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Sénégal : Achille Bassilekin III fait le bilan de la première édition du FORA’ESS

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Sénégal : Achille Bassilekin III fait le bilan de la première édition du FORA’ESS
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Lors de son allocution de circonstance à Dakar, le ministre camerounais des Petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat a indiqué que les engagements pris lors de la première édition tenue à Yaoundé en 2024 n’ont pas été de simples déclarations d’intention.

Achille Bassilekin III, ministre camerounais des Petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat se trouve actuellement au Sénégal. Le membre du gouvernement est à la tête d’une forte délégation qui prend part à la deuxième édition du Forum Africain de l’Économie Sociale et Solidaire (FORA’ESS), prévu du 7 au 9 juillet 2026 dans la capitale sénégalaise Dakar.

Une rencontre continentale consacrée à l’évaluation des engagements de Yaoundé 2024 et à l’accélération de la construction d’un modèle africain de développement fondé sur la solidarité, l’inclusion et la valorisation des territoires. En effet, l’édition de Dakar constitue le prolongement de la dynamique impulsée à Yaoundé en mai 2024 lors de l’organisation du Premier FORA’ESS qui avait mobilisé par moins de 1 500 participants issus de 32 pays.

Bilan

Lors de son allocution de circonstance à Dakar, Achille Bassilekin III a indiqué que les engagements pris lors de la première édition tenue à Yaoundé n’ont pas été de simples déclarations d’intention. Dans son bilan, le membre du gouvernement camerounais a présenté un bilan des activités menées depuis 2024.

Conformément aux résolutions adoptées, un Comité ad hoc de suivi a été mis en place afin d’assurer la continuité politique et technique du processus. La première session de ce Comité s’est tenue en visioconférence le 30 septembre 2024 sous la présidence de Monsieur Achille BASSILEKIN III, Ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat du Cameroun. Le ministre a par exemple évoqué la mise en place d’un comité ad hoc, qui avait pour objectif d’assurer la continuité politique et technique du processus.

Ledit comité a permis de travailler sur la finalisation de la Charte de gouvernance du FORA’ESS, la mise en place de l’observatoire africain de l’économie sociale et solidaire et la création de l’incubateur panafricain de l’économie sociale et solidaire. La charte de gouvernance a permis des avancées significatives dans la définition des mécanismes institutionnels appelés à encadrer durablement le fonctionnement du FORA’ESS.

Pour ce qui est de l’Observatoire africain de l’économie sociale et solidaire, Achille Bassilekin III a expliqué que les réflexions ont progressivement convergé vers la mise en place d’un instrument scientifique et stratégique capable de cartographier les dynamiques du secteur, d’identifier les risques, de capitaliser les expériences et d’éclairer l’action publique. Cette orientation a indiqué le ministre, a été nourrie par les contributions d’experts du Cameroun, du Sénégal et du Maroc, dans une logique de coproduction d’évidences et d’articulation entre les dynamiques nationales et les instruments continentaux.

«Quant à l’Incubateur Panafricain, les échanges ont confirmé la pertinence d’une approche progressive fondée sur le développement et l’interconnexion des incubateurs nationaux existants ou en cours de création. Autrement dit, l’ambition panafricaine a été pensée non pas comme une construction abstraite, mais comme l’agrégation d’expériences nationales concrètes, ancrées dans les territoires et portées par les acteurs eux-mêmes» a précisé Achille Bassilekin III.

Ce dernier a précisé que le Cameroun a, pour sa part, poursuivi ses efforts de consolidation institutionnelle. La 7ème édition des Journées Nationales de l’Économie Sociale, organisée du 5 au 7 août 2025, a servi de cadre d’approfondissement des réflexions relatives à l’Observatoire national et à l’Incubateur national de l’Économie Sociale. S’agissant spécifiquement de l’Observatoire, une étude est conduite avec l’appui technique et financier du BIT, Bureau du Cameroun.

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Sept entreprises sur dix disparaissent avant cinq ans d’existence

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Sept entreprises sur dix disparaissent avant cinq ans d’existence
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À première vue, les données semblent raconter deux histoires différentes. D’un côté, l’Annuaire statistique 2025 du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat dresse le portrait d’un tissu entrepreneurial en expansion. Le Cameroun compte désormais 472 208 PME actives. Leur nombre progresse de 6,5 % en un an et a augmenté de près de 65 % depuis 2019, année où le pays en recensait 287 316.

De l’autre coté, l’Indice de notation du potentiel de croissance des entreprises, présenté le 2 juillet 2026 à Yaoundé par le Centre d’analyse et de recherche sur les politiques économiques et sociales du Cameroun (Camercap), met en évidence une fragilité persistante du tissu entrepreneurial. Selon les promoteurs de cet indice, près de 75 % des TPE, PME et start-up cessent leurs activités avant d’atteindre cinq années d’existence. Ces deux constats ne sont pourtant pas contradictoires.

Ils ne mesurent tout simplement pas le même phénomène. L’annuaire ministériel photographie un stock, c’est-à-dire le nombre d’entreprises actives à une date donnée. Le GPR Index analyse une trajectoire, celle de la capacité des entreprises à survivre, à se structurer et à croître dans le temps.

LES CRÉATIONS SONT DOCUMENTÉES, LES DISPARITIONS BEAUCOUP MOINS

L’Annuaire statistique renseigne avec précision sur les flux de création. Les Centres de formalités de création d’entreprises (CFCE) ont enregistré 16 845 nouvelles PME en 2025, contre 13 423 en 2019. Les jeunes représentent désormais 42 % des créateurs d’entreprises, contre 36,4 % six ans plus tôt. La part des femmes est passée de 25 % à 33 %, traduisant une diversification progressive du profil des entrepreneurs.

Ces données, issues des Recensements généraux des entreprises de 2009, 2016 et 2023, complétées par les statistiques des CFCE, permettent de suivre la dynamique des créations. En revanche, elles renseignent très peu sur les sorties du système productif. L’annuaire comptabilise les entreprises actives sans mesurer précisément le nombre de cessations d’activités, de liquidations ou de faillites enregistrées chaque année.

C’est précisément cette lacune statistique que le Camercap entend combler avec son GPR Index. Pour ses concepteurs, de nombreux programmes d’appui aux PME privilégient encore des indicateurs de performance immédiate — nombre d’entreprises créées, bénéficiaires formés ou financements accordés — sans mesurer la capacité réelle des entreprises à devenir durables, rentables et compétitives.

L’enjeu n’est donc plus uniquement de créer davantage d’entreprises, mais d’augmenter le nombre de celles qui franchissent le cap critique des premières années d’activité.

UN INDICE POUR MESURER LA CAPACITÉ DES ENTREPRISES À DURER

L’initiative du Camercap ambitionne d’améliorer la durabilité, la rentabilité et la compétitivité des PME camerounaises grâce à un outil d’évaluation inédit fondé sur les capacités organisationnelles des entreprises. Selon le Dr Albert Ze, expert au Camercap, le GPR Index repose sur une logique différente des évaluations classiques. « Il s’agit d’un outil qui permet d’évaluer les capacités des entreprises sous quatre dimensions : les capacités institutionnelles, les capacités organisationnelles, le capital humain et l’ancrage socioculturel. Il permet de situer les entreprises par rapport à leurs capacités et de réaliser une évaluation externe », a déclaré Dr Albert Ze.

L’approche s’inspire de la théorie des capacités et des compétences. Elle vise à identifier les fragilités structurelles qui limitent la croissance des entreprises avant même que les difficultés financières n’apparaissent. Pour les promoteurs de l’indice, la forte mortalité des PME s’explique moins par un manque d’esprit entrepreneurial que par des insuffisances en matière de gouvernance, d’organisation interne, de gestion et de planification stratégique. « On se rend compte que cette grande masse d’entreprises créées ne produit pas justement le résultat attendu en matière de croissance économique et de création d’emplois », souligne le Dr Albert Ze.

UNE ÉCONOMIE DOMINÉE PAR DES MICROSTRUCTURES FRAGILES

Les premiers résultats de la phase pilote illustrent cette vulnérabilité. Les TPE et start-up évaluées emploient en moyenne trois salariés. Leur durée moyenne d’existence est de deux ans. Le promoteur type est âgé de 31 ans et dispose d’un capital social inférieur ou égal à un million de francs CFA.

L’évaluation révèle des niveaux de maturité relativement faibles. Les capacités institutionnelles obtiennent un score moyen de 34,03 sur 100. Les capacités organisationnelles plafonnent à 30, le capital humain à 35, tandis que l’ancrage socioculturel atteint 40. La note globale ressort à 34,75 sur 100. Ces résultats traduisent, selon les concepteurs de l’indice, un déficit de structuration davantage qu’un manque d’initiative entrepreneuriale. L’analyse met également en évidence les écarts entre une PME classique et une entreprise qualifiée de « ZLECAf Ready ».

Les principales différences concernent la vision stratégique, la gouvernance, la conformité réglementaire, le contrôle de gestion, la culture d’entreprise, l’anticipation des marchés et la capacité à se projeter dans un environnement concurrentiel régional. Les entreprises familiales constituent également un point de vigilance. Souvent gérées comme des patrimoines privés sans mécanismes formalisés de gouvernance ni de succession, elles deviennent particulièrement vulnérables au départ ou au décès du promoteur, ce qui conduit fréquemment à des conflits familiaux et, dans certains cas, à la disparition de l’entreprise.

AU-DELÀ DE LA SURVIE DES ENTREPRISES, UN ENJEU DE TRANSFORMATION ÉCONOMIQUE

L’enjeu dépasse largement le destin individuel des PME. Les statistiques officielles montrent que les PME représentent aujourd’hui 99,9 % des unités productives formelles du Cameroun. Elles génèrent 25,7 % du chiffre d’affaires des entreprises et assurent près de 800 000 emplois formels. Ce poids économique leur confère un rôle stratégique dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, qui fait du secteur privé le principal moteur de l’industrialisation et de la création d’emplois.

Les données du ministère montrent d’ailleurs une évolution progressive de la structure productive. Depuis 2016, la part du secteur secondaire est passée de 15,6 % à 20,8 %, tandis que celle du secteur tertiaire recule légèrement. Cette évolution demeure toutefois confrontée à une réalité structurelle : le secteur informel concentre encore près de 87 % des unités de production du pays, soit environ 3,8 millions d’unités estimées en 2025.

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Les PME ont généré 5 619 milliards FCFA de chiffre d’affaires en 2025 au Cameroun

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Les PME ont généré 5 619 milliards FCFA de chiffre d’affaires en 2025 au Cameroun
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L’environnement économique dans lequel ont évolué les entreprises camerounaises en 2025 ne prêtait guère à l’optimisme. Les tensions géopolitiques en Europe et au Moyen-Orient ont continué de perturber les échanges internationaux. Le resserrement des conditions financières a renchéri l’accès au crédit, tandis que les crises sécuritaires et les tensions internes ont pesé sur l’activité économique. Dans ce contexte, l’économie camerounaise a néanmoins enregistré une croissance réelle de 3,9 %, contre 3,5 % un an plus tôt. Selon le Minpmeesa, le produit intérieur brut en valeur nominale est estimé à 35 600 milliards de FCFA.

Cette progression repose en partie sur la contribution des petites et moyennes entreprises, des organisations de l’économie sociale et des unités artisanales, selon la quinzième édition de l’Annuaire statistique du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, publiée en juin 2026. Le document évalue à 5 618,9 milliards de francs CFA le chiffre d’affaires réalisé par les PMEESA en 2025. Elles représentent désormais 25,7 % du chiffre d’affaires global des entreprises camerounaises, estimé à 21 870,3 milliards de francs CFA.

En un an, leur activité a progressé de 4,9 %. Sur la dernière décennie, leur chiffre d’affaires est passé de 4 538 milliards de francs CFA à son niveau actuel, soit une hausse cumulée de 23,8 %. Ces résultats traduisent une capacité de résistance du tissu entrepreneurial alors même que les entreprises ont dû composer avec des coûts de financement plus élevés, des perturbations logistiques et un environnement sécuritaire parfois dégradé. Pour le ministère, cette évolution confirme le rôle croissant des PMEESA dans la création de richesse.

LA MONTÉE EN PUISSANCE DES ENTREPRISES DE TAILLE INTERMÉDIAIRE

L’une des principales conclusions de l’annuaire concerne le poids économique des moyennes entreprises. Elles ne représentent que 0,9 % des entreprises recensées dans le pays mais réalisent à elles seules 2 164,6 milliards de francs CFA de chiffre d’affaires, soit 38,5 % de l’ensemble des revenus générés par les PMEESA. Leur chiffre d’affaires est passé de 1 361,4 milliards de francs CFA en 2015 à 2 164,6 milliards dix ans plus tard, soit une progression supérieure à 59 %.

Cette évolution illustre un phénomène que le ministère juge déterminant pour la transformation du tissu productif. La création de valeur dépend moins de la multiplication des entreprises que de leur capacité à franchir un nouveau palier de développement. L’annuaire estime ainsi que les politiques publiques devraient dépasser la seule logique d’incubation des jeunes entreprises. Si l’accompagnement à la création demeure indispensable, il ne répond pas aux besoins des entreprises déjà installées qui cherchent à investir, à accroître leur production ou à accéder à de nouveaux marchés. Le ministère plaide ainsi pour la mise en place de véritables dispositifs d’accélération destinés à accompagner leur changement d’échelle.

DES INSTRUMENTS DE SOUTIEN ENCORE PERFECTIBLES

Plusieurs mécanismes ont été renforcés en 2025 afin d’améliorer la capacité de création de valeur des PMEESA. Deux nouveaux outils de financement, l’affacturage et le crédit-bail, ont notamment été introduits dans le cadre du Programme 044 afin de diversifier les solutions offertes aux entreprises. Les efforts de normalisation ont également été poursuivis. Au total, 283 produits ont été analysés dans cinq régions.

Les résultats restent contrastés puisque les taux de conformité varient de 30 % dans le Littoral à 55 % dans le Centre, révélant les difficultés persistantes auxquelles les entreprises sont confrontées pour satisfaire aux exigences des marchés nationaux et internationaux. La Banque camerounaise des PME a accordé 735 millions de francs CFA de crédits à quarante-deux entreprises. Le taux de recouvrement s’est toutefois établi à 55 %, contre 79 % un an auparavant. Cette dégradation interroge autant la solidité financière des entreprises bénéficiaires que les modalités de leur accompagnement. La Bourse de sous-traitance et de partenariat a, de son côté, facilité 212 mises en relation entre entreprises et permis la signature de 35 contrats représentant 3,3 milliards de francs CFA.

L’Agence de promotion des PME a mobilisé 460 millions de francs CFA dans le cadre du programme TRANSFAGRI, accompagnant 200 entreprises agroalimentaires grâce à 1 500 chèques-services destinés à faciliter l’accès aux équipements et aux technologies. Dans son avant-propos, le ministre des PME, Achille Bassilekin III, estime que ces dispositifs ont contribué à renforcer la capacité de création de valeur des entreprises, tout en reconnaissant que « les résultats agrégés témoignent encore de marges de progression importantes ».

Au-delà de la richesse créée, les PMEESA continuent également de porter l’essentiel de l’emploi formel. Les unités de production formelles ont généré près de 1,2 million d’emplois en 2025. Les PMEESA en concentrent 75,4 %, soit environ 800 000 emplois, auxquels s’ajoutent 72 508 emplois dans les unités artisanales et 47 428 dans les organisations de l’économie sociale. Les entreprises créées au cours de l’année ont, à elles seules, déclaré plus de 90 000 emplois supplémentaires, confirmant le rôle central de ce tissu entrepreneurial dans la dynamique économique du pays.

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Maroua : A 62 ans, Adda Wanang brave avec succès le CEP

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Maroua : A 62 ans, Adda Wanang brave avec succès le CEP
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«Aujourd’hui est l’un des plus beaux jours de ma vie ! J’ai passé dix ans à apprendre à lire et à écrire, et aujourd’hui mes efforts sont récompensés…» Adda Wanang a explosé de joie ce 6 juillet 2026 dans le bureau du délégué départemental de l’Education de base du Diamaré, dans la région de l’Extrême-Nord. Elle venait d’apprendre son résultat au Certificat d’études primaires (CEP). «J’étais au champ lorsque mes enfants sont venus me dire qu’on avait besoin de moi dans un bureau. Je me suis demandé ce que j’avais bien pu faire. En arrivant à la délégation, le délégué m’a annoncé que j’avais réussi au CEP. C’était une très grande surprise. Je ne pouvais plus retenir ma joie», raconte la vieille dame de 62 ans, dans les colonnes du quotidien L’œil du Sahel de ce 7 juillet 2026. Le journal spécialisé dans les informations du Grand-Nord, rapporte une vieille dame dansant et sautillant de joie dans les bureaux de Djaoyang, le patron départemental de l’Education de base, qui a tenu à annoncer personnellement la bonne nouvelle à la plus vieille candidate au CEP 2026, qu’il a eu le bonheur d’abriter dans son département.

10 ans d’endurance

En réalité, Adda ne doutait pas forcément de ses capacités. D’autant plus que celle qui s’y préparait depuis dix ans, a obtenu son diplôme avec qualité : 314 points sur 380, soit une moyenne de 16,52/20. Mieux que ce qu’elle aurait imaginé lorsqu’elle engageait cette aventure. Elle qui a eu la chance d’être acceptée dans sa « folle » ambition, par son époux qui ne s’est pas arrêté à l’acceptation : «Pendant dix ans, mon mari m’a toujours soutenue». Du coup, «la première personne à laquelle j’ai pensé, c’est mon mari. J’avais hâte de partager ce bonheur avec lui», confie-t-elle.

Cela se passe dans une zone où la désertion scolaire se porte bien, malgré les efforts des pouvoirs publics et des partenaires pour encourager l’école auprès des populations. C’est que, outre les coutumes, les et habitudes, l’insécurité joue de plus en plus sa partition pour que la jeunesse ne soit pas toujours portée vers l’école. Et on l’a vu lors des épreuves écrites de ce CEP dans le Diamaré notamment, département plutôt calme et épargné des affres de Boko Haram et de la famine. 50 913 candidats ont pris part à cet examen dans ce département ; soit une baisse de 5 742 candidats par rapport à l’année 2025. En clair, près de 10% des candidats dans ce département ont fait faux bond au premier diplôme du système éducatif camerounais. Des jeunes qui pour la plupart, n’ont pas atteint l’adolescence.

Soif d’écrire son nom

Ils ne connaissent certainement pas la valeur de l’école. Adda Wanang la connaît. Et très bien. « Avant, à l’église, lorsque je devais écrire mon nom, j’étais toujours obligée de demander à quelqu’un de le faire à ma place. Un jour, je me suis dit que cela devait changer. J’ai décidé d’apprendre à lire et à écrire. Je voulais aussi apprendre à lire les plaques indicatives, car lorsqu’on sait les lire, on ne se perd plus facilement. Je suis allée voir un enseignant de l’école primaire de Kodek, où j’habite, pour lui demander de m’aider. Il a accepté sans hésiter. Le premier jour, il m’a appris à écrire les lettres A et B avec un bâton sur le sol. Les enfants se moquaient de moi, même mes propres enfants. Quelques jours plus tard, il m’a demandé d’acheter un cahier et un crayon. Je l’ai fait. Il écrivait dans mon cahier et me demandait de continuer les exercices à la maison», raconte-t-elle les circonstances de naissance de son ambition.

La quête du précieux sésame aura duré dix bonnes années. Et «au fil du temps, j’ai même commencé à enseigner l’alphabet français à d’autres femmes de mon église. Certaines savent aujourd’hui lire et écrire, d’autres ont abandonné en cours de route», souligne l’autodidacte.

Raison de plus de se bomber le torse, car «ce n’était pas facile, mais j’étais déterminée. Malgré les moqueries de certaines femmes de l’église et de mes enfants, je n’ai jamais abandonné», agrémente-t-elle le récit de son histoire. Aujourd’hui, «mon rêve est devenu réalité. Je peux désormais écrire mon nom, lire les plaques indicatives et obtenir mon CEP», jubile Adda Wanang. Et l’appétit venant en mangeant, la grand-mère ambitionne de lorgner plus loin. «Mon prochain objectif est le Bepc, si Dieu me prête vie», confie-t-elle. En attendant cet autre challenge, c’est la République toute entière qui a les yeux rivés sur Adda Wanang. Un argument de poids pour mieux investir dans l’éducation inclusive.

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