Actualités locales
dans une Sanaga-Maritime en proie à une paupérisation croissante, une plateforme citoyenne veut « transformer le territoire par la base »

Au cœur des plantations de palmiers à huile de la Socapalm, une piste de latérite serpente entre les exploitations avant de s’enfoncer vers le canton Yassoukou, dans l’arrondissement d’Edéa Ier. À bord d’un véhicule tout-terrain jauni par la poussière, une équipe de jeunes responsables de la société civile quitte progressivement les grands axes pour rejoindre le village Onguè. Leur objectif : écouter les habitants dans le cadre d’une « Palabre citoyenne ». Reportage.
Sous le soleil doux de cette fin de mois de juin, cinq jeunes arborant les casquettes de l’association Solidarité Jeunes (SoliJ) sont accueillis sous un hangar par une quarantaine d’habitants. Chefs traditionnels, agriculteurs, femmes, jeunes et notables ont répondu à l’invitation. Très vite, les prises de parole se succèdent.
En ce 27 juin, il ne s’agit ni d’un meeting politique ni d’une campagne électorale, mais de la première étape de la tournée citoyenne initiée par la plateforme « La Sanaga-Maritime nous parle », une coalition réunissant Solidarité Jeunes (SoliJ), le Groupement d’intérêt économique Invest In Sanaga et le Centre Jeunes JVEPI-Fomack.
Pendant plusieurs heures, la délégation, conduite par Guy Constantin Nzati, président de SoliJ, recueille les préoccupations exprimées par les populations.
Un territoire riche, des populations pauvres
Le contraste est saisissant. Traversé par les fleuves Sanaga et Nyong, le canton Yassoukou dispose d’importantes ressources naturelles. Ses terres fertiles offrent un potentiel reconnu pour la culture du palmier à huile, du cacao, du bananier plantain, des cultures vivrières ainsi que pour l’aquaculture.
Pourtant, selon les habitants, cette richesse ne s’est jamais traduite par une amélioration durable de leurs conditions de vie. Depuis plusieurs décennies, le territoire connaît un exode continu de sa jeunesse, un vieillissement de sa population et une précarisation progressive des ménages.
L’enclavement routier demeure l’un des principaux freins au développement économique. « Même les terres les plus fertiles du monde n’ont aucune valeur économique si elles restent enclavées », explique Nselel Jean Christian, élite de la Sanaga-Maritime et cofondateur de la plateforme La Sanaga-Maritime nous parle.
Un constat partagé par Ngenda, exploitant d’une vingtaine d’hectares de bananeraie. Ses régimes, qui peuvent atteindre quarante kilogrammes chacun, ne trouvent pas toujours preneur à temps. Faute de pouvoir acheminer rapidement sa production vers les marchés, une partie des récoltes pourrit dans les champs.
Pour Guy Constantin Nzati, une partie de la solution réside dans la transformation locale des productions. « Pour éviter de telles pertes post-récolte, il est indispensable d’investir dans des unités locales de transformation, même à petite échelle », recommande-t-il.
Même constat chez Edidie Daniel. Ce retraité a constitué, au prix de plusieurs années d’efforts, une pépinière de 5 100 plants de palmier à huile, de quoi mettre en valeur plus de quarante hectares. Mais faute d’investisseurs ou d’acheteurs, son projet demeure aujourd’hui à l’arrêt.
Pour Charlotte N., productrice agricole, l’urgence est plus immédiate : « Nous avons besoin d’un tricycle pour transporter les récoltes des producteurs les plus vulnérables vers les centres de commercialisation. »
Les retombées économiques au cœur des attentes
Au-delà des difficultés agricoles, les échanges ont également porté sur les activités des entreprises exploitant les ressources du territoire.
Les habitants dénoncent une redistribution qu’ils jugent insuffisante des richesses générées par les exploitations agro-industrielles et minières. Selon eux, ces activités produisent encore trop peu de retombées visibles en matière d’emplois, d’infrastructures ou de développement communautaire.
Pour Jacques Arthur Mbii, président du Groupement d’intérêt économique Invest In Sanaga et cofondateur de la plateforme, cette question est désormais centrale. « Les entreprises riveraines, à l’instar de la Socapalm, gagneraient à passer d’une responsabilité sociétale essentiellement ponctuelle à une véritable redistribution productive de la valeur, capable de bénéficier durablement aux communautés locales », estime-t-il.
Une démarche fondée sur l’écoute
À rebours des approches descendantes qui caractérisent encore de nombreux projets de développement, La Sanaga-Maritime nous parle, revendique une méthode fondée sur la participation citoyenne.
« Aucun programme préétabli n’est présenté aux habitants. Les priorités sont d’abord définies avec les communautés avant d’être traduites en projets susceptibles de mobiliser partenaires, investisseurs ou pouvoirs publics », explique Bienvenu Bakaiwe, coordonnateur départemental de Solidarité Jeunes dans la Sanaga-Maritime.
La rencontre de Yassoukou s’est achevée par l’installation de Dickson Moutaloo à la tête du Conseil communal SoliJ d’Edéa Iᵉʳ. Sa mission consistera à assurer le suivi des recommandations formulées par les populations et à maintenir le dialogue entre les communautés et les porteurs de la plateforme.
« Nous repartons avec des engagements pris devant les habitants et la responsabilité de transformer cette parole en actions concrètes », résument les organisateurs.

Le pari du développement local
Comme de nombreuses zones rurales du Cameroun, la Sanaga-Maritime illustre le paradoxe d’un territoire riche en ressources naturelles mais confronté à de profondes insuffisances en matière d’infrastructures, de mobilité et d’accès aux services publics.
Malgré la présence de grandes entreprises agro-industrielles, plusieurs localités demeurent enclavées, limitant les débouchés agricoles, les investissements et les opportunités économiques.
Dans ce contexte, les initiatives portées par la société civile cherchent à promouvoir une gouvernance plus participative et à accompagner les communautés dans la définition de leurs propres priorités de développement.
Pour Guy Constantin Nzati, la transformation du département passera d’abord par ses villages. « La Sanaga-Maritime se transformera avec ses jeunes, ses femmes, ses chefs traditionnels et tous ceux qui refusent désormais de subir leur avenir », souligne-t-il.
Après Yassoukou, la plateforme poursuivra sa tournée citoyenne dans plusieurs autres arrondissements du département, avec l’ambition de faire de la parole des habitants le point de départ d’un développement territorial plus inclusif.
Auteur : Nancy B.
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Actualités locales
le Cameroun réunit le Tchad, le Nigeria et la RCA pour renforcer la riposte sanitaire transfrontalière

« Les épidémies ne s’arrêtent pas aux frontières, notre réponse non plus. » C’est en substance le message porté par le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, à l’ouverture, ce lundi 2 novembre 2026 à Douala, d’une réunion transfrontalière de trois jours. Elle rassemble le Cameroun, le Tchad, le Nigeria et la République centrafricaine autour d’un même objectif : coordonner la lutte contre le choléra, la maladie à virus Ebola et la Mpox dans le bassin du lac Tchad.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au 30 octobre 2026, le Cameroun comptait 3 103 cas de choléra, dont 94 décès. Le Tchad en dénombrait 1 431, la RCA 784, et le Nigeria 73 416. Autant dire que nul ne peut se croire à l’abri.
Le virus Ebola Bundibugyo gagne du terrain, avec un cas importé confirmé au Nigeria. La Mpox, elle, reste un sujet de vigilance. Pour le ministre, les frontières doivent cesser d’être des points de fragilité et devenir des espaces de veille sanitaire partagée. Cela suppose d’harmoniser les dispositifs de surveillance, de transmettre sans délai les alertes et les données épidémiologiques, et de mettre en commun les moyens de détection et de prise en charge.
D’ici la clôture, les délégations doivent adopter une feuille de route commune, désigner des points focaux joignables 24h/24 et bâtir un plan d’action conjoint, avec des échéances et des financements précis.
Pour le Dr MANAOUDA Malachie, la solidarité entre les États doit devenir le meilleur rempart contre les épidémies.
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Actualités locales
24 équipes, 24 victimes, Kylian Mbappé a déjà marqué contre toutes les équipes de Liga
Kylian Mbappé continue d’affoler les compteurs en Espagne. En trouvant une nouvelle fois le chemin des filets face au Racing de Santander (3-0), dimanche après-midi, […]
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Actualités locales
le SNJC rend hommage à Martinez Zogo

Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes/ 9 cas sur 10 de meurtres de journalistes restent non résolus à l’échelle mondiale, soit un taux d’impunité d’environ 85 à 90 %.
Ce lundi 2 novembre 2026 est la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2013, cette date rend hommage à Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux journalistes français assassinés au Mali le 2 novembre 2013. Le bilan humain fait état de plus de 1700 journalistes qui ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions entre 2006 et 2024 et les violences, intimidations et assassinats persistent à travers le monde entier.
Face à cet état de choses, l’urgence de l’appel de la justice s’impose avec une acuité singulière. La Fédération internationale des journalistes (Fij) insiste, en effet, sur la nécessité de poursuivre non seulement les exécutants, mais aussi les commanditaires de ces crimes pour que la justice soit pleinement rendue.
De nombreux cas d’assassinat de journalistes au Cameroun, mais toujours pas de coupables. Des familles qui n’ont jamais fait le deuil. Des âmes sans repos. Des familles et descendances brisées. C’est le cas de Martinez Zogo, ancien chef de chaîne d’Amplitude FM, dont le corps sans vie avait été retrouvé en état de dégradation le 22 janvier 2023 à Ebogo 3, une banlieue de la ville de Yaoundé. Le procès est toujours pendant au tribunal militaire de Yaoundé. 17 coaccusés sont devant la barre, dont un homme d’affaires, un journaliste, l’ancien patron de la Dgre et des agents de ce service de contre-espionnage.
Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc), branche régionale du Centre, lance, ce jour, sa campagne nationale de sensibilisation dénommée « Non à l’impunité ! ». Cette corporation syndicale invite la presse nationale et internationale à son hommage à Martinez Zogo et à tous les journalistes camerounais disparus. Ce sera au siège d’Amplitude FM, chaîne urbaine dans laquelle a exercé le défunt. Cet hommage s’inscrit dans la 13ᵉ édition de la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes que l’Unesco place, cette année, sous le thème « Les menaces évoluent. L’impunité demeure ».
Serge Aimé BIKOI
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