Actualités locales
Voici les origines occidentales et chrétiennes du panafricanisme

De quelque manière qu’on l’envisage, le panafricanisme renvoie systématiquement à l’Occident. En l’état actuel, celui qui est professé ne pourra jamais développer l’Afrique.
Lire l’analyse Ousmanou Magadji :
L’Afro-Américain Marcus Garvey est considéré comme l’un des précurseurs du mouvement. Or, le contexte dans lequel il a élaboré ses idées ne le prédisposait guère à un panafricanisme « originel » puisé dans une quelconque authenticité africaine. Sa quête de légitimité raciale l’a poussé à lier la cause des Noirs américains à l’Afrique, tout comme certains Afro-Américains se sont tournés vers l’Islam par opposition à la culture chrétienne de leurs anciens maîtres, dans un geste de défi à la fois revalorisant et thérapeutique.
La Bible, seul livre que les Blancs autorisaient les Noirs à posséder dans l’espoir insidieux de les domestiquer et de les éloigner de leur culture d’origine, a paradoxalement joué un rôle capital dans la résistance et l’éveil d’une conscience collective. Les esclaves y ont trouvé une morale de résistance, une force spirituelle et une littérature implacable pour défendre leur cause avec les armes de l’oppresseur. Ils y ont surtout trouvé un Dieu occidental qui, en la personne de Jésus-Christ, devenait le sauveur providentiel de tous les opprimés.
Aujourd’hui encore, les Afro-Américains pratiquent le christianisme avec une dévotion que leur envient les Blancs. C’est ici la parfaite illustration de la connotation chrétienne du panafricanisme, né de son extraction américaine.
Une dépendance intellectuelle paradoxale
Les panafricanistes actuels ne définissent leurs idées que par opposition à l’Occident, ce qui les rend intellectuellement dépendants de ce dernier. Le panafricanisme n’a jamais été un moteur de progrès, mais une idéologie anti-occidentale liée intrinsèquement au « bourreau » qu’il décrie, ce même Occident qui reste la source d’inspiration des intellectuels les plus radicaux.
Cette dépendance altère les prétentions de liberté et d’autonomie. Tant que les panafricanistes ne disposeront pas d’une autonomie culturelle les coupant réellement de l’Occident, l’indépendance de l’Afrique restera un leurre. Au fond, le mouvement est bâti sur des socles idéologiques occidentaux.
Même la manière de mener le combat trahit cette influence. Les panafricanistes francophones, par exemple, sont des « râleurs » très littéraires, passionnés et émotifs, calquant leur comportement sur celui des Français. À l’inverse, les panafricanistes de culture anglo-saxonne font preuve d’une retenue plus « british », plus discrète et stricte. Cette divergence crée d’ailleurs un fossé : les Africains anglophones regardent souvent les francophones avec dédain, les jugeant arriérés ou trop portés sur la fronde, à l’image des Américains exécrant l’esprit gréviste français.
Le mirage des « Messies » de la diaspora
En Afrique, la dépendance du panafricanisme se manifeste par le fait que ses figures les plus virulentes vivent en Europe, y sont nées ou y ont été formées. Kemi Seba en est l’illustration la plus aboutie. Paradoxalement, c’est leur instruction occidentale qui leur confère leur légitimité aux yeux des masses. On considère souvent qu’un Africain diplômé en Occident est plus intelligent qu’un autre formé sur le continent. C’est le comble du complexe d’infériorité.
Des figures comme Nathalie Yamb, Kemi Seba ou Franklin Nyamsi sont perçues comme des messies parce qu’elles maîtrisent les codes de « l’ennemi ». Leur panafricanisme, nourri par leur résidence et leur culture occidentales, est plus occidental qu’africain. Critiquer cette contradiction revient souvent, pour leurs adorateurs, à passer pour un traître à la cause.
Vers une rupture : Le strictivisme
L’Afrique stagne car ses intellectuels manquent de créativité adaptable. Une société qui ne crée pas est condamnée à subir la loi darwinienne des sociétés innovantes. Depuis trop longtemps, nous nous complaisons dans une culture du ressentiment et un obscurantisme victimaire. Les Africains se battent pour être mieux intégrés ailleurs, rendant les sociétés occidentales plus humaines au lieu de bâtir chez eux.
Le vrai panafricanisme devrait avoir pour finalité de sauver l’Africain de lui-même. Mon approche n’est pas celle du panafricanisme d’extraction occidentale. Je propose un nouveau concept : le strictivisme.
Le strictivisme est une doctrine visant à réduire la « dilatation intellectuelle » des Africains. Il s’agit de consacrer l’intelligence et l’énergie à ce qui est strictement utile à la société. Les pays asiatiques (Corée du Sud, Singapour, Malaisie) pratiquent cette rigueur sans avoir eu besoin de « panasiatisme ». Ce ne sont pas les unions idéologiques qui font les grands pays, mais des nations consolidées qui finissent par s’unir.
Le Strictivisme en pratique :
Utilitarisme éducatif : S’inspirer de l’exemple du Japon qui a réduit les facultés de sciences humaines jugées non productives pour la société.
Priorité technique : Supprimer les disciplines comme l’égyptologie, le latin ou les spécialisations littéraires étrangères au profit de formations techniques immédiates.
Mémoire vs Idéologie : Le panafricanisme doit être enseigné à des fins mémorielles, et non comme une idéologie de développement.
Le STRICTIVISME a pour devise : Travail – Discipline – Collectivité. Dans un esprit progressiste, l’homme noir n’a plus à être « défendu » ; il doit simplement s’assumer, sans l’abus du passé.
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un recruteur russe accusé de pédophilie, l’inquiétude gagne les jeunes Camerounaises

Konstantin Trifonov, un Russe de 31 ans, est accusé de « pédophilie » par les autorités britanniques.
En mai 2026, Trifonov figurait parmi les dizaines de personnes et d’entités sanctionnées par les autorités britanniques pour leur rôle dans le recrutement de jeunes femmes en Russie.
Selon le Daily Mail britannique, « un compte sur l’application de messagerie Telegram, lié à Konstantin Trifonov, un cadre RH de 31 ans travaillant pour Alabuga Start, a été identifié comme participant à plusieurs conversations à caractère pédopornographique ». L’article précise que « Trifonov joue un rôle clé dans les activités d’Alabuga Start.
Des photos publiques montrent Trifonov se rendant en Ouganda, au Ghana, au Zimbabwe et en Zambie dans le cadre de la campagne de recrutement d’Alabuga Start. Il y rencontre des responsables, visite des écoles et des établissements d’enseignement, et encourage de jeunes femmes à s’installer en Russie ».
Le programme Alabuga Start est bien implanté au Cameroun, promu par des entreprises comme Enangue Holdings, sanctionnée par les autorités britanniques en mai dernier. Ateba, propriétaire d’Enangue Holdings, est basé à Paris, et CNA a tenté, sans succès, de contacter Enangue Holdings par l’intermédiaire d’un tiers.
Le programme « Alabuga Start » a été créé en 2023 pour les étudiants étrangers souhaitant s’installer en Russie. Son site web indique qu’il est « conçu pour les jeunes filles ambitieuses âgées de 18 à 22 ans ».
Alabuga Start cible les jeunes Africaines particulièrement vulnérables dans leur recherche d’emploi. Il leur est présenté comme un programme d’échange éducatif ou culturel, mais ces jeunes filles se retrouvent malheureusement souvent employées dans des usines de fabrication de drones, elles-mêmes ciblées par l’armée ukrainienne, mettant ainsi leur vie en danger.
Face à la surveillance accrue des activités d’Alabuga Start en Afrique, plusieurs pays du continent commencent à dissuader leurs citoyens de participer au programme. Par exemple, la branche nigériane d’Action Aid a appelé le gouvernement fédéral à enquêter sur l’exploitation présumée de jeunes Nigérianes recrutées dans le cadre du programme russe Alabuga Start, suite à des informations selon lesquelles les participantes auraient été trompées par des promesses d’éducation, de formation professionnelle et d’emplois bien rémunérés, d’après un article du quotidien nigérian « The Guardian ».
Dans un communiqué signé par Andrew Mamedu, directeur d’Action Aid au Nigéria, l’organisation a dénoncé les informations liant Konstantin Trifonov, un recruteur important associé au programme, à des chaînes Telegram qui diffuseraient des contenus pédopornographiques.
Action Aid a précisé que, bien que ces allégations nécessitent une enquête indépendante, elles sont suffisamment graves pour justifier une action urgente des autorités nigérianes et internationales.
Pourquoi les Camerounais rejoignent-ils Alabuga ?
L’initiative Alabuga est présentée aux Camerounais comme un programme d’échange culturel et éducatif. Nombre de jeunes Camerounais, notamment les 18-25 ans, désespérés de sortir de la pauvreté, trouvent cette offre très alléchante. Et même face à la méfiance, beaucoup s’y engagent.
En 2025, le bureau de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Cameroun a indiqué que des dizaines de jeunes filles étaient rentrées de Russie après s’y être rendues dans le cadre du programme Alabuga. L’OIM ne nous a pas permis d’interviewer ces jeunes filles, mais a précisé qu’elles bénéficiaient d’un accompagnement psychologique et d’un capital de départ pour créer leur propre entreprise.
« Ce phénomène n’est pas propre au Cameroun et la Russie ne recrute personne de force », affirme Franklin Sone Bayen. « Ces jeunes Camerounais saisissent ces opportunités en raison des difficultés économiques que connaît leur pays. Nombre d’entre eux sont prêts à risquer leur vie pour avoir une vie meilleure, plutôt que de dépérir au Cameroun sans rien obtenir en retour », ajoute Bayen.
Ses propos sont corroborés par le professeur Victor Julius Ngoh, qui affirme : « Le régime ne se préoccupe que des questions qui le touchent directement. Tant que des Camerounais ordinaires meurent et que le gouvernement n’est pas directement affecté, il est peu probable que nous constations des changements prochainement. »
Lors du sommet de l’Union africaine en Éthiopie, plus tôt cette année, les délégués n’ont pas évoqué le nombre croissant d’Africains, hommes et femmes, recrutés pour la guerre russo-ukrainienne, ce qui témoigne d’un manque d’intérêt général pour cette question de la part de la plupart des gouvernements africains.
Pour le Cameroun, l’histoire d’Alabuga Start dépasse donc largement le cadre des réseaux de recrutement russes. Elle révèle le désespoir d’une génération de jeunes qui, voyant peu de perspectives d’avenir dans leur pays, sont de plus en plus disposés à accepter des offres risquées à l’étranger dans l’espoir de trouver un emploi, une éducation et un avenir meilleur. Les allégations visant Trifonov ajoutent une dimension inquiétante à une opération de recrutement déjà controversée et soulèvent des questions quant à la protection des jeunes ciblés par de tels programmes par les gouvernements africains.
Face à l’attention croissante portée au programme Alabuga Start, les autorités camerounaises sont confrontées à un choix crucial : continuer à considérer le recrutement de leurs jeunes citoyens comme une décision migratoire individuelle, ou s’attaquer aux systèmes plus vastes qui rendent ces offres attractives. Tant que le gouvernement camerounais n’aura pas créé de véritables opportunités d’emploi, d’éducation et de développement économique, des programmes comme Alabuga Start continueront probablement à recruter, et les jeunes Camerounais vulnérables resteront exposés à des risques qu’ils ne comprennent peut-être pas pleinement avant de quitter le pays.
Source : CNA
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Voici la liste des personnes décédées ce dimanche dans un accident de la circulation à Edea

Le tragique accident de la circulation survenu ce dimanche 23 août 2026 sur la route nationale n°3 (axe Yaoundé-Douala) a fait un bilan officiel de 7 morts sur le coup et 10 blessés graves.
Il s’agit d’une collision frontale d’une violence inouïe survenue aux alentours de 6 heures du matin. Le choc a opposé un car de transport interurbain (agence de voyages Avenir du Littoral) et un camion-benne chargé de gravier ou de sable.
Les premières enquêtes évoquent un assoupissement du chauffeur du car ou une tentative de dépassement dangereux dans un virage.
Les forces de gendarmerie et les sapeurs-pompiers ont rapidement procédé à l’évacuation des blessés graves vers l’Hôpital Régional Annexe d’Édéa.
Le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallé Bibéhè, s’est immédiatement rendu sur les lieux du drame et au chevet des survivants.
Voici la liste des blessés et décédés de cet accident de la circulation :

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le Palais des Congrès tombe en ruine, symbole des années de négligence des infrastructures publiques

L’état de délabrement avancé du Palais des Congrès de Bamenda suscite de nouvelles critiques, dénonçant des années de négligence des infrastructures publiques sous le régime du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir.
Ce lieu, autrefois important pour le public, est aujourd’hui dans un état déplorable : son système d’approvisionnement en eau est hors service, ses toilettes sont inutilisables et certaines parties du bâtiment présentent des signes de grave dégradation. Les systèmes de sonorisation et d’éclairage sont également endommagés et n’ont pas été réparés.
Le Palais des Congrès n’a pas fait l’objet d’une rénovation majeure depuis une vingtaine d’années, bien qu’il continue de servir de lieu de rassemblement pour les activités du RDPC et d’autres manifestations publiques à Bamenda.
L’état du bâtiment est d’autant plus préoccupant compte tenu de son importance politique. En octobre 2025, des jeunes, dont beaucoup sont sans emploi, ont collecté 7 millions de francs CFA lors d’une mobilisation politique organisée dans le Palais des Congrès en soutien à la prolongation du mandat du président Paul Biya.
Les critiques affirment que le contraste entre les mobilisations politiques organisées dans ce lieu et l’état déplorable des installations témoigne, selon eux, d’un manque de priorités après 43 ans de règne du RDPC.
Ils soutiennent qu’un bâtiment régulièrement utilisé pour les événements du parti au pouvoir ne devrait pas être laissé à l’abandon, avec des infrastructures délabrées, des toilettes inutilisables et du matériel technique endommagé.
Au-delà de la symbolique politique, la dégradation du Palais des Congrès soulève des inquiétudes quant à la gestion et à l’entretien des équipements publics à Bamenda, où les habitants continuent de faire face à des problèmes d’infrastructures et de services publics.
Les murs de certaines parties du bâtiment sont délabrés, et le défaut de remise en état des systèmes d’eau et d’assainissement a encore réduit la fonctionnalité de la salle. Le matériel de sonorisation et d’éclairage endommagé limite également sa capacité à accueillir des événements efficacement.
Pour les critiques, le Palais des Congrès est devenu la manifestation concrète de ce qu’ils considèrent comme un manque plus général d’entretien des infrastructures publiques et de réponse aux besoins des citoyens.
L’état du Palais des Congrès soulève une question plus large pour les autorités : comment un lieu suffisamment important pour accueillir des mobilisations politiques peut-il être laissé à l’abandon pendant plus d’une décennie sans rénovation digne de ce nom ?
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