Actualités locales
Paul Stéphane Menounga saisit le Conseil constitutionnel

Le politologue Paul Stéphane Menounga a saisi le Conseil constitutionnel au sujet des dispositions encadrant la vacance de la présidence de la République et du rôle attribué au vice-président dans ce mécanisme, selon une correspondance adressée au président de cette institution.
Dans cette démarche présentée comme une contribution au débat constitutionnel, M. Menounga dit relever une difficulté dans l’articulation entre les nouvelles dispositions relatives à la vice-présidence et celles régissant le fonctionnement du Conseil constitutionnel.
Le politologue s’appuie notamment sur l’article 6 de la Constitution, qui prévoit qu’en cas de vacance de la présidence pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat présidentiel.
« À
Monsieur le Président du Conseil constitutionnel
Yaoundé – Cameroun
Objet : Observations sur les incohérences dans l’articulation des dispositions relatives à la vacance de la Présidence de la République et au rôle du Vice-Président
Monsieur le Président,
J’ai l’honneur de vous saisir, avec tout le respect dû à votre haute institution, au sujet d’une difficulté d’ordre constitutionnel que soulève, à mon sens, l’articulation entre les dispositions désormais en vigueur relatives à la Vice-Présidence de la République et celles encadrant le fonctionnement du Conseil constitutionnel.
Ma démarche intervient après l’adoption et la promulgation des textes concernés. Elle ne vise donc nullement à remettre en cause leur existence juridique, mais à attirer l’attention sur une incongruité institutionnelle susceptible de se poser dans leur application pratique, notamment en cas de vacance de la Présidence de la République.
La Constitution prévoit désormais, à son article 6 alinéa 5, qu’en cas de vacance de la Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif dûment constaté par le Conseil constitutionnel, le Vice-Président achève le mandat du Président de la République.
Dans le même temps, l’alinéa 6 envisage expressément l’hypothèse dans laquelle le poste de Vice-Président n’est pas pourvu, en prévoyant alors l’organisation d’un scrutin en vue de l’élection d’un nouveau Président de la République.
Cette disposition semble donc admettre juridiquement que le Cameroun puisse connaître une situation dans laquelle la fonction de Vice-Président demeure vacante.
Or, c’est précisément à ce niveau qu’apparaît une difficulté avec la loi portant organisation et fonctionnement du Conseil constitutionnel.
En effet, l’article 38 alinéa 3 de cette loi dispose que le Conseil constitutionnel est saisi à cet effet par le Vice-Président de la République lorsqu’il s’agit de constater l’empêchement définitif du Président de la République.
Une question institutionnelle se pose alors naturellement :
Que se passe-t-il lorsque le poste de Vice-Président n’est pas pourvu ?
La Constitution envisage cette possibilité, mais la loi relative au Conseil constitutionnel semble, quant à elle, construire la procédure de saisine autour de l’existence effective d’un Vice-Président.
La difficulté apparaît également dans le cas de la démission du Président de la République.
L’article 38 alinéa 1 prévoit que le Président adresse sa lettre de démission au Président du Conseil constitutionnel et au Vice-Président de la République.
Là encore, une interrogation demeure : quelle est la procédure applicable lorsque le Vice-Président n’a pas été nommé ?
Il ne s’agit pas ici de soutenir que la vacance présidentielle serait juridiquement impossible à constater. Il s’agit plutôt de relever que les textes ne semblent pas avoir prévu avec suffisamment de précision le mécanisme institutionnel applicable lorsque le Vice-Président, pourtant désigné comme un acteur essentiel de cette procédure, n’existe pas juridiquement au moment où survient la vacance.
Cette situation pose une véritable question de sécurité juridique et de continuité institutionnelle.
Une Constitution peut parfaitement organiser plusieurs scénarios de succession. Mais lorsque l’un de ces scénarios dépend d’une autorité dont la Constitution elle-même permet qu’elle ne soit pas nommée, il apparaît nécessaire que le droit positif indique clairement quelle autorité prend le relais procédural en son absence.
À cet égard, deux lectures peuvent être envisagées.
La première serait de considérer que, malgré le caractère non systématique de la nomination du Vice-Président, une autre autorité constitutionnelle peut, en cas de nécessité, saisir le Conseil constitutionnel.
La seconde consisterait à considérer que le dispositif actuel appelle une interprétation institutionnelle permettant d’éviter qu’une absence de nomination du Vice-Président ne crée une difficulté dans la constatation de la vacance présidentielle.
Monsieur le Président,
C’est précisément sur ce point que je souhaite solliciter l’attention de votre haute institution.
La question n’est pas théorique. Le droit constitutionnel doit être particulièrement précis lorsqu’il organise la succession au sommet de l’État, car une ambiguïté dans une telle matière peut produire des conséquences politiques et institutionnelles considérables.
Le Conseil constitutionnel étant précisément l’institution chargée de garantir la régularité et la cohérence du fonctionnement constitutionnel de l’État, il me paraît légitime que cette difficulté puisse faire l’objet d’une clarification doctrinale ou institutionnelle.
Il ne s’agit donc pas de remettre en cause les textes adoptés et promulgués, mais de mettre en lumière une incongruité entre deux dispositions désormais applicables et d’interroger leur articulation pratique.
En définitive, la question que je soumets respectueusement à votre haute appréciation est la suivante :
Dans l’hypothèse où la Présidence de la République deviendrait vacante alors que le poste de Vice-Président n’est pas pourvu, quelle autorité est juridiquement habilitée à saisir le Conseil constitutionnel pour permettre à celui-ci de constater la vacance et d’assurer la mise en œuvre du mécanisme constitutionnel de succession ?
Cette interrogation participe d’une réflexion plus large sur la sécurité juridique, la continuité de l’État et la cohérence de notre architecture constitutionnelle.
Convaincu que les institutions fortes sont celles qui savent également identifier et clarifier leurs éventuelles zones d’incertitude, je vous prie de bien vouloir recevoir la présente démarche comme une contribution citoyenne et scientifique au débat constitutionnel camerounais.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président du Conseil constitutionnel, l’expression de ma très haute considération.
Paul Stéphane MENOUNGA
Politologue »
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Actualités locales
Le Bal des Vampires, c’est l’histoire d’un jeune broyé par la justice de son pays

Le juriste et défenseur des droits humains Émile Kwengueng a présenté jeudi à Yaoundé son ouvrage Le Bal des vampires : vérités sur l’affaire Mu-Yenga, un roman inspiré d’événements réels qui aborde les questions de justice, de pouvoir et de respect des droits de la défense au Cameroun.
À travers cette œuvre de fiction, l’auteur entend attirer l’attention sur les conséquences des injustices judiciaires présumées et sur la perte de confiance d’une partie de la jeunesse envers les institutions.
« Le Bal des vampires » raconte le parcours de Mu-Yenga, un jeune homme qui arrive au Cameroun avec l’ambition de contribuer au développement de son pays, mais qui se retrouve confronté à un univers marqué, selon le récit de l’auteur, par la manipulation, le mensonge et l’injustice.
Dans une interview accordée à Cameroun Actuel à l’occasion de la présentation du livre, Émile Kwengueng explique avoir construit son récit à partir de situations rencontrées au cours de ses activités. Il affirme notamment avoir effectué des visites dans les tribunaux, rencontré des détenus et échangé avec des acteurs du monde judiciaire ainsi qu’avec des journalistes.
C’est quoi l’histoire derrière « Le Bal des Vampires » ?
Émile Kwegueng : « Le bal des vampires, c’est cette histoire de ce jeune qui arrive au pays pour apporter sa modeste contribution au développement. Il ne peut pas, parce que les vampires autour de lui ont empêché qu’il travaille.
Les vampires autour de lui ont construit tout un imaginaire de faux, de manipulation, de mensonge et d’injustice. Mu-Yenga a été condamné à 30 ans. Mu-Yenga pour les mêmes faits a été condamné à mort.
Vous comprenez que, comme je le dis, c’est une histoire impossible à raconter avec des mots justes. C’est l’histoire d’un jeune broyé par la justice de son pays.
Quel message voulez-vous faire passer ?
Je pense que le message est simple. Permettre à la jeunesse camerounaise d’avoir confiance en la justice. Muyenga pose le problème d’une jeunesse prise dans le tourbillon d’un pouvoir qui ne l’écoute pas.
Je l’ai dit, un pouvoir aveugle, sourd et muet. Et le cas de Mu-Yenga est un cas atypique. Lorsqu’on aura lu et compris l’histoire de Muyenga, beaucoup aimeraient partir de ce pays.
Ceux qui sont de l’autre côté, après avoir lu l’histoire de Muyenga, peut-être n’auront-ils pas à revenir au pays. Parce qu’il s’agit d’un jeune ambassadeur, qui pourtant était venu apporter sa modeste contribution au développement de son pays. Il faut que la justice, il faut que les pouvoirs publics, il faut que les politiques rassurent la jeunesse. C’est tout ça qu’il s’agit.
Alors, vous dites que les récits de ce roman sont des faits imaginaires, mais tirés des faits réels. Est-ce que vous pouvez évoquer ces faits réels ?
Je vous ai dit, j’ai parcouru les cours, les tribunaux. J’ai rencontré des prisonniers. J’ai échangé avec beaucoup d’acteurs du monde de la justice. J’ai échangé avec des journalistes comme vous sur la justice camerounaise.
Après des contacts avec des prévenus, je me suis dit, comment immortaliser tout ce que je vois, tout ce que j’entends, tout ce que j’écoute. Il fallait partir d’un fait réel pour construire un imaginaire. C’est pour ça que nous avons fait le juste milieu en prenant de la fiction, que nous avons construite avec de la réalité pour faire de l’histoire de Muyenga une affaire palpitante.
Une affaire, comme je le dis, impossible d’écrire et de raconter avec les mots justes ».
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Cameroun : le parti RENA officialise son entrée sur la scène politique
Le paysage politique camerounais accueille une nouvelle formation politique. Dénommé « Rendez-Vous National » (RENA), le parti dirigé par Mouhamadou Aboubakar annonce sa reconnaissance légale, […]
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Emmanuel Nganou Djoumessi accélère les travaux du pont de Palar, le « pont de la mort », à Maroua

Le chantier de construction du pont de Palar, à Maroua, entre dans une phase décisive. Longtemps redouté par les usagers et tristement surnommé le « pont de la mort », ce point de franchissement a déjà été le théâtre de plusieurs accidents mortels, faisant de sa reconstruction une urgence pour les populations.
Ce vendredi 30 octobre 2026, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, s’est rendu sur le site pour évaluer l’avancement des travaux et examiner le chronogramme d’exécution présenté par l’entreprise SINOHYDRO.
En présence des autorités administratives, du maire de la ville et des populations riveraines, cette visite ministérielle intervient dans un contexte de fortes attentes autour de la réalisation de cet ouvrage stratégique.
Depuis le démarrage effectif des opérations, le 9 septembre dernier, l’entreprise a engagé plusieurs travaux préparatoires, notamment l’aménagement de la base-vie et le nivellement de la plateforme.
Deux engins supplémentaires ont également été mobilisés à la veille de cette descente, tandis que les études d’exécution enregistrent une avancée significative. Toutefois, plusieurs étapes essentielles restent à franchir, notamment la réalisation des fondations et la commande de la charpente métallique.
Face aux retards potentiels, le ministre des Travaux publics a exigé une révision du calendrier d’exécution, un renforcement immédiat des équipes et une mobilisation accrue des moyens matériels afin d’accélérer le rythme des travaux. Il a également instruit la consolidation du radier provisoire permettant actuellement de traverser le Mayo Kaliao.
Sur le plan technique, le futur ouvrage sera un pont mixte à deux poutres métalliques, long de 70 mètres et large de 10 mètres. Il reposera sur des fondations profondes en pieux forés et sera accompagné de l’aménagement d’environ deux kilomètres de voies d’accès.
Financé grâce aux économies réalisées dans le cadre du projet de réhabilitation de la route Magada-Guidiguis, cet ouvrage comprend la réalisation des fondations, des piles, des culées, la pose de la charpente métallique et la construction du tablier.
Pour les populations de Maroua, l’enjeu dépasse largement la construction d’un simple pont. Il s’agit surtout de mettre fin aux risques liés à ce passage dangereux, de prévenir de nouveaux drames et de tourner définitivement la page du tristement célèbre « pont de la mort ».
À Palar, les populations attendent désormais un ouvrage solide, sécurisé et livré dans les meilleurs délais.
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