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Dans la supply chain, le leadership féminin s’affirme comme moteur de performance

Le secteur de la logistique cherche un nouveau souffle. À Douala, le 3 juillet, la première édition des Women In Logistics Africa (WILA) Awards a placé cette ambition au centre des échanges. Organisée à l’Hôtel Platinum Cocotiers sous le thème « Femmes leaders dans la Supply Chain africaine. Transformation par l’innovation », la rencontre a réuni des responsables d’entreprises, des experts et des décideurs autour d’une même préoccupation. Comment donner davantage de visibilité aux femmes dans une filière qui demeure largement masculine.
Une voix masculine pour défendre le leadership féminin
À la tribune, une intervention a retenu l’attention. Celle du Dr Aliou Ibrahima, Operational Excellence Manager chez Africa Global Logistics (AGL) Cameroon. Seul homme invité au panel consacré au leadership féminin, il a assumé cette position avec simplicité. « Ce fut un honneur d’être la seule voix masculine sur ce panel dédié à l’avancement des femmes dans notre secteur », a-t-il déclaré.
Son intervention s’est construite autour d’une idée. Faire de la place. Une expression qui, selon lui, ne relève ni du symbole ni de la bienveillance. Elle répond à une nécessité pour un secteur confronté à des transformations profondes. « Trop souvent, des talents exceptionnels restent contenus, retenus, parfois invisibles », a-t-il lancé devant l’assistance.
Puis il poursuit : « Faire de la place, ce n’est pas attendre qu’on vous l’accorde. C’est oser occuper l’espace qui vous revient avec compétence, avec conviction, avec audace. » Le propos s’appuie sur son expérience. Depuis plus de vingt-sept ans chez AGL Cameroon, le spécialiste de la supply chain dit observer quotidiennement le travail accompli par les femmes dans les opérations logistiques.
« Ce n’est pas une exception. C’est une réalité que notre industrie doit enfin reconnaître à sa juste valeur. » Pour lui, la question dépasse largement celle de la représentation. « Le monde a besoin de votre énergie, de votre exigence, de votre leadership. L’économie mondiale se construit aussi grâce à vous », a-t-il affirmé en s’adressant directement aux professionnelles présentes.
WILA veut bâtir un réseau de femmes leaders en Afrique
Ce plaidoyer rejoint la philosophie portée par Women In Logistics Africa. Créée en 2021, l’organisation s’est donné pour mission de promouvoir la diversité dans les métiers de la supply chain, d’encourager les jeunes femmes à intégrer ces professions et de développer leur accès aux responsabilités. En 2026, le réseau revendique plus de 1 000 membres répartis dans plusieurs pays africains.
Dans son éditorial du magazine officiel de l’événement, la présidente de WILA Cameroun, Léopoldine Likak Bosseck, rappelle la finalité de cette initiative. « Les WILA Awards ne sont pas seulement une cérémonie de distinction. Ils représentent la reconnaissance formelle des parcours exceptionnels qui façonnent la supply chain de demain. » Elle ajoute que l’association entend accompagner les femmes par le mentorat, le partage d’expertise et le plaidoyer afin de « briser les plafonds de verre dans un secteur historiquement masculin ».
L’inclusion devient un enjeu de compétitivité
Les ambitions de WILA dépassent le seul cadre des récompenses. L’organisation souhaite devenir, d’ici à 2030, la référence des réseaux féminins de la logistique en Afrique. Parmi ses objectifs figurent la promotion de l’égalité des genres, le développement des compétences des professionnels du secteur et la mise en valeur de parcours inspirants capables d’attirer une nouvelle génération vers les métiers de la supply chain.
Cette première édition a également voulu montrer que l’inclusion répond à des enjeux économiques. Les organisateurs estiment qu’une meilleure représentation des femmes favorise l’innovation, améliore la performance des entreprises et renforce la résilience des chaînes d’approvisionnement africaines. C’est dans cette perspective que les WILA Awards ambitionnent de faire émerger un écosystème où les compétences priment sur les stéréotypes.
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Dette souveraine : l’État a levé environ 1 300 milliards de FCFA sur le marché des titres publics en un an

Le Cameroun a levé environ 1 300,2 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) entre mars 2025 et mars 2026. Ce montant, déduit des données publiées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) dans son Rapport sur la politique monétaire de juin 2026, représente près de 19,2 % des 6 764,7 milliards de FCFA mobilisés par les six pays de la Cemac au cours de la période.
Ces ressources proviennent des émissions de bons du Trésor assimilables (BTA), instruments de financement à court terme, et d’obligations du Trésor assimilables (OTA), émises sur des maturités plus longues. Sur le seul compartiment obligataire, le Cameroun a mobilisé 392,4 milliards de FCFA. S’agissant des BTA, les données de la BEAC permettent d’estimer les levées du pays à environ 907,8 milliards de FCFA.
Le Cameroun a notamment mobilisé 351 milliards de FCFA sur les bons à 26 semaines et 93,8 milliards sur ceux à 13 semaines. Ces deux maturités totalisent ainsi 444,8 milliards de FCFA. Le rapport de la banque centrale indique par ailleurs que les titres à 52 semaines ont représenté 51 % des émissions de BTA du Cameroun. Les maturités à 13 et 26 semaines correspondant aux 49 % restants, le volume total des BTA camerounais peut être évalué à environ 907,8 milliards de FCFA.
Par déduction, les bons à 52 semaines représenteraient près de 463 milliards de FCFA. L’addition des 907,8 milliards de FCFA de BTA et des 392,4 milliards de FCFA d’OTA porte ainsi les émissions du Cameroun à environ 1 300,2 milliards de FCFA. Cette estimation doit toutefois être considérée comme approximative. Le volume global des BTA camerounais est reconstitué à partir de la part de 51 % publiée par la BEAC et non directement fourni par la banque centrale sous la forme d’un total consolidé.
PLUS DE 6 764 MILLIARDS DE FCFA MOBILISÉS EN CEMAC
À l’échelle sous-régionale, le recours au marché des titres publics s’est renforcé. Selon la BEAC, « les émissions réalisées entre mars 2025 et mars 2026 ont permis aux six pays de l’union monétaire de mobiliser 6 764,7 milliards de FCFA, contre 5 699,9 milliards un an plus tôt ». La progression atteint 1 064,8 milliards de FCFA en un an, soit 18,7 %. Sur ce montant, 3 283 milliards de FCFA ont été mobilisés par les États à travers les BTA, contre 3 481,7 milliards de FCFA pour les OTA.
Les deux compartiments affichent ainsi des volumes relativement proches, même si les titres de court terme continuent d’occuper une place importante dans les opérations de trésorerie des gouvernements de la sous-région. À elles seules, les émissions de BTA à 52 semaines ont concentré 1 161,9 milliards de FCFA, soit 35,4 % de l’ensemble des bons du Trésor émis. La BEAC relève que « la Guinée équatoriale y a consacré 83,7 % de ses émissions de BTA, devant le Cameroun avec 51 % et le Tchad avec 40,2 % ».
Sur la maturité de 26 semaines, les États de la Cemac ont levé 1 097,8 milliards de FCFA. Le Congo a mobilisé 365,6 milliards de FCFA, contre 351 milliards pour le Cameroun et 296,4 milliards pour le Gabon. Les bons à 13 semaines ont, de leur côté, rapporté 1 023,4 milliards de FCFA. Le Congo concentre 699,5 milliards de FCFA de ce volume, devant le Gabon avec 230,1 milliards et le Cameroun avec 93,8 milliards de FCFA. La structure des émissions camerounaises fait ainsi ressortir un recours plus prononcé aux BTA.
Sur les quelque 1 300,2 milliards de FCFA levés par Yaoundé, environ 907,8 milliards proviendraient de titres d’une maturité inférieure ou égale à un an, contre 392,4 milliards de FCFA obtenus par l’émission d’obligations.
LE GABON DOMINE LES ÉMISSIONS OBLIGATAIRES
Sur le segment des OTA, 253 émissions ont permis aux États de la Cemac de mobiliser 3 481,7 milliards de FCFA entre mars 2025 et mars 2026. Le Gabon occupe la première place avec 1 381,5 milliards de FCFA, un montant soutenu notamment par des opérations de titrisation. Le Congo suit avec 807,1 milliards de FCFA. Le Tchad a levé 529,7 milliards, devant le Cameroun avec 392,4 milliards. La République centrafricaine a mobilisé 195,1 milliards de FCFA et la Guinée équatoriale 176 milliards. La préférence des États s’est principalement portée sur les maturités intermédiaires.
Selon les données de la BEAC, « les obligations à trois ans ont concentré le volume le plus important, avec 1 020,4 milliards de FCFA levés, devant celles à deux ans, qui totalisent 941,5 milliards de FCFA ». Les titres à cinq ans ont permis de mobiliser 494,6 milliards de FCFA, contre 430,6 milliards pour ceux à quatre ans. À elles seules, ces quatre maturités ont représenté 84,5 % des sommes levées sur le marché obligataire. À l’autre extrémité de la courbe, les émissions à 10 et 15 ans n’ont pesé que 1,2 % du volume total des OTA. Elles ont été réalisées exclusivement par le Cameroun.
Le profil des opérations de Yaoundé se distingue donc à deux niveaux. D’une part, le Trésor camerounais a concentré une part importante de ses émissions de BTA sur la maturité de 52 semaines. D’autre part, il a été le seul émetteur de la Cemac présent sur les échéances obligataires de 10 et 15 ans au cours de la période examinée.
LES BANQUES RESTENT LES PRINCIPAUX DÉTENTEURS
Au-delà des montants mobilisés, la structure des détenteurs confirme le poids du secteur bancaire dans le financement des États. Les titres publics de la Cemac restent principalement détenus par les spécialistes en valeurs du Trésor (SVT), établissements chargés d’intervenir sur le marché pour placer et négocier la dette publique. À fin mars 2026, ils concentraient 64,7 % de l’encours des titres publics, selon la banque centrale. Les investisseurs institutionnels, parmi lesquels les compagnies d’assurance, les fonds de pension et les caisses de dépôts et consignations, détenaient 19,1 % de l’encours.
Les établissements de crédit ne disposant pas du statut de SVT représentaient, pour leur part, 12,1 % des positions. La part des personnes physiques restait limitée à 3,2 % des titres. La BEAC détenait, quant à elle, 0,87 % de l’encours. Ces actifs correspondent aux titres acquis par la banque centrale dans le cadre du programme exceptionnel de rachat mis en œuvre pendant la crise de la Covid-19.
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Tourisme au Cameroun : décennie de déclin et pertes abyssales

Entre 2014 et 2026, le secteur touristique camerounais a subi une hémorragie financière et structurelle sans précédent. Si le gouvernement s’abrite derrière l’insécurité pour justifier ce marasme, les experts dénoncent une gestion défaillante qui a condamné douze années de potentiel à l’oubli, transformant une destination phare en une terre en friche, alors même que les chiffres officiels révèlent une stagnation chronique.
En 2014, les services compétents du ministère du Tourisme et des Loisirs faisait allusion à 100 millions de FCFA de pertes pour le tourisme au Cameroun pour cause d’insécurité. Cependant, tout porte à croire à un gestion autre. Car, bien avant le conflit Boko Haram dans le Septentrion, rien n’etait réellement mis sur pied pour gérer et vulgariser le tourisme. Les choses se faisait naturellement sans une véritable pris en charge du secteur.
En fait, depuis 2014, le paysage touristique camerounais est marqué par une spirale baissière. Si les autorités pointent régulièrement du doigt la menace Boko Haram dans l’Extrême-Nord et la crise sociopolitique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest pour justifier cette léthargie, les économistes qualifient cette lecture de fallacieuse. Cette stigmatisation sécuritaire agit comme un écran de fumée : elle occulte le fait que la majorité du territoire national est épargnée par ces conflits. Pour les sociologues, cette inaction est le fruit d’une négligence systémique où l’alibi sécuritaire dispense l’État de repenser son attractivité nationale. Pourquoi, alors, le littoral, l’Ouest montagneux ou les forêts du Sud restent-ils des zones sous-exploitées, alors que seulement 20 % des 930 sites touristiques reconnus sont réellement exploités ?
Douze ans de devises envolées
Les données de l’Institut National de la Statistique (INS) et des observateurs internationaux confirment un bilan en demi-teinte qui met en lumière la faiblesse du secteur. Malgré l’annonce d’une contribution de 4 % au PIB, la réalité est plus contrastée : le Cameroun peine à capter les flux mondiaux. Entre 2014 et 2023, les recettes par touriste ont été soumises à une inflation galopante et à des chocs externes, notamment la pandémie de COVID-19 qui a fait chuter les revenus de 34 % en 2020. Les économistes soulignent que le manque à gagner n’est pas seulement lié aux crises locales, mais à une érosion fiscale massive et à une sous-utilisation des infrastructures, faute de promotion ciblée.
Un patrimoine à l’abandon
La période 2014-2026 a accentué le délabrement des sites naturels et le découragement des acteurs privés. Le secteur touristique, qui génère pourtant environ 60 000 emplois, souffre d’une absence de professionnalisme et d’un manque de coordination entre les acteurs. Les guides locaux sont désœuvrés et les artisans délaissés, faute de stratégies d’écotourisme concrètes. Cette négligence, en ne valorisant pas le patrimoine, a engendré une perte d’identité culturelle autant qu’économique. Le matériel tombe en ruine par manque de maintenance, et l’humain, moteur essentiel de l’accueil, s’essouffle dans un secteur perçu comme sans avenir.
L’urgence d’une rupture avec l’inertie bureaucratique
Quelle est la réelle prérogative du ministère de tutelle après 12 ans de piétinement ? La question de sa pertinence se pose avec acuité. Un ministère doit être le premier architecte de l’image de marque du pays, un chef d’orchestre capable de mobiliser les Travaux Publics, la Culture et les Transports pour sublimer chaque région. Or, le tourisme est géré comme une administration immobile plutôt que comme une industrie dynamique. Pour sortir de cette léthargie, il ne suffit pas d’allouer des budgets ; il faut une volonté politique de décloisonner le secteur et de cesser d’utiliser les zones de crise comme boucliers de l’inaction. Le Cameroun ne manque pas de sites, il manque d’une vision capable d’inscrire le pays sur la carte mondiale du tourisme.
Au regard de ces douze années de sous-performance, pensez-vous que le modèle actuel de gestion administrative du tourisme est encore capable de se réinventer, ou une restructuration totale impliquant le secteur privé est-elle désormais incontournable ?
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Affaire Socapalm-communauté Apouh : Le Tribunal administratif du Littoral se déclare incompétent

Ces populations sollicitent l’annulation partielle de 5 titres fonciers attribués à cet agro-industriel en 1960.
La Communauté Apouh à Ngog dans l’arrondissement de Edéa 1er, département de la Sanaga-Maritime dans la région du Littoral exprime son ras-le-bol. Elle sollicite l’annulation partielle de 5 titres fonciers attribués à la Société Camerounaise de Palmeraies (SOCAPALM) en 1960. Selon les membres de ladite communauté, l’agro-industrie va au-delà de 7 000 hectares.
Une audience relative à ce conflit s’est tenue le 2 juillet 2026 dans le tribunal administratif du Littoral. Selon l’information contenue dans le journal Cameroon Tribune de ce mercredi 8 juillet, la présidente du tribunal administratif du Littoral, Dorcas Mukwade Ngando, expliquera que sans titre foncier, la communauté Apouh ne peut pas dire que les actions de la Socapalm impactent sur son espace…par voie de conséquence, elle serait mal placée pour demander un retranchement et le tribunal s’est déclaré incompétent.
La Communauté Apouh entend dans les prochains jours, demander «expressément» à Henri Eyebe Ayissi, ministre des Domaines, du cadastre et des affaires foncières (Mindcaf) de procéder à la mise sur pied d’une commission ad hoc, sur la base de son courrier du 20 septembre 2023.
Affaire à suivre…
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