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Opération AALFA : le MINFI déclare la guerre aux allocations familiales frauduleuses

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Opération AALFA : le MINFI déclare la guerre aux allocations familiales frauduleuses
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Tout a commencé par un chiffre. En juin 2024, le fichier solde recensait 594 728 enfants alignés par des agents publics au titre des allocations familiales. En mars 2026, ce nombre avait bondi à 923 307, soit une croissance de 55% en vingt et un mois. Une trajectoire qualifiée d’« atypique » par le Ministre des Finances dès 2023, et jugée statistiquement invraisemblable au regard des réalités démographiques du pays.

À l’origine de cette explosion : la revalorisation en février 2024 de l’allocation par enfant, portée de 2 800 à 4 500 FCFA. Une mesure sociale légitime, dont certains agents auraient profité pour introduire frauduleusement dans le fichier des enfants fictifs, des doublons ou des alignements biologiquement impossibles — naissances gémellaires ou multiples en nombre statistiquement aberrant, enfants déclarés simultanément par plusieurs agents, ou écarts d’âge incompatibles avec une même filiation maternelle.

Le constat, porté à l’attention du Premier Ministre Chef du Gouvernement, a conduit en août 2024 à l’autorisation de la création du comité de pilotage de l’AALFA, chargé d’auditer l’intégralité des dépenses effectuées à ce titre et de formuler des recommandations structurelles.

UN AUDIT INÉDIT SUR UNE COMPOSANTE LONGTEMPS NÉGLIGÉE

Le Ministre des Finances a rappelé, lors de son mot d’ouverture, que si de nombreuses opérations d’assainissement du fichier solde ont été conduites ces dernières années — notamment le comptage physique du personnel de l’État en 2018, qui continue de générer 30,5 milliards d’économies annuelles, ou encore le contrôle du fichier des ayants droit et de la pension d’invalidité depuis novembre 2021, source d’économies de l’ordre de 12 milliards par an —, les allocations familiales, pourtant représentatives d’environ 4% de la dépense salariale globale, n’avaient jamais fait l’objet d’un audit spécifique.

L’opération AALFA comble ce vide. Son objectif central : extirper du fichier solde tous les enfants alignés frauduleusement, c’est-à-dire en l’absence d’acte de naissance authentique, puis recouvrer les sommes indûment versées à ce titre. Un chantier ambitieux, pour lequel le Premier Ministre a accordé une fenêtre d’exécution de 24 mois.

CINQ OBJECTIFS, DEUX PHASES DE COLLECTE

L’opération s’articule autour de cinq axes stratégiques : vérifier la conformité des pièces justificatives, actualiser le fichier central des bénéficiaires, épurer le fichier de toute entrée frauduleuse, corriger les anomalies matérielles et prévenir leur récurrence, et renforcer l’intégrité du système informatique de gestion des dépenses de personnel. Sur le terrain, la collecte documentaire se déroulera en deux fenêtres : du 25 juin au 15 juillet, puis du 25 juillet au 15 août 2026.

Les agents publics seront invités à se présenter dans les banques ou trésoreries générales de région désignées, munis d’un certificat de vie collectif des enfants alignés, d’une photocopie de leur bulletin de solde ou acte d’avancement, des actes de naissance de tous les enfants déclarés, ainsi que de leur carte nationale d’identité. Des dispositions spécifiques ont été prévues pour les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où les recettes des finances de Nkambe, Kumbo, Wum, Limbe, Kumba, Mamfé et Banguem seront mobilisées comme points de collecte.

DES RÉSULTATS ATTENDUS AU-DELÀ DES CHIFFRES

À terme, le MINFI table sur un fichier solde intégralement assaini, des économies budgétaires immédiates, la détection et la sanction — disciplinaire et judiciaire — des auteurs de déclarations frauduleuses, ainsi que la mise en place de verrous informatiques automatisés bloquant à la saisie toute entrée présentant des incohérences biologiques ou des doublons de numéros d’actes de naissance.

Le Ministre des Finances a tenu à rassurer les agents publics de bonne foi : l’opération n’est pas une mesure de réduction des droits, mais un impératif d’équité. Les droits de ceux dont la situation familiale est régulière seront intégralement préservés. Le rapporteur de l’instance, le Directeur Général du Budget, est chargé de présenter le projet dans le détail aux membres du comité lors de cette première session, avant le lancement effectif de la phase de collecte.

L’opération de AALFA en chiffres

L’enveloppe budgétaire consacrée aux allocations familiales des agents publics est passée de 21 à 38 milliards de FCFA en deux ans. Après la revalorisation de l’allocation par enfant de 2 800 à 4 500 FCFA en février 2024, le nombre d’enfants alignés dans le fichier solde a bondi de 594 728 en juin 2024 à 923 307 en mars 2026, soit une hausse de 55% en vingt et un mois — pour une composante représentant environ 4% de la dépense salariale globale de l’État, et qui n’avait jusqu’ici jamais fait l’objet d’un audit.

À titre de comparaison, le comptage physique du personnel de l’État organisé en 2018 génère encore aujourd’hui 30,5 milliards d’économies annuelles, tandis que le contrôle du fichier des ayants droit et des pensions d’invalidité, engagé depuis novembre 2021, produit des économies de l’ordre de 12 milliards par an.

L’opération AALFA, dotée d’un délai de mise en œuvre de 24 mois, ambitionne des résultats de même ampleur. La collecte documentaire se déroulera en deux fenêtres : du 25 juin au 15 juillet, puis du 25 juillet au 15 août 2026.

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Hydrocarbures : vers l’indexation des prix du carburant sur les cours mondiaux

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Hydrocarbures : vers l’indexation des prix du carburant sur les cours mondiaux
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Le Fonds monétaire international (FMI) appelle le Cameroun à accélérer sans délai la réforme de sa politique de fixation des prix des carburants. Dans son rapport des services relatif aux consultations de 2026 au titre de l’Article IV, l’institution considère que la forte diminution des subventions observée ces dernières années constitue une avancée importante, mais insuffisante pour mettre définitivement les finances publiques à l’abri des fluctuations du marché pétrolier mondial.

Pour le FMI, le maintien de prix administrés continue d’exposer l’État à un risque financier potentiellement élevé en cas de remontée des cours internationaux du pétrole. « La réforme radicale des subventions aux carburants et la faiblesse des prix internationaux du pétrole ces dernières années ont permis de réduire les subventions, mais seul un mécanisme d’ajustement automatique des prix permettra d’atténuer les risques pour les finances publiques. Le coût budgétaire des subventions aux carburants est tombé d’environ 4 % du PIB en 2022 à moins de 1 % en 2024. La mise en place d’un mécanisme d’ajustement automatique des prix permettrait de réduire les risques budgétaires. Réduire l’écart entre les prix administrés et les prix assurant le recouvrement des coûts, tout en effectuant une revue approfondie du barème, sont des conditions préalables essentielles à la réforme. La réforme devrait tenir compte des contraintes opérationnelles et de gouvernance et garantir la transparence », souligne le FMI.

À travers cette recommandation, le Fonds défend un système dans lequel les prix à la pompe évolueraient en fonction des coûts réels d’approvisionnement, plutôt que d’être maintenus artificiellement à un niveau fixé par les autorités publiques.

UNE FACTURE BUDGÉTAIRE FORTEMENT RÉDUITE, MAIS ENCORE JUGÉE FRAGILE

Depuis 2023, les autorités ont procédé à deux relèvements successifs des prix à la pompe. D’après les données du ministère de l’Eau et de l’Énergie, le litre de super est passé de 630 FCFA à 840 FCFA entre janvier 2023 et février 2024. Sur la même période, le litre de gasoil est passé de 575 FCFA à 828 FCFA. Ces mesures ont contribué à alléger significativement la charge supportée par le budget de l’État.

Selon les documents budgétaires, les subventions aux carburants représentaient environ 1 000 milliards de FCFA en 2022. Elles sont ensuite retombées à 640 milliards de FCFA en 2023, puis à une prévision de 263,3 milliards de FCFA en 2024. La trajectoire de réduction s’est poursuivie dans la loi de finances 2025, qui ne prévoit plus que 15 milliards de FCFA de subventions aux carburants, contre 263,3 milliards un an auparavant, soit une baisse de plus de 94 %. Pour le FMI, ces résultats demeurent néanmoins réversibles tant que les prix intérieurs restent découplés des coûts réels du marché international.

LE RISQUE D’UN RETOUR DES SUBVENTIONS EN CAS DE CHOC PÉTROLIER

L’avertissement du Fonds trouve un écho particulier dans le contexte international actuel, marqué par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les incertitudes qu’elles font peser sur l’évolution des cours du pétrole. Il rejoint également la position que défend de longue date l’institution de Bretton Woods en faveur d’une plus grande flexibilité des prix domestiques. Dans une analyse consacrée aux conséquences économiques des tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran, le ministère camerounais des Finances estime lui aussi qu’un maintien durable des cours du pétrole à des niveaux élevés aurait des effets significatifs sur les finances publiques.

Selon ce document, si le prix moyen du pétrole se maintient à 100 dollars le baril sur l’ensemble de l’année 2026, les recettes pétrolières supplémentaires pourraient atteindre environ 180 milliards de FCFA par rapport aux hypothèses retenues dans la loi de finances. Cette amélioration proviendrait principalement de la redevance versée par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et de l’impôt acquitté par les sociétés pétrolières. Toutefois, cette hausse des prix internationaux présente un double visage pour le Cameroun.

Si elle soutient les recettes tirées des exportations d’hydrocarbures, elle renchérit simultanément les importations de produits pétroliers raffinés. Or, le pays demeure fortement dépendant des achats de carburants à l’étranger malgré son statut de producteur de pétrole brut. Le ministère des Finances souligne d’ailleurs que l’augmentation des revenus issus des exportations pétrolières s’accompagne mécaniquement d’une progression de la facture des importations de carburants et de lubrifiants. Dans un système où les prix à la pompe sont maintenus en dessous des coûts réels, cette situation pourrait se traduire par une hausse des compensations versées par l’État. L’expérience récente en fournit une illustration.

À la suite du choc provoqué par la guerre russo-ukrainienne, les dépenses de subventions avaient fortement augmenté avant d’amorcer leur recul grâce aux relèvements des prix domestiques. Selon les données du ministère des Finances, ces dépenses ont atteint 460 milliards de FCFA en 2023 avant de retomber à 231 milliards de FCFA en 2024, sous l’effet des ajustements tarifaires et des mesures d’accompagnement social mises en place par le gouvernement.

Le ministère anticipe d’ailleurs qu’en cas de maintien durable de cours élevés, les besoins de compensation pourraient à nouveau progresser, même si cette hausse resterait inférieure à celle des recettes pétrolières additionnelles. Dans ce scénario, le gain net pour les finances publiques demeurerait positif. C’est précisément pour éviter que le budget de l’État ne soit régulièrement exposé aux fluctuations du marché pétrolier que le FMI plaide aujourd’hui pour un changement de système.

L’institution estime qu’un mécanisme d’ajustement automatique des prix permettrait d’aligner davantage les tarifs domestiques sur les coûts réels d’approvisionnement, de limiter le risque de résurgence de subventions massives et de préserver les marges budgétaires nécessaires au financement d’autres priorités publiques.

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Banque : General Bank of Cameroon prépare sa recapitalisation

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Banque : General Bank of Cameroon prépare sa recapitalisation
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Moins d’un mois après son passage sous contrôle public, General Bank of Cameroon (GBC) s’apprête à franchir une nouvelle étape de sa transformation. Les actionnaires de l’ex-Société Générale Cameroun sont convoqués le 5 juin 2026 à Douala pour une Assemblée générale mixte appelée à se prononcer sur une augmentation du capital social de la banque, désormais détenue à plus de 83 % par l’État du Cameroun. La mutation de l’établissement bancaire se poursuit à un rythme soutenu.

À l’ordre du jour de la rencontre figurent notamment l’augmentation du capital social, la modification des statuts, l’examen des comptes de l’exercice 2025 ainsi que plusieurs questions relatives à la gouvernance de l’institution. Cette opération intervient moins d’un mois après la finalisation, le 12 mai dernier, du rachat par l’État camerounais des 58,08 % de parts jusque-là détenues par le groupe français Société Générale, donnant naissance à General Bank of Cameroon.

UNE EXIGENCE RÉGLEMENTAIRE DEVENUE INCONTOURNABLE

La principale motivation de cette recapitalisation semble être l’adaptation aux nouvelles exigences prudentielles imposées par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac). En décembre 2025, le régulateur bancaire sous-régional a adopté un nouveau règlement portant le capital social minimum des banques de la Cemac à 25 milliards de FCFA, contre 10 milliards auparavant. La réforme est entrée en vigueur le 1er janvier 2026, avec une période transitoire accordée aux établissements déjà en activité.

Or, selon les derniers statuts connus de l’établissement, le capital social de General Bank of Cameroon demeure fixé à 12,5 milliards de FCFA, soit exactement la moitié du nouveau seuil réglementaire. Même si la Cobac a prévu une montée en puissance progressive jusqu’en 2029 pour les banques existantes, les établissements sont désormais tenus de présenter un plan crédible de relèvement de leurs fonds propres.

UN TEST POUR LA STRATÉGIE BANCAIRE DE L’ÉTAT

L’opération revêt également une dimension stratégique. En acquérant pour environ 129 milliards de FCFA les parts de Société Générale dans sa filiale camerounaise, l’État a porté sa participation à 83,68 % du capital de la banque, devenant de loin son principal actionnaire. Lors de la cérémonie officialisant la transaction, le gouvernement avait présenté cette reprise comme une mesure visant à préserver la stabilité du système bancaire national, à garantir la continuité des services financiers et à accompagner le retrait progressif du groupe français de certains marchés africains.

Mais au-delà de la sécurisation de la transition, plusieurs observateurs du secteur financier s’interrogent désormais sur la stratégie à moyen terme des pouvoirs publics. La recapitalisation annoncée sera-t-elle financée exclusivement par le Trésor public ou servira-t-elle de levier pour attirer de nouveaux investisseurs institutionnels, nationaux ou étrangers ? Cette question est d’autant plus importante que le gouvernement n’a jamais exclu l’hypothèse d’une recomposition future de l’actionnariat.

Le maintien durable d’une participation publique majoritaire ou l’ouverture progressive du capital à des partenaires stratégiques demeurent des scénarios envisagés dans les milieux financiers.

UNE CONCURRENCE BANCAIRE EN PLEINE RECOMPOSITION

La décision de renforcer les fonds propres de General Bank of Cameroon intervient dans un contexte de profondes mutations du secteur bancaire de la Cemac. La hausse du capital minimum exigé par la Cobac vise notamment à renforcer la solidité financière des établissements, améliorer leur capacité à financer l’économie et soutenir les grands projets d’investissement dans la sous-région.

Pour General Bank of Cameroon, l’enjeu dépasse donc la simple conformité réglementaire. La banque devra démontrer sa capacité à financer son développement, à conserver la confiance de sa clientèle et à maintenir sa compétitivité face aux autres grands acteurs du marché bancaire camerounais. L’Assemblée générale du 5 juin pourrait ainsi fournir les premiers éléments de réponse sur la trajectoire choisie par les nouveaux dirigeants.

Le montant exact de l’augmentation de capital, ses modalités de souscription ainsi que l’éventuelle entrée de nouveaux investisseurs seront particulièrement scrutés par les acteurs du secteur financier. À travers cette opération, c’est finalement l’avenir de l’une des principales banques du pays qui se dessine, au moment où l’État camerounais cherche à concilier souveraineté financière, exigences prudentielles régionales et ambitions de financement de l’économie nationale.

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La BEAC rejoint le PAPSS pour fluidifier le commerce et réduire les coûts de transaction

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La BEAC rejoint le PAPSS pour fluidifier le commerce et réduire les coûts de transaction
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L’Hôtel Hilton de Yaoundé accueillait le lundi 1er juin 2026 le Kick-off institutionnel du Pro Meet Up 5, présidé par Jean Ernest Ngalle Bibehe, ministre des Transports et représentant personnel du Premier ministre du Cameroun. Devant des délégués venus du Gabon, du Congo, de la RCA, du Tchad et de Guinée équatoriale, Mike Ogbalu III a pris le micro et lâché l’annonce que beaucoup attendaient. La BEAC a signé une convention d’intégration au PAPSS. Quelques applaudissements ont ponctué le silence avant que les conversations reprennent, à voix haute cette fois, dans les travées.

Un détour coûteux qui prend fin

La mécanique actuelle du commerce sous-régional en Afrique centrale illustre à elle seule l’absurdité du système en place. Une PME de Douala qui règle un fournisseur de Libreville convertit d’abord ses francs CFA en dollars ou en euros, supporte des frais de change, attend plusieurs jours, avant que les fonds ne reviennent sur le continent sous une autre devise. Ce détour par les correspondants bancaires étrangers, qui traitaient historiquement près de 48 % des paiements interbancaires africains, représente un coût financier considérable pour des entreprises dont la compétitivité s’érode à chaque transaction.

Le PAPSS court-circuite cette logique. Lancé commercialement en janvier 2022 après un pilote dans la Zone monétaire d’Afrique de l’Ouest, ce système de règlement brut en temps réel permet des paiements transfrontaliers en monnaies locales africaines. Il réduit les coûts de transaction jusqu’à 95 % et compresse les délais de règlement de plusieurs jours à quelques secondes. Le réseau connecte aujourd’hui plus de 19 pays, 150 banques commerciales et 14 commutateurs de paiement dans quatre régions du continent. L’Afrique centrale manquait jusqu’ici à l’appel.

La CEMAC face à son retard d’intégration

La zone CEMAC traîne depuis des décennies une réputation d’une des sous-régions les moins intégrées économiquement du continent, malgré l’abondance de ses ressources naturelles. Le Cameroun, dont le déficit commercial atteignait 2 004 milliards de FCFA en 2023, illustre l’urgence d’un levier de compétitivité qui agisse directement sur le coût financier du commerce extérieur sous-régional. L’adhésion de la BEAC au PAPSS ouvre précisément cette voie. Les entreprises camerounaises, gabonaises ou congolaises pourront désormais facturer et régler leurs transactions directement en francs CFA, de manière instantanée, sans mobiliser de ressources en devises étrangères.

L’enjeu dépasse la simple réduction des frais bancaires. En permettant des règlements en monnaies africaines, le PAPSS réduit l’exposition des économies de la zone aux chocs du dollar. Il desserre la contrainte de liquidité des banques commerciales de la CEMAC, qui immobilisent des ressources en devises pour couvrir leurs transactions interbancaires transfrontalières. Pour les PME et les opérateurs du secteur informel, qui représentent une part considérable du commerce frontalier en Afrique centrale, l’accès à un système de paiement instantané et peu coûteux constitue une ouverture de marché concrète.

Un chantier qui commence maintenant

Mike Ogbalu III a été précis sur la suite. « Aujourd’hui j’ai officiellement annoncé que la région CEMAC, à travers la banque centrale BEAC, a rejoint le réseau PAPSS. C’est le début du chemin en ce qui concerne la participation de la région au réseau », a-t-il déclaré. Il a annoncé une série d’ateliers destinés aux banques commerciales de la zone, organisés en partenariat avec la BEAC, pour enclencher les intégrations techniques. « Certaines banques avancent vite, d’autres sont un peu plus lentes, mais nous sommes disponibles pour commencer l’intégration immédiatement », a-t-il ajouté, précisant que le PAPSS est prêt à apporter un soutien financier aux banques commerciales pour accélérer leur connexion au réseau.

Le processus suivra une séquence progressive. Les banques commerciales rejoindront d’abord le réseau, puis parraineront les fintechs souhaitant y adhérer, sous réserve d’une lettre de non-objection délivrée par la banque centrale. « Au fur et à mesure, nous reviendrons pour annoncer que le service est désormais disponible dans l’ensemble du réseau d’agences d’une banque, puis sur leurs appareils mobiles, sur leur banque en ligne, et ainsi de suite », a détaillé Mike Ogbalu III.

Une dynamique continentale qui s’accélère

L’adhésion de la BEAC s’inscrit dans une expansion continentale du PAPSS qui suit une logique accélérée. En novembre 2024, la Banque centrale d’Égypte avait intégré le système, faisant du Caire le siège du PAPSS et positionnant l’Égypte comme pont vers le Moyen-Orient. L’intégration de la BCEAO, pendant ouest-africain de la BEAC, reste en discussion. La convergence de la zone franc avec le PAPSS constitue un chantier dont le Pro Meet Up 5 vient de poser une première pierre publique, au cœur de la capitale politique camerounaise. « Les grandes transformations commencent toujours par des conversations stratégiques », a conclu Mike Ogbalu III. Celle-ci a eu lieu devant les décideurs publics et les opérateurs économiques de toute la sous-région.

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