de financement restent élevés.

Mais cette évolution pose aussi la question du coût et de la soutenabilité de la dette. Les financements commerciaux, même lorsqu’ils proviennent d’une institution panafricaine comme Afreximbank, sont généralement contractés à des conditions plus proches du marché que les prêts concessionnels. Leur progression appelle donc une surveillance accrue des taux, des maturités, des garanties attachées aux opérations et de leur impact sur le service de la dette.

À fin mars 2026, le message de la CAA est clair : la dette commerciale du Cameroun change d’échelle. Et dans cette nouvelle configuration, Afreximbank n’est plus seulement un partenaire de financement parmi d’autres. Elle s’impose désormais comme un acteur central de la stratégie d’endettement du pays.

Brice R. Mbodiam

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graves révélations et fin d’audition plutôt confortable du colonel Jean Pierre Otoulou

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graves révélations et fin d’audition plutôt confortable du colonel Jean Pierre Otoulou
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Le 14 juillet 2026 s’ouvrait une autre audience de l’affaire Martinez Zogo, consacrée à la suite des auditions du 34ᵉ témoin, en la personne du colonel Jean-Pierre Otoulou.

Pas de confrontation entre Bruno Bidjang et Paul Daizy Biya

Depuis le début de son audition, le colonel Jean-Pierre Otolou a toujours fait savoir que ce qui l’avait poussé à faire interpeller et faire détenir Bruno Bidjang, c’est le message qu’il avait adressé au journaliste Paul Daizy Biya, et dans lequel il faisait savoir que « le jour j, nous serons sans pitié ».
Après avoir établi que c’est Paul Daizy Biya qui avait été l’initiateur de ladite discussion, il est ressorti de la cross-examination menée par Bruno Bidjang, qui a ouvert cette audience, que non seulement il a été entendu en tout et pour tout une seule fois durant toute l’enquête préliminaire menée par la commission mixte d’enquête, mais qu’en plus, il n’a jamais été confronté à Paul Daizy Biya.

La question que toute personne serait alors en droit de se poser est celle de savoir comment peut-on interpeller et inculper une personne sur la base des échanges qu’il aurait eus avec une autre personne, qui plus est le dénonciateur, sans jamais les confronter, ceci pour saisir l’essence et le sens de leurs propos. Ceci est d’autant plus important que Paul Daizy Biya lui-même a été auditionné par la commission d’enquête mixte. Pourquoi ne pas en avoir profité pour les confronter ?

La nécessité de cette confrontation devient davantage cruciale lorsqu’on prend en considération le fait que Paul Daizy Biya avait déclaré lui-même devant le tribunal, lors de son audition en tant que témoin, qu’il ne pensait absolument pas que les propos de Bruno Bidjang faisaient allusion à une quelconque volonté de donner la mort à Martinez Zogo ; mais que sa démarche visait plutôt à éviter la prison à Martinez pour une deuxième fois. Cette confrontation aurait alors permis de savoir pourquoi, malgré cette « conviction », il était allé dénoncer Bruno Bidjang chez le Lieutenant-colonel Bialo.

Pas d’infiltration de la commission d’enquête mixte

Contrairement à ce qu’a affirmé Me Calvin Job, l’un des avocats de la partie civile, sur les antennes de la radio RFI, à aucun moment il n’a été établi devant la barre que Bruno Bidjang avait infiltré la commission d’enquête mixte. La raison étant simple : lorsque celle-ci est mise sur pied, il était déjà en détention et son téléphone sous scellé.

Cependant, le colonel Otoulou, lors de son audition, a fait savoir que l’un des « indices » qui l’avaient déterminé à mettre Bruno Budjang en détention, c’est que lors de la fouille de son téléphone pour vérifier la conversation qu’il avait eue avec Paul Daizy Biya, il avait aussi constaté que Bruno Bidjang était en train « d’épier les enquêteurs » de l’affaire Martinez Zogo. Ce qui voudrait dire qu’il avait des choses à se reprocher.

Et justement, le passage de l’expert Bell devant le tribunal a révélé qu’avant l’arrestation de Jean-Pierre Amougou Belinga, Bruno Bidjang et certains collègues avaient créé un groupe WhatsApp dénommé « Task Force », et dans lequel ils s’échangeaient les informations et essayaient de vérifier les rumeurs quant à l’éventualité de l’interpellation de leur patron. C’est ainsi que l’un d’eux avait fait savoir qu’il avait rencontré le colonel Samnick, l’ancien chef de division adjoint de la SEMIL, ainsi qu’un haut responsable de la police judiciaire.

Mais des échanges entre Bruno Bidjang et Jean-Pierre Otoulou, il en est ressorti que ce n’est pas Bruno Bidjang qui avait rencontré ces hauts responsables de la police et de la SEMIL, mais plutôt l’un de ses collègues. En plus, le colonel Jean-Pierre Otoulou n’a jamais cherché à savoir quels étaient les liens entre les membres de ce groupe WhatsApp. Ce qui est pour le moins problématique venant d’un enquêteur de ce niveau.

Une salle d’enregistrement désossée à la DGRE

Lors de son passage pour la cross-examination du témoin, le Lieutenant-colonel Justin Danwé a opté pour une stratégie en bien de points semblable à celle qu’avait utilisée Jean Pierre Amougou Belinga, en posant essentiellement des questions rhétoriques. Ce qui a fait en sorte que l’essentiel des réponses du colonel J Jean Pierre Otoulou était soit « 𝐽𝑒 𝑛’𝑎𝑖 𝑝𝑎𝑠 𝑑’𝑒́𝑙𝑒́𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑟𝑒́𝑝𝑜𝑛𝑠𝑒 », soit « 𝑗𝑒 𝑛’𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑎𝑢 𝑐𝑜𝑢𝑟𝑎𝑛𝑡 », soit « 𝑗𝑒 𝑚’𝑒𝑛 𝑟𝑒𝑚𝑒𝑡𝑠 𝑎̀ 𝑙’𝑎𝑝𝑝𝑟𝑒́𝑐𝑖𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑢 𝑡𝑟𝑖𝑏𝑢𝑛𝑎𝑙 ». Et ce souvent avec raison, car dans bien de cas, il s’agissait des questions d’opinion.

Qu’à cela ne tienne, lors des échanges, il est apparu que lors de la descente du juge d’instruction Ndzié Pierrot à la DGRE, il avait été constaté que la salle de monitoring des caméras de la DGRE qui se trouvait au cabinet du DG Eko Eko avait été « désossée ». Et que pour cela le responsable de ladite salle était sous le coup d’une enquête pour « destruction des preuves ».

Justin Danwé maintient ses trois lignes de défense

Ceci a conduit le Lieutenant-colonel Justin Danwé à maintenir grosso modo ses trois lignes de défense, à savoir :

1- Le DG Eko Eko était au courant de l’opération, car les préparatifs se sont faits dans les locaux de la « salle des opérations » qui était sous vidéosurveillance, et que par ailleurs Madame Moudié de la Division de la surveillance électronique avait fait savoir à certains collègues avant l’interpellation de Danwé que Martinez avait été enlevé, sans l’aval du « patron ».

2- C’est Amougou Belinga qui a financé l’opération lors de leurs différentes rencontres à son domicile et dans ses bureaux. Cependant, il fera aussi savoir qu’en allant rencontrer Amougou Belinga à son domicile le 29 décembre 2022, il avait déjà reçu l’ordre de mission de Maxime Eko. Toute chose qui ébranle quelque peu sa théorie, si l’on s’en tient à ses déclarations antérieures, dans lesquelles il faisait savoir que c’est Amougou Belinga qui avait pris l’initiative de la mission, en contrepartie de l’avance solde de 25 millions qu’il sollicitait du ministère des Finances. Bien plus, dans une autre version, il dit que l’opération a été financée par les « fonds de fonctionnement » de la DGRE. (Bref, je reviendrai sur les différentes versions de Justin Danwé sur les commanditaires de cette affaire).

3- Il y a eu un second commando qui a achevé Martinez Zogo, avant de venir déposer le corps là où il a été découvert. S’appuyant sur le fait que, selon les méthodes d’opération de la DGRE, ils ne peuvent pas tuer une personnalité comme Martinez Zogo et laisser son corps à découvert sur une piste champêtre très fréquentée ; et que le médecin légiste avait aussi déclaré devant la barre que le lieu où le corps de Martinez Zogo avait été découvert était juste « une scène secondaire de crime », c’est-à-dire qu’il avait été tué et gardé ailleurs pendant des jours, avant qu’on ne vienne le déposer là. Une version aussi confirmée par le chef du village d’Ebogo III.

Le téléphone de Danwé sous surveillance à distance avant, pendant et après l’opération

Bien plus, le principe d’un second commando avait été évoqué par le colonel Jean-Pierre Otoulou lui-même dans son avant-dernier rapport d’enquête.

Le Lieutenant-colonel Justin Danwé est d’autant persuadé de l’existence d’un second commando qu’il va faire savoir au tribunal que le 8 février 2023, lors d’une de ses auditions, les enquêteurs lui ont fait savoir qu’ils ont découvert que son téléphone était « surveillé à distance » par des inconnus, avant, pendant et après l’opération.

Pour Justin Danwé, ce sont surement ces personnes qui sont à la base de la coupure ciblée de la connexion internet dans le groupe WhatsApp des membres du commando entre 21 h et 23 h le jour de l’opération.

À la question de Danwé de savoir pourquoi le colonel Jean-Pierre Otoulou n’avait pas cherché à creuser pour connaitre les auteurs de cette « surveillance à distance » et de cette coupure de connexion, le Collégion du Littoral a fait savoir qu’il n’avait pas jugé cela important.

Et pourtant lui-même avait déclaré dans son rapport que cette coupure d’internet était probablement l’œuvre d’une « intervention hautement qualifiée » !

D’autres véhicules non identifiés suivaient Martinez Zogo

Lors de la cross-examination menée par le Maréchal de logis Tongue Nana, l’agent de la « Liaison clandestine » (LICLAN) qui dirigeait l’équipe de filature de Martinez Zogo, il a fait savoir au tribunal que durant les jours où ils filaient l’animateur d’Amplitude FM pour connaitre ses habitudes, ils avaient constaté qu’il y avait d’autres véhicules banalisés qui le suivaient constamment.

Ils avaient alors filmé lesdits véhicules et avaient envoyé les images de plaques d’immatriculation aux services du ministère des Transport, afin d’identifier leurs propriétaires. Les services des Transports leur auraient en retour fait savoir que toutes ces plaques étaient fausses, et ne renvoyaient à aucun véhicule immatriculé au Cameroun.

La question est alors : quelle branche de l’armée camerounaise a l’habitude de l’usage des « double plaques » d’immatriculation ?

Un coup d’État en préparation encore évoqué !

Le même Nana Tongue a fait savoir au tribunal que durant la même période de filature, ils avaient infiltré la salle de fêtes jouxtant la radio Amplitude FM, et dans laquelle Martinez Zogo avait l’habitude de recevoir des amis et connaissances.

Et lors d’une discussion entre Martinez Zogo et certains hommes, ainsi que deux « jolies femmes », les éléments de la DGRE les auraient entendus parler d’un « projet de coup d’État » à implémenter à l’occasion d’une pénurie de carburant. Et pour cela, ceux-ci avaient promis à l’animateur radio de lui apporter des documents en provenance de la présidence de la République, et de lui faire parvenir des images des « bureaux saccagés et abandonnés » de la Présidence.

Les agents de la DGRE auraient filmé ces messieurs et dames, et auraient fait un rapport à Justin Danwé, qui est resté sans suite.

Cette révélation est très importante dans la mesure où d’autres sources font état de ce que le rapport de Maxime Eko sur une conspiration de coup d’État orchestré par des « plus proches collaborateurs » du président de la République, et qu’il a déposé juste la veille de son arrestation, portait sur « les présomptions de prise de contrôle des segments économiques et administratifs sensibles dans la vie nationale et leur impact sur la sécurité de l’État ».

Par ailleurs, il convient de rappeler que c’est à la suite d’un appel des populations à « se défendre », à descendre dans la rue, suite à l’augmentation des prix du carburant, dans un contexte de pénurie, que Bruno Bidjang avait été interpellé en février 2024, et condamné plus tard par le tribunal militaire à 6 mois d’emprisonnement ferme pour « propagation de fausses nouvelles ».

Une réexamination quasi inexistante !

Durant les deux mois et demi qu’aura duré son passage devant le tribunal, le colonel Jean-Pierre Otoulou avait passé le clair de son temps à rejeter sur le commissaire du gouvernement la quasi-totalité de ses manquements lors de l’enquête préliminaire, notamment celle menée dans le cadre de la commission d’enquête mixte police-gendarmerie.

L’assistance attendait alors avec impatience la réexamination au cours de laquelle le témoin devait affronter une nouvelle fois le commissaire du gouvernement, pour apporter les preuves de ses allégations.

Mais du fait de la mutation du Lieutenant-colonel Cerlin Belinga, la « bataille » tant attendue n’a plus eu lieu. Nombre d’observateurs estimant même que le débarquement brusque de Cerlin Belinga le 31 août 2026, en pleine audience, visait justement à éviter cette nouvelle confrontation avec le 34ᵉ témoin ; surtout eu égard au déroulement de l’examination in chief, qui avait été pour le moins très inconfortable pour le colonel Jean-Pierre Otoulou, qui en était sorti totalement déboussolé.

Ainsi, avec l’arrivée du Lieutenant-colonel Atemengue, l’on a eu droit à une réexamination quasiment inexistante, au cours de laquelle ses substituts (qui avaient pourtant été très offensifs lors de l’examination in chief) et lui se sont limités à quelques questions laconiques visant juste à permettre au colonel Jean-Pierre Otoulou de confirmer ses « indices » qui l’ont conduit à l’interpellation de Justin Danwé, des membres du commando, d’Amougou Belinga, de Maxime Eko et de Bruno Bidjang.

En guise de comparaison : alors que l’examination in chief du parquet mené par le Lieutenant-colonel Cerlin Belinga avait duré près de 6 heures, la réexamination menée par le Lieutenant-colonel Atemengue aura fait peine… 30 minutes !

Par Moussa Njoya

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S&P prévoit pour le Cameroun 3,5 % de croissance et des déficits budgétaire et courant de 2,5 % et 4,4 % en 2026

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S&P prévoit pour le Cameroun 3,5 % de croissance et des déficits budgétaire et courant de 2,5 % et 4,4 % en 2026
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(Investir au Cameroun) – S&P Global Ratings a révisé à la baisse sa prévision de croissance économique du Cameroun pour 2026, désormais attendue à 3,5 %, et relevé ses projections de déficits budgétaire et courant à respectivement 2,5 % et 4,4 % du PIB. Ces nouvelles estimations accompagnent la décision de l’agence, publiée le 18 septembre 2026, de maintenir les notes souveraines de long et court terme du pays à « B-/B », avec une perspective stable.

Les nouvelles projections sont moins favorables que le scénario présenté par S&P en mars 2025. À cette date, l’agence tablait sur une croissance moyenne de 4,3 % entre 2025 et 2028 et sur des déficits budgétaires proches de 1 % du PIB en moyenne sur cette période. Ces chiffres ne sont toutefois pas directement comparables aux 3,5 % prévus pour la seule année 2026 : les 4,3 % constituaient une moyenne pluriannuelle.

Pour 2026, S&P explique sa révision par une contraction importante du secteur des hydrocarbures et des performances inférieures à ses attentes dans l’agriculture, l’industrie manufacturière, l’agro-industrie et la construction. Ces évolutions devraient peser sur l’activité économique.

La prévision de S&P reste légèrement supérieure à celle du Fonds monétaire international (FMI). Dans les projections publiées à l’issue de la consultation Article IV en mars 2026, le Fonds tablait sur une croissance de 3,3 % cette année, après une estimation de 3,1 % pour 2025. Il anticipait une progression de 3,4 % du PIB hors pétrole et de 0,8 % du PIB pétrolier.

Hydrocarbures, cacao et subventions pèsent sur les comptes

S&P prévoit parallèlement un déficit budgétaire équivalant à 2,5 % du PIB en 2026. Selon l’agence, la baisse des volumes de production d’hydrocarbures, l’augmentation des subventions et le recul des prix du cacao devraient contribuer à creuser les déficits budgétaire et extérieur. Les prix élevés des hydrocarbures apporteraient en revanche un soutien aux recettes publiques et aux exportations.

Le cacao constitue un changement notable dans l’environnement extérieur du pays. La baisse des cours est également identifiée par le FMI comme un facteur de détérioration du compte courant camerounais en 2026.

S&P prévoit un déficit courant de 4,4 % du PIB en 2026. Sa projection est moins déficitaire que celle du FMI : en mars, le Fonds anticipait un déficit courant de 5,2 % du PIB, dons officiels compris. Hors dons, le déficit projeté par le FMI atteignait 5,3 %.

La différence entre les deux institutions est également visible sur la croissance. S&P se situe 0,2 point au-dessus de la projection du FMI, tandis que son déficit courant attendu est inférieur de 0,8 point de PIB à celui projeté par le Fonds, dons compris.

La dette devrait reculer après 2026

Malgré la dégradation de ses prévisions à court terme, S&P maintient les notes souveraines de long et court terme du Cameroun à « B-/B », en monnaie locale comme en devises, avec une perspective stable. L’évaluation du risque de transfert et de convertibilité reste à « BBB- ».

L’agence estime que la dette publique devrait atteindre un pic en 2026 avant de diminuer progressivement pour s’établir autour de 36 % du PIB en 2029. Elle prévoit également que les intérêts de la dette absorberont en moyenne moins de 8 % des recettes publiques entre 2026 et 2029.

Cette trajectoire est proche de celle retenue par le FMI. Le Fonds prévoit un ratio de dette publique de 39,6 % du PIB en 2026, puis 38,9 % en 2027, 37,4 % en 2028 et 35,9 % en 2029.

À fin 2025, selon les données rapportées par S&P, la dette extérieure représentait 63 % de la dette publique camerounaise, dont 86 % étaient détenus par des créanciers multilatéraux et bilatéraux.

Le maintien de la note intervient ainsi alors que S&P anticipe pour 2026 une croissance moins dynamique et un creusement simultané des déficits budgétaire et extérieur, mais une dette publique appelée à diminuer après le pic attendu cette année.

B.E

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