Actualités locales
Afreximbank devient le premier créancier commercial du Cameroun, avec un encours en hausse de 162,4% sur un an
(Investir au Cameroun) – La dette commerciale du Cameroun a franchi le seuil des 2 000 milliards FCFA à fin mars 2026. Selon la dernière note de conjoncture de la Caisse autonome d’amortissement (CAA), cette composante de la dette extérieure s’est établie à 2 083,7 milliards FCFA au premier trimestre 2026. Dans cette catégorie, qui regroupe les emprunts mobilisés à des conditions de marché auprès de créanciers non concessionnels, Afreximbank apparaît désormais comme le premier créancier commercial du pays.
Selon la classification retenue par la CAA, la Banque africaine d’import-export, plus connue sous son acronyme anglais Afreximbank, concentre à elle seule 26,3% de la dette commerciale du Cameroun, soit environ 547,9 milliards FCFA. Cette institution financière panafricaine, spécialisée dans le financement du commerce intra- et extra-africain, devance ainsi les opérations de placement privé réalisées via LSEG, le London Stock Exchange Group, ainsi que l’eurobond émis par le Cameroun en 2021.
Dans sa note, la CAA résume cette évolution en ces termes : « Au 31 mars 2026, la dette commerciale s’établit à environ 2 083,7 milliards de FCFA, franchissant ainsi le seuil de 2 000 milliards de FCFA. Cette évolution traduit le recours progressif du Cameroun aux marchés internationaux. » Le gestionnaire de la dette publique précise que cette composante est « principalement portée par les emprunts contractés auprès d’Afreximbank », qui représentent 5,9% de la dette extérieure totale du pays.
Derrière Afreximbank, les placements privés réalisés via LSEG constituent 23,2% de la dette commerciale, soit 5,2% de la dette extérieure totale. L’eurobond de 2021 arrive ensuite, avec 21,6% de cette catégorie, soit 4,8% de la dette extérieure totale. Cette structure confirme une évolution importante : le Cameroun diversifie ses sources de financement, mais recourt de plus en plus à des instruments de marché, généralement plus coûteux que les prêts concessionnels accordés par les bailleurs traditionnels.
Une hausse de 339,1 milliards FCFA en un an
L’accélération est particulièrement nette sur un an. Entre mars 2025 et mars 2026, l’encours de la dette du Cameroun vis-à-vis d’Afreximbank est passé de 208,8 milliards FCFA à 547,9 milliards FCFA. Cela représente une progression de 339,1 milliards FCFA en valeur absolue, soit une hausse de 162,4% en glissement annuel.
Cette montée en puissance traduit le rôle croissant d’Afreximbank dans la stratégie de financement du Cameroun. Elle intervient dans un contexte marqué par des besoins budgétaires élevés, la recherche de ressources alternatives aux financements concessionnels et la volonté des autorités de mobiliser davantage de capitaux sur les marchés internationaux et auprès d’institutions panafricaines.
Le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, avait lui-même souligné ce rôle lors de la présentation aux investisseurs du programme de financement de l’État pour l’année 2026, le 19 février 2026 à Douala. « Depuis 2024, cette grande institution panafricaine a mobilisé, au profit de l’État et du secteur privé camerounais, des facilités cumulées d’un montant de plus de 600 milliards de FCFA », avait-il déclaré.
Le membre du gouvernement avait alors présenté Afreximbank comme un partenaire stratégique de Yaoundé. « Dans un contexte international exigeant, ce soutien constant témoigne d’une confiance forte et assumée dans le potentiel et la signature du Cameroun », avait ajouté Louis Paul Motazé. Cette déclaration illustre la place désormais occupée par la banque panafricaine dans le dispositif de financement du pays, même si elle ne détaille pas la ventilation exacte de ces concours entre l’État, les entreprises publiques et le secteur privé.
Des interventions surtout orientées vers le secteur public
Selon les informations disponibles, les concours financiers d’Afreximbank au Cameroun sont majoritairement orientés vers le secteur public. Ces interventions prennent toutefois des formes diverses : prêts directs, garanties, opérations de change ou appuis à la mobilisation de ressources sur le marché intérieur.
C’est notamment le cas de l’opération de swap ayant permis au gouvernement de convertir des ressources en euros en FCFA, dans le cadre de l’émission de titres publics de 200 milliards FCFA sur le marché de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) en juin 2025. Afreximbank a également fourni une garantie à l’État du Cameroun pour faciliter la mobilisation de 159 milliards FCFA auprès de banques locales en 2025.
L’institution a aussi accompagné des financements destinés à des projets publics, dont trois crédits d’un montant total de 96 milliards FCFA octroyés à l’État pour le Projet d’électrification par système solaire photovoltaïque de 200 localités. Ces opérations illustrent la diversité des instruments utilisés par Afreximbank, mais aussi le poids croissant de ses engagements dans la trajectoire d’endettement du Cameroun.
Ce point est essentiel pour l’analyse de soutenabilité. Une garantie, un prêt direct ou une opération de swap n’ont pas le même effet immédiat sur le stock de dette, ni les mêmes implications budgétaires. Mais leur multiplication confirme le rôle désormais central de la banque panafricaine dans le financement de l’État camerounais.
Afreximbank prend aussi pied dans le secteur privé
Depuis l’ouverture, en 2021, de son bureau régional pour l’Afrique centrale à Yaoundé, Afreximbank renforce également sa présence dans le secteur privé camerounais. L’institution financière est notamment associée au projet de construction d’une usine de production de bitume à Kribi, porté par la société All Bitumen PLC.
Selon les éléments disponibles, Afreximbank a financé à hauteur de près de 2 milliards FCFA les études de maturation de ce projet industriel. L’unité, dont le coût est estimé à 161 milliards FCFA, devrait également bénéficier de l’appui financier de la banque panafricaine, qui a obtenu depuis 2024 un mandat de chef de file des investisseurs sur le projet.
Afreximbank est aussi citée parmi les partenaires financiers du projet Cameroon Tyres Factory, porté par l’homme d’affaires camerounais Antoine Ndzengue. Cette usine de fabrication de pneus, prévue dans la périphérie de Douala, est évaluée à plus de 400 milliards FCFA. Le projet a récemment franchi une nouvelle étape avec les discussions engagées avec l’indien GHV Infra Projects Limited, pressenti pour la réalisation des travaux d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction.
Ces projets montrent que l’intervention d’Afreximbank ne se limite plus au financement de l’État. Elle s’inscrit aussi dans une logique d’appui à l’industrialisation, à la substitution des importations et à la transformation locale. Mais, dans ces dossiers privés, une distinction doit être faite entre les financements effectivement décaissés, les mandats d’arrangement, les garanties et les intentions de financement.
Le Cameroun, à la fois débiteur et actionnaire
La montée en puissance d’Afreximbank dans la dette commerciale camerounaise intervient dans un contexte institutionnel particulier. Depuis septembre 2025, la banque panafricaine est dirigée par le Camerounais George Elombi, qui a succédé à Benedict Oramah à la tête de l’institution. Cette nomination renforce la visibilité du Cameroun au sein d’un acteur financier devenu stratégique pour plusieurs États africains.
Le Cameroun est par ailleurs doublement lié à Afreximbank. D’abord en tant qu’État africain actionnaire de l’institution. Ensuite à travers la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), actionnaire de catégorie B, avec un investissement de 700 millions FCFA. Ce statut permet au fonds public de pension camerounais d’être représenté dans la gouvernance de l’institution, aux côtés d’autres investisseurs financiers africains.
Cette double relation — débiteur et actionnaire — donne une dimension particulière au partenariat entre Yaoundé et Afreximbank. Elle traduit à la fois l’intérêt du Cameroun pour les outils panafricains de financement et la dépendance croissante du pays à des ressources non concessionnelles pour couvrir ses besoins budgétaires et soutenir certains projets structurants.
Un partenaire stratégique, mais un coût à surveiller
L’ascension d’Afreximbank au rang de premier créancier commercial du Cameroun constitue donc un signal important. Elle confirme la diversification des sources de financement de l’État, dans un environnement où l’accès aux ressources concessionnelles devient plus contraint et où les besoins de financement restent élevés.
Mais cette évolution pose aussi la question du coût et de la soutenabilité de la dette. Les financements commerciaux, même lorsqu’ils proviennent d’une institution panafricaine comme Afreximbank, sont généralement contractés à des conditions plus proches du marché que les prêts concessionnels. Leur progression appelle donc une surveillance accrue des taux, des maturités, des garanties attachées aux opérations et de leur impact sur le service de la dette.
À fin mars 2026, le message de la CAA est clair : la dette commerciale du Cameroun change d’échelle. Et dans cette nouvelle configuration, Afreximbank n’est plus seulement un partenaire de financement parmi d’autres. Elle s’impose désormais comme un acteur central de la stratégie d’endettement du pays.
Brice R. Mbodiam
Lire aussi:
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
API : 1 900 milliards de FCFA d’investissements agréés depuis 2014, mais seuls 22 % des emplois annoncés ont été créés
(Investir au Cameroun) – Entre 2014 et 2024, 453 projets privés ont été agréés au Cameroun pour un volume global d’investissements estimé à près de 1 900 milliards de FCFA. Mais derrière cette performance affichée, le bilan apparaît nettement moins flatteur sur le terrain de l’emploi : sur les 180 000 postes annoncés par les promoteurs, seuls 40 000 ont effectivement été créés à ce jour, soit un taux de réalisation de 22 %, selon les données présentées par l’Agence de promotion des investissements (API) le 26 mai 2026 à Douala.
Ces chiffres ont été dévoilés lors d’une rencontre organisée par la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (CCIMA) sur l’optimisation des incitations à l’investissement au Cameroun, rapporte Cameroon Tribune. Ils illustrent le décalage persistant entre les projets agréés et leur impact réel sur l’économie.
D’après l’API, les investissements directs étrangers représentent la plus grande part des montants validés, avec environ 1 250 milliards de FCFA, contre 650 milliards pour les investissements domestiques. La région du Littoral reste la principale destination de ces projets, portée par le poids économique de Douala, ses infrastructures portuaires et la densité de son tissu entrepreneurial.
Au cœur des échanges de Douala figurait justement cette question de l’effectivité. Dans un contexte de concurrence accrue entre pays africains pour capter les capitaux, les participants ont insisté sur la nécessité d’améliorer le climat des affaires et d’accélérer la transformation des agréments en investissements réellement exécutés.
L’API poursuit, dans cette logique, sa campagne de sensibilisation autour du nouveau cadre légal sur les incitations à l’investissement, issu de l’ordonnance du 18 juillet 2025. Pour les autorités, l’enjeu n’est plus seulement d’attirer des projets, mais de faire en sorte qu’ils se traduisent davantage en activités productives et en emplois durables.
P.N.N
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
le coup de gueule de Franck Pujadas relance le débat sur les entraîneurs camerounais
Le débat sur la capacité des entraîneurs locaux à diriger les Lions Indomptables refait surface avec vigueur. Cette fois, c’est le journaliste sportif Franck Pujadas qui monte au créneau dans une sortie particulièrement critique à l’égard de David Pagou, actuel patron du banc camerounais.
Dans une déclaration sans détour, le journaliste estime que les techniciens camerounais ne disposent pas encore du profil nécessaire pour conduire la sélection nationale vers les sommets du football africain et mondial. Une analyse qui intervient dans un contexte de doutes persistants autour de la gestion sportive des Lions Indomptables.
Pour Franck Pujadas, les limites observées sous Rigobert Song n’ont pas servi de leçon. Selon lui, l’expérience actuelle avec David Pagou confirme les difficultés des entraîneurs locaux à répondre aux exigences du très haut niveau.
« Après l’échec de Rigobert Song à la tête de l’encadrement technique des Lions Indomptables, David Pagou montre de plus en plus les signes d’un entraîneur limité », affirme-t-il.
Le journaliste pointe notamment du doigt la récente période FIFA, marquée par une expédition australienne controversée et plusieurs dysfonctionnements organisationnels. À cela s’ajoute l’absence annoncée du Cameroun sur la scène internationale lors de la prochaine fenêtre FIFA, une situation que Franck Pujadas juge incompréhensible.
Selon lui, les explications avancées par le sélectionneur relèvent du « non-sens » et traduisent un manque de maîtrise du poste. « Le costume du sélectionneur des Lions Indomptables paraît trop grand », lance-t-il, évoquant une « carence chronique des qualités qu’il faut pour diriger cette équipe emblématique ».
Au-delà du cas David Pagou, cette prise de position relance un vieux débat dans le football camerounais : faut-il continuer à privilégier des entraîneurs nationaux à la tête des Lions Indomptables ? Pour Franck Pujadas, la réponse semble claire. Il invite la FECAFOOT à revoir sa politique de nationalisation du banc de touche afin de redonner de l’ambition et de la crédibilité au projet sportif de la sélection.
Cette sortie risque d’alimenter davantage les discussions autour de l’avenir du staff technique camerounais, à quelques mois des prochaines grandes échéances continentales et internationales. Entre patriotisme sportif et exigence de résultats, le débat reste plus ouvert que jamais.
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Actualités locales
Yaoundé : la CUY veut réaffecter 6,8 milliards Fcfa d’excédent budgétaire à la voirie
(Investir au Cameroun) – La Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) prévoit d’affecter 6,8 milliards Fcfa à des projets d’amélioration de la voirie urbaine en 2026. La décision découle de l’adoption, à l’unanimité par les conseillers municipaux, de l’excédent budgétaire de l’exercice 2025, lors de la 26e session du Conseil de la Communauté urbaine de Yaoundé.
Selon la mairie, cette enveloppe doit financer « la réhabilitation de plusieurs axes routiers stratégiques, l’assainissement urbain et l’aménagement de nouvelles voies de contournement ». Le maire de la ville, Luc Messi Atangana, précise que ces ressources doivent permettre d’accélérer certains projets inscrits pour 2026, notamment dans le domaine des infrastructures.
L’exécutif municipal met aussi en avant d’autres investissements engagés dans l’hygiène, l’éclairage public et les routes. La Communauté urbaine indique qu’environ 3,3 milliards Fcfa avaient déjà été mobilisés l’an dernier pour des opérations de curage, tandis que plusieurs axes routiers et ouvrages d’art ont été réhabilités ou reconstruits dans différents arrondissements de la capitale.
La mairie se félicite par ailleurs de la performance budgétaire enregistrée à l’issue de l’exercice, marqué par une hausse du budget initialement arrêté à 40,6 milliards Fcfa, puis relevé à plus de 51 milliards Fcfa à la faveur d’autorisations spéciales. Cette évolution aurait permis de dégager un important excédent, dont une partie sera redéployée vers les infrastructures urbaines.
Cette communication intervient toutefois dans un contexte où la dégradation de la voirie reste l’un des principaux motifs de mécontentement dans la capitale. De nombreux axes secondaires demeurent difficilement praticables, tandis que les problèmes d’insalubrité et de congestion continuent de peser sur les conditions de déplacement dans plusieurs quartiers de Yaoundé.
Ludovic Amara
Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
-
Société1 year agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures
-
Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation
-
Politique1 year agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures
-
Politique1 year agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?
-
Actualités locales2 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !
-
Société1 year ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun
-
Faits divers2 years agoFrais de retrait Orange Money Cameroun : Tout ce que vous devez savoir
-
Société2 years agoVoici l’origine des noms de 20 quartiers de Yaoundé
