*Maman…*
Aujourd’hui, nos cœurs sont lourds.
Ils sont lourds parce qu’aucun enfant n’est jamais prêt à dire adieu à sa mère.
Aucun mot n’est assez fort pour décrire la douleur de perdre celle qui nous a donné la vie.
La douleur d’un fils qui perd sa mère est une douleur profonde.
Mais dans cette douleur, nous trouvons aussi du réconfort dans la parole de Dieu.
La Bible nous rappelle dans le *Psaume 23* :
> « L’Éternel est mon berger : je ne manquerai de rien… Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car Tu es avec moi. »
>
Aujourd’hui, maman, tu as traversé cette vallée.
Nous croyons de tout notre cœur que Dieu t’accueille dans sa paix, au Paradis.
La parole de Dieu nous rappelle aussi dans *le Psaume 116 :*
« Elle a du prix aux yeux de l’Éternel, la mort de ceux qui l’aiment. »
Ma mère, *NGO MBOM Naomie,* n’était pas seulement ma mère.
Elle était mon refuge, ma force, ma première protectrice, la première personne qui a cru en moi lorsque le monde doutait encore.
Elle a connu la souffrance très tôt.
Aux côtés de notre père, engagé dans la lutte pour l’indépendance du Cameroun, elle a vécu la peur, la traque, l’exil et la faim.
Ils étaient poursuivis comme des animaux dans la brousse.
Ils dormaient parfois dans les arbres pour échapper à ceux qui les traquaient.
Et c’est dans cette vie de danger et d’angoisse que ma mère m’a porté.
La peur, les bruits d’armes, la fatigue et la faim ont fait que je suis venu au monde prématurément.
Mais malgré tout, elle s’est battue pour moi, et pour mes frères et sœurs.
Elle a protégé ma vie comme une lionne qui protège son petit.
Maman m’aimait d’un amour immense.
Un amour que seuls les cœurs de mères savent donner.
Elle m’a appris à me battre dans la vie.
Elle m’a appris à être un homme.
Elle m’a appris à croire en mes engagements et à ne jamais trahir mes convictions.
Mais il y a une chose que je n’oublierai jamais…
*Ma mère était la première à croire en mon destin.*
_Elle disait souvent, avec une foi qui étonnait tout le monde, que son fils Jean Blaise Gwet deviendrait un jour le troisième_ *Président de la République du Cameroun.*
*Beaucoup pouvaient sourire* .
_Mais elle, elle ne doutait jamais_
*Elle répétait cela avec une certitude profonde, comme si Dieu lui avait soufflé cette révélation.*
Maman…
Aujourd’hui tu es partie.
Tu es partie sans voir ce rêve se réaliser.
Et cela me brise le cœur.
J’aurais tant voulu que tu sois encore là le jour où ce rêve deviendra réalité.
J’aurais voulu te regarder dans les yeux et te dire :
*« Maman, tu avais raison. »*
Mais Dieu en a décidé autrement.
Cependant, *je veux que tu entendes ces mots, là où tu es aujourd’hui* :
Tu n’as pas laissé un fils qui abandonne.
Tu as laissé un combattant. Comme mon père avant moi, je continuerai le combat.
Je continuerai à me battre pour la dignité de notre peuple, pour les familles qui souffrent, pour la justice et pour l’avenir de notre pays.
Je marcherai sur le chemin que vous avez tracé dans la douleur et dans le sacrifice.
_Aujourd’hui, je te fais une promesse, Maman._
Je continuerai le combat.
Je continuerai le combat pour le peuple camerounais.
Je continuerai le combat pour la justice.
Je continuerai le combat pour la dignité de notre nation.
Et je te le dis devant Dieu, devant ce peuple et devant ta mémoire :
*Je ne trahirai jamais personne* .
Je ne trahirai jamais les valeurs que tu m’as transmises.
Je ne trahirai jamais le combat que vous avez mené avec mon père pour la liberté et l’indépendance du Cameroun.
*Maman…*
Ton amour restera particulièrement ma force et celle de tous tes enfants.
Tes conseils resteront dans ma mémoire.
Ton courage restera mon exemple.
Aujourd’hui, nous pleurons.
Parce qu’un enfant qui perd sa mère perd une partie de son âme.
Mais nous savons aussi que tu ne seras jamais loin de nous.
Dans chaque combat que je mènerai,
dans chaque décision que je prendrai,
je sentirai ta présence, Maman.
Repose en paix.
Que la terre de nos ancêtres te soit douce et légère.
Et que Dieu t’accueille dans sa lumière, Maman.
*Adieu maman…*
Tes enfants qui ne t’oublieront jamais.
Ton fils continue le combat. *Seule la mort m’arrêtera* .
*Adieu Maman !*
Ton fils qui t’aime,
_Jean Blaise GWET_