Connect with us

Actualités locales

quand les ordures brûlées empoisonnent la capitale économique

Published

on

quand les ordures brûlées empoisonnent la capitale économique
Spread the love

Dans plusieurs quartiers de Douala, capitale économique du Cameroun, une épaisse fumée s’élève régulièrement des feux de déchets ménagers, exposant les habitants à des émanations toxiques et suscitant des inquiétudes quant à la santé publique et à la sécurité environnementale.

À Entrée Bille, dans le quartier de Douala III, les déchets plastiques et organiques sont souvent brûlés en bord de route. Des scènes similaires se produisent dans toute la ville, où les lacunes du système de collecte des déchets ont poussé certains habitants à recourir à l’incinération à ciel ouvert.

Douala produit environ 2 700 tonnes de déchets ménagers par jour, selon les chiffres officiels, mais seulement 1 800 tonnes sont collectées, laissant d’importantes quantités s’accumuler dans les zones résidentielles.

Les habitants se plaignent du nombre insuffisant ou de la mauvaise répartition des poubelles, notamment dans les quartiers densément peuplés.

« Les déchets salissent la ville et l’odeur est suffocante, surtout lorsque les décharges sont proches des restaurants », témoigne Dieudonné Foefack, un habitant de Douala.

D’autres affirment que la situation s’est aggravée ces dernières années. « On trouve des déchets à chaque pas. Vivre en ville est devenu pénible », déplore Royal Martial, un autre habitant.

Si certains résidents brûlent leurs déchets pour en réduire le volume, d’autres s’y opposent, invoquant des risques sanitaires. « La fumée empoisonne tout le quartier. On devrait attendre que les éboueurs viennent la ramasser », affirme Joseph Tioko.

Risques sanitaires et environnementaux

Des experts en environnement alertent sur le fait que l’incinération des déchets ménagers libère des substances hautement toxiques dans l’air.

L’écologiste Didier Yimkoua explique que l’incinération des déchets à l’air libre émet des gaz cancérigènes tels que les dioxines et les furanes, qui peuvent endommager le système respiratoire et les yeux.

« Les cendres contiennent des métaux lourds qui contaminent les sols. Lors des pluies, ces polluants sont entraînés dans les cours d’eau et finissent par atteindre la mer, où ils contaminent les poissons et présentent de graves risques pour la santé publique », explique-t-il.

La contamination de l’eau est une préoccupation croissante. Les experts en environnement indiquent que les eaux de ruissellement issues de l’incinération des déchets transportent des métaux lourds et des résidus toxiques dans les rivières, les égouts et les eaux côtières.

Ces polluants peuvent pénétrer la chaîne alimentaire par le biais des poissons et des fruits de mer, augmentant ainsi le risque de maladies d’origine hydrique, notamment pendant la saison des pluies et les périodes d’inondations.

Le journaliste environnemental Mathias Mouende Ngamo ajoute que cette pratique contribue au changement climatique et menace la sécurité alimentaire.

« Les émissions de gaz à effet de serre dues à l’incinération des déchets accélèrent le réchauffement climatique, tandis que la pollution des sols et de l’eau affecte l’agriculture et la vie aquatique », a-t-il déclaré.

Le médecin Aristide Ngangnia avertit que l’accumulation et l’incinération des déchets favorisent également la propagation de vecteurs de maladies tels que les mouches et les insectes, augmentant ainsi le risque de maladies comme la fièvre typhoïde, le tétanos et le paludisme.

Risques d’incendie

Les pompiers de Douala constatent que l’incinération incontrôlée des déchets est devenue de plus en plus fréquente.

Le capitaine Kouamo Deumegni Fabrice, commandant de la 201ᵉ brigade de pompiers de la ville, a exhorté les habitants à éviter d’allumer des feux.

« Lorsque les déchets brûlent sans contrôle, cela peut rapidement devenir un risque d’incendie pour les habitations voisines et l’environnement », a-t-il déclaré, conseillant aux habitants d’alerter plutôt les services d’assainissement.

Appels à la réforme

Les écologistes affirment que le système de gestion des déchets du Cameroun est obsolète et repose trop sur la collecte et l’élimination, au détriment du recyclage.

« Il faut interdire de brûler les ordures ménagères. Les déchets doivent être considérés comme une ressource », a déclaré Ngamo, citant le recyclage du plastique, du papier et des déchets organiques comme alternatives durables.

Yimkoua estime que le recyclage demeure la seule solution à long terme.

« Sans une transition vers le recyclage, le problème des déchets ménagers persistera », a-t-il déclaré.

Réponse du gouvernement

Les autorités ont pris conscience de l’ampleur du défi. Le 21 janvier, le ministre camerounais de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a annoncé un renforcement des mesures contre l’élimination anarchique des déchets, avertissant que les contrevenants s’exposeraient à des poursuites.

Il a précisé que les conseils locaux identifieraient des points de collecte officiels et que les responsables de division et de sous-division, en collaboration avec les maires, effectueraient des inspections hebdomadaires pour garantir le respect de la réglementation.

Les experts affirment qu’une application efficace de la réglementation doit également s’attaquer aux problèmes de tri insuffisant des déchets ménagers, aux faiblesses des systèmes de pré-collecte et à l’exclusion des travailleurs du secteur informel des déchets, qui jouent un rôle important dans l’assainissement urbain.

quand les ordures brûlées empoisonnent la capitale économique
Les derniers articles par Cameroun Actuel (tout voir)

CLIQUEZ ICI POUR LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR camerounactuel.com

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Actualités locales

180 députés découvrent les coulisses du GPIGN et des unités d’élite de la Gendarmerie

Published

on

180 députés découvrent les coulisses du GPIGN et des unités d’élite de la Gendarmerie
Spread the love

Le mardi 23 juin 2026, 180 jeunes députés, représentant les différentes régions du Cameroun et accompagnés de leurs superviseurs, ont effectué une visite éducative auprès du Groupement Escadron Mobile de Gendarmerie n° 1.

Les visiteurs ont été accueillis par la 4e Inspectrice de la Gendarmerie Nationale, la Colonelle Emilienne Viorong, et le Commandant de la Légion Centre de Gendarmerie, le Colonel Nguele Désiré. Les jeunes parlementaires ont ensuite été reçus dans la salle Pandore du Groupement Escadron Mobile par le Lieutenant-Colonel Bamuh Muluh Emmanuel, Commandant de l’unité.

Dans son discours de bienvenue, le Commandant du Groupement a félicité et encouragé les jeunes députés d’avoir choisi de visiter le Groupement Escadron Mobile n° 1, une unité chargée d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens dans la capitale.

Au cours de la visite, la Commandante Annette Andong, Chef d’État-Major du Groupement Escadron Mobile n° 1, a présenté l’unité et ses missions : le maintien de l’ordre public et le rétablissement de la sécurité. Par la suite, le capitaine MBARGA NJI J., chef de l’escadron blindé de reconnaissance et d’appui, a présenté son unité, le Groupe d’intervention polyvalent de la Gendarmerie nationale (GPIGN), et ses missions aux jeunes parlementaires.

Soucieux d’en apprendre davantage, les jeunes députés ont posé de nombreuses questions. À la fin de la séance, ils se sont déclarés satisfaits des réponses apportées.

Après les présentations théoriques, les jeunes parlementaires ont pu observer de près différents équipements utilisés pour le maintien de l’ordre public et par le GPIGN.

Les jeunes parlementaires et leurs accompagnateurs ont exprimé leur gratitude et leur satisfaction à la hiérarchie de la Gendarmerie nationale pour l’accueil chaleureux et les précieuses informations partagées lors de la visite.

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

Gaz domestique : la subvention recule à 48,96 milliards FCFA en 2025 malgré une consommation en hausse

Published

on

Gaz domestique : la subvention recule à 48,96 milliards FCFA en 2025 malgré une consommation en hausse
Spread the love

(Investir au Cameroun) – La facture publique liée au soutien du prix du gaz domestique a légèrement baissé en 2025, malgré la progression continue de la demande nationale. Selon les données présentées à l’issue de la 57e session ordinaire du conseil d’administration de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH), tenue le 24 juin, la prise en charge du soutien à la consommation du gaz domestique s’est établie à 48,96 milliards de FCFA en 2025, contre 52,6 milliards de FCFA un an plus tôt.

La baisse ressort à 3,64 milliards de FCFA, soit un recul de 6,92% sur un an. Cette enveloppe demeure toutefois la deuxième plus élevée de ces dernières années, après le pic de 75 milliards de FCFA enregistré en 2022. En 2023, la subvention s’était établie à 42,5 milliards de FCFA, avant de repartir à la hausse en 2024.

Une demande toujours dynamique

Le maintien de cette subvention vise à préserver le prix homologué de la bouteille de gaz domestique la plus consommée par les ménages, fixée à 6 500 FCFA. Ce soutien reste un instrument social sensible, dans un contexte où le gaz est devenu une source d’énergie essentielle pour les ménages urbains et périurbains.

La baisse observée en 2025 intervient pourtant dans un marché toujours en expansion. D’après la CSPH, la consommation de gaz domestique a progressé de 13% en 2025, après une hausse de 12% en 2024. Autrement dit, la facture de subvention se contracte alors que les volumes consommés continuent d’augmenter fortement.

Cet écart traduit une évolution importante du modèle d’approvisionnement. Il suggère que la charge supportée par la CSPH ne dépend pas seulement de la demande finale, mais aussi du coût d’importation, de la disponibilité du produit sur le marché international, du niveau des prix de référence et de la part couverte par la production locale.

Bipaga, levier de réduction de la facture

L’un des facteurs explicatifs réside dans la montée en puissance de la production locale de gaz de pétrole liquéfié (GPL), notamment à travers le centre de Bipaga, dans la région du Sud, exploité par la Société nationale des hydrocarbures (SNH).

Selon un rapport antérieur de la SNH, la production locale avait déjà permis de réaliser 2,236 milliards de FCFA d’économies sur la subvention du GPL en 2023. Cette année-là, le centre de Bipaga avait livré 34 699 tonnes de GPL, contre 28 677 tonnes en 2022, soit une progression de près de 21%.

Cette dynamique contribue à réduire la dépendance aux importations et à alléger, à la marge, le coût du soutien public au gaz domestique. Elle ne suffit toutefois pas encore à inverser structurellement la dépendance du Cameroun au GPL importé. Les volumes les plus récents de production locale n’ont d’ailleurs pas été précisés à l’issue de la session du conseil d’administration de la CSPH.

La Caisse indique, plus largement, que le marché national a été approvisionné de manière continue en 2025 afin de satisfaire la demande en produits pétroliers. La consommation des carburants terrestres — super, pétrole lampant et gazoil — a progressé de 4%, tandis que celle du gaz domestique a augmenté de 13%.

Cette pression sur la demande intervient alors que la CSPH affiche un résultat net en net recul. Son bénéfice est passé de 12,9 milliards de FCFA en 2024 à 7,13 milliards de FCFA en 2025, soit une baisse de près de 5,8 milliards de FCFA sur un an.

La trajectoire financière de la CSPH illustre ainsi l’équilibre délicat auquel reste confronté l’État : maintenir un prix socialement acceptable pour les ménages, contenir la charge de subvention et accélérer la substitution aux importations. En 2025, la baisse de la subvention constitue un signal positif, mais encore insuffisant pour conclure à une détente durable de la facture du gaz domestique.

Ludovic Amara

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

le chef Baloum et huit personnes inculpés et déposés à la prison de Dschang

Published

on

le chef Baloum et huit personnes inculpés et déposés à la prison de Dschang
Spread the love

Au Cameroun, le chef supérieur Baloum et huit autres personnes poursuivis dans le double meurtre de jeunes dans cette localité de la région de l’Ouest du pays ont été inculpés et déposés à la prison centrale de Dschang.

Du nouveau dans l’affaire de deux jeunes brûlés vifs à Baloum ! Jeudi 25 juin, le chef Baloum et huit autres personnes poursuivies dans ce dossier ont été inculpés et écroués à la prison centrale de Dschang. Selon l’avocat de la famille de Steve Diffo, le chef Baloum et ses coaccusés sont poursuivis pour des faits d’assassinat, de torture, de complicité d’assassinat et de torture, et de défaut de CNI. « Aucun être humain, même condamné à mort par la justice normative, ne devrait subir un tel sort », a déclaré l’avocat.

Au cœur de cette affaire, Bostel Kemta et son ami Steve Achille Diffo Sijamo. Deux jeunes trentenaires ont été séquestrés, torturés et brûlés vifs le 5 juin dernier à Baloum, dans la région de l’Ouest du Cameroun, par une partie des populations locales, sous le regard du chef de village Charles Constant Pokam Noussi. Mis en cause pour son rôle présumé dans cette tragédie, ce dernier s’est rendu aux autorités ce mercredi 17 juin 2026.

Deux plaintes ont été déposées par la famille. La première plainte auprès de la brigade de gendarmerie de Penka-Miche, chef-lieu du district auquel appartient le village de Baloum, où les faits se sont déroulés. La deuxième plainte a été déposée auprès du procureur de la République. Ce dernier était surpris de ne pas avoir été informé de faits aussi graves.

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici