Dernières actualités
Plaine Centrale : l’ONG Terre et Développement Durable dénonce des insuffisances dans les études d’impact

L’enquête s’est appuyée sur les données issues des consultations publiques réalisées dans le cadre des EIES, confrontées aux conventions internationales ratifiées par le Cameroun, aux lois et règlements nationaux ainsi qu’aux pratiques coutumières locales, notamment la Zakat, contribution traditionnelle en milieu sahélien qui joue un rôle important dans l’organisation socio-économique des communautés rurales musulmanes.
Selon cette analyse, les EIES du Programme Plaine Centrale présenteraient de nombreuses insuffisances juridiques. Terre et Développement Durable estime que ces documents contreviennent à plus d’une centaine de dispositions issues de neuf conventions et déclarations internationales applicables au projet, ainsi qu’à plusieurs articles de la législation camerounaise.
Des consultations publiques jugées insuffisantes
Le principal reproche formulé indexe l’absence de véritables consultations des populations concernées. D’après les observations recueillies, moins de 10 % des villages et moins de 10 % des populations directement impactées auraient effectivement participé aux consultations organisées par les cabinets chargés des EIES.
Les femmes, les jeunes, les personnes âgées, les personnes vivant avec un handicap ainsi que d’autres groupes vulnérables auraient été très peu associés au processus. Les organisations de producteurs, la société civile et les peuples autochtones dénoncent également leur faible implication. Dans ces conditions, les enquêteurs estiment que le principe du Consentement Libre, Préalable et Éclairé (CLPE) n’a pas été respecté.
Les audiences foraines organisées par la suite n’auraient pas davantage permis de corriger ces insuffisances. Plusieurs participants interrogés par Terre et Développement Durable affirment ne pas avoir reçu une information suffisante sur les objectifs, les impacts et les implications du Programme Plaine Centrale.
Des risques croissants pour les terres et les moyens de subsistance
En sus des questions de procédure, l’enquête souligne les conséquences potentielles du projet sur les espaces de vie des populations locales.
Les auteurs s’inquiètent notamment de la réduction des espaces agricoles et pastoraux ; de la non-reconnaissance des territoires traditionnellement occupés par les peuples autochtones ; de l’absence de sécurisation des couloirs de transhumance ; de la faible prise en compte des sites culturels, sacrés et naturels ; des risques de destruction des écosystèmes et de dégradation des ressources en eau ; de l’aggravation des conflits fonciers, agropastoraux et des conflits d’usage.
Selon les auteurs, ces facteurs alimentent déjà des tensions entre communautés locales, investisseurs et autorités administratives.
Les Mbororo parmi les populations les plus exposées
L’enquête à la suite des EIES accorde une attention particulière à la situation des Mbororo, peuple autochtone dont les moyens de subsistance reposent essentiellement sur l’élevage bovin.
La réduction des pâturages, la disparition progressive des couloirs de transhumance et les restrictions d’accès aux ressources naturelles menaceraient directement leur mode de vie.
Les auteurs estiment que cette situation pourrait paradoxalement conduire les Mbororo à être perçus comme responsables des conflits fonciers, alors qu’ils en seraient les premières victimes.
Des impacts qui dépassent le cadre local
Les conclusions de l’enquête mettent également en évidence des risques à plus grande échelle.
Les modifications prévues de l’occupation des terres pourraient accentuer le stress hydrique, fragiliser davantage les écosystèmes régionaux et compromettre les engagements pris par le Cameroun en matière de lutte contre les changements climatiques, de préservation de la biodiversité et de protection des ressources en eau.
Les auteurs évoquent aussi des risques liés à la spéculation foncière, aux flux financiers illicites ainsi qu’au développement de crimes environnementaux dans les réserves foncières concernées.
Une interrogation sur l’utilisation des terres
L’un des points les plus sensibles concerne la gestion du foncier. Selon les informations analysées, la phase pilote du Programme Plaine Centrale ne prévoit l’exploitation que de 40 % des terres sécurisées. Les 60 % restants, soit environ 305 643 hectares, demeurent inoccupés pendant une période dont la durée n’est pas précisée. Les enquêteurs s’interrogent sur les raisons de cette importante réserve foncière alors que les communautés locales et les peuples autochtones sont privés de leurs droits fonciers et ne bénéficient que d’une simple tolérance administrative pour accéder à ces espaces.
Prévention des conflits
Face à ces constats, Terre et Développement Durable recommandent la suspension immédiate des opérations d’exploitation forestière, en particulier dans les forêts-galeries ; le report de l’installation des investisseurs jusqu’à la réalisation de nouvelles consultations conformes aux normes nationales et internationales ; la réalisation d’Études d’Impacts Environnementaux et Sociaux indépendantes et transparentes ; la mise en œuvre du Plaidoyer 60-35-5, qui propose de consacrer 60 % des terres aux objectifs climatiques, environnementaux et de conservation, 35 % aux communautés locales et aux peuples autochtones, et seulement 5 % aux investisseurs dans le cadre de baux emphytéotiques.
Un réexamen du projet
Pour Hervé Pierre Madougou Yagon et son équipe, le Programme Plaine Centrale, tel qu’il est actuellement conçu, présente de fortes sources potentielles de conflits et ne répond pas pleinement aux exigences du développement durable. Ils appellent les pouvoirs publics à réexaminer les études d’impact, à renforcer la participation des populations concernées et à engager un dialogue inclusif avant toute poursuite du projet.
Au regard des enjeux fonciers, environnementaux et sociaux soulevés, ils estiment qu’une telle démarche apparaît indispensable pour préserver la paix sociale, protéger les ressources naturelles et garantir un développement équitable au bénéfice de toutes les parties prenantes.
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
Budget 2027: Optimisation et Priorités

Le ministre des Finances ouvre les travaux de préparation du budget 2027 dans un contexte marqué par de fortes contraintes budgétaires.
Le budget 2027 va se préparer dans un contexte économique et financier difficile. En effet, l’analyse de l’exécution du budget au titre du premier trimestre 2026 montre une faible mobilisation des recettes budgétaires… | Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais |
UNE ÉCONOMIE RÉSILIENTE
Les émissions des titres publics n’ont permis de collecter que 98 milliards sur un objectif de 160 milliards. Les dépenses budgétaires quant à elles, restent sous de très fortes contraintes, avec d’importants montants de dette extérieure… | Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais |
Par LOUIS PAUL MOTAZE, ministre des Finances
Source : Défis Actuels N°1131 du 07/08/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
Route Yaoundé-Douala : réfections et reconstruction

Le gouvernement vient d’attribuer un marché de 4,97 milliards de FCFA TTC à China First Highway Engineering Company Cameroun pour réaliser, pendant trois mois, des travaux d’entretien confortatif sur les 236 km reliant Yaoundé au pont sur la Dibamba.
Le voyageur qui emprunte régulièrement la Route nationale nº3 entre Yaoundé et Douala peut espérer, dans les prochaines semaines, des conditions de circulation moins éprouvantes. Le ministère des Travaux publics (MINTP) vient de lancer une nouvelle intervention sur cet axe qui concentre une grande partie des échanges économiques du pays. Par une décision du 20 juillet 2026, le marché a été attribué à China First Highway Engineering Company Cameroun (CFHEC). L’entreprise dispose de trois mois pour intervenir sur les 236 km reliant Yaoundé, au niveau du Poste central, au pont sur la Dibamba. Le marché, financé par le Budget d’investissements publics (BIP) des exercices 2026 et 2027, s’élève à 4,97 milliards de FCFA TTC.
| Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais |
Le document du marché précise que ce marché porte sur l’exécution des travaux d’entretien confortatif de la Route nationale nº3, section Yaoundé (Poste central)-Douala (pont sur la Dibamba) (236 km), dans les régions du Centre et du Littoral, phase de la reconstruction de ce tronc de la RN3.” Cette formulation retient particulièrement l’attention. Depuis plusieurs années, les usagers attendent le lancement de la reconstruction complète de cette route, construite entre 1982 et 1986, dont l’état s’est fortement dégradé sous l’effet de l’augmentation du trafic, en particulier celui des poids lourds desservant le port de Douala.
| Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais |
Par Paul TJEG
Source : Défis Actuels N°1131 du 07/08/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici
Dernières actualités
Chute des exportations camerounaises au T1 2026

Selon le Comité national économique et financier (CNEF), les exportations camerounaises au premier trimestre 2026 ont diminué de 187,1 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, tombant à 606,9 milliards, contre 794 milliards un an auparavant. Cette contraction de 23,6 % est principalement concentrée sur trois produits stratégiques : le cacao, le pétrole brut et le gaz naturel liquéfié.
Ils sont trois produits d’exportation stratégiques : le cacao, le pétrole brut et le gaz naturel liquéfié. Ils concentrent à eux seuls environ 91 % de la contraction des exportations enregistrée au premier trimestre 2026 par le Cameroun. Ce qui illustre la forte exposition des recettes extérieures du Cameroun aux performances de quelques matières premières. En effet, selon le Comité national économique et financier (CNEF), les recettes d’exportation du Cameroun ont diminué de 187,1 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, tombant à 606,9 milliards, contre 794 milliards un an auparavant. Cette contraction de 23,6 % est principalement concentrée sur trois produits stratégiques : le cacao, le pétrole brut et le gaz naturel liquéfié.
Le cacao perd 120,6 milliards de FCFA
La filière cacao, devenue en 2025 le premier pourvoyeur de capitaux du pays, encaisse le choc le plus violent. Selon les données du CNEF, le cacao et ses produits dérivés ont généré 199,3 milliards de FCFA de recettes au premier trimestre 2026, contre 319,9 milliards de FCFA un an plus tôt. La filière a ainsi perdu 120,6 milliards de FCFA, soit près des deux tiers de la baisse totale des exportations camerounaises. Les recettes tirées du cacao et de ses dérivés ont donc reculé de 37,7 % en glissement annuel. Cette évolution, explique-t-on, coincide avec un retournement brutal du marché mondial. Selon la Banque mondiale, le cours de référence du cacao est passé de 8,08 dollars, le kilogramme en mars 2025 à 3,24 dollars en mars 2026, soit une baisse de près de 60 %. Ces prix internationaux ne reflètent pas nécessairement la réalité offerte actuellement les exportateurs camerounais, mais la corrélation demeure évidente. En l’absence des volumes précis expédiés sur la période, la ventilation entre prix et effet-quantité ne peut être établie avec certitude.
Chute de 14,4 % des recettes d’exploitation du pétrole brut
Le pétrole brut présente une configuration inverse. Alors que son prix de référence a fortement progressé, les recettes d’exportation camerounaises ont par contre diminué de 14,4 %, à 152,4 milliards de FCFA. Celles du gaz naturel liquéfié ont reculé de 28,4 %, à 59,9 milliards. La Banque mondiale établit le prix du Brent à 103,7 dollars le baril en mars dernier, contre 72,6 dollars un an plus tôt, soit une hausse de 42,8 %. Sur la même période, le prix de référence du gaz naturel a progressé de 35,8 %, à 17,91 dollars par million de BTU. Les exportateurs camerounais malgré cette remontée des cours suggère un effet négatif des volumes, mais les données disponibles ne permettent pas encore de le mesurer.
La baisse touche également le bois et les ouvrages, dont les recettes ont diminué de 11,5 %, ainsi que le caoutchouc brut, en recul de 16,7 %, et le café, en baisse de 17,6 %. Les recettes tirées de l’aluminium et de ses dérivés chutent de plus de 53 %, malgré une hausse de 26,9 % du cours international de l’aluminium entre mars 2025 et mars 2026. Le choc du premier trimestre prolonge une tendance sur déjà baissière. L’Institut national de la statistique (INS) avait déjà relevé un repli de 5,2 % des exportations en 2025, à 3 084 milliards de FCFA. La cote part alors 38,5 % des recettes extérieures, devant le pétrole brut (19,7 %) et le gaz naturel liquéfié (11,4 %). Une concentration qui, au regard des chiffres du CNEF, reste le principal facteur de vulnérabilité du commerce extérieur camerounais. Néanmoins, quelques filières ont résisté à cette dégradation, constate le CNEF. Les exportations de coton par exemple ont progressé de 57,5 %, à 21,1 milliards de FCFA, contre 13,4 milliards un an auparavant. Les recettes des bananes et plantains aussi ont augmenté de 27,9 %, tandis que celles des savons de ménage ont gagné 16,8 %.
| Défis Actuels, le premier News Magazine Camerounais |
Par Blaise NNANG
Source : Défis Actuels N°1131 du 07/08/2026
Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Société2 years agoPrésidentielle 2025 au Cameroun: voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Dernières actualités2 years agoCameroun : Liste complète des 250 ethnies qui font la fierté de la nation

Politique2 years agoPrésidentielle 2025 : voici les 10 candidats qui ont déjà déclaré leurs candidatures

Politique2 years agoÉlections présidentielles 2025 au Cameroun : Quels candidats ont les meilleures chances de succès ?

Actualités locales5 months agoThéodore Datouo élu président de l’Assemblée nationale du Cameroun !
- Société1 year ago
Obtenez votre CNI en 48 heures : voici les 13 centres d’enrôlement au Cameroun

Faits divers2 years agoFrais de retrait Orange Money Cameroun : Tout ce que vous devez savoir

Société2 years agoVoici l’origine des noms de 20 quartiers de Yaoundé














