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Centrafrique : libération du chercheur Joseph Figueira après près de deux ans de détention


Détenu depuis mai 2024 en Centrafrique, le chercheur et humanitaire belgo-portugais Joseph Figueira a été libéré ce mardi 7 avril. Il a quitté Bangui à bord d’un avion militaire portugais et doit retrouver sa famille à Lisbonne.
Joseph Figueira, chercheur et humanitaire engagé, a recouvré la liberté après près de deux ans de détention en Centrafrique. Son départ de Bangui, ce mardi 7 avril, a été confirmé par les autorités portugaises, qui ont annoncé qu’il était en route vers Lisbonne à bord d’un avion militaire.
Arrêté en mai 2024 dans le sud-est du pays alors qu’il effectuait une mission pour une ONG américaine, il avait été interpellé par des mercenaires russes du groupe Wagner. En novembre 2025, il avait été condamné à dix ans de travaux forcés pour « atteinte à la sûreté de l’État », des accusations qu’il a toujours fermement rejetées.
Sa libération a été annoncée par le ministre portugais des Affaires étrangères lors d’une audition parlementaire. Les circonstances précises de cette libération n’ont pas été détaillées.
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Alucam : l’État convertit 92,5 milliards de FCFA de créances en capital, mais la fonderie reste à financer

(Investir au Cameroun) – L’État camerounais a converti en capital 92,5 milliards de FCFA d’avances détenues sur la Compagnie camerounaise d’aluminium (Alucam). L’opération représente nominalement plus du double du besoin de recapitalisation de 43 milliards de FCFA identifié dans le plan de restructuration de 2019. Mais cette comparaison a ses limites : contrairement à un apport en numéraire, la conversion de créances n’injecte aucune ressource nouvelle dans les caisses de l’entreprise.
Dans un exposé consacré à Alucam et présenté au Parlement en juillet 2026, la Chambre des comptes de la Cour suprême estime que l’opération améliore la situation des fonds propres et éloigne le risque de dépôt de bilan, sans financer la remise en état de l’appareil industriel.« Il ne s’agit que d’un jeu d’écriture sans incidence sur la trésorerie et qui ne règle qu’un problème juridique », tranche la juridiction financière.
Le plan élaboré en octobre 2019 sous la coordination du ministère des Mines prévoyait, outre la recapitalisation de 43 milliards de FCFA, la fusion d’Alucam avec la Société camerounaise de transformation de l’aluminium (Socatral), la cession des actifs non stratégiques, la modernisation de la sous-station électrique et l’augmentation progressive des capacités de production.
Sur cet ensemble de mesures, seule la fusion avec Socatral a été effectivement menée à terme, en 2020. Elle a été suivie, en 2022, d’un apport en compte courant de 14 milliards de FCFA destiné à apurer partiellement la dette envers l’électricien Eneo, puis d’une conversion en capital d’environ 33 milliards de FCFA en mai 2023.
Le document de la Chambre des comptes ne détaille toutefois pas l’articulation comptable entre cette première conversion de 33 milliards de FCFA et celle de 92,5 milliards réalisée en 2026. Il ne permet donc pas d’établir si les deux montants sont intégralement cumulatifs ou si l’opération la plus récente porte sur le solde des avances encore inscrites en comptes courants.
Un bilan restauré sans argent frais
La conversion des 92,5 milliards de FCFA intervient après plusieurs exercices marqués par une dégradation prononcée des comptes. Au 31 décembre 2025, Alucam affichait encore des capitaux propres négatifs de 51,8 milliards de FCFA, malgré un bénéfice net de 279,3 millions de FCFA, contre une perte de 23,8 milliards un an plus tôt. Les commissaires aux comptes avaient alors souligné que la continuité de l’exploitation dépendait notamment du renforcement des fonds propres.
Ce retour symbolique aux bénéfices ne traduisait pas encore un redressement complet de l’activité. Le chiffre d’affaires a reculé de 15,3 % en 2025, passant de 94,4 milliards à 79,9 milliards de FCFA. La trésorerie nette est, elle aussi, demeurée négative, à environ 17,5 milliards de FCFA.
Sur une période plus longue, la situation reste préoccupante. Entre 2017 et 2024, le chiffre d’affaires est tombé de 123,4 milliards à 94,4 milliards de FCFA, soit un repli de 23,5 %. Les pertes nettes cumulées ont approché 101 milliards de FCFA et les capitaux propres sont demeurés négatifs depuis 2019. À la fin de 2024, le besoin en fonds de roulement ressortait à −48,9 milliards de FCFA, signe des difficultés persistantes de l’entreprise à régler ses fournisseurs dans des délais normaux.
La fonderie au cœur de la crise
La Chambre des comptes situe le principal foyer de pertes dans l’activité historique de fonderie. Le 10 janvier 2018, un accident sur le réseau électrique alimentant le site industriel a provoqué un incendie dans la sous-station et endommagé près de la moitié des cuves d’électrolyse.
La production d’aluminium primaire est ainsi passée de 73 759 tonnes en 2017 à 53 675 tonnes en 2025, soit une baisse de 27,2 %. Le recul de la production ne s’est pas accompagné d’une diminution proportionnelle des coûts fixes. La contribution de la fonderie au résultat de l’entreprise est ainsi passée d’un bénéfice de 6,3 milliards de FCFA en 2017 à une perte de 23,8 milliards en 2024.
À l’inverse, le laminage, intégré à Alucam à la faveur de l’absorption de Socatral, joue désormais un rôle d’amortisseur. Cette activité, qui couvre notamment la production de bobines, de tôles et de disques, représentait 64,5 % du chiffre d’affaires en 2024, contre 35,5 % pour la fonderie. Elle ne suffit cependant pas encore à compenser durablement les pertes de l’activité d’aluminium primaire.
Le choix entre 30 à 45 milliards supplémentaires et l’arrêt de la fonderie
Pour la Chambre des comptes, la restauration du bilan ne peut donc se substituer à la modernisation de l’outil industriel. La juridiction recommande au gouvernement d’envisager rapidement un apport financier compris entre 30 et 45 milliards de FCFA afin de remettre à niveau la fonderie et de porter la production annuelle d’aluminium primaire entre 110 000 et 120 000 tonnes.
« Pour relever Alucam, au-delà de la conversion des dettes en capital, l’État devrait injecter environ 30 à 45 milliards de FCFA », souligne l’exposé présenté au Parlement.
À défaut de cet apport ou de l’entrée d’un investisseur privé au capital, la Chambre des comptes recommande d’étudier l’arrêt de l’activité de fonderie. Une telle décision libérerait une partie importante de l’électricité actuellement consommée par l’entreprise, mais fragiliserait parallèlement le laminage, dont l’activité reste complémentaire de la production d’aluminium primaire.
La juridiction préconise également la cession des actifs non stratégiques, notamment des actifs fonciers situés à Douala et à Edéa ainsi que certaines participations détenues dans des sociétés de services. Le produit de ces ventes devrait permettre d’améliorer le fonds de roulement de l’entreprise. Elle appelle enfin la direction générale à mieux maîtriser les coûts de production et à renforcer la politique commerciale de la fonderie.
Une consommation électrique de nouveau questionnée
Au-delà des comptes de l’entreprise, le dossier soulève une question de politique industrielle et d’allocation de l’énergie. Alucam absorbe en moyenne près de 13 % de la production électrique nationale, avec une puissance appelée estimée à 130 MW, contre environ 190 MW avant 2020.
« Est-ce que l’intérêt du pays commande de mobiliser en moyenne 13 % de la production électrique pour exporter de l’aluminium à perte, alors que les besoins de la population et du reste de l’économie ne sont pas intégralement couverts ? », interroge la Chambre des comptes.
La question est d’autant plus sensible que le rétablissement des capacités industrielles augmenterait mécaniquement la consommation d’énergie. Selon la juridiction, produire une tonne d’aluminium nécessite environ 15 000 kWh. Le développement de la fonderie ne pourra donc être envisagé indépendamment des capacités du système électrique camerounais et des besoins des autres consommateurs.
Trois investisseurs en lice
Les recommandations de la Chambre des comptes interviennent alors qu’Alucam suscite un regain d’intérêt auprès d’investisseurs privés, plus d’une décennie après le retrait de Rio Tinto de son capital.
Le groupe singapourien Eagle Eye, lié à Arise IIP, a transmis une proposition portant sur la reprise d’une participation majoritaire. L’opération permettrait notamment à Arise IIP, déjà présent dans le projet de bauxite de Minim Martap à travers Canyon Resources et sa filiale Camalco, de développer une chaîne intégrée allant de la bauxite à l’aluminium.
Le négociant suisse Bathco propose, de son côté, de prendre une participation de 80 % dans Alucam, pour un investissement évalué à plus de 78 milliards de FCFA.
Enfin, Naxya Holding, maison mère de Proalu SA, a soumis au gouvernement un projet de partenariat stratégique et capitalistique assorti d’un engagement d’investissement de 100 milliards de FCFA. Le groupe est déjà lié à Alucam par un contrat d’approvisionnement portant sur 2 500 tonnes d’aluminium par mois, soit un chiffre d’affaires potentiel de 48 milliards de FCFA par an, ainsi que par une facilité de trésorerie de 10 milliards de FCFA.
L’arrivée d’un partenaire privé pourrait apporter l’argent frais que la conversion des créances de l’État ne procure pas. Mais elle obligera le gouvernement à arbitrer entre plusieurs impératifs : préserver un actif industriel stratégique, financer la modernisation de la fonderie, sécuriser l’approvisionnement électrique et éviter que l’assainissement comptable de 92,5 milliards de FCFA ne constitue qu’un nouveau sursis.
Amina Malloum
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Douanes : les recettes reculent à 260,9 milliards de FCFA, plombées par les droits de sortie

(Investir au Cameroun) – La Direction générale des douanes (DGD) a collecté 260,9 milliards de FCFA de recettes entre janvier et mars 2026, selon les données publiées par le ministère des Finances dans le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) à moyen terme 2027-2029. Ce montant représente seulement 89,2 % des 292,4 milliards de FCFA attendus sur la période, soit un manque à gagner de 31,5 milliards de FCFA.
En glissement annuel, les recettes douanières reculent de 4,6 milliards de FCFA, soit 1,7 %, par rapport aux 265,5 milliards de FCFA collectés au premier trimestre 2025. Cette contreperformance s’explique principalement par l’effondrement des droits de sortie appliqués aux produits exportés.
Ce poste n’a procuré au Trésor public que 15,2 milliards de FCFA au premier trimestre 2026, contre une prévision de 30,8 milliards. Le taux de réalisation ressort ainsi à 49,4 %, pour un déficit de collecte de 15,6 milliards de FCFA. À lui seul, ce manque à gagner représente près de la moitié de l’écart enregistré sur l’ensemble des recettes douanières.
Par rapport aux 29 milliards de FCFA mobilisés à fin mars 2025, les droits de sortie chutent de 13,8 milliards de FCFA, soit 47,6 %. Cette baisse peut traduire un recul de la valeur des exportations soumises à cette fiscalité, une modification de leur structure ou des décalages dans les opérations de dédouanement.
Les recettes sur les importations amortissent le choc
À l’inverse, les droits de douane à l’importation ont progressé de 8,6 %, passant de 94,6 milliards de FCFA au premier trimestre 2025 à 102,7 milliards à fin mars 2026. Cette performance reste toutefois inférieure à la prévision gouvernementale de 107 milliards de FCFA, avec un taux de réalisation de 96 %.
La taxe sur la valeur ajoutée à l’importation a suivi la même tendance. Ses recettes sont ressorties à 119,1 milliards de FCFA, en hausse de 5,8 % par rapport aux 112,6 milliards collectés à la même période en 2025. Elles demeurent néanmoins inférieures de 4,1 milliards de FCFA à l’objectif trimestriel de 123,2 milliards.
Au total, la progression des droits de douane et de la TVA à l’importation a généré 14,6 milliards de FCFA de recettes supplémentaires en glissement annuel. Cette hausse a permis d’amortir la chute de 13,8 milliards de FCFA enregistrée sur les droits de sortie, sans toutefois empêcher le recul de la collecte globale.
Les droits d’accises ont également pesé sur les performances de la douane. Ils ont rapporté 13,9 milliards de FCFA à fin mars 2026, contre 16,6 milliards un an auparavant, soit une baisse de 2,7 milliards de FCFA ou 16,3 %. La collecte représente seulement 78,1 % de la prévision de 17,8 milliards de FCFA fixée par le gouvernement.
BRM
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