Actualités locales
Cacao : le Cameroun adopte le partage des données de géolocalisation pour se conformer aux exigences européennes

(Investir au Cameroun) – Le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) a signé, le 28 août à Yaoundé, un accord de mutualisation des données de géoréférencement des parcelles cacaoyères et caféières. Emargé en prélude à l’entrée en vigueur du nouveau Règlement européen sur la déforestation (RDUE), cet accord implique six exportateurs de cacao: Telcar Cocoa, le négociant local de la firme américaine Cargill et leader du marché, Ofi Cam, une filiale d’Olam International, Sic Cacaos du Suisse Barry Callebault, Atlantic Cocoa de l’Ivoirien Kone Donsongu, le Camerounais Neo Industry, ainsi que le Fonds de développement des filières cacao (Fodecc), la banque du cacao et du café camerounais. L’accord a été signé en présence du ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana et du ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobe. Jean-Marc Chataigner, chef de la délégation de l’Union européenne au Cameroun, était également présent à cette cérémonie.
La nouvelle plateforme de mutualisation, supervisée par le CICC, aura pour rôle de centraliser les données de géolocalisation des parcelles cacaoyères et caféières. Cette base de données vise à fournir une cartographie précise qui permettra aux exportateurs de garantir que leurs produits respectent les normes européennes de durabilité. Josiane Tchoungui, directrice générale d’Atlantic Cocoa, a affirmé que les opérateurs avaient accepté de partager leurs données pour le bien de l’ensemble de la filière. «Nous avons accepté d’avoir une plateforme commune pour toutes les données de géolocalisation de tout le cacao qui sera sourcé à partir du Cameroun. Il est prévu que les petits opérateurs vont saisir la plateforme à travers le CICC chaque fois qu’ils auront des expéditions à faire, et ils auront des informations du cacao qu’ils auront acheté. Donc, nous sommes totalement confiants sur le process qui a été mis en place et nous sommes heureux de faire en sorte que le Cameroun soit au rendez-vous de cette réglementation», a-t-elle déclaré dans des propos rapportés par la chaîne privée Equinoxe TV.
Le ministre du Commerce a souligné que cette initiative vise à protéger les petits producteurs nationaux qui pourraient être pénalisés par les nouvelles exigences en raison des coûts associés. Le partage des données contribuera à maintenir leur accès au marché européen tout en renforçant la compétitivité du Cameroun à l’international, a-t-il dit. Luc Magloire Mbarga Atangana a également demandé à l’UE de tenir compte des spécificités du Cameroun lors de la révision du règlement dans deux ans. Il a plaidé pour une reconnaissance des efforts du pays en matière de préservation des forêts et de pratiques agroforestières, et a appelé à un ajustement des prix pour refléter les coûts de mise en conformité. Jean-Marc Chataigner, ambassadeur de l’UE, a salué cette collaboration comme un modèle de coopération réussie entre le secteur public et le secteur privé. Il a exprimé son soutien aux efforts du Cameroun pour mettre en place des pratiques de production durables et a confirmé que l’Union soutiendrait ces initiatives.
À partir du 1er janvier 2025, le RDUE interdira l’importation de cacao provenant de terres qui ont été déboisées après le 31 décembre 2020. Les producteurs devront prouver, avec des documents adéquats, que leurs produits sont conformes aux exigences de traçabilité et de durabilité. Le Cameroun, grâce à cette nouvelle plateforme, se prépare à répondre efficacement à ces nouvelles normes et à maintenir sa position sur le marché européen.
Selon l’Institut national de la statistique (INS), les exportations de cacao brut du Cameroun à destination de l’UE ont connu une hausse de 18,6 % en 2023, générant des recettes de 263,9 milliards de FCFA, ce qui représente 17,3 % des exportations vers le marché européen. Les produits dérivés tels que le beurre de cacao et la pâte de cacao contribuent également aux exportations, représentant respectivement 3,3 % et 4,2 % de l’ensemble des exportations vers l’UE.
Patricia Ngo Ngouem
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28-08-2024 – Exportations : trois négociants ont contrôlé 70% du marché camerounais du cacao au cours de la campagne 2023-2024
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Actualités locales
Pipeline Tchad-Cameroun : plus de 15 milliards de FCFA de droits de transit encaissés par le Cameroun à fin mai 2026

(Investir au Cameroun) – Le Trésor public camerounais a encaissé 15,1 milliards de FCFA de droits de transit du pétrole tchadien entre janvier et mai 2026, selon des données consultées par Investir au Cameroun. Dans le détail, les recettes se sont établies à 2,94 milliards de FCFA en janvier, 3,52 milliards en février, 2,85 milliards en mars, 2,83 milliards en avril et 2,95 milliards de FCFA en mai.
Ce montant prolonge la dynamique observée au cours des quatre premiers mois de l’année. À fin avril 2026, le transit du brut tchadien sur le territoire camerounais avait déjà généré 12,15 milliards de FCFA de recettes, soit une hausse de 1,2 milliard de FCFA en glissement annuel, correspondant à une progression de 11%.
Selon le CPSP, ces performances sont soutenues par les volumes de pétrole acheminés depuis les champs pétroliers du Tchad vers la côte camerounaise. Entre janvier et avril 2026, quelque 16,1 millions de barils de brut ont transité par le pipeline Tchad-Cameroun, long de 1 080 kilomètres.
Pays enclavé, le Tchad dépend de cette infrastructure stratégique pour exporter sa production pétrolière vers les marchés internationaux. Le brut est acheminé jusqu’au terminal offshore de Kribi, dans la région du Sud du Cameroun, d’où il est chargé sur des navires pétroliers. En contrepartie de l’utilisation de son territoire, le Cameroun perçoit un droit de transit sur chaque baril transporté.
Cette redevance est actuellement fixée à 1,321 dollar par baril. Son niveau résulte de négociations engagées par le Cameroun à partir de 2013 afin d’obtenir une revalorisation périodique du tarif. Initialement fixé à seulement 0,41 dollar par baril lors de la mise en service de l’oléoduc, le droit de transit a été relevé à deux reprises, en 2013 puis en 2018, pour atteindre son niveau actuel.
Selon le mécanisme convenu entre les parties, une nouvelle révision du tarif devait intervenir à compter du 1er octobre 2023 la question d’une nouvelle revalorisation du droit de transit pourrait redevenir un sujet dans les relations entre Yaoundé et N’Djamena.
Amina Malloum
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03-06-2026 – Pipeline : le droit de transit du pétrole tchadien au Cameroun atteint 12,2 milliards FCFA à fin avril 2026 (+11%)
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Douala-Bangui / Douala-Ndjamena : le CNCC confie à Tradex les stations-service de ses centres de vie

(Investir au Cameroun) – Le Conseil national des chargeurs du Cameroun prépare l’intégration de stations-service dans ses centres de vie situés sur les corridors Douala-Bangui et Douala-Ndjamena. À l’issue d’une procédure de sélection ouverte à plusieurs opérateurs pétroliers, le CNCC a retenu Tradex SA comme partenaire pour le déploiement de ces infrastructures à Ngouletang, Garoua-Boulaï et Kousseri.
L’annonce a été faite par le directeur général du CNCC, Auguste Mbappe Penda, dans un communiqué portant résultat de la sélection d’un partenaire spécialisé pour la mise en place de stations-service dans les centres de vie de l’organisme public.
Tradex était en concurrence avec Ocean Petroleum, Petrolex, Gulfcam, Neptune Oil et MRS. L’entreprise, filiale de la Société nationale des hydrocarbures, a été retenue au terme de l’examen des offres. Le CNCC justifie ce choix par la « meilleure offre globale », combinant une solution technique jugée conforme aux normes environnementales, un modèle économique présenté comme équilibré et une expérience dans l’exploitation de stations-service sur les corridors camerounais.
Au-delà de la construction des infrastructures, l’opération porte sur l’aménagement de stations-service complètes, avec distribution de carburants, de lubrifiants et offre de services connexes. Le projet sera exécuté dans le cadre d’une convention de partenariat entre le CNCC et Tradex.
Pour le CNCC, l’enjeu dépasse la simple implantation de points de ravitaillement. Les centres de vie ont vocation à devenir des plateformes de services pour les transporteurs opérant sur les axes reliant le port de Douala à la République centrafricaine et au Tchad. L’objectif est de regrouper sur un même site le ravitaillement, la restauration, l’hébergement et d’autres services utiles au transport routier de marchandises.
Cette stratégie doit également permettre à l’organisme public de diversifier ses sources de revenus, dans un contexte où les corridors de transit constituent un levier important pour l’économie camerounaise et les échanges sous-régionaux.
Pour Tradex, l’opération représente une opportunité commerciale sur deux axes stratégiques du transport en Afrique centrale. En s’implantant dans les centres de vie du CNCC, l’entreprise renforce son maillage territorial au-delà des grands centres urbains et se positionne sur des flux réguliers de camions, de marchandises et de transporteurs.
Le projet pourrait aussi générer des emplois directs et indirects sur les sites concernés, notamment dans l’exploitation des stations, la maintenance, la restauration, la sécurité et les services associés. Le CNCC n’a toutefois pas communiqué, à ce stade, le montant de l’investissement, le calendrier de réalisation, la durée de la convention ni les modalités de partage des revenus entre les deux partenaires.
Frédéric Nonos
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09-04-2026 – Corridors Douala-Bangui et Douala-Ndjamena : le CNCC veut installer des stations-service dans ses centres de vie
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