Actualités locales
« Iya Mohamed doit être restauré et remis à sa place »
Dans l’analyse qui va suivre, le journaliste camerounais Alain Denis Ikoul dénonce une mauvaise autour de la construction du nouveau siège de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot).
Lire ici son analyse :
Il existe des symboles qui élèvent une nation, des symboles qui suscitent le ralliement de tous, et d’autres qui, à force d’être brandis, finissent par trahir le vide et les errements qu’ils cherchent à dissimuler.
Au Cameroun, une lassitude profonde gagne désormais les esprits face à la communication répétitive, intempestive, inopportune, rébarbative et surtout empreinte d’autoglorification du président de la FECAFOOT, avec pour objet le nouveau siège de la fédération.
« Un peu un peu, on affiche le siège »
À intervalles quasi-réguliers, le siège flambant neuf de l’instance fédérale de notre football est exhibé comme un trophée, une œuvre ultra monumentale censée incarner à elle seule, d’un point de vue strictement églisien, le renouveau du football camerounais.
Mais à mesure que les images défilent et que les discours se répètent, une évidence s’impose : ce bâtiment, aussi moderne soit-il, ne saurait tenir lieu de palmarès sportif. Le peuple en a marre. Les images du siège de La Fecafoot à tout bout de chemin, même le 1re Mai (mdr), c’est trop. Il faut changer de disque.
Stop à l’instrumentalisation de l’amour du peuple !
Dans son immense majorité, le peuple camerounais, passionné de football et profondément attaché à la grandeur de ses Lions, n’aspire pas à contempler les murs, mais à vibrer pour des victoires. Il ne réclame pas des infrastructures érigées en outils de propagande, mais des titres, des performances, des conquêtes qui honorent l’histoire du pays de Joseph Antoine Bell et Patrick Mboma, et ravivent la fierté nationale.
À la Fecafoot aujourd’hui sous l’ère de la grandeur, la nécessité de remporter les trophées sur le terrain a cédé la place aux multiples visites du siège de la Fédération. À grand renfort de publicité avec des influenceurs recrutés pour la circonstance, l’on veut absolument faire accepter au public qu’il est normal de ne remporter aucun trophée important en 5 ans, il est normal d’organiser un championnat bancal, pourvu que le siège soit achevé.
Iya Mohamed facilement oublié : Seigneur pardonne leur !
Le siège de la Fecafoot aujourd’hui présenté comme l’aboutissement d’une vision de l’actuel Président, n’est pourtant que l’achèvement d’un processus largement entamé auparavant. Iya Mohamed, président emblématique de la Fecafoot, est effectivement celui qui avait en son temps décidé de doter notre fédération d’un siège à la hauteur de sa réputation.
Il a entamé les travaux, achevé le gros œuvre en plus d’autres étapes. L’expertise de CFOOT l’an dernier estimait à 74% les travaux de Iya Mohamed, 17% Seidou Mbombo Njoya, ce qui laissait 9% à Samuel Eto’o en 5 ans.
Ceci dit, revendiquer l’entièreté d’une œuvre dont on n’a assuré que « la fin des finitions » (9%) relève moins du leadership que d’une mise en scène savamment entretenue et d’une grossière usurpation dans une certaine mesure. Iya Mohamed doit être restauré et remis à sa place, celle qu’il mérite, car il est celui qui incarne le mieux la volonté de doter la Fecafoot d’un siège moderne, même si ses successeurs n’ont pas réalisé l’entièreté du projet qu’il avait pour cette infrastructure.
L’urgence est désormais ailleurs : il faut tourner la page du siège !
Pendant que Samuel Eto’o brandit les images du siège de la Fédération à tout bout de chemin et de façon intempestive, les véritables urgences demeurent : structuration des championnats locaux, valorisation des talents, stabilité des sélections nationales, et surtout, reconquête du prestige continental et international.
Autant de chantiers qui exigent rigueur, humilité et résultats, bien au-delà des effets d’annonce. Le peuple veut également la paix, la transparence et la bonne gouvernance dans son football, des valeurs dont on s’est considérablement éloigné sur ces cinq dernières années.
En conclusion, à trop vouloir distraire et haranguer les foules avec des symboles matériels, le risque est grand de creuser davantage le fossé entre les attentes légitimes du peuple et les priorités affichées par ses dirigeants. Car au Cameroun, le football n’a jamais été une affaire de béton. Il est une affaire de gloire, de passion, et de trophées. Et sur ce terrain-là, aucun édifice, aussi imposant soit-il, ne saurait remplacer l’éclat d’une victoire. Un siège ? OUI MERCI MONSIEUR ETO’O. Mais des trophées, ce serait encore mieux. L’amour ! Rien que de l’amour mon Président. Pas en cachette, mais en public.
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Douanes : les recettes reculent à 260,9 milliards de FCFA, plombées par les droits de sortie

(Investir au Cameroun) – La Direction générale des douanes (DGD) a collecté 260,9 milliards de FCFA de recettes entre janvier et mars 2026, selon les données publiées par le ministère des Finances dans le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) à moyen terme 2027-2029. Ce montant représente seulement 89,2 % des 292,4 milliards de FCFA attendus sur la période, soit un manque à gagner de 31,5 milliards de FCFA.
En glissement annuel, les recettes douanières reculent de 4,6 milliards de FCFA, soit 1,7 %, par rapport aux 265,5 milliards de FCFA collectés au premier trimestre 2025. Cette contreperformance s’explique principalement par l’effondrement des droits de sortie appliqués aux produits exportés.
Ce poste n’a procuré au Trésor public que 15,2 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, contre une prévision de 30,8 milliards. Le taux de réalisation ressort ainsi à 49,4 %, pour un déficit de collecte de 15,6 milliards de FCFA. À lui seul, ce manque à gagner représente près de la moitié de l’écart enregistré sur l’ensemble des recettes douanières.
Par rapport aux 29 milliards de FCFA mobilisés à fin mars 2025, les droits de sortie chutent de 13,8 milliards de FCFA, soit 47,6 %. Cette baisse peut traduire un recul de la valeur des exportations soumises à cette fiscalité, une modification de leur structure ou des décalages dans les opérations de dédouanement.
Les recettes sur les importations amortissent le choc
À l’inverse, les droits de douane à l’importation ont progressé de 8,6 %, passant de 94,6 milliards de FCFA au premier trimestre 2025 à 102,7 milliards à fin mars 2026. Cette performance reste toutefois inférieure à la prévision gouvernementale de 107 milliards de FCFA, avec un taux de réalisation de 96 %.
La taxe sur la valeur ajoutée à l’importation a suivi la même tendance. Ses recettes sont ressorties à 119,1 milliards de FCFA, en hausse de 5,8 % par rapport aux 112,6 milliards collectés à la même période en 2025. Elles demeurent néanmoins inférieures de 4,1 milliards de FCFA à l’objectif trimestriel de 123,2 milliards.
Au total, la progression des droits de douane et de la TVA à l’importation a généré 14,6 milliards de FCFA de recettes supplémentaires en glissement annuel. Cette hausse a permis d’amortir la chute de 13,8 milliards de FCFA enregistrée sur les droits de sortie, sans toutefois empêcher le recul de la collecte globale.
Les droits d’accises ont également pesé sur les performances de la douane. Ils ont rapporté 13,9 milliards de FCFA à fin mars 2026, contre 16,6 milliards un an auparavant, soit une baisse de 2,7 milliards de FCFA ou 16,3 %. La collecte représente seulement 78,1 % de la prévision de 17,8 milliards de FCFA fixée par le gouvernement.
BRM
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SNH : Nathalie Moudiki échange avec le vice-gouverneur de la BEAC !
Le vice-gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Michel Dzombala, a été reçu à la Société nationale des hydrocarbures (SNH) par Nathalie […]
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SCDP : les pertes de produits pétroliers ramenées sous 1 500 m³ sur les cinq premiers mois de 2026

(Investir au Cameroun) – Selon la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP), les pertes moyennes enregistrées sur l’ensemble des produits sont passées de près de 3 000 m³ entre janvier et mai 2025 à moins de 1 500 m³ sur la même période en 2026. En volume absolu, la baisse atteint donc au moins 50 % en un an.
L’annonce a été faite le 2 juillet 2026 à Douala au cours de la traditionnelle rencontre « Pertes et mesures », qui réunit le stockeur public et les distributeurs de produits pétroliers, couramment désignés comme marketers. Présidée par Gabriel Eteki Ebokolo, directeur général adjoint de la SCDP, cette concertation porte sur la gestion des écarts de stock et la performance des équipements de mesure et de stockage.
Une baisse en volume, mais un taux de pertes encore inconnu
La SCDP ne communique toutefois ni le volume total de produits réceptionnés, stockés et livrés au cours des deux périodes ni le taux de pertes correspondant. Il n’est donc pas possible de déterminer si l’efficacité opérationnelle s’est améliorée exactement dans les mêmes proportions que la baisse observée en volume absolu.
Une réduction des pertes de 3 000 à moins de 1 500 m³ constitue un progrès apparent. Mais sa portée dépend également de l’évolution des volumes traités. Si l’activité a augmenté en 2026, la performance est plus importante que ne le laisse apparaître le seul chiffre brut. À l’inverse, une baisse des volumes manipulés pourrait expliquer une partie du recul.
L’entreprise ne fournit pas non plus de ventilation par dépôt ou par type de produit. Les données publiées ne permettent donc pas d’identifier les installations ayant enregistré les avancées les plus importantes, ni de distinguer les pertes portant sur le super, le gasoil, le pétrole lampant ou les carburants destinés à l’aviation.
La SCDP invoque la modernisation des équipements
Gabriel Eteki Ebokolo attribue cette évolution aux investissements réalisés dans les infrastructures de mesure et de stockage, ainsi qu’au respect des engagements pris entre la SCDP et les marketers.
« C’est une démarche permanente, que nous allons continuer à approfondir », a déclaré le directeur général adjoint, en soulignant la qualité de la collaboration avec les distributeurs. La SCDP ne précise cependant ni la nature exacte des équipements récemment installés, ni le montant des investissements engagés, ni les dépôts concernés. Ces données permettraient d’évaluer le coût des améliorations apportées et leur contribution effective à la réduction des écarts de stock.
Pour le stockeur public, chaque mètre cube préservé peut limiter les pertes financières liées aux opérations de stockage et de manutention. Pour les marketers, une meilleure maîtrise des écarts peut également réduire les manques à gagner sur les volumes réceptionnés et livrés. L’effet financier exact dépend néanmoins des mécanismes contractuels d’imputation des pertes entre la SCDP et les distributeurs.
Une diminution des pertes pourrait aussi accroître les volumes effectivement mis à la consommation et soumis aux taxes applicables aux produits pétroliers. La SCDP ne fournit toutefois aucune estimation de la valeur des produits économisés ni du gain fiscal potentiel pour le Trésor public.
Un bénéfice net en hausse de 44 % en 2025
Cette amélioration opérationnelle intervient après une progression des résultats financiers de la SCDP en 2025. Selon ses états financiers, le chiffre d’affaires est passé de 26,85 milliards de FCFA en 2024 à 29,02 milliards en 2025, soit une hausse de 8,1 %. Le bénéfice net a progressé de 2,16 milliards à 3,11 milliards de FCFA, en augmentation de 44 %.
Aucun élément publié ne permet cependant d’établir un lien direct entre ces performances financières de 2025 et la réduction des pertes annoncée pour les cinq premiers mois de 2026.
Pour mesurer pleinement les progrès réalisés, la SCDP devra désormais compléter le volume absolu des pertes par des indicateurs comparables : volumes totaux manipulés, taux de pertes, ventilation par dépôt et par produit, valeur financière des écarts évités et niveau de performance par rapport aux normes techniques du secteur.
Frédéric Nonos
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