Connect with us

Actualités locales

Cameroun : un nouveau gouvernement entre recomposition symbolique et continuité stratégique

Published

on

Cameroun : un nouveau gouvernement entre recomposition symbolique et continuité stratégique
Spread the love

Cameroun : un nouveau gouvernement entre recomposition symbolique et continuité stratégique

Alors que les critiques montent de toutes parts depuis la prestation de serment du président Paul Biya, le dévoilement du nouveau gouvernement suscite autant d’interrogations que d’espoirs. À 92 ans, le chef de l’État entame un nouveau mandat dans un contexte de fatigue institutionnelle, de crise de légitimité et de fragmentation sociale. Ce gouvernement, riche en titres et en promesses, apparaît comme une tentative de recomposition politique, mais aussi comme un exercice de consolidation du pouvoir.

Un gouvernement de rupture ou de continuité ?

La nomination de Paul Elung Che comme Premier ministre, chef du gouvernement, marque une inflexion technocratique. Proche des milieux économiques, il incarne une rationalisation de l’action publique, mais reste issu du sérail. La création d’un poste de Vice-Premier ministre chargé de la Réconciliation nationale, confié à Faï Yengo Francis, répond aux tensions post-électorales et aux fractures régionales, notamment dans les zones anglophones. Pourtant, sans mandat clair ni mécanisme institutionnel, cette fonction risque de rester symbolique.

Transparence et contrôle : un paradoxe

La nomination de René Emmanuel Sadi au Contrôle supérieur de l’État et à la Transparence publique soulève des paradoxes. Ancien ministre de la Communication, souvent critiqué pour sa gestion verticale de l’information, il incarne une vision centralisée du pouvoir. Peut-on confier la transparence à ceux qui ont longtemps verrouillé la parole publique ?

Figures nouvelles, fidélités émergentes

Au-delà des reconductions attendues, ce gouvernement introduit des figures nouvelles qui traduisent une volonté de recomposition symbolique — mais aussi une consolidation d’influences internes, notamment celle de Franck Emmanuel Olivier Biya, désormais ministre directeur du Cabinet Civil de la Présidence.

Trois nominations illustrent cette dynamique :

  • Franck Hertz, nommé ministre de la Jeunesse et de la Formation civique, est fils de la Première dame. Sa nomination envoie un signal fort : celui d’une génération politique adoubée par les cercles familiaux du pouvoir. Elle interroge sur la porosité entre filiation biologique et légitimité républicaine.
  • Hiram Samuel Iyodi, ancien candidat à la présidence de la République, nommé ministre délégué auprès du ministre des Transports, incarne une autre forme de ralliement. En tendant la main au président après l’élection, il a été récompensé par une intégration dans l’appareil d’État. Ce geste, s’il peut être lu comme un appel à l’unité, soulève aussi la question du prix politique de la loyauté.
  • Enfin, la nomination de Vincent Sosthène Fouda Essomba au ministère des Travaux publics surprend par son audace. Figure critique du régime, intellectuel engagé et voix dissidente dans le paysage politique camerounais, il représente une tentative d’ouverture vers une société civile exigeante. Est-ce un signe d’apaisement ou une stratégie d’absorption des contre-pouvoirs ? L’avenir le dira.

🧠 Des ministères clés sous surveillance

  • Justice et Droits de l’Homme : confiés à Daniel Mekobe Sone, magistrat respecté mais discret, dans un pays où l’indépendance judiciaire reste fragile.
  • Économie et Finances : confiés à Paul Tassong Njukang et Alain Olivier Noël Mekulu Mvondo, deux profils techniques, mais issus du sérail.
  • Décentralisation : confiée à Fritz Ntone Ntone, ancien délégué du gouvernement à Douala, dont la vision centralisatrice pourrait freiner les ambitions locales.

Diplomatie verrouillée, architecture surdimensionnée

Le ministère des Relations Extérieures revient à Daniel Evina Abé, tandis que les délégations au Commonwealth et au monde islamique sont confiées à des figures peu connues. Le signal est clair : la diplomatie reste sous contrôle, sans ouverture vers les diasporas ou les acteurs non étatiques.

Avec plus de 60 postes ministériels et délégués, le gouvernement ressemble à une mosaïque administrative où la lisibilité de l’action publique se perd. La présence de Franck Emmanuel Olivier Biya à la tête du Cabinet Civil confirme l’ancrage familial du pouvoir, tandis que le rôle du SGPR, confié à Dieudonné Evou Mekou, reste central dans la gestion quotidienne de l’État.

Conclusion : un gouvernement à l’épreuve du réel

Ce gouvernement devra faire face à une jeunesse frustrée, une société civile en éveil, et une économie en panne de justice sociale. La question n’est pas de savoir qui est nommé, mais comment ces femmes et ces hommes gouverneront. Le peuple camerounais n’attend plus des visages : il attend des actes.

Le gouvernement complet

Premier ministre, Chef du gouvernement : Paul Elung Che

Vice-Premier ministre chargé de la Réconciliation nationale : Faï Yengo Francis

Ministre d’État, ministre des Relations Extérieures : Daniel Evina Abé

Ministre délégué à la Présidence en charge Défense nationale : Joseph Béti Assomo

Ministre d’État, ministre du Contrôle supérieur de l’Etat et de la Transparence publique : René Emmanuel Sadi

Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme : Daniel Mekobe Sone

Ministre de l’Administration territoriale : Midjiyawa Bakary

Ministre de l’Économie et de la Planification : Paul Tassong Njukang

Ministre des Finances : Alain Olivier Noël Mekulu Mvondo

Ministre du Travail : Cecilia Dione Epse Njumbe

Ministre du Tourisme : Ia Al-Tijani

Ministre de l’Agriculture et du Développement rural : Mohamadou Bayero Bounou

Ministre des Infrastructures urbaines : Kisito Ngoa

Ministre de la Fonction publique : Michel Ange Angouing

Ministre de l’Eau et de l’Energie : Dieudonné Oyono

Ministre de l’Enseignement supérieur : Laurent Serges Etoundi Ngoa

Ministre de l’Education nationale : Boniface Bayaola

Ministre des Forêts et de l’Environnement : Oswald Baboke

Ministre des Marchés publics : Dohgansin Galega, née Bobyiga Prudence Tangham

Ministre de l’Élevage et des Industries animales : Koulagna Koutou Denis

Ministre des Transports : Wilfried Nyongbet Gabsa

Ministre de la Réforme institutionnelle : Mme Viviane Madeleine Ondoua Biwolé

Ministre de la Jeunesse et de la Formation civique : Franck Hertz

Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Équité : Mme Mbede née Laurentine Koa Mfegue

Ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement : Charles Ndongo

Ministre de la Culture : Oumar Ali

Ministre des Domaines et des Affaires foncières : Adolphe Noah Ndongo

Ministre des Travaux publics : Vincent Sosthène Fouda Essomba

Ministre des Postes et Télécommunications : Mbayu Felix

Ministre des Mines et des Hydrocarbures : Samuel Mvondo Ayalo

Ministre des Industries : Fru Jonhathan

Ministre de la Recherche Scientifique : Dieudonné PEGNYEMB

Ministre des Sports : Hamad Kalkaba Malboum

Ministre du Commerce : Ibrahim Talba Malla

Ministre de la Décentralisation : Dr Fritz Ntone Ntone

Ministre de la Santé publique : Prof Pierre Fouda

Ministre délégué à la Présidence en Charge des Relations avec le Parlement : Victor Ndocki

Ministre délégué auprès du Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme en charge des Questions pénitentiaires : Me Paulin Djorwé

Ministre délégué auprès du ministre de l’Education nationale : Mme Cathérine Catherine Marie Ida Awoundja Nsata

Ministre délégué auprès du ministre de l’Enseignement supérieur : Pr Laurent Omgba

Ministre délégué auprès du ministre des Transports : Hiram Samuel Iyodi

Ministre délégué auprès du ministre des Finances : Mamoudou Pafé

Ministre délégué auprès du ministre des Relations Extérieures en charge du Monde islamique : Hamadou Sali

Ministre délégué auprès du ministre des Relations Extérieures en charge du Commonwealth : Gang Benyela Augustine

Secrétaire d’Etat auprès du ministre délégué à la Présidence en charge de la Défense chargé de la gendarmerie nationale : Grégoire Mvongo

Secrétaire d’Etat auprès du ministre délégué à la Présidence de la Défense chargé des Anciens combattants et Victimes de guerre : Koumpa Issa

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Santé : Pr. Hamadou Bâ

Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Infrastructures urbaines : Dr Tjeega Tchounkoué Fred William

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Communication : Mme Marie Claire Nnana

Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Élevage et des Industries animales : Yaya Aboubakar

Présidence de la République

Ministre chargé de Mission à la Présidence de la République :

Achille Bassilekin III

Elvis Ngolle Ngolle

Confiance Balungeli Ebune

Mme Bilite Haman Djoda

Secrétariat général des services du Premier ministre

Secrétaire général des Services du Premier ministre : Henri Désiré MODI KOKO BEBEY

Secrétaire général adjoint des services du Premier ministre : Tekam Georges Jean

Cabinet Civil de la Présidence de la République

Ministre directeur du Cabinet Civil de la Présidence de la République : Franck Emmanuel Biya

Directeur adjoint du Cabinet Civil de la Présidence de la République : Cleopasse Medoulou Mengolo

Secrétariat général de la Présidence de la République

Ministre d’État, secrétaire général de la Présidence de la République : Dieudonné Evou Mekou

Ministre, secrétaire général adjoint n°1 de la Présidence de la République : Jean Koe Ntonga

Ministre, secrétaire général adjoint n°2 de la Présidence de la République : Rassaf Damavou

Délégué Général à la Sureté Nationale : OYONO Née Thom Cécile

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Actualités locales

La marine française arraisonne un pétrolier sous sanctions de Yaoundé

Published

on

Spread the love

La Marine nationale française a arraisonné le pétrolier Deliver, un navire battant illégallement pavillon camerounais, parce qu’il est sanctionné par Yaoundé.

Après les navires Tagor et Smyrtos interceptés début juin dans la Manche alors qu’ils battaient illégalement pavillon camerounais, la Marine française a intercepté mardi 23 juin, le pétrolier Deliver qui a arboré un faux pavillon camerounais. «L’examen des documents a confirmé les doutes quant à la régularité» du pavillon camerounais arboré.

Battant pavillon camerounais, ce navire a été sanctionné par Yaoundé suite aux incidents survenus avec Tagor et Smyrtos. Pour le président français Emmanuel Macron, ce pétrolier appartiendrait à la flotte fantôme russe.

«La Marine Nationale a arraisonné mardi le pétrolier Deliver alors qu’il transitait au large de la Sicile en infraction avec le droit de la mer. Cette nouvelle action contre la flotte fantôme, conduite quelques jours après une opération similaire par le Royaume-Uni illustre la détermination des Européens« , a écrit Emmanuel Macron.

«Nous ne laisserons pas la flotte fantôme contourner les sanctions et financer l’effort de guerre russe« , a-t-il poursuivi. Ces dernières semaines, le ministère camerounais des transports a sanctionné et radié 39 navires du pavillon camerounais.

Pour Yaoundé, ces mesures permettront de mener des opérations de recensement physique et de numérisation pour de mieux contrôler la flotte inscrite et protéger le label camerounais.

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

Au Nigeria, un membre de Boko Haram condamné à la peine de mort !

Published

on

Spread the love

La Haute Cour fédérale d’Abuja a condamné à la peine capitale Alkali Yarima, membre de Boko Haram détenu depuis 2015. Reconnu coupable de terrorisme et de plusieurs autres infractions, il écope également de lourdes peines de prison.

La justice nigériane a condamné, vendredi 26 juin, Alkali Yarima à la peine de mort pour son implication dans des activités terroristes au sein de Boko Haram. Détenu depuis 2015, il a été reconnu coupable de sept chefs d’accusation, dont le terrorisme, par la Haute Cour fédérale d’Abuja.

Selon le ministère public, l’accusé a rejoint Boko Haram en 2009 après avoir prêté allégeance à son fondateur, Mohammed Yusuf. Originaire de Mafa, dans l’État de Borno, il était connu sous le pseudonyme de « La’ari ».

Le juge James Omotosho l’a reconnu responsable de sa participation aux attentats perpétrés à Maiduguri en 2015. Il a également été condamné à la réclusion à perpétuité pour avoir reçu des armes et suivi un entraînement militaire en vue de commettre des actes terroristes. Cinq autres chefs d’accusation lui ont valu des peines allant de dix à trente-cinq ans de prison.

Le procureur général et ministre de la Justice, Lateef Fagbemi, qui dirigeait l’équipe de l’accusation, a réaffirmé la détermination des autorités nigérianes à poursuivre sans relâche la lutte contre le terrorisme. Bien que la peine de mort soit toujours en vigueur au Nigeria, aucune exécution n’a été enregistrée depuis 2016.

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Actualités locales

la France “prend acte de la décision unilatérale” du Burkina Faso

Published

on

Spread the love

La France déplore la décision du Burkina Faso de rompre unilatéralement leurs relations diplomatiques. Paris envisage de prendre des mesures réciproques.

Le gouvernement du Burkina Faso a annoncé vendredi 26 juin, la rupture des relations diplomatiques avec la France. Pour Ouagadougou, « les conditions indispensables à la promotion de relations fondées sur le respect mutuel, la confiance réciproque et le principe de non-ingérence » ne sont plus réunies pour une coopération équilibrée.

Par ailleurs, le Burkina Faso dénonce aussi « un activisme incessant de Paris contre les intérêts du Faso et dénonce ces ambitions néocoloniales » et « impérialistes ». Le gouvernement burkinabè soupçonne également Paris de soutenir « des réseaux subversifs » et « les terroristes […] qui endeuillent le Sahel ».

Paris réagit et promet des mesures réciproques

Dans un communiqué, la diplomatie française dit prendre acte de la décision unilatérale du Burkina Faso. Paris regrette une décision hostile et sans fondement qui illustre la dérive préoccupante des autorités burkinabè. «Les mesures de réciprocité qui s’imposent sont en cours d’examen« , a précisé le ministère français des affaires étrangères.

Les relations entre la France et le Burkina Faso se sont tendues depuis le coup d’Etat qui a porté le Capitaine Ibrahim Traoré au pouvoir en 2023. Le pays a opté pour une révolution progressiste et souverainiste. Il privilégie la diversification des relations avec la Russie et d’autres partenaires comme la Turquie.

Rejoindre notre chaîne télégram pour avoir les dernières infos
Cliquez ici

Continue Reading

Trending

Rejoindre notre groupe télégram pour avoir les dernières infosCliquez ici