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Chanas Assurances veut porter son capital à 13,27 milliards de FCFA, dont 3,33 milliards à souscrire en numéraire

(Investir au Cameroun) – Chanas Assurances prévoit de porter son capital social de 6,051116 milliards à 13,2733 milliards de FCFA, soit une hausse nette de 119,35 %, au terme d’une restructuration approuvée par son Assemblée générale extraordinaire du 14 avril 2026 à Douala. Mais la valeur nominale de l’augmentation en numéraire est limitée à 3,326 milliards de FCFA. L’autre composante principale de l’opération, soit 5,3473 milliards, proviendra de réserves déjà inscrites dans les capitaux propres de l’assureur.
L’opération, détaillée dans un avis aux actionnaires publié le 10 août 2026, se déroulera en trois étapes. Chanas réduira d’abord son capital de 1,451116 milliard de FCFA, pour le ramener à 4,6 milliards. L’avis indique que cette décision a été prise« conformément aux prescriptions de la CIMA », sans préciser l’affectation comptable de la réduction ni les éléments financiers qui la justifient.
La compagnie procédera ensuite à une augmentation de 3,326 milliards de FCFA en numéraire par l’émission de 33 260 actions nouvelles d’une valeur nominale de 100 000 FCFA chacune. Le capital atteindra alors 7,926 milliards. Une incorporation de 5,3473 milliards de FCFA de réserves, accompagnée d’une attribution d’actions gratuites aux actionnaires, le portera enfin à 13,2733 milliards.
Entre le niveau initial et le niveau final, la progression nette ressort à 7,222184 milliards de FCFA. Après la réduction initiale, les deux augmentations totalisent toutefois 8,6733 milliards : 3,326 milliards en numéraire et 5,3473 milliards par incorporation de réserves. Cette dernière composante représente 61,65 % des deux hausses brutes, mais elle ne crée pas de trésorerie nouvelle, puisqu’elle consiste à reclasser au capital des ressources déjà comptabilisées dans les capitaux propres.
Des encaissements encore incertains
Les 3,326 milliards de FCFA constituent la valeur nominale de l’émission en numéraire, et non un montant déjà collecté. Les actionnaires actuels pourront souscrire sans prime d’émission dans la limite nécessaire au maintien de leur participation. Après l’exercice de ces droits préférentiels, les actions résiduelles pourront être proposées à des actionnaires existants ou à de nouveaux investisseurs avec une prime d’émission fixée par le conseil d’administration.
Si des titres résiduels sont placés avec une telle prime, les apports effectivement encaissés pourront donc dépasser 3,326 milliards de FCFA, sans modifier d’autant le capital social : la prime sera comptabilisée séparément dans les capitaux propres. À l’inverse, l’avis ne permet pas encore d’établir le montant effectivement souscrit et versé.
Chanas fixe à 30 jours, à compter de la publication de l’avis, le délai d’exercice du droit préférentiel. Le document prévoit une libération de 50 % à la souscription et le versement du solde dans un délai maximal de trois mois.
Cette modalité appelle toutefois une clarification. Le règlement CIMA n°004 du 8 août 2024, qui a réécrit l’article 329-3 du Code des assurances, dispose qu’en cas d’augmentation de capital chaque actionnaire doit libérer au moins les trois quarts du montant des actions en numéraire souscrites. L’avis affirme que les opérations de réduction et d’augmentation ont reçu les autorisations et avis favorables du ministre camerounais des Finances, mais il n’explique pas comment le versement initial de 50 % s’articulera avec ce minimum de 75 %. Un appel complémentaire avant la réalisation juridique de l’augmentation pourrait résoudre cet écart ; aucun calendrier de cette nature n’est cependant indiqué.
Un nouveau seuil de fonds propres à 10,62 milliards
Chanas exerce dans l’assurance IARD. Depuis le règlement CIMA n°004/2024, le capital social minimum de cette catégorie est fixé à 5 milliards de FCFA. La compagnie disposant déjà de 6,051116 milliards avant l’opération, la restructuration ne peut pas être réduite à une simple mise en conformité avec ce minimum, même si le Conseil des ministres de la CIMA a reporté au 31 décembre 2027 l’échéance de la seconde phase pour les entreprises encore concernées.
Le même règlement de 2024 a surtout modifié le plancher de fonds propres. Ceux-ci ne peuvent plus être inférieurs à 80 % du seul capital social minimum réglementaire, comme le prévoyait l’ancienne rédaction, mais à 80 % du capital social effectivement inscrit. Avec un capital final de 13,2733 milliards de FCFA, ce seuil ressortira donc arithmétiquement à 10,61864 milliards, contre 4,8408928 milliards sur la base du capital initial de Chanas.
Cette évolution donne une portée prudentielle directe au relèvement annoncé. L’incorporation de réserves augmente le capital social sans apporter de ressources nouvelles et sans accroître, à elle seule, le total des capitaux propres. La capacité de Chanas à respecter le nouveau plancher dépendra donc de ses fonds propres effectifs après l’opération, des versements réellement encaissés et de ses autres résultats ou pertes. L’avis ne publie ni les fonds propres admissibles, ni la marge de solvabilité, ni le taux de couverture des engagements réglementés ; il est donc impossible d’établir, à partir de ce seul document, la situation prudentielle finale de l’assureur.
La SNH devra apporter environ 1,5 milliard pour éviter la dilution
La Société nationale des hydrocarbures indique détenir 45,26 % de Chanas Assurances. Pour conserver théoriquement cette participation dans l’augmentation en numéraire, elle devrait souscrire environ 1,505 milliard de FCFA de valeur nominale, soit 45,26 % des 3,326 milliards proposés, sous réserve des modalités d’attribution et d’arrondi des droits.
Si la SNH ou d’autres actionnaires n’exercent pas intégralement leurs droits, les titres résiduels pourront être attribués à d’autres investisseurs. L’incorporation ultérieure des réserves, réalisée par attribution gratuite aux actionnaires alors en place, préservera en principe les proportions issues de l’étape en numéraire. C’est donc principalement à ce stade que pourrait se jouer une recomposition du tour de table.
Une seconde divergence réglementaire apparaît dans l’avis. Celui-ci mentionne une autorisation préalable pour les participations atteignant 20 %, 30 % ou 50 % et renvoie à l’article 329-3 du Code CIMA. Or l’article 329-7 publié par la CIMA retient les seuils de 20 %, 33 % et 50 %, ainsi que l’acquisition de la majorité des droits de vote. Il prévoit également une notification à la Commission régionale de contrôle des assurances et au ministre lorsqu’une participation atteint 10 %. Cette différence devra être clarifiée si un investisseur important entre au capital ou renforce sa position.
Chanas demeure l’un des trois premiers assureurs non-vie du Cameroun. Selon des données provisoires attribuées à l’ASAC, la compagnie a émis 21,03 milliards de FCFA de primes en 2024, derrière SanlamAllianz et Axa.
Au terme de l’opération, le capital de Chanas sera, si toutes les étapes sont réalisées, multiplié par 2,19. Mais la portée économique de la restructuration dépendra moins du montant statutaire de 13,2733 milliards de FCFA que des souscriptions effectivement libérées, des primes d’émission éventuellement collectées, du niveau final des fonds propres et de la décision de la SNH de suivre ou non l’augmentation.
Baudouin Enama
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« si j’étais resté loin de la politique, mes affaires se porteraient mieux »

Hiram Samuel Iyodi révèle comment son engagement politique freine ses affaires. Invité de l’émission OBAMA TIME sur Actualité1 le dimanche 9 août 2026, le président national du Mouvement patriotique pour la prospérité du peuple (MP3) a expliqué que s’il s’était tenu loin de la politique, ses affaires se porteraient mieux.
« J’ai deux casquettes en entreprise aujourd’hui. Je suis directeur général d’une entreprise qui ne m’appartient pas, je travaille donc pour quelqu’un. Je ne voudrais donc pas endosser son costume d’homme d’affaires. Il m’a fait confiance pour gérer ses ressources et ses capitaux, et j’espère que je le lui rends bien jusque-là. Maintenant, à côté de ça, je suis associé d’un cabinet de conseil, parce que c’est mon métier de base. Je suis ingénieur de formation, mais j’ai travaillé et fait l’essentiel de ma carrière dans l’audit.
J’ai donc un cabinet de conseil qui accompagne les compagnies pétrolières et les industries de transformation. Et oui, là, je dois vous dire qu’être un acteur politique, ça coupe net dans les opportunités que vous avez. Pas parce que les gens ne vous font plus confiance, mais parce qu’ils vous disent : « Cher petit frère, si on te donne un marché, on sera assimilé à quelqu’un qui a financé un opposant. » Et ça peut nous créer des problèmes.
Donc, ce n’est pas très évident. Je crois que si j’avais très clairement gardé ma casquette d’entrepreneur et que je m’étais tenu loin de la politique, mes affaires se porteraient nettement mieux », a déclaré Hiram Samuel Iyodi.
Qui est Hiram Samuel Iyodi ?
Né en 1987 à Douala, Hiram est un ingénieur, chef d’entreprise et jeune homme politique de 38 ans. Il est secrétaire exécutif du Mouvement patriotique pour la prospérité du peuple (MP3), un parti politique souverainiste à tendance panafricaniste, officiellement légalisé en 2023.
Fils de Dieudonné Iyodi, ingénieur pétrolier originaire du département de la Sanaga-Maritime, dans la région du Littoral, Hiram a étudié le génie des procédés chimiques à l’Université Laval (Québec, Canada). Durant ses études, il a présidé l’Association des Camerounais de Québec de 2008 à 2009.
En 2010, alors qu’il était encore au Canada, Hiram Iyodi a participé à un projet collectif marquant les 15 anniversaires de l’indépendance de 14 pays africains (1960-2010). C’est là que sa vision et ses rêves pour le Cameroun de 2010 à 2060 ont commencé. En 2011, il a publié aux éditions Veritas au Cameroun « Mes rêves de jeunesse : le Cameroun dans les 50 prochaines années ».
En 2011, Harim est retourné au Cameroun pour rejoindre le Conseil d’audit comme auditeur junior au département pétrole et gaz, poste qu’il a occupé pendant plus de 5 ans avant de rejoindre le cabinet d’ingénierie de son père, AFRIK’GENESIS, en 2016, en tant que directeur des opérations.
Lors de son séjour au Cameroun en 2012, Harim a participé à plusieurs mouvements de jeunesse. En 2017, il a travaillé en étroite collaboration avec Akere Muna, au sein de son mouvement NOW, en tant que coordinateur du programme politique pour l’élection présidentielle de 2018.
Immédiatement après l’élection, Hiram, avec d’autres dirigeants, a créé le Mouvement patriotique pour la prospérité du peuple (MP3) le 17 novembre 2018 à Douala. Le parti a été officiellement légalisé le 9 novembre 2023, avec Hiram comme secrétaire exécutif.
En décembre 2024, Hiram a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a dévoilé le manifeste du parti, repris dans sa publication « Mes rêves de jeunesse : le Cameroun dans les 50 prochaines années », et son souhait de se présenter à la présidence.
Le 21 juillet 2025, Harim a déposé sa candidature sous la bannière du Front des démocrates camerounais (FDC), un parti allié du MP3. Le samedi 26 juillet, Élections Cameroun a officiellement déclaré sa candidature retenue pour l’élection présidentielle d’octobre.
Depuis, il a eu la gentillesse de parler de sa vision afro-sociale-libérale.
« L’afro-social-libéralisme n’est pas qu’une idée. C’est notre arme et notre bouclier. Il ancre le MP3 dans la sagesse de nos ancêtres et nous arme pour affronter un système mondial qui n’a jamais été construit pour nous. Profondément ancré dans les valeurs africaines, aspirant farouchement au pouvoir mondial, c’est ainsi que nous nous élevons et que nous gagnons », a écrit Hiram.
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Au Cameroun, la valeur des exportations des fèves de cacao chute de 63% sur la saison 2025-2026, à 400,9 milliards FCFA

(Investir au Cameroun) – Au cours de la saison cacaoyère 2025-2026, qui s’est étendue au Cameroun du 1er août 2025 au 15 juillet 2026, la valeur globale des exportations de fèves à l’embarquement au port de Douala est ressortie à 400,9 milliards de FCFA. Selon l’Office national du cacao et du café (ONCC), qui a dressé le bilan de cette campagne cacaoyère le 6 août 2026 à Yaoundé, à l’occasion du lancement officiel de la saison 2026-2027, la valeur de ces exportations de fèves chute de 63% en glissement annuel.
En effet, lors de la saison cacaoyère 2024-2025, les cargaisons de fèves embarquées au port de Douala étaient officiellement estimées à 1074,6 milliards de FCFA. Entre les deux saisons, la valeur FOB – Free on Board, c’est-à-dire le prix à l’embarquement au port, sans tenir compte des frais d’assurance et de transport – des fèves exportées diminue donc de plus de 673 milliards de FCFA. A l’analyse des chiffres de l’ONCC, cette baisse des revenus d’exportation est due à la fois au repli des volumes exportés et la chute des cours mondiaux entre les deux campagnes.
Concrètement, alors que le pays affichait des ventes à l’international de 192 013 tonnes de fèves de cacao au cours de la campagne 2024-2025, ces exportations ont culminé à 125 468 tonnes au cours de la dernière saison, correspondant à une réduction de 66 545 tonnes, soit 34,65% en valeur relative. Dans le même temps, les données de l’ONCC révèlent que le prix FOB du kilogramme de fèves au port de Douala a oscillé entre 3808 FCFA et 7536 FCFA tout au long de la campagne cacaoyère 2024-2025, contre 1520 FCFA à 3110 FCFA la saison d’après. Autrement dit, entre les campagnes 2024-2025 et 2025-2026, les prix FOB du kilogramme de fèves de cacao ont chuté de 58 à 60% au port de Douala.
Une conjoncture internationale défavorable
Selon les analystes des marchés, cette baisse des cours mondiaux des fèves résulte d’un excédent de la production mondiale pour la 2è saison d’affilée, après trois campagnes déficitaires qui avaient propulsé les prix à des niveaux record. Cette fois-ci, l’abondance de l’offre par rapport à la demande a plutôt exercé une pression sur les prix, en les ramenant à des niveaux plus bas aussi bien sur le marché international que dans les pays producteurs.
Au Cameroun, par exemple, les prix d’achat aux producteurs ont officiellement oscillé entre 700 et 4300 FCFA le kilogramme au cours de la saison cacaoyère 2025-2026, selon les chiffres officiels. Ces mêmes prix avaient varié entre 3210 à 5400 FCFA au cours de la campagne précédente, après avoir atteint le niveau record de 6000 FCFA le kilogramme lors de la saison 2023-2024.
La fève camerounaise conserve ses principaux débouchés
La baisse des revenus d’exportation du cacao brut enregistrée lors de la dernière campagne devrait à nouveau modifier la structure des exportations du Cameroun en 2026. En effet, au cours de l’année 2025, le cacao a ravi au pétrole sa place de premier produit d’exportation du Cameroun, porté par l’embellie des cours mondiaux lors de la saison 2023-2024. Selon le rapport sur l’évolution du commerce extérieur publié par l’Institut national de la statistique (INS), les fèves de cacao ont représenté 26,3% des recettes d’exportation du pays cette année-là, contre 22,9% pour les huiles brutes de pétrole. Avec une baisse des revenus de 63% sur la campagne 2025-2026, il sera difficile pour la fève rouge brique du Cameroun de maintenir ce rang pour la 2è année consécutive.
Malgré le recul projeté des parts de la fève dans ses exportations, le Cameroun a conservé ses principaux clients sur ce produit au cours de la saison 2025-2026, à en croire l’ONCC. En captant 84,67% du cacao brut vendu à l’international, soit 113 528 tonnes au total, l’Europe, avec les Pays-Bas en tête, demeure la principale destination de la fève camerounaise sur la dernière campagne. Viennent ensuite l’Asie avec 14,24% des exportations, soit 19 107 tonnes, et l’Afrique, qui a capté une part résiduelle de 1,13% des fèves vendues par le Cameroun, soit 1515 tonnes au total.
Brice R. Mbodiam
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