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Douala et Yaoundé : 856,8 milliards FCFA de projets en gestation pour transformer les déchets en énergie

(Investir au Cameroun) – Le 12 mars 2026 à Yaoundé, la ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, a signé deux mémorandums d’entente avec Thermosun Cameroun et Blue Energy Holding. Les deux groupes évoquent un potentiel d’investissement cumulé de 856,8 milliards FCFA pour développer à Douala et Yaoundé des unités de traitement et de valorisation énergétique des déchets.
Ces accords prolongent les états généraux sur la gestion des déchets urbains tenus les 6 et 7 mai 2025 à Yaoundé, dans un contexte où le ministère décrivait déjà une situation d’insalubrité « préoccupante » dans les grandes villes, notamment à Douala et Yaoundé. Parmi les pistes alors avancées figurait la création d’un compte spécial destiné à sécuriser le paiement des prestataires du secteur.
À ce stade, toutefois, il s’agit d’engagements d’intention. Entre la signature de mémorandums et la réalisation effective d’investissements industriels, l’écart peut être considérable.
Un service déjà sous tension
Ces nouveaux projets arrivent sur un terrain déjà fragilisé. À Douala, la production de déchets est estimée à 2 700 tonnes par jour. Pour 2026, la Communauté urbaine a inscrit 7 milliards FCFA pour la gestion des ordures et attribué à Genelcam un contrat de 954 millions FCFA pour assurer une partie de la collecte.
À Yaoundé, la situation est comparable. En novembre 2024, Hysacam a remporté trois des quatre lots d’un appel d’offres lancé par la Communauté urbaine, pour un montant de plus de 45 milliards FCFA. Le quatrième lot avait été déclaré infructueux, signe des difficultés persistantes à structurer durablement le marché de la collecte dans la capitale.
Dans les deux métropoles, l’équation reste la même : hausse des volumes, saturation des infrastructures et ressources insuffisantes pour stabiliser durablement le service.
Thermosun : 276,8 milliards FCFA pour deux unités de valorisation
Le premier projet est porté par Thermosun Cameroun. L’entreprise prévoit la construction de deux unités industrielles de valorisation des déchets, à Douala et à Yaoundé, pour un investissement annoncé de 276,8 milliards FCFA. L’objectif est de convertir les déchets urbains en biogaz, en électricité, en hydrogène et en compost.
Selon ses promoteurs, ces installations permettraient de collecter environ 1 500 tonnes de déchets par jour et d’en traiter 833 tonnes, soit près de 280 000 tonnes par an. Le projet repose sur une technologie développée par Smargine Engineering.
À ce stade, ni le calendrier d’exécution ni la structuration financière du projet n’ont été détaillés publiquement.
Blue Energy : 580 milliards FCFA pour un schéma plus large
Le second projet, porté par Blue Energy Holding, affiche un périmètre plus étendu. Le groupe prévoit lui aussi deux unités de traitement à Douala et à Yaoundé, pour un coût global annoncé de 580 milliards FCFA.
Selon ses promoteurs, 30 % de ce montant, soit 174 milliards FCFA, devraient provenir d’une contrepartie de l’État camerounais, dont les modalités n’ont pas été précisées.
Blue Energy avance une capacité de traitement pouvant atteindre 3 000 tonnes de déchets par jour et une production annuelle d’électricité d’environ 912 GWh. Cette énergie serait destinée au réseau urbain et, à terme, aux futurs systèmes de Bus Rapid Transit (BRT) des deux villes.
Le projet inclut aussi la mise en service projetée de 600 bus écologiques, une flotte de 1 000 camions fonctionnant au biogaz, dont 400 répartis entre Douala et Yaoundé, ainsi que l’installation de 10 000 bacs à ordures pour encourager le tri à la source. Les promoteurs évoquent également la création potentielle de plus de 15 000 emplois directs et indirects.
À mesure que le périmètre annoncé s’élargit, la question de la mise en œuvre devient plus centrale encore.
Des ambitions très au-dessus des moyens actuels
La taille des projets annoncés contraste avec les ressources aujourd’hui mobilisées dans la filière. Selon des données douanières relayées parInvestir au Cameroun, la taxe sur les ordures a rapporté 60,6 milliards FCFA entre 2020 et 2022. En rythme annuel, cela représente environ 20,2 milliards FCFA par an au total, soit autour de 10,1 milliards FCFA pour chacune des communautés urbaines de Douala et Yaoundé.
À Yaoundé,Investir au Camerounrappelait déjà, en s’appuyant sur une étude de la Banque mondiale citée par Hysacam, qu’il faudrait au moins 15 milliards FCFA par an pour assurer correctement la collecte des ordures. Les ressources actuelles restent donc inférieures au seuil jugé nécessaire pour stabiliser le service.
Ce décalage éclaire en partie les tensions récurrentes observées sur le terrain.
Une urgence d’abord logistique
En janvier 2026, Hysacam a mobilisé le Ceneema pour désengorger les décharges de PK10 à Douala et de Nkolfoulou à Yaoundé, dans un contexte de saturation des sites de traitement. À Douala, l’opérateur poursuit également son programme de centres de transfert de déchets afin de réduire les coûts logistiques de la collecte.
Ce point reste structurant : avant même la valorisation énergétique, le défi demeure celui de la collecte, du transport et de la gestion des volumes.
Les projets portés par Thermosun et Blue Energy visent précisément à modifier cette équation en transformant les déchets en énergie, en carburant et en ressource économique.
Le vrai test : passer du protocole à l’usine
La réussite de ces projets suppose toutefois plusieurs conditions : un financement sécurisé, une participation publique soutenable, des technologies éprouvées et une articulation claire avec les opérateurs déjà en place.
Entre une annonce d’investissement et la mise en service d’unités industrielles, les délais, les arbitrages et les obstacles peuvent être considérables.
En l’état, les 856,8 milliards FCFA annoncés constituent donc moins une transformation acquise qu’un pari sur la capacité des acteurs publics et privés à structurer une filière industrielle du déchet. L’enjeu dépasse désormais le seul ramassage des ordures : il porte sur la capacité du Cameroun à transformer une contrainte urbaine persistante en activité économique durable.
Frédéric Nonos
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BRT de Douala : 820 millions FCFA pour intégrer les motos-taxis au futur réseau

(Investir au Cameroun) – Le Projet de mobilité urbaine de Douala (PMUD), qui porte la mise en place du futur réseau de Bus Rapid Transit (BRT) dans la capitale économique, prévoit une enveloppe d’environ 820 millions de FCFA TTC pour l’aménagement d’aires de stationnement dédiées aux motos-taxis. Selon les données du projet, ce financement doit permettre de réaliser 12 points de stationnement le long du tracé du BRT.
Derrière cette enveloppe, relativement limitée au regard du coût global du PMUD, estimé à 335,3 milliards de FCFA, se joue pourtant un enjeu central : l’intégration des motos-taxis dans le futur système de transport de masse de Douala. Les études du projet indiquent que ces engins assurent 61% des déplacements quotidiens dans la ville, soit plus de la moitié de la mobilité urbaine.
Les motos-taxis, variable clé du futur BRT
Pour les responsables du PMUD, il ne s’agit donc pas seulement de construire un réseau de bus rapides. L’enjeu est aussi d’organiser les modes de transport déjà massivement utilisés par les populations, afin d’éviter que le futur BRT ne fonctionne à côté de la réalité urbaine.
« À Douala, les motos-taxis constituent un maillon essentiel du transport urbain. Toutefois, leur mode de fonctionnement actuel, souvent marqué par une occupation désordonnée de l’espace public, pose des défis en matière de sécurité routière, de fluidité du trafic et d’aménagement urbain », explique l’unité de coordination du projet.
L’aménagement de ces aires vise ainsi à répondre à une double contrainte. D’une part, les motos-taxis peuvent jouer un rôle de rabattement vers les futurs corridors du BRT, notamment dans les quartiers où les bus ne pourront pas desservir directement toutes les zones d’habitation. D’autre part, leur stationnement anarchique aux abords des carrefours, des marchés et des grands axes contribue aujourd’hui à l’encombrement de la chaussée et à l’insécurité routière.
C’est dans cette logique qu’un atelier de consultation a été organisé le 18 juin dernier à Douala avec les conducteurs et syndicats de motos-taxis. Les échanges ont porté sur le design conceptuel des futurs points de stationnement, leur capacité d’accueil, leur localisation et leur intégration dans l’environnement urbain. Selon le PMUD, l’objectif est de mettre en place des aires de stationnement modernes, accessibles et mieux intégrées au fonctionnement de la ville.
Un test pour l’inclusion du transport informel
Les représentants des motos-taxis ont toutefois exprimé plusieurs préoccupations. Elles portent notamment sur la capacité réelle des stations à absorber les flux, la sécurité des conducteurs et des usagers, l’appropriation des infrastructures, la maintenance, l’entretien, la gestion des déchets, la discipline des conducteurs et les modalités de gestion future des sites.
Ces inquiétudes montrent que l’intégration des motos-taxis ne se résumera pas à la construction de parkings. Elle suppose aussi une gouvernance claire : qui exploitera les stations ? Selon quelles règles ? Avec quels mécanismes de contrôle ? Et comment éviter que ces espaces soient rapidement saturés, détournés de leur vocation initiale ou abandonnés faute d’entretien ?
Dans son ensemble, le PMUD prévoit la construction d’un réseau de 27 km de BRT, la réhabilitation de plusieurs voies urbaines, dont 12 km en phase 1 et 66 km en phase 2, ainsi qu’un développement urbain orienté autour du transport de masse. Le projet ambitionne de réduire les temps de trajet, d’améliorer la fluidité du trafic et de soutenir le dynamisme économique de Douala.
Son coût global est estimé à 335,3 milliards de FCFA. Le financement repose principalement sur la Banque mondiale, à hauteur de 261 milliards de FCFA, complété par 62,1 milliards de FCFA attendus d’un partenariat public-privé et 12,4 milliards de FCFA mobilisés par l’État à travers la mairie. Le projet est piloté par la Cellule de coordination du PMUD, placée sous la tutelle de la Communauté urbaine de Douala.
À travers les 820 millions de FCFA prévus pour les aires de stationnement des motos-taxis, le BRT de Douala aborde donc l’un de ses défis les plus sensibles : faire cohabiter un transport collectif structuré avec un secteur informel déjà dominant. Dans une ville où les motos-taxis assurent plus de la moitié des déplacements quotidiens, moderniser la mobilité sans les intégrer reviendrait à bâtir un réseau formel à côté du principal mode de déplacement des populations.
Ludovic Amara
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Nous envisageons un MRC sans Maurice Kamto

Selon Pierre Emmanuel Binyam, le Mrc sans Maurice Kamto c’est bien possible. Et d’ailleurs, c’est un scénario qui est déjà envisagé.
Sur le plateau de l’émission “Entretien avec … » sur la STV, Pierre Emmanuel Binyam assure que le messianisme n’est pas dans l’ADN du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc).
« Nous envisageons également un MRC sans Maurice Kamto. C’est tout naturellement une évidence », a soutenu Pierre Emmanuel Binyam.
Pour Pierre Emmanuel Binyam, il y a des gens en capacité de diriger le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) sans Maurice Kamto.
« Moi-même, je suis en capacité de diriger le Mrc », a ajouté Pierre Emmanuel Binyam.
« Il n’y a pas que Maurice Kamto qui peut gérer le Mrc, mais à l’état actuel de la situation, nous avons besoin de Maurice Kamto pour un certain nombre de choses qui nous sont propres et d’objectifs à atteindre », a souligné Pierre Emmanuel Binyam.
Par ailleurs, il rappelle que le mandat qui a été confié à Maurice Kamto est en cours et qu’il doit le terminer.
« Nous sommes nombreux à pouvoir diriger le Mrc. Le moment venu, on passera aux élections », a insisté Pierre Emmanuel Binyam.
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SRC : le recouvreur public de l’État creuse ses pertes avec un déficit de 1,97 milliard FCFA en 2025

(Investir au Cameroun) – La Société de recouvrement des créances du Cameroun (SRC), chargée de récupérer des créances pour le compte de l’État et de certains organismes publics, peine toujours à retrouver l’équilibre financier. Selon les comptes approuvés le 23 juin 2026 par l’Assemblée générale de cette entreprise publique, l’exercice 2025 s’est soldé par une perte nette de 1,97 milliard de FCFA. Le total du bilan s’établit, lui, à 9,9 milliards de FCFA.
Ce résultat ravive les fragilités déjà relevées par la Chambre des comptes de la Cour suprême dans son audit consacré à la gestion de la SRC sur la période 2018-2022. À titre de comparaison, la perte enregistrée en 2025 équivaut à près de 93 % du déficit cumulé constaté par les magistrats financiers sur les cinq exercices audités, estimé à environ 2,1 milliards de FCFA. La comparaison est d’autant plus sensible que la dernière année couverte par cet audit, 2022, s’était déjà soldée par un déficit d’environ 1 milliard de FCFA.
Réunie à Yaoundé sous la présidence d’Edoua Gilbert Didier, l’Assemblée générale a décidé d’affecter l’intégralité de la perte 2025 au poste « report à nouveau ». Dans son communiqué final, elle a également exprimé ses « regrets face aux entraves constantes dans l’exercice du mandat de recouvrement » de la SRC. Cette formule ouvre une question centrale: quels acteurs, quelles procédures ou quels blocages institutionnels freinent concrètement l’exécution du mandat confié à cette société publique?
Une structure de coûts qui pèse sur l’activité
L’audit de la Chambre des comptes avait déjà mis en évidence une situation financière durablement dégradée. Sur la période 2018-2022, la SRC a enregistré trois exercices déficitaires sur cinq. Les magistrats financiers attribuent une partie importante de cette contre-performance au poids des charges de personnel, qui absorbaient l’essentiel des revenus générés par l’entreprise.
Entre 2018 et 2022, les dépenses de personnel ont représenté en moyenne 86 % du produit net bancaire, indicateur retenu par l’audit pour apprécier les revenus de l’activité. Certaines années, ces charges ont même dépassé les produits réalisés. En 2020, année marquée par la crise sanitaire, les frais de personnel ont atteint 1,4 milliard de FCFA, contre 1,3 milliard de FCFA de produit net bancaire, soit un ratio de 112 %. Le même déséquilibre s’est reproduit en 2022, avec 1,86 milliard de FCFA de charges de personnel pour 1,82 milliard de FCFA de produit net bancaire, soit un ratio de 102 %.
Ce modèle apparaît difficilement soutenable pour une société dont les revenus dépendent principalement des commissions perçues sur les créances effectivement recouvrées. Lorsque l’activité de recouvrement ralentit, ou lorsqu’elle se heurte à des blocages, la SRC conserve une structure de charges lourde qui fragilise mécaniquement ses comptes.
La Chambre des comptes a également pointé un déséquilibre dans la répartition des effectifs. Au 31 mars 2024, la SRC comptait 168 agents, mais seulement 18 étaient directement affectés aux activités de recouvrement, soit 10,7 % de l’effectif total. Pour une entreprise dont la mission première est précisément de récupérer les créances publiques et parapubliques, cette répartition pose une question de productivité interne, d’efficacité opérationnelle et d’alignement des ressources humaines sur le cœur de métier.
Le paradoxe d’un recouvreur public déficitaire
La perte de 2025 ne peut donc pas être lue comme un simple accident comptable. Elle remet en lumière une contradiction plus profonde: la SRC dispose d’un mandat stratégique dans l’écosystème des finances publiques, mais son organisation, sa structure de charges et les obstacles évoqués par son Assemblée générale limitent sa capacité à produire les résultats attendus.
La société est censée contribuer à l’assainissement financier de l’État en récupérant des créances parfois anciennes, difficiles à mobiliser ou juridiquement complexes. Mais les performances relevées par l’audit 2018-2022, puis la perte enregistrée en 2025, montrent que ce mandat reste difficile à convertir en recettes suffisantes pour couvrir durablement les charges de fonctionnement.
La mention des « entraves constantes » formulée par l’Assemblée générale mérite, à ce titre, d’être clarifiée. Ces obstacles proviennent-ils de débiteurs publics récalcitrants, de procédures judiciaires longues, de résistances administratives, de dossiers insuffisamment documentés ou de limites propres à l’organisation interne de la SRC ? En l’absence de précisions, cette expression souligne davantage l’ampleur du problème qu’elle ne l’explique.
Pour l’État, l’enjeu dépasse la seule situation financière de la SRC. Il touche à la capacité des administrations publiques à récupérer les ressources qui leur sont dues, dans un contexte où la mobilisation des recettes internes reste une priorité budgétaire. Une société de recouvrement déficitaire, faiblement dotée en personnel directement affecté à son cœur de métier et grevée par des charges importantes, risque de devenir un maillon faible plutôt qu’un instrument d’assainissement financier.
La publication des comptes 2025 confirme ainsi que les fragilités relevées par la Chambre des comptes n’ont pas encore donné lieu à un redressement visible. Le problème n’est plus seulement de constater les pertes. Il est désormais de savoir si la SRC peut être réorganisée autour de sa mission première: recouvrer effectivement les créances, réorienter ses moyens vers les activités opérationnelles et restaurer la crédibilité financière d’un outil public conçu pour rapporter de l’argent à l’État, non pour accumuler les déficits.
Amina Malloum
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16-02-2026 – SRC : jusqu’à 112 % du revenu net absorbé par la masse salariale, pour un résultat déficitaire de 2,1 milliards de FCFA
10-02-2026 – SRC : 14,2 milliards de FCFA non reversés au Trésor public, selon la Chambre des comptes
27-01-2026 – La SRC s’arrime aux standards internationaux de protection de la fortune publique
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