Actualités locales
quand la Fecafoot court après les talents qu’elle n’a pas su former

Le regroupement des Lions U23 à Alaves révèle une réalité embarrassante : le Cameroun préfère séduire les binationaux formés en Occident plutôt que de miser sur ses propres académies.
La liste dévoilée par Guy Feutchine pour le stage des Lions U23 en Espagne ressemble davantage à un annuaire de la diaspora qu’à une vitrine du football camerounais. Binationaux par-ci, espoirs franco-camerounais par-là : la Fecafoot a sorti le grand jeu pour ratisser large en Occident. Objectif affiché ? « Sécuriser » ces talents avant qu’ils ne filent sous d’autres couleurs. Objectif inavoué ? Combler les carences criantes d’un système de formation locale à bout de souffle.
L’opération séduction tous azimuts
Pour ce rassemblement programmé à Alaves dans une dizaine de jours, la fédération camerounaise ne lésine pas sur les moyens. Fini l’amateurisme légendaire qui a fait fuir Samuel Eto’o fils vers l’Espagne ou découragé tant d’autres ? La Fecafoot promet désormais « les petits plats dans les grands » : infrastructures professionnelles, organisation digne de ce nom, conditions d’accueil irréprochables.
Une révolution cosmétique qui cache mal une stratégie de l’urgence : puisque nous ne savons pas les former ici, allons les chercher là-bas. Les binationaux ne sont plus un complément, ils deviennent la colonne vertébrale.
Le miroir cruel d’un échec systémique
Derrière cette razzia de talents formatés en Europe se dessine le constat accablant d’un football camerounais incapable de faire éclore ses propres pépites. Où sont les académies locales compétitives ? Où sont les centres de formation modernes ? Où sont les championnats juniors structurés qui pourraient rivaliser avec les écoles françaises, espagnoles ou anglaises ?
Les réponses sont dans cette liste d’appelés : en France, en Espagne, en Belgique… partout sauf au Cameroun. Le message envoyé à la jeunesse locale est terrible : pour réussir dans le football, mieux vaut naître à Paris que à Douala.
Une dépendance dangereuse
Certes, récupérer ces binationaux est légitime et parfois nécessaire. Mais lorsque cela devient la stratégie principale, le problème se pose. Que se passera-t-il le jour où ces jeunes, courtisés de toutes parts, choisiront finalement la France, la Belgique ou l’Espagne ? Le Cameroun se retrouvera les mains vides, faute d’avoir cultivé son propre jardin.
Plus inquiétant encore : cette course effrénée aux binationaux crée une dépendance malsaine. Plutôt que d’investir massivement dans la formation locale, dans les infrastructures, dans les entraîneurs, la Fecafoot préfère jouer les pompiers en multipliant les opérations charm auprès de jeunes qui n’ont souvent jamais foulé le sol camerounais.
L’urgence d’un changement de paradigme
Le football camerounais a brillé par le passé grâce à des joueurs entièrement formés au pays : Roger Milla, Thomas N’Kono, François Omam-Biyik… Ces légendes n’avaient pas besoin d’académies parisiennes pour révéler leur talent. Qu’est-ce qui a changé ?
L’argent investi dans ces opérations séduction en Europe ne serait-il pas mieux employé à créer des centres d’excellence au Cameroun ? À payer décemment les formateurs locaux ? À moderniser les infrastructures ? À structurer les championnats de jeunes ?
Les binationaux peuvent être un atout, pas une béquille. Le jour où le Cameroun alignera une équipe nationale majoritairement issue de ses propres académies, ce jour-là, le football camerounais aura retrouvé sa fierté. En attendant, chaque liste truffée de noms à consonance occidentale rappelle cruellement l’ampleur du chantier abandonné.
Guy Feutchine convoque des binationaux. Fort bien. Mais qui formera les futurs Lions de demain ?
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Actualités locales
l’Indice Ibrahim 2026 révèle une faible progression de 0,8 point en dix ans

L’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) 2026, publié le 31 octobre par la Fondation Mo Ibrahim, révèle un paradoxe : les opportunités économiques et le développement humain progressent, mais la gouvernance globale n’a gagné que 0,8 point en dix ans.
La gouvernance en Afrique n’a progressé que de 0,8 point en dix ans, pour atteindre un score moyen de 50,1 sur 100 en 2025. C’est ce que révèle l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) 2026, publié le samedi 31 octobre par la Fondation Mo Ibrahim.
Un résultat qui illustre un contraste frappant. Les fondements des opportunités économiques (+3,7 points) et le développement humain (+2,5 points) s’améliorent nettement, tandis que la sécurité et l’État de droit (-1,7 point), ainsi que la participation, les droits et l’inclusion (-1 point) reculent.
Autrement dit, l’Afrique crée davantage de richesse et améliore les conditions de vie, mais sans que cela se traduise par un renforcement équivalent de ses institutions, de sa sécurité et de sa démocratie.
Publié tous les deux ans, l’indice évalue la gouvernance dans les 54 pays africains à partir de 96 indicateurs issus de 51 sources de données. Regroupés en quatre grandes catégories, ils couvrent les dimensions politiques, économiques, sociales et sécuritaires de la gouvernance. Chaque pays reçoit une note sur 100.
Au classement 2025, les Seychelles arrivent en tête avec 78,6 points, devant Maurice (75) et le Cap-Vert (70,3). Le Maroc entre dans le Top 10, tandis que la Tunisie le quitte.
Plus inquiétant, sur la décennie, 23 pays ont enregistré un recul de leur gouvernance globale. Un signal fort pour les décideurs : sans État de droit, sans sécurité et sans inclusion, les progrès économiques risquent de rester fragiles et inégalement partagés.
Pour les investisseurs comme pour les citoyens, le message de l’IIAG 2026 est clair : la performance économique ne suffit plus. La qualité de la gouvernance est désormais la condition de la durabilité de la croissance africaine.
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Bassin du lac Tchad : Le Cameroun et trois voisins mobilisés contre le choléra, Ebola et la Mpox
Le Cameroun, le Tchad, le Nigeria et la République centrafricaine renforcent leur coopération sanitaire face à la progression de plusieurs maladies épidémiques. Réunis à Douala […]
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un incendie à Metafrique Steel fait 4 morts et 16 blessés graves

Un violent incendie s’est déclaré ce lundi 2 novembre 2026, entre 7 h et 7 h 15, dans les installations de l’entreprise Metafrique Steel SA, située dans la zone industrielle de Douala-Bassa. Selon les premiers éléments recueillis auprès des autorités, une explosion aurait précédé le sinistre.
Selon Cameroon Tribune, le bilan provisoire fait état de quatre corps calcinés, découverts par les sapeurs-pompiers, et de 16 personnes grièvement brûlées, évacuées à l’hôpital général de Douala. Selon une source médicale, leur pronostic vital serait engagé.
Le gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, s’est rendu au chevet des blessés. Il a déploré le non-respect des mesures de sécurité prescrites à l’entreprise après un précédent incendie. « Malgré les premiers cas d’incendie, les mesures de sécurité n’ont pas été prises », a-t-il déclaré.
Évoquant les enquêtes en cours, le gouverneur a également estimé qu’un arrêt des activités de l’entreprise devrait être envisagé.
Pour mémoire, un autre incendie avait ravagé une partie de cette usine dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2026, faisant plusieurs victimes.
Au moment des premières constatations, les sapeurs-pompiers poursuivaient leurs opérations pour maîtriser le sinistre.
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