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Jean Pierre Bekolo sur le syndrome Tchiroma

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Jean Pierre Bekolo sur le syndrome Tchiroma
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Selon le cinéaste de renom Jean-Pierre Bekolo, le soutien apporté à Issa Tchiroma Bakary à la dernière élection est pour plusieurs, un choix assumé et non une erreur d’appréciation.

Jean Pierre Bekolo a fait une analyse sur ce qu’il a nommé le syndrome Tchiroma. Cette analyse qui reste disponible sur sa page Facebook, amène à voir que ceux qui se sont rangés derrière le leader du FNSC à la dernière élection présidentielle ont fait un choix. De sont point de vue, même s’ils retirent ce soutien aujourd’hui en brandissant l’excuse d’une erreur de jugement, pour le cinéaste à partir du moment où on savait que l’homme politique est bien connu pour sa capacité à prendre les consciences en maniant la langue, ils ont fait un choix en connaissance de cause.

«Revenir au point de trébuchement, c’est revisiter des séquences politiques précises — notamment celle de l’affrontement Bello–Tchiroma. C’est ici que se situe la faillite morale. Car choisir quelqu’un dont on sait qu’il manipule le langage, qu’il adapte ses positions au gré des circonstances, ce n’est pas une erreur d’analyse. C’est une abdication éthique. C’est accepter que la vérité devienne secondaire. C’est, au fond, valider une certaine idée du pouvoir : celle où tout est permis, pourvu que cela serve un objectif immédiat. Et c’est là que commence ce que l’on peut appeler le syndrome Tchiroma. Car il ne s’agit pas d’une erreur d’appréciation. Il s’agit d’un choix assumé : celui de privilégier l’efficacité supposée sur la cohérence, la ruse sur la vérité, le calcul sur l’éthique», écrit-il.

Pour le cinéaste Jean-Pierre Bekolo, le problème aujourd’hui au Cameroun ne se situe pas au niveau des hommes, plutôt la structure du jeu politique.

«Beaucoup n’ont pas été dupes. Ils savaient. Ils avaient vu à l’œuvre cette plasticité intellectuelle, cette capacité à épouser toutes les positions. Et pourtant, ils ont choisi d’y croire — ou plutôt, de faire semblant d’y croire. C’est cela, la véritable rupture : non pas avec le système, mais avec soi-même. Mais qu’on ne se méprenne pas. Cette analyse ne donne en aucun cas raison à ceux qui ont soutenu la candidature fantomatique de Paul Biya. Bien au contraire. Tout porte à croire aujourd’hui que cette séquence relevait d’un dispositif de nature quasi monarchique, visant à organiser une transmission du pouvoir au sein d’un cercle restreint, sous couvert d’un simulacre démocratique.

Et le paradoxe est total : si tel était le projet, rien n’empêchait le fils pressenti à la vice-présidence de se présenter ouvertement, de faire campagne, de se confronter au suffrage populaire — et, pourquoi pas, de gagner. Ce double jeu révèle une chose : le problème n’est pas seulement dans les hommes, mais dans la structure même du jeu politique, devenue un espace de manipulation où la visibilité cache l’essentiel. Pris entre ces deux pôles — l’opportunisme assumé et l’opacité stratégique — une partie de la société a choisi une troisième voie: le cynisme», écrit-il.

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