Actualités locales
Cameroun : l’ANTIC soutient les conseils municipaux du Nord-Ouest dans la transformation numérique

L’Agence nationale des technologies de l’information et de la Communication en partenariat avec d’autres acteurs entretient les municipalités de la région sur la question au cours d’un séminaire de trois jours qui s’est ouvert ce 15 juillet 2026 à Bamenda.
Les travaux ouverts ce mercredi dans la capitale régionale du Nord-Ouest se tiennent à l’intention des 35 conseils municipaux de la région du Nord-Ouest. Ils s’inscrivent dans le cadre de la 7e édition du séminaire de renforcement des capacités sur les technologies de l’information et de la communication organisé par l’Antic. Placé sous le thème « Le développement local à l’ère de la transformation numérique », ce séminaire vise à accompagner et soutenir les conseils municipaux dans leur démarche de transformation numérique d’une part. Et d’autre part, à doter les administrateurs informatiques des conseils municipaux de la région des compétences numériques du XXIe siècles.
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Les travaux se tiennent dans un contexte où le numérique se présente comme une exigence incontournable dans la modernisation des institutions publiques. D’après le directeur général de l’Antic, le Pr Ebot Ebot Enaw, « Pour les collectivités locales, l’adoption des TIC n’est plus une option, mais une nécessité visant à améliorer la prestation des services, à promouvoir le développement local, à renforcer la transparence et à favoriser une plus grande participation citoyenne. »
Pour se mettre à ce niveau, les actions doivent aussi tenir compte des défis qui accompagnent la transformation numérique à savoir l’exploitation des ailles à des fins malveillantes ; la publication en ligne des documents confidentiels en l’occurrence. Face à ces défis, il faut sécuriser les systèmes d’information.
Or, à ce jour, seules 230 communes, soit 64% des communes du pays ont bénéficié du renforcement de capacités à travers l’assistance technique accordée par l’Antic. Dans la région du Nord-Ouest en particulier, 17 communes sur 35 disposent d’un site web, soit 48,6% et seuls 12 conseils municipaux possèdent une page Facebook. L’on note aussi la croissance de l’adoption des plateformes de réseaux sociaux par les municipalités. Cependant, les défis de la sécurité demeurent. Aucune des pages concernées n’est certifiée. Ce qui accroît leur vulnérabilité au vol d’identité et à l’usurpation.
»J’espère que les connaissances et les compétences acquises lors de séminaire contribueront à inverser cette tendance », a déclaré le directeur de l’agence tout en réaffirmant la pleine détermination de son institution à accompagner les conseils municipaux tout au long du processus de certification de leurs pages officielles sur les réseaux sociaux.

Organisé en partenariat avec le ministère de la Décentralisation et du Développement local, le Bureau national de l’état-civil, et le Feicom, l’évènement donne l’opportunité aux experts d’exposer sur divers thèmes. Ce sont entre autres l’importance d’un schéma directeur informatique pour les conseils municipaux ; la mise en place d’un système d’information sécurisé ; la numérisation du registre d’état-civil ; la recherche de financements pour des projets TIC et la gestion du changement.
Au-delà de ces aspects, ce séminaire présente un autre avantage. Il donne l’occasion d’évaluer les besoins des conseils municipaux de la région en matière de TIC ; d’établir l’état des lieux du niveau de pénétration des TIC au sein des conseils ; et d’orienter les futures actions de soutien et d’intervention de l’ANTIC.
Actualités locales
« le Cameroun est un État laïc ! », Anne Féconde Noah

Pour la militante du PCRN Anne Féconde Noah, la fermeture des églises de réveil est du au rejet de l’évangile.
La femme politique Anne Féconde Noah réagit à la fermeture annoncée des églises de réveil. Etant elle-même membre d’une église de réveil, elle affirme que le problème de nuisance sonore évoquée pour justifier cette décision, n’est pas le véritable motif.
« Ne soyez pas naïfs. Les citoyens qui posent le problème des décibels et dont la préoccupation est digne d’intérêt et de discussion dans un cadre républicain ne sont pas les plus nombreux dans ce débat. Beaucoup sont des persécuteurs qui abhorrent notre foi, notre manière d’invoquer Dieu, pour des raisons personnelles, ou simplement parce que leurs âmes rejettent l’Évangile de vérité. Ceux-là ne vivent pas à proximité d’une église, le sujet leur est étranger, c’est la prédication de Christ qui est leur problème. Vous les verrez donc préférer les nuisances sonores des bars d’Essos qui sont de loin plus graves et plus régulières que celles reprochées à certaines de nos assemblées », a-t-elle écrit.
Anne Féconde Noah est ferme ce qui est annoncée, c’est tout simplement la persécution des églises de réveil. Pourtant le Cameroun est un Etat laïc dans lequel chacun a le droit de choisir sa foi.
« Ils se perdront en conjectures pour expliquer que ces hauts lieux d’abominations, dans lesquels les fils de Sodome et Gomorrhe ont élu domicile, et recrutent des garçons et des filles mineurs pour accomplir leur besogne, ces endroits où les comportements contraires à toute morale sont quasiment la règle, sont de meilleurs endroits que les églises. D’ailleurs, selon eux, l’alcool qui est scientifiquement reconnu comme pouvant altérer sérieusement le jugement, et pousser à poser des actes regrettables, fait moins de mal à l’âme qu’une prédication. Ça ne vous rappelle pas l’histoire racontée dans Matthieu Ch 27, V15-26 ?D’incongruités en incongruités, ils démontrent une chose : Au-delà du sujet qui mérite d’être débattu, il y a de la persécution contre l’église de réveil, dans cette campagne », a-t-elle écrit.
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Deux équipes ont participé à la filature, à l’enlèvement et à l’assassinat de Martinez Zogo

C’est la substance des déclarations faites, ce mardi, au tribunal militaire de Yaoundé par le commandant de la légion de gendarmerie du Centre, Jean Pierre Otoulou, au moment des faits au cours de l’examination in chief. Selon le 34ème témoin de l’accusation, le commando avait deux équipes, soutient le journaliste Serge Aimé Bikoi.
Lire ici sa sortie :
La première équipe était composée du Maréchal de logis, Tongue Nana et Daouda. Jean Pierre Otoulou indique que ces deux coaccusés ont fait le travail en amont consistant à étudier le comportement de la cible. L’ancien commandant de la légion de gendarmerie du Centre relève que son groupe d’enquête et lui détiennent les vidéos de la filature de Martinez Zogo.
La deuxième équipe du commando était, quant à elle, constituée de l’adjudant-chef, Clément Ebo’o, du Maréchal de logis chef Vincent Godje, du Caporal chef, Le noir Dawa, et des Caporaux Bakaiwe et Martial Zock Mepim. Selon le codirecteur de l’enquête mixte Police/gendarmerie, cette deuxième équipe a procédé à l’enlèvement et à l’assassinat de l’ancien chef de chaîne d’Amplitude Fm.
Il ajoute que ce commando avait deux véhicules, en l’occurrence le Prado noir et un pick-up. « Quand on l’a (Martinez Zogo) pris dans le Prado, on a su que le Prado était déjà grillé, c’est-à-dire les gens avaient déjà vu le Prado. C’est comme ça qu’en route, on le sort du Prado et on le met dans l’autre véhicule », illustre J.P. Otoulou, se référant à la déclaration faite par le lieutenant-colonel Justin Danwe, qui a, par la suite, dit à Martinez Zogo de n’avoir pas peur.
L’officier supérieur de la gendarmerie nationale conclut à la thèse selon laquelle quand ils ont fini de traiter le journaliste, M..Zogo leur a demandé la Vantoline et ils l’ont laissé vivant. Mais dans quel état ? S’interroge J.P. Otoulou. Au moment où arrive le temps de l’interrogatoire de Justin Danwe durant le déroulement de l’enquête mixte Police/gendarmerie nationale, il lui est demandé quelles étaient les motivations de l’assassinat de Martinez Zogo.
Et l’ancien directeur des opérations de la Dgre de répondre : « Je voulais faire plaisir à mon chef et il est au courant ». Illico presto, le colonel Otoulou a demandé à entendre le patron de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre). Léopold Maxime Eko Eko s’est présenté. L’officier supérieur de la gendarmerie demande à Danwe : « Il se dit que c’est Jean Pierre Amougou Belinga qui t’a envoyé ». J. Danwe lui répond : « Je ne connais Amougou Belinga ni d’Adam, ni d’Ève.
Au moment où, Eko Eko passe à l’interrogatoire, « explosion totale », clame J.P. Otoulou. « Vous me dérangez pourquoi ? Allez demander à M. Amougou Belinga et au Colonel Danwe ce qu’ils ont fait », avance Eko Eko. Le patron de la Dgre ajoute pour en donner la preuve : »Lorsqu’on avait inauguré l’immeuble Ekang, le colonel Danwe était assis aux premières loges parmi les invités de marque ». De plus, l’ancien patron du renseignement ajoute qu’il a un support audio pour un certain Bidjongo plus connu sous le pseudonyme Arthur Essomba. Eko Eko réitère que le commandant de la gendarmerie nationale du Centre de l’époque doit appeler J.P. Amougou Belinga pour lui dire qu’il a des informations. Et le patron du groupe L’Anecdote de lui répondre : « Danwe est ma personne » Le support audio est remis à l’enquêteur sauf que quand on l’exploite, coup de grillage, lance Otoulou. « Amougou Belinga dit que Eko Eko est sa personne ». Par la suite, il est demandé à Eko Eko de remettre ses téléphones. Ce qu’il a fait. Autre surprise non des moindres relevée par J.P. Otoulou : le rapport d’expertise de Bell Bitjocka révèle que certains téléphones de Danwe ont cessé d’émettre le jour de son arrestation. Directement, le commissaire divisionnaire, Elong Lobe, a été appelé à la Dgre. Ce dernier a développé une théorie qui témoignait de ce que Eko Eko n’y était pour rien. C’est sur ces entrefaites que la commission mixte d’enquête est entrée en scène, ajoute Otoulou.
Malgré le témoignage d’Elong Lobe visant à innocenter Eko Eko, Danwe persiste et signe qu’il est au courant. C’est ainsi que le codirecteur de l’enquête mixte se dit que les coaccusés ont beaucoup de choses dans leur ventre. Il note, d’ailleurs, que dans certains services, ils ont l’habitude de faire des choses peu orthodoxes. Au moment où Eko Eko Eko est auditionné, Otoulou précise qu’il est encore patron de la Dgre. Par conséquent, il se dit qu’il peut avoir la crainte révérencielle. En procédant donc aux vérifications, la commission mixte d’enquête police/ gendarmerie fait descendre une équipe à la Dgre, laquelle fait le constat selon lequel ce milieu est doté de caméras de surveillance dans l’ensemble des espaces jusqu’au bureau du lieutenant-colonel Justin Danwe, monitoré par le cabinet du Dg de la Dgre.
Avec la dissémination des caméras de surveillance au sein de la Dgre, le colonel Otoulou se pose la question de savoir comment le patron du renseignement au Cameroun affirme qu’il n’est pas au courant qu’un de ses cadres qui plus est directeur des opérations est impliqué dans un assassinat, surtout qu’il y a aussi bien de collaborateurs qui y sont impliqués. De plus, il indique qu’Eko Eko n’a ouvert aucune enquête interne sur ses proches collaborateurs pour s’enquérir de ce qui s’y passe. Pour J.P.Otoulou, « il y a deux hypothèses : soit le Dg du Dgre est incomptent, soit il sait ce qui se passe et il ne dit rien. Or, nous connaissons toutes ses capacités et ses compétences » C’est sur ces entrefaites que Otoulou commence à comprendre que Danwe ne ment pas.
La piste Amougou Belinga
Ce qui emmène le colonel Otoulou chez le patron du groupe L’Anecdote, c’est la déclaration de Eko Eko selon laquelle il faut demander à Amougou Belinga et à Danwe ce qui se passe relativement à l’assassinat de Martinez Zogo. Il y a aussi le support audio fourni par Eko Eko au colonel Otoulou, auquel s’ajoute le troisième élément lié à la photocopie d’un message où Bruno Bidjang disait qu’ils seront sans pitié pour M. Zogo.
C’est dans ce sillage que le patron du groupe L’Anecdote, l’ancien directeur général du groupe de médias Vision 4, Satellite Fm et l’Anecdote et d’autres personnes ont été interpellés. Otoulou explique que c’était explosif en salle. Il demande à entendre Bidjang. Quand ce dernier entre, Otoulou lui demande son téléphone. Dès que cet instrument est déverrouillé, il y trouve le message où Bidjang, s’adresse à Daizy Biya et lui dit: « Le jour J, nous serons sans pitié pour Martinez Zogo ». Que signifie ce message? Question posée par l’enquêteur. Et Bidjang de répondre : « C’est parce que M. Amougou Belinga a des démêlés avec le journaliste et qu’il va le remettre en prison ». Au moment où Amougou Belinga passe à l’interrogatoire, il affirme ne rien connaître de la mort de M. Zogo. « M. Zogo ne représentait rien pour moi pour l’envoyer en prison », a-t-il lancé. « Moi, quand un enfant me dérange, je le fouette », ajoute-t-il. À la fin de l’audition, Otoulou lui demande s’il connaît le colonel Danwe. « Danwe est mon ami à la Dgre. C’est grâce à ses renseignements qu’il me fait gagner des marchés à l’international », réagit Amougou Belinga.
Après cette audition, le colonel Otoulou a requis une confrontation immédiate entre Justin Danwe et Amougou Belinga. Une seule question a été posée à Amougou Belinga : « Connaissez-vous Danwe? » Le patron du groupe L’Anecdote réitère : « Danwe est mon ami. Il me donne des renseignements ». Le colonel redit à Danwe qu’il lui a, pourtant, dit qu’il ne connaissait pas Amougou Belinga. Est-ce vrai? L’interroge-t-il. Coup de théâtre : »Colonel, je change ma déclaration. Je connais, bel et bien, Amougou Belinga », indique Danwe à la grande surprise du colonel Otoulou.
C’est ainsi que Amougou Belinga demande à Danwe de faire taire M. Zogo. La scène est passée au club Beac à Mvan chez Amougou Belinga.Les deux ont prévu une planification de cette action. En guise de pré-récompense, le patron du groupe L’Anecdote a remis une somme d’argent à l’ancien directeur des opérations de la Dgre. Danwe est reparti le revoir à l’immeuble Ekang pour la deuxième fois. Danwe lui dit: « On va lancer l’opération ».
Amougou Belinga lui a encore remis de l’argent. Le lendemain de l’opération, Danwe est reparti lui dire que l’opération a été menée. Amougou Belinga lui répond en retour qu’il attend voir les résultats. Le cadre de la Dgre lui fait savoir que la dernière fois qu’ils sont partis, ils ont découvert le corps de Martinez Zogo. Et Amougou Belinga de réagir spontanément : « il mérite cette correction ». Danwe indique que c’est la première fois qu’il va revoir Amougou Belinga sans qu’il ne reçoive de l’argent.
Serge Aimé BIKOI
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Actualités locales
voici l’intégralité de la déclaration du colonel Otoulou au tribunal militaire
Lors de son témoignage devant le tribunal militaire les 14 et 15 juillet 2026, le colonel Jean-Pierre Otoulou a retracé les premières interpellations dans l’affaire Martinez Zogo, mettant en cause Justin Danwe, Léopold Maxime Eko Eko et Jean-Pierre Amougou Belinga. L’officier a décrit les aveux de Danwe, les liens étroits entre ce dernier et l’homme d’affaires, ainsi que les éléments incriminant le patron de la DGRE, Eko Eko.
Lire ici le texte de Polycarpe Xavier Atangana :
AFFAIRE MARTINEZ ZOGO
Tribunal Militaire de Yaoundé – Audience du 14 juillet 2026
Début de l’audition du 34e témoin : Le Colonel OTOULOU
L’Officier Supérieur de la Gendarmerie Nationale du Cameroun fait son entrée à la barre, très calme.
Le Substitut du Commissaire du Gouvernement près le TMY :
Racontez-nous ce que vous avez vu, du début jusqu’à la fin, en détaillant autant que possible les actes que vous avez posés. De l’enlèvement jusqu’au défèrement des différentes personnes mises en cause. Allez de manière chronologique et tenez compte du fait que le tribunal prend des notes.`
DECLARATION DU TEMOIN
À toute l’assistance ici présente. Avant de commencer, comme je vous l’avais dit, j’étais commandant de la Légion de Gendarmerie du Centre. Je venais d’être nommé à ce poste.
Lorsque j’apprends également que cet enlèvement a eu lieu devant un poste de gendarmerie, je me suis senti personnellement concerné. En tant que chef, il fallait que je sache ce qui s’est passé.
La première chose que j’ai faite, je me suis transporté au poste. J’ai vu le véhicule de feu Martinez Zogo. J’ai constaté la manière dont il a été percuté. Le choc est plus profond du côté gauche. C’est une manœuvre de spécialiste. J’ai compris que c’était l’œuvre d’un connaisseur qui visait à faire un tonneau au véhicule de feu Martinez Zogo.
Et quand il est arrivé, il s’est retrouvé face au portail. Il a essayé de forcer l’entrée. Sauf qu’à l’entrée du poste, il y a une grande pente. C’est ainsi qu’en tentant de forcer l’entrée au poste, il a percuté le portail, mais il ne parvient pas à rentrer dans le poste.
Le second élément qui attire mon attention, c’est l’environnement du lieu de l’enlèvement. C’était un endroit où il n’y avait pas de vidéosurveillance. Ça veut dire que ce sont des spécialistes. J’ai compris que ce n’était pas des amateurs. C’était probablement une équipe spéciale qui avait choisi le lieu.
Les choses sont allées vite avec le Directeur des Opérations Justin NDANWE. C’est ainsi qu’on relève son numéro et on lance la recherche. On constate qu’il y avait une borne numérique au Carrefour Total Yannick.
Lors de l’audition, nous avons demandé au mis en cause avec qui il avait mené l’opération. Il a cité Monsieur EBO, que nous avons fait venir. Je connaissais personnellement Monsieur Ebo pour avoir travaillé avec lui auparavant.
Il m’avait dit : « on vous a envoyé ». Cela revenait chaque fois qu’il parlait.`
MP : Quelle était la composition du commando ?
Selon ses dires, le commando avait deux équipes.
La première équipe était composée du MDLC TONGUE NANA et de DAOUDA. C’est eux qui ont fait le travail de renseignement, c’est-à-dire étudier le comportement de la cible.
Nous avons également identifié la deuxième équipe du commando constituée de ZOCK etc.
Lorsque nous avons commencé l’enquête, ils m’ont considéré comme un père.
Première révélation : le commando avait deux véhicules. Le Prado noir que tout le monde a vu, et un pick-up.
Quand je l’interroge, Ebo me dit : « Quand on a pris le Prado, on a su que le Prado était déjà grillé. Comme on grille les arachides, comme on grille le poisson. »
C’est ainsi qu’on le fait sortir du Prado pour le mettre dans le pick-up et on le conduit à Ebogo III.
Entre temps, j’avais demandé à NDANWE. Il se dit partout que c’est monsieur AMOUGOU BELINGA qui t’a envoyé.
Le colonel m’a avoué qu’il ne connaissait ni Adam ni Ève Amougou Belinga.`
Quand on entend donc monsieur EKO EKO, il nous déclare de manière péremptoire : « Vous me dérangez. Demandez à Amougou Belinga et Justin Ndanwé ce qu’ils ont fait ? » Je mesure le poids de ce que je dis.
Pour vous en donner la preuve : lorsqu’on avait inauguré l’immeuble Ekang, Justin Ndanwé était assis aux premières loges.
Eko Eko me dit : « J’ai un support audio. Un certain Bidzongo appelait monsieur Amougou Belinga ».
Eko Eko m’a remis le support audio. Dans ce support, monsieur Amougou Belinga dit lui-même que « Eko Eko est sa personne ».
Deuxième élément : on demande les téléphones. Le rapport d’expertise du professeur BELL indique que certains téléphones ont cessé de fonctionner.`
La commission d’enquête mixte est déjà présente.
Nous savons que dans certains services, on fait parfois les choses par crainte révérentielle.
Au moment où on entend monsieur Ebo et les autres, je me permets de dire également que ces personnels ont beaucoup de choses sur le cœur à dire.
Un avocat avait demandé le huis clos pour ne pas amener le colonel à venir parler de choses dont on ne veut pas entendre parler ici.
Nous nous sommes déportés à la DGRE. Il y avait des caméras de surveillance partout. Elles étaient monitorées par le cabinet du DG/DGRE.
On est en train d’arrêter vos collaborateurs. Le Directeur des Opérations est interpellé, et aucune enquête n’est ouverte à l’interne pour savoir ce qui se passe.
Alors soit il est incompétent, soit que le DG/DGRE sait ce qui se passe, et il ne dit rien.
Or nous connaissons tous les capacités et les valeurs de monsieur Eko Eko.`
Donc pour cela, ça ne serait pas écrit.
Il y a la déclaration. Il y a le support de l’équipe qui l’a gardé.
Il y a le rapport d’expertise qui dit que certains téléphones ont disparu quand on a arrêté Ndanwé.
Il y a la présence des caméras de surveillance.
Il y a le fait qu’il n’a pas ouvert une enquête.
Pour moi, quand je mène ce genre d’enquête, je n’ai pas besoin de savoir : est-ce qu’il a donné les ordres ? Est-ce qu’il n’a pas donné les ordres ?
Je cherche juste un faisceau d’indices qui permet d’avoir une certaine lecture.`
Qu’est-ce qui nous amène vers lui ? D’abord la déclaration du DG/DGRE qui, de manière péremptoire nous renvoie à : « allez demander à Monsieur Amougou Belinga et Ndanwé ce qu’ils ont fait ».
Ensuite, sa déclaration, avec le support audio que monsieur Eko Eko nous a donné.
Et un troisième élément : la photocopie d’un texto dans lequel BRUNO BIDJANG a dit : « Le moment venu on sera sans pitié ».`
Monsieur le Président, dans la salle d’enquête c’était explosif.
Je précise que les actes que nous posions étaient sous la coordination du Commissaire du Gouvernement.`
Quand Bruno BIDJANG arrive pour être entendu, je lui dis : « ton téléphone ». Il a déverrouillé et on a retrouvé le message à l’intérieur : « Le jour J, ça sera sans pitié pour Martinez. Pour lui Martinez. »
On lui demande : que signifie cette expression ‘le jour J’ ? Ce message que vous envoyez à Paul DAISY BIYA ?
Il répond : « C’est parce que Monsieur Amougou Belinga a des relations en justice et il va le mettre en prison. »
Voilà la réponse que Bruno BIDJANG a donnée. Parce que tout le monde sait que Bruno Bidjang et Amougou sont l’ongle et le doigt.
Interrogé, Amougou m’a répondu : « Moi, quand un enfant me dérange, je le fouette et je lui donne l’argent. »
Je lui pose la question : « Est-ce que vous connaissez le colonel Ndanwé ? »
Il répond : « C’est mon ami. Il me donne souvent des renseignements. Il me permet d’aller marcher à l’extérieur. »`
Après cette audition, j’ai demandé une confrontation immédiate entre le colonel et monsieur Amougou Belinga.
Monsieur a maintenu : « C’est mon ami. »
C’est alors que Justin NDANWE me répond : « Mon colonel, je change ma déclaration. Je connais très bien M. Amougou. »
Il a donc changé sa déclaration suite à l’enquête. C’est donc pour ça qu’il voulait une avance sur solde. En retour : « faire taire », je n’ai pas dit tuer.
La demande s’est faite à la résidence, au domicile d’Amougou Belinga.
Les deux se sont mis d’accord sur la planification. Je lui ai dit : « on va commencer la planification ».
« Ok. Je suis d’accord. On va lancer l’opération. »
Le lendemain de l’opération, il est parti lui dire que l’opération est lancée.
Amougou lui a répondu : « j’attends de voir le résultat ».
Il nous dit : « La dernière fois je suis parti, je lui ai dit on a découvert le corps. »
La première question concerne : est-ce que les rendez-vous étaient réels ?
Je vous assure, Monsieur le Président, quand il quittait son bureau, il partait garer au supermarché Carrefour. Il quittait ensuite pour aller à l’immeuble Ekang.
Chaque fois qu’il partait, il empruntait un itinéraire légèrement différent. Parfois par le ministère de la fonction publique, parfois derrière.
Et nous avons obtenu toutes ces vidéos. Il y a un petit décalage horaire entre le bureau et l’immeuble parce que la source n’est pas la même : vidéosurveillance publique puis caméras de l’immeuble. Mais c’est le prolongement du même déplacement.
Venons-en à l’histoire d’iPhone. Il appartenait à Mélissa Amougou qui l’avait remis à sa ménagère.
On veut le téléphone. On n’a pas ce téléphone jusqu’au bout.
Pour moi, le simple fait de faire disparaître ce téléphone est un mystère.
On vous a fait donner quelque chose pour montrer que vous ne connaissez rien. Vous faites disparaître ça.`
Voilà pour conclure, c’est l’essentiel de la déclaration.
À 17h10, la cause a été renvoyée aux 03 et 04 août 2026 à la demande de Maître Claude ASSIRA, avocat de l’Etat du Cameroun, DGRE, pour continuation des débats, et comparution du témoin Eloundou Mesmin et suite de la cross-examination du témoin Colonel OTOULOU.
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